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28/02/2010

Promotion de la Suisse à l’étranger

Dans une chronique publiée dans le journal « Le Temps » du 24 février dernier, intitulée « Absence suisse », Joëlle Kuntz déplorait l’échec de « Présence suisse » dans sa mission de « diffusion de l’image d’une Suisse moderne et authentique : notre MARQUE ». Rappelons au passage que « Présence suisse » est un organisme fédéral dépendant du DFAE, chargé de promouvoir l’image de la Suisse à l’étranger.

Selon l’auteur, « Présence suisse » aurait échoué à «augmenter le capital sympathie de notre pays». Joëlle Kuntz d’affirmer que « le capital a bien augmenté mais hélas sans la sympathie ».


 

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01/02/2010

Quand l’Etat de droit se fait receleur

Deux affaires de transgression du secret bancaire secouent actuellement l’actualité en Suisse.

La première concerne le vol de données bancaires au sein de la banque HSBC de Genève par un employé indélicat qui les a remises à la France et dont le fisc va faire usage. Cette affaire a fait l’objet des gros titres de la presse au cours des semaines écoulées et jusqu’à ce jour. (Voir à ce propos mon billet du 28 janvier dernier « Reddition avec armes et bagages en rase campagne ».)

La seconde vient d’être dévoilée par la « Frankfurter Allgemeine Zeitung », grand quotidien allemand proche des milieux de la finance dans son édition du samedi 30 janvier (voir ici).

Cette information a été relayée par « Le Temps » dans son édition de samedi (30 janvier 2010).

Selon la « Frankfurter Allgemeine Zeitung », un informateur aurait proposé au fisc allemand de lui vendre les données bancaires de 1500 contribuables allemands soupçonnés d’évasion fiscale vers la Suisse. L’informateur resté anonyme aurait offert ces données pour le prix de 2,5 millions d’euros. En gage de sa bonne foi, il aurait déjà fourni les données concernant cinq comptes placés en Suisse, dont chacun d’eux serait susceptible de rapporter un million d’euros dans les caisses publiques.


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L’actuel ministre des finances allemand, M. Wolfgang Schäuble (CDU) étudierait l’offre proposée.

On se souvient que son prédécesseur, M. Peer Steinbrück (SPD), ne s’était pas embarrassé de scrupules puisqu’il était entré en matière il y a une année environ, en achetant des données bancaires volées auprès de la banque LGT du Liechtenstein par un employé indélicat. Cette opération aurait permis de faire rentrer plus de 100 millions d’euros dans les caisses de l’Etat.

 

 

M. Wolfgang Schäuble


Dérive préoccupante, ou quand l’Etat de droit se mue en receleur

Comme n’importe quel bien, que celui-ci soit matériel ou immatériel, le commerce de données bancaires obéit aux lois du marché, peu importe que celui-ci soit légal ou pas. Or un marché est régi par l’offre et la demande. Il est entretenu par la demande. La règle s’applique à tous les biens, qu’ils soient légaux ou illégaux, telle la drogue par exemple.

Sans demande, le marché se meurt !

Lorsqu’un Etat de droit – ou présumé l’être – achète des biens volées, en l’occurrence des données bancaires, il se mue en receleur. De ce fait l’Etat de droit, censé être le garant de l’ordre légal, transgresse ses propre lois, entretient un marché illégal et contribue à développer ce genre de délits.

Un tel comportement est indigne d’un Etat de droit et dangereux car la fin ne justifie pas les moyens.

On peut à juste titre dénoncer la soustraction fiscale et la combattre, mais c’est par les voies légales qu’il faut agir, pas en utilisant des pratiques dignes du milieu du grand banditisme.

Il faut bien constater qu’aujourd’hui, il est bien moins dangereux de voler des données bancaires dans une banque, plutôt que de la braquer ! Cela rapporte davantage, sans risques d’être poursuivi par l’Etat receleur, lequel ne saurait punir l’un de ses citoyens pour services rendus.

L’escroc sera même sanctifié et élevé au rang de héros national par l’opinion publique.


Triste et inquiétante dérive !

 

On attend avec impatience et inquiétude la décision de M. Wolfgang Schäuble, soumis à d’énormes pressions politiques que l’on peut imaginer.

Saura-t-il résister ou se comportera-t-il comme son prédécesseur Peer Steinbrück en donnant suite à l’offre qui lui a été faite ?

 

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