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21/02/2011

Quel avenir pour Kadhafi ?

 

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La révolution de la rue arabe s'étend. Depuis quelques jours, elle a touché un pays très fermé, qualifié de « Corée du Nord » du monde arabe. Je parle de la Libye bien sûr !

 

J'écoutais ce soir sur RSR1 « La Première » l'émission « Forum » consacrée en bonne partie à des interviews accordées à MM. Carlo Sommaruga, Hasni Abidi et Abdel Lamhangar sur les derniers événements en Libye (écoutez ici).

 

Pour Carlo Sommaruga, avec lequel je suis souvent en désaccord, il faudrait que la Suisse prenne l'initiative de mettre sur une liste noire les membres du régime Kadhafi, afin de les priver de visas Schengen. Selon le conseiller national socialiste, la Suisse serait bien placée pour prendre cette initiative, du fait qu'elle n'a plus grand chose à redouter en termes de rétorsions économiques depuis l'arrestation d'Hannibal Kadhafi à Genève en juillet 2008, puis de l'affaire des otages suisses retenus à Tripoli.

Asni Habidi a commenté la proposition de Carlo Sommaruga en affirmant qu'il s'agissait pour lui « d'un service minimum ». Il a demandé aussi que la Suisse prenne des initiatives auprès de l'ONU par le biais de Joseph Deiss, qui officie actuellement en tant que président de l'Assemblée générale de l'ONU. Par ailleurs Hasni Abidi rappelait aussi que les policiers libyens, ceux qui participent à l'actuelle répression, ont été formés par des policiers allemands !

Carlo Sommaruga s'est dit décidé à interpeller la Conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey la semaine prochaine, pour que notre gouvernement prenne l'initiative auprès de l'UE afin que les autorités libyennes soient privées de visas Schengen. La Suisse, en tant que signataire des accords de Schengen, serait fondée à prendre une telle initiative.

 

Il est vrai que l'Union Européenne semble actuellement bien empruntée pour condamner avec fermeté le régime de Kadhafi pour sa sanglante répression de la contestation libyenne et l'atteinte inadmissible aux droits humains dans ce pays au cours de ces dernières heures.

Selon l'organisation « HRW » (Human Rights Watch), ce sont désormais près de 300 personnes qui auraient été tuées à ce jour, autant dire descendues comme des lapins, par des milices gouvernementales, pour avoir manifesté contre le régime en place.

 

Catherine Ashton, ministre européenne des Affaires étrangères de l'UE, s'est dite « indignée par la répression en Libye ». Bien sûr, la France et l'Allemagne, par la voix de leur ministre respectif aux affaires européennes, Laurent Wauquier et Werner Hoyer, ont aussi dénoncé les exactions, mais de concret rien encore. Il faut dire que les intérêts économiques de l'UE en Libye sont importants. C'est ainsi que la chaîne de TV Al-Jazeera en anglais qui reportait ce soir avec détails les sanglantes répressions, notamment à Benghazi, rappelait que 79% du pétrole libyen est exporté vers l'Europe. Par ailleurs, le régime libyen bien qu'isolé diplomatiquement, n'a rien à craindre d'un boycott économique et ceci contrairement aux situations qui ont prévalu tant en Tunisie qu'en Egypte, pays dans lesquels les ressources touristiques comptent en terme de PIB, ressources auxquelles s'ajoute pour l'Egypte l'aide financière américaine. Le régime libyen peut quant à lui se prévaloir d'une rente pétrolière annuelle de 50 à 60 milliards de CHF. De surcroît le régime libyen dispose de devises étrangères en suffisance et peut surtout se permettre de faire chanter les pays de l'UE par le biais de juteux contrats d'investissement.

Le chantage a d'ores et déjà commencé, le régime libyen ayant menacé l'UE de suspendre son engagement à contrôler le flux migratoire vers l'Europe des migrants africains si celle-ci « s'obstinait à soutenir la contestation » de la rue libyenne.

 

Les Etats-Unis quant à eux ont été assez discrets jusqu'à ce jour sur les derniers événements libyens.

 

Donc contrairement à d'autres régimes contestés du monde arabe, le régime libyen même s'il est aujourd'hui chancelant, n'est pas encore près de tomber. Tel n'est pourtant pas l'avis de Hasni Abidi qui pense que le régime est très ébranlé.

Sachant qu'il n'a rien à attendre de personne, le régime libyen aux abois fera tout pour conserver le pouvoir et le fera savoir au prix fort à tous ses opposants.

 

Pour la Suisse, qui n'aurait rien à perdre dans l'initiative de Carlo Sommaruga, du fait du boycott libyen depuis l'affaire de l'arrestation d'Hannibal Kadhafi, ce serait une belle carte diplomatique à jouer. La diplomatie suisse pourrait reprendre l'initiative, redorer son image dans le monde arabe après l'interdiction de construction des minarets, mais surtout se repositionner dans sa lutte en faveur de droits humains.

 

Toutefois une question fondamentale se pose si d'aventure le régime libyen devait tomber après 42 ans de pouvoir total, sans aucun partage et sans aucune tolérance : existe-t-il une alternative crédible prête à relever le défi pour conduire la Libye sur la voie de la démocratie ?

 

Commentaires

Ceux qui veulent voir uniquement ce qu’ils veulent voir et qui s’aveuglent sur le reste diront que Barack Obama a, cette année, condamné la répression contre les manifestants en Iran. Pouvait-il faire autrement sans apparaître trop clairement partial. Pour l’heure, deux régimes alliés des Etats-Unis, la Tunisie et l’Egypte sont tombés et, pour avec l’Egypte, c’est le cœur du monde arabe qui est dans la tourmente : Youssef al-Qaradawi, en exil au Qatar a pu rentrer au Caire ce vendredi et haranguer la foule sur la place Tahrir, les Frères musulmans forment un parti politique et espèrent rafler la mise, la rédaction d’une nouvelle Constitution se fait sous la supervision de Tarek al-Bishry, un juriste islamiste.
Des vaisseaux militaires iraniens se sont vus autoriser à traverser le canal de Suez par les militaires au pouvoir au Caire. Condamner la répression en Iran, dans ces conditions, ne coûte rien : le régime iranien fera ce qu’il décide et pourra tuer autant de manifestants qu’il le décide sans prêter la moindre attention aux paroles venues de la Maison Blanche.

[Barack Obama]

Ceux qui veulent voir uniquement ce qu’ils veulent voir diront aussi que les Etats-Unis ont mis leur veto aux Nations Unies à une résolution condamnant la présence israélienne en Judée-Samarie. Mais là encore, Barack Obama pouvait-il faire autrement ? Disons que Barack Obama a tout fait pour que Susan Rice, son ambassadrice aux Nations Unies, n’use pas du veto américain. Et disons que c’est un veto contraint et forcé, dans un contexte où l’administration Obama a eu tout loisir pour montrer son hideux visage anti-israélien.

Pendant plusieurs jours en effet, l’administration Obama a tout fait, strictement tout, pour que soit présenté au Conseil de Sécurité une version allégée de la résolution, un texte qui condamnerait Israël, et qui pourrait permettre aux Etats-Unis de pratiquer l’ « antisionisme » en harmonie avec les pays de l’Organisation de la Conférence Islamique et les dirigeants palestiniens : la version allégée se serait appelée seulement déclaration (« statement »).

Les pays de l’Organisation de la Conférence Islamique et les dirigeants palestiniens n’ont pas voulu de la version allégée. Ils n’ont pas même voulu changer un mot du texte : s’ils avaient accepté que le mot « illégal » soit remplacé par le mot « illégitime » Susan Rice a dit qu’il n’y aurait pas de veto américain.

Sans doute les pays de l’Organisation de la Conférence Islamique et les dirigeants palestiniens préféraient-ils, plutôt que d’accepter la main de l’amitié fraternelle « antisioniste » tendue par l’administration Obama pouvoir montrer que les Etats-Unis restaient dans le « mauvais camp ». En ces temps où les vents de l’islam radical soufflent sur le Proche-Orient comme une tempête, pouvoir montrer que, même lorsqu’ils se mettent à plat ventre, on dédaigne les Etats-Unis est une attitude qui permet de pouvoir espérer être épargné.



L’administration Obama en se comportant ainsi a contribué à isoler un peu plus Israël et a participé un peu davantage à la campagne de délégitimation d’Israël. Elle a offert en supplément au monde arabe une démonstration de lâcheté obséquieuse qui fera sourire à Téhéran, à Damas, et ailleurs. Elle n’en tirera aucun avantage : les rares amis des Etats-Unis qui subsistent au Proche-Orient savent que l’amitié d’Obama ne vaut pas un centime de dollar dévalué, les ennemis des Etats-Unis savent à quel personnage dérisoire ils ont affaire.



Je ne sais dans quel état sera le Proche-Orient à la fin de l’année 2011. Mais je vois jour après jour mes prédictions les plus pessimistes concernant Barack Obama prendre forme, sous un aspect ou sous un autre. Dans quel état cet homme va-t-il laisser le monde en 2012 ? Je préfère, pour un instant, ne plus me poser la question.

Après les années Carter, je n’aurais imaginé qu’un jour, les Etats-Unis en arrivent là. Et encore n’ai-je rien dit ici de la politique intérieure que persiste à tenter de mener Barack Obama, ou du budget qui vient d’être présenté. J’ai, je pense, donné suffisamment de mauvaises nouvelles pour aujourd’hui.

Écrit par : Corto | 21/02/2011

kdhafi

Écrit par : youssef | 21/02/2011

Le monde arabe a décidé de se lever contre l'injustice de la dictature des dirigents arabe soutenue depuis des années par le monde occidental et sioniste....La colonisation sioniste et la création de l’Etat d’Israël se sont accompagnées d’un négationnisme total (j’emploie intentionnellement ce mot qui est très chargé symboliquement dans l’Histoire juive) vis-à-vis des Palestiniens. Dès le départ, pour les futurs Israéliens, la Palestine n’existe pas. Dans les livres scolaires israéliens, on nie l’existence d’un peuple palestinien. On explique que les Ottomans ont installé dans la région des populations venues de diverses régions de l’empire et peu importantes numériquement. Il s’agit de justifier a posteriori un des mensonges fondateurs, l’idée (proférée par Zangwill) de la « une terre sans peuple pour un peuple sans terre ». On y ajoute contre toute vraisemblance quelques énormités comme l’idée que les Juifs auraient toujours vécu en « Eretz Israël » ou qu’ils sont majoritaires à Jérusalem depuis les années 1800.

Bien sûr, les dirigeants sionistes avaient bien conscience à leur arrivée que les Palestiniens représenteraient un obstacle à leur projet. Les futurs dirigeants Ben Gourion et Ben Zvi pensaient (ils l’ont écrit en 1918) que ces « fellahs » qui vivaient en Palestine étaient probablement descendants des Hébreux (ils n’avaient pas tort) et que donc, ils accepteraient le projet sioniste (là bien sûr, ils se trompaient). À l’époque, même dans la gauche européenne, le colonialisme est considéré comme un phénomène positif, le monde européen apportant la civilisation à des peuples moins développés. Mais dès l’arrivée des premiers colons sionistes, ce qui est mis en place, c’est une dépossession progressive des Palestiniens de leur propre pays. Le KKL (Fonds National Juif) s’approprie par tous les moyens des terres pour les Juifs. L’Agence Juive crée les embryons d’un futur Etat Juif dans lequel les Non-juifs n’ont aucun droit. Le syndicat Histadrout défend dans ses statuts le « travail juif ». Quand les Palestiniens réalisent ce qui est à l’œuvre, c’est la première grande révolte (Hébron 1929). Dès cette époque, le courant « révisionniste » du sionisme dont le dirigeant est Vladimir Jabotinsky élabore la théorie du transfert. Puisque les Palestiniens sont décidés à résister, il faut élever entre les Juifs et eux une muraille infranchissable. Le concept de ce qui deviendra 70 ans plus tard le Mur (de l’apartheid) est né. Il propose de déporter les « Arabes » au-delà du Jourdain.

Le sionisme a gommé les différences idéologiques. Dire « gauche sioniste », c’est un oxymore. La droite sioniste a toujours dit et fait. La prétendue gauche sioniste a utilisé la novlangue. Elle a fait et elle continue de faire ce que la droite dit. Dans l’idée de transférer les Palestiniens, les dirigeants sionistes ont reçu une aide précieuse de la part du colonisateur britannique quand celui-ci a réprimé la révolte palestinienne de 1936 (plus de 12000 morts et toute « l’élite » palestinienne exilée). En 1948, le transfert (l’expulsion des Palestiniens) était programmé avec le plan Dalet. La préméditation de cette entreprise, constamment proclamée par les Palestiniens a été confirmée par les historiens israéliens (entre autres Ilan Pappé) au moment de l’ouverture des archives. Une petite minorité de Palestiniens a échappé à la Naqba (la catastrophe) et a pu rester. 50 ans plus tard, l’historien sioniste Benny Lévy qui a pourtant reconnu les crimes de guerre de la guerre de 48 estime qu’il aurait fallu tous les expulser. Pour gagner les élections de 2001, Ariel Sharon a fait campagne sur le mot d’ordre « achever la guerre de 48 » et donc expulser tous les Palestiniens, y compris ceux qui ont la nationalité israélienne. En 1967, la conquête et la colonisation étaient programmées. En 1993, signer les accords d’Oslo sans une remise en cause prévue des centaines de milliers de colons établis à Jérusalem et en Cisjordanie n’avait aucun sens.

Aujourd’hui en Israël et c’est tragique, une majorité de l’opinion pense que, tout comme les Amérindiens des Etats-Unis ou les Aborigènes d’Australie, les Palestiniens deviendront à terme totalement marginalisés et incapables de réclamer leurs droits. Les seules nuances portent sur la façon d’en finir (déportation, encerclement dans des bantoustans, Etat palestinien croupion, institutionnalisation de l’Apartheid …). Pour cette opinion, la « légitimité » d’un Etat juif allant de la Méditerranée au Jourdain est indiscutable et les Palestiniens sont des intrus et des terroristes. Les mots d’ordre mille fois répétés (« Arafat est un nouvel Hitler », « les Palestiniens veulent continuer l’œuvre des Nazis ») deviennent des évidences à force d’être martelés.

Une manipulation de l’Histoire et de la Mémoire juives

Il faut lire les sites sionistes pour mesurer l’étendue de la névrose collective actuelle. Des résistants juifs comme Stéphane Hessel ou Edgar Morin sont accusés d’antisémitisme. D’authentiques néonazis regroupés dans une délégation de 35 parlementaires européens d’extrême droite visitent Israël et sont reçus à la Knesset sans aucune protestation. Jean-Marie Le Pen arrive en troisième position aux élections présidentielles dans le vote des Français vivant en Israël. Des crimes évidents et avérés sont niés : le jeune Mohamed tué dans les bras de son père devant la colonie de Netzarim à Gaza, les Turcs du Mavi Marmara accusés d’avoir agressé les soldats israéliens, la mort — après avoir reçu une grenade— d’une Palestinienne de Bil’in présentée comme une manipulation ... Comment en est-on arrivé là ? Sans le sionisme, c’est incompréhensible.

Le sionisme est une réponse, fausse, à l’antisémitisme. Il repose dès le départ sur une « théorie de la séparation », l’idée que l’antisémitisme est inéluctable, que Juifs et Non-juifs ne peuvent pas vivre ensemble. Les sionistes n’ont joué qu’un rôle négligeable dans la lutte contre l’antisémitisme et dans la lutte contre les pogromistes. Au contraire dès le début, ils ont utilisé l’antisémitisme pour inciter les Juifs à partir.

Pour un tel projet, il a fallu récrire l’histoire. D’abord à qui s’adresser ? Il existait de nombreuses communautés juives ayant une communauté de destin liée à la religion. Ces communautés avaient des langues différentes (ladino, judéo-arabe, yiddish …), des coutumes et des rites différents. Les sionistes ont présenté la diaspora comme une parenthèse inintéressante faite de souffrances à laquelle le « retour » mettrait fin. Alors que la majorité des fondateurs du sionisme n’étaient pas croyants, ils ont utilisé la Bible comme un livre de conquête justifiant un projet colonial.

Les plus grands archéologues israéliens (Finkelstein et Silberman) ont écrit dans « La Bible dévoilée » que le discours biblique est légendaire. La thèse de ce livre fait, sauf sur des détails, très largement consensus parmi les historiens et les archéologues. La conquête sanglante de Canaan par Josué n’a pas existé. Et pourtant, quand on traverse la Cisjordanie, on rencontre plein de colonies aux jolis noms bibliques (Efrat, Shilo, Eli, Kiryat Arba …) dont les habitants sont persuadés qu’ils reviennent sur la terre de leurs ancêtres et reproduisent l’acte de Josué. À l’époque du prétendu royaume unifié de David et Salomon, Jérusalem était un petit village de l’Age de Fer. Et pourtant dans le quartier de Silwan à Jérusalem-Est, on exproprie des Palestiniens pour faire visiter la « maison de David », le « Parc de David » …La migration des Hébreux depuis la Mésopotamie n’a pas eu lieu. Mais à Hébron, pour que les Israéliens aient seuls la possession du prétendu tombeau d’Abraham (le caveau des Patriarches), un colon extrémiste a tué 29 Palestiniens. Dans son livre « Comment le peuple juif fut inventé », Shlomo Sand met à bas les mythes fondateurs du sionisme : il n’y a eu ni exil, ni retour. La religion juive, qui a été longtemps prosélyte, s’est dispersée mais pas le peuple. Autrement dit les Juifs d’aujourd’hui sont majoritairement descendants de convertis et les Palestiniens sont majoritairement descendants … des Hébreux. Les sionistes qui entreprennent de réfuter ces deux livres utilisent des arguments invraisemblables, comme l’idée que la « Terre Sainte » aurait eu trois millions d’habitants au moment de la destruction du Temple.

Aujourd’hui en Israël, le « mal absolu », c’est l’Arabe, c’est l’Islam. Le pays partage avec les dirigeants américains la même conception du monde. On trouve en Israël de plus en plus de textes décrivant la vie qu’ont menée les Juifs du monde arabe comme un enfer. Là encore, l’histoire est manipulée. Le statut de « dhimmi » accordé à toutes les religions du livre dans les pays musulmans n’a certes rien à voir avec la citoyenneté, mais c’était une forme de protection et cela n’a rien à voir avec le traitement des minorités dans le monde chrétien. Avant le sionisme, il n’y a eu en pays musulman rien de comparable aux pogroms qui se sont multipliés en Europe. Il existe plusieurs périodes dans ce qu’on appelle l’antisémitisme. Pendant 15 siècles en Europe, il y a eu l’antijudaïsme chrétien. Judaïsme et Christianisme ont été longtemps en concurrence. Quand le christianisme a triomphé, il a imposé toute une série d’interdits dont la possession de la terre, il a enfermé les Juifs dans des quartiers confinés, il a propagé des stéréotypes racistes et a été à l’origine de nombreux pogroms ou expulsions collectives. C’est paradoxalement la sortie du ghetto et l’émancipation des Juifs en Europe qui a provoqué le passage de l’antijudaïsme chrétien à l’antisémitisme racial, le juif personnifiant l’obstacle à tous les nationalismes européens qui rêvaient d’Etats ethniquement purs.

Là aussi, les sionistes réécrivent l’histoire. Ils essaient de faire croire que pendant ces longs siècles d’oppression, les Juifs rêvaient d’un « retour à Jérusalem ». C’est bien sûr faux. Quand l’empire ottoman a offert asile aux Juifs chassés d’Espagne, ceux-ci sont allés à Salonique ou Smyrne et pas en Palestine. Les sionistes passent sous silence le fait que toutes les personnalités juives ou d’origine juive devenues célèbres, de Spinoza à Freud en passant par Marx ou Einstein n’ont rien à voir avec le sionisme. Ils oublient le rôle fondamental des femmes et des hommes d’origine juive dans les mouvements progressistes. Un parti comme le Bund, parti révolutionnaire juif dans l’empire tsariste était profondément antisioniste. Jusqu’à la deuxième guerre mondiale, le projet sioniste était très minoritaire chez les Juifs et moins de 5% des Juifs du monde entier avaient immigré.

Les sionistes ont inventé l’idée que les communautés juives du monde entier, des Polonais aux Falachas, des Marocains aux Baltes formaient un même peuple. Ils se sont acharnés à effacer les langues, les cultures et les traditions pour imposer une identité unique, une langue unique, un « homme nouveau » avec les clichés colonialistes du pionnier se battant et défrichant son pays. Ils ont utilisé la religion et une idée de race pour définir qui était juif et avait donc tous les droits dans le futur Etat juif et qui ne l’était pas. Ils ont cultivé le « complexe de Massada » selon lequel les Juifs ont été, sont et seront toujours des victimes. Au nom de ce complexe, la souffrance et l’identité de « l’autre » n’existent plus. D’ailleurs, le deuxième pays après la Turquie à nier le génocide arménien est Israël, comme si le seul génocide existant était celui des Juifs.

D’où vient l’impunité d’Israël ?

Face à l’opinion publique mondiale, la légitimité d’Israël vient de deux idées. Le sionisme serait un mouvement de libération national et l’idée d’un Etat Juif en Palestine serait indiscutable après le génocide nazi.

Examinons cela. Le sionisme a curieusement puisé dans un terreau idéologique commun à tous les nationalismes européens de la fin du XIXème siècle. À l’époque de la chute des empires multinationaux, l’équation un peuple = un Etat s’est imposée avec le rêve fou d’Etats ethniquement purs. Cette idée meurtrière a été la cause de nombreuses guerres et elle a contribué à la montée du nazisme. Le sionisme a été un nationalisme très particulier puisqu’il a dû inventer le peuple et choisir artificiellement un territoire. Cette affinité idéologique avec les pires nationalismes explique l’admiration que Jabotinsky avait pour Mussolini.

La déclaration Balfour (1917) éclaire les rapports des sionistes avec les dirigeants européens. Les antisémites qui deviennent idéologiquement hégémoniques à cette époque considèrent les Juifs comme des étrangers « asiatiques » inassimilables. Balfour était, comme la plupart des politiciens de l’époque, un antisémite. Faire de la Palestine un foyer juif avait un double but. D’un côté se débarrasser des Juifs européens et de l’autre coloniser le Proche-Orient. Bref les Juifs qui étaient des parias en Europe devenaient des Européens s’ils partaient en Palestine.

Les sionistes ont-ils joué un rôle dans la résistance juive au nazisme ? Un faible rôle, cette résistance a été essentiellement communiste et bundiste. Pire, certains sionistes ont été aveugles ou complices. Ainsi Ben Gourion en 1933 a brisé le boycott de l’Allemagne nazi décrété par les Juifs américains. Et le futur Premier Ministre Itzhak Shamir, un des dirigeants du groupe Stern, a fait assassiner des soldats britanniques jusqu’en 1943 alors que le génocide avait déjà provoqué des millions de morts en Europe.

Après la guerre, il y a un consensus mondial pour la création de l’Etat d’Israël. Pour les Soviétiques, c’est l’espoir d’affaiblir l’empire britannique. Les armes tchèques livrées à la Haganah joueront un rôle important dans la guerre de 48. Pour l’Europe, il y a l’idée de la « fin du problème juif », puisqu’ils auront désormais un pays.

Après 1945, il y a dans des camps en Europe des centaines de milliers de survivants du génocide. Le Yiddishland a disparu, ils demandent des visas pour différents pays. Contraints ou forcés, ils finissent par partir en Palestine. L’Europe s’est débarrassée de son crime sur le dos du peuple palestinien qui n’avait pas la moindre responsabilité dans le génocide. La propagande sioniste affirme l’inverse en pointant du doigt le seul dirigeant palestinien pronazi, le mufti Amine El Husseini. Dans son livre « Les Arabes et la Shoah », Gilbert Achkar montre que le mufti était totalement isolé.

Il n’y a donc pas sentiment de culpabilité des Européens sur l’antisémitisme mais soulagement. Réparer la persécution aurait été dire « vous avez été des parias, vous connaîtrez désormais égalité et fin des discriminations ». On leur a dit : « maintenant vous avez un pays, vous partez quand vous voulez ». Bref les Européens qui soutiennent inconditionnellement Israël ne sont pas franchement philosémites.

Le jeune Etat israélien a très mal accueilli les rescapés du génocide accusés par les religieux de s’être mal conduits et par les sionistes d’avoir été déportés et exterminés passivement au lieu de se battre pour « leur » pays. Ces rescapés sont toujours maltraités puisque la moitié des survivants vivant en Israël sont sous le seuil de pauvreté, faute de retraites décentes. Dès la fin des années 50, l’Etat d’Israël voit le profit à tirer d’une récupération complète de la question du génocide. C’est l’époque de la création du musée Yad Vashem (sur le territoire du village martyr Deir Yassine) et du procès Eichmann. Israël se présente comme un havre de paix pour les Juifs du monde entier. Il est vrai que beaucoup de Juifs ne savaient pas où aller ou que la résurgence d’un puissant antisémitisme en Europe de l’Est détachait les Juifs de ces pays du communisme et les poussait à vouloir émigrer. Mais en même temps, le sionisme a mis en danger les Juifs du monde arabe où ils vivaient depuis très longtemps et a provoqué leur exode. Aujourd’hui, s’il y a bien un pays où les Juifs sont en insécurité, c’est Israël et il en sera ainsi tant que durera la destruction de la Palestine. L’assimilation systématique de toute critique d’Israël à l’antisémitisme est grotesque. Israël n’a aucun droit de propriété sur l’antisémitisme ou le génocide. Au contraire, les ressemblances idéologiques entre ce qui a mené au fascisme et ce que font les dirigeants israéliens (la négation de « l’autre ») mériteraient d’être davantage examinées. À l’antisémitisme traditionnel s’ajoute aujourd’hui un « antiisraélisme » que les sionistes veulent assimiler à l’antisémitisme.

Israël est devenu, ce qui n’était pas inéluctable, une tête de pont occidentale au Proche-Orient. C’est aujourd’hui la raison principale du fait que, quelques soient les crimes commis, il n’y a jamais de sanctions. L’Etat d’Israël surarmé, dépensant l’essentiel de son budget dans l’armement et les technologies de pointe, c’est l’Etat rêvé par les dirigeants occidentaux. Penser qu’ils souhaitent un Etat d’Israël vivant en paix et sur un pied d’égalité avec les Palestiniens est une illusion. Dans leurs rapports avec les Etats-Unis, les dirigeants israéliens savent que tout leur est permis vis-à-vis des Palestiniens et que jamais les Etats-Unis ne les en empêcheront. Obama vient d’en faire la preuve.

La destruction de la Palestine

Il n’y a pas de génocide en Palestine. Pendant le massacre de Gaza (l’opération « plomb durci »), il y a eu 1400 morts et de nombreux crimes de guerre. Cela représente 0,1% de la population de Gaza. Il est plus exact de parler de « sociocide », de destruction du lien social, de l’économie, de l’unité territoriale. L’occupation a fait éclater la Palestine en 5 entités distinctes.

* Il y a avant tout les réfugiés. Les Palestiniens sont un peuple de réfugiés. La première violation flagrante et impunie de l’Etat d’Israël a été de ne pas appliquer la résolution 194 de l’ONU (décembre 1948) qui reconnaît le droit au retour des réfugiés. Non seulement ce retour des 800000 expulsés a été immédiatement interdit, mais la quasi-totalité de la terre palestinienne a été confisquée par l’Etat ou le KKL. Des centaines de villages palestiniens ont été rayés de la carte et dynamités. Parmi les associations anticolonialistes israéliennes, il y en a une, Zochrot, qui recherche tous les anciens villages palestiniens et les fait visiter aux descendants des expulsés. Il y a aujourd’hui plus de 4 millions de Palestiniens qui dépendent de l’UNRWA, sans compter ceux qui ont émigré hors du Proche-Orient. Pour les Israéliens, ce sont des « Arabes » et les pays arabes n’ont qu’à les intégrer. C’est du négationnisme. Nier le droit au retour des réfugiés, c’est nier le crime fondateur, le nettoyage ethnique de 1948-49.

* Il y a les « Palestiniens de 48 » qui ont théoriquement la nationalité israélienne. Dans un Etat qui se dit Juif, ils sont des étrangers dans leur propre pays. Ils subissent de très nombreuses discriminations à la possession de la terre, au logement, à l’éducation et au travail. De très nombreux métiers leur sont interdits. Les taux de chômage ou de pauvreté chez eux sont très supérieurs à ceux des Israéliens juifs. Il existe de nombreux villages palestiniens non reconnus sans eau, sans électricité, sans route, sans école. La situation des Bédouins du Néguev est particulièrement scandaleuse. Plus de 100000 d’entre eux vivent dans des bidonvilles en plein désert. Dès qu’ils construisent un village, celui-ci est détruit à l’image du village d’Al-Araqib déjà détruit 9 fois. Les Palestiniens de 48 votent pour 3 partis : le parti communiste (Hadash), le Balad et le Ta’al. La répression contre eux est féroce. Le fondateur du Balad, Azmi Bishara, s’est exilé pour éviter la prison. Autre députée du Balad présente sur le Mavi Marmara, Haneen Zoabi a été agressée en pleine Knesset. Et Ameer Makhoul, le principal animateur d’Ittidjah, l’ONG qui défend les droits civiques des Palestiniens de 48, est en prison pour de nombreuses années, accusé « d’espionnage ».

* Il y a Gaza, devenu un laboratoire à ciel ouvert. Une région surpeuplée (4000 habitants au kilomètre carré) dans laquelle 8000 colons ont longtemps occupé 40% de l’espace. Les Palestiniens ont eu des élections législatives parfaitement démocratiques et ils ont été cruellement punis d’avoir « mal » voté. Le blocus qui prive les Gazaouis de nourriture, d’électricité, d’eau, de ciment, de matériel scolaire en quantité suffisante et qui leur interdit de sortir ou de pêcher est un crime de guerre. Briser ce blocus est urgent et la prochaine flottille qui partira en mai a une grande importance. La division des Palestiniens qui n’ont pas d’Etat mais qui ont deux gouvernements rivaux est une grande victoire de l’occupant. Pour les Israéliens, l’essentiel est de « ne pas avoir de partenaires pour la paix ». Quand les Palestiniens étaient majoritairement laïques, les Israéliens ont pourchassé et assassiné leurs militants en favorisant la montée des religieux. Quand le Hamas est devenu puissant, ses dirigeants (le Cheikh Yassine, Ahmed Rantissi) ont été assassinés sans jugement. En Israël, la population de Gaza a été « déshumanisée » dans l’opinion, assimilée à une bande de terroristes, ce qui explique l’absence quasi totale de réaction d’indignation lors de « Plomb durci ». L’évacuation de Gaza par Sharon a été un trait de génie. Les Palestiniens sont en train de devenir majoritaires entre Méditerranée et Jourdain. Sans Gaza, les Juifs israéliens seront encore majoritaires pendant longtemps.

* Jérusalem est devenu un point central de la guerre. Quand les Israéliens ont conquis Jérusalem-Est en 1967, il y avait la vieille ville et quelques quartiers autour. Jérusalem-Est s’étend aujourd’hui de Ramallah à Bethléem sur 4% de la Cisjordanie. Dans cette ville, il y a 300000 Juifs Israéliens à l’Ouest, 270000 Palestiniens à l’Est et 250000 colons. La judaïsation de Jérusalem-Est se fait à marche forcée. Les colonies périphériques comme Pisgat Zeev sont progressivement intégrées à l’espace urbain grâce notamment au tramway construit par Alstom et Véolia. Tout est prétexte pour construire de nouvelles colonies. Ainsi la forêt qui existait entre Jérusalem et Bethléem a brûlé le premier jour des négociations Barak-Arafat. C’est aujourd’hui la colonie de Har Homa qui arrive aux fenêtres de la mairie de Bethléem. La judaïsation frappe à présent les quartiers palestiniens. Déjà un quart de la vieille ville a été confisqué et ses habitants expropriés. Ce sont aujourd’hui les quartiers de Sheikh Jarrah et Silwan qui sont attaqués. On est clairement à Jérusalem dans une guerre de conquête où tout est permis.

*Enfin la Cisjordanie. Les Palestiniens y sont beaucoup plus nombreux que les colons, mais ces derniers les encerclent et les asphyxient. On assiste à une colonisation spatiale. Les Israéliens installent partout des stations- service, des zones industrielles, des décharges et la terre palestinienne est inexorablement réduite. Les colonies existantes disposent d’énormes espaces pour s’agrandir. Certaines sont devenues de véritables villes. Les Chrétiens sionistes américains, qui sont accessoirement des antisémites, ont largement financé la colonisation. La frontière internationalement reconnue n’existe plus et il faut une carte française pour s’apercevoir que l’autoroute Tel-Aviv/Jérusalem traverse les territoires occupés ou que l’usine de cosmétiques Ahava est en Cisjordanie. Toutes les grandes villes palestiniennes sont encerclées par les colonies et le mur. Celui-ci prive la Cisjordanie d’une large partie de son territoire. La vallée du Jourdain est quasiment totalement annexée. La Cisjordanie est morcelée avec trois statuts différents (zones A, B et C) et des centaines de check-points. L’annexion n’est plus rampante, elle est omniprésente. Quand on traverse la Cisjordanie par les routes de contournement, on ne voit plus la Palestine. Pour aller de Ramallah à Bethléem, les Palestiniens doivent faire un large détour et utiliser des routes chaotiques. L’économie réelle est réduite à peu de choses faute de possibilité d’investir et de commercer. Les Palestiniens en sont réduits à devoir acheter leur eau aux Israéliens. Bref, comme l’a écrit Zyad Clot, « il n’y aura pas d’Etat palestinien » car l’occupant a détruit la possibilité d’en faire un.

Quelle paix ?

Les Palestiniens ont fait une concession majeure en 1988 à Alger en acceptant de limiter le futur Etat palestinien à 22% de la Palestine historique. C’est sur cette base qu’ont été signés les accords d’Oslo et cela a été un gigantesque fiasco et un marché de dupes. Les Palestiniens ont reconnu Israël et Israël n’a fait que reconnaître l’OLP. Il n’a jamais été question pour les dirigeants sionistes d’accepter de rendre les territoires occupés et, soit d’évacuer les colons, soit de les pousser à accepter la nationalité palestinienne. Il n’a jamais été question de reconnaître le droit au retour des réfugiés. Entre la signature des accords d’Oslo et son assassinat, en un an et demi, Rabin a installé 60000 nouveaux colons. Pourquoi ?

À aucun moment, les négociations ne sont parties du droit international ou de l’égalité des droits entre deux peuples numériquement de même importance. La négociation a porté sur la « sécurité de l’occupant » et les accords ont attribué à l’Autorité Palestinienne un rôle de collabo avec l’occupant qui est aujourd’hui très critiqué par les Palestiniens. Même à Gaza, le Hamas subit le même phénomène. Gouverner sans souveraineté ne mène nulle part.

Une vraie négociation devrait partir de la reconnaissance du crime fondateur (le nettoyage ethnique de 1948) et des moyens de « réparer ». Commencer par là, c’est dire que le projet sioniste est illégitime. Les Blancs sud-africains ont pu dire que l’Apartheid était un crime pour faire la paix, les sionistes ne peuvent pas reconnaître la Naqba. Avec le sionisme, les Palestiniens seront toujours des intrus, les plus modérés cherchant à atténuer leur malheur.

La paix passe donc par un dépassement du sionisme ou une rupture avec le sionisme. L’existence d’un Etat Juif est illégitime. Rappelons que le seul « Etat Français » a été le régime de Vichy. Le droit international ne reconnaît que des sociétés où toutes les personnes, quelles que soient leurs origines ou leur religion, ont les mêmes droits. L’Etat Juif tel qu’il existe ne laissera jamais de place aux Palestiniens et ne peut pas accepter l’égalité des droits. La paix supposerait la fin de l’occupation, de la colonisation, le partage du territoire et des richesses, l’égalité des droits. Avec le sionisme, c’est impossible.

Le peuple israélien existe même s’il y a beaucoup à dire sur la façon dont il s’est formé. Shlomo Sand dit à ce propos qu’un enfant né d’un viol a droit aussi à l’existence. Même lui qui est partisan de deux Etats dit qu’un Etat Juif ne peut pas être démocratique. Si la paix passe par deux Etats, il n’y a aucune raison que ce soit sur la base 78%-22%.

La politique sioniste est aujourd’hui à la fois criminelle contre les Palestiniens et suicidaire pour les Israéliens. En détruisant la possibilité de deux Etats, les Israéliens vont se retrouver avec une lutte citoyenne pour les droits civiques dans ce qui ressemble de plus en plus à un Etat unique. Ils sont prêts à écraser les Palestiniens jusqu’au bout.

Nous n’avons pas le choix. Pour arrêter cette fuite en avant criminelle, vue l’absence durable de sanctions de la part des Etats, les citoyens doivent répondre à l’appel de 172 associations palestiniennes qui date de 2005 : BDS (boycott, désinvestissement, sanctions). Boycott total : commercial, économique, politique, scientifique, culturel, sportif … de l’Etat d’Israël tant que durera l’occupation. Il faut atteindre l’image d’Israël. Face à Michèle Alliot-Marie qui prétend que boycotter est un acte antisémite, il faut opposer ce que dit un anticolonialiste israélien, l’universitaire Neve Gordon : « je suis pour le boycott, c’est la seule façon de sauver mon pays

Écrit par : Eli Zimerman | 21/02/2011

Ah, cet la faute d'Israël si le monde arabe va mal ?

Si nous parlions des milliers de milliards volés aux populations arabes planquées en Suisse, nous verrons très vite contre qui les peuples arabes vont se retourner, il est normal qu'en Suisse nous assistions à des tels déballages, ça s'appelle "faire des diversions" mais ne vous en faite pas, derrière tout ce grabuge, le Mossad est mieux placé que les services secrets barbouzes helvétiques !
Bien mieux placés ! ! !

Pour le moment les dizaines de milliers d'arabes du Maghreb ne débarquent pas en Israël, mais sur les côte européennes et ça fera la différence ! ! !

Écrit par : Corto | 21/02/2011

Les frontières (limites séparant deux états....) cela se ferment, et pour cela il faut du courage et se poser la question de savoir "à qui profiterait cet envahissement de l'UE par son sud-méditerranéen"?

Les motus-et-bouches-cousues du moment sont la Turquie et l'Amérique!

Mais tiens-dites-donc c'est pas l'obama des terres américaines qui disait vouloir voir la Turquie dans l'Europe! Pas pu, alors on essaie autrement !!!

Comme pour les Balkans, est-ce les amerloques qui vont débarquer pour faire règner l'ordre.....et au passage, ici, s'approprier les sources pétrolières?

C'est donc pour cela qu'il va falloir fermer les frontières européennes.
Il faut que ces gens finissent leurs révolutions et prennent le contrôle de leurs destinées et leurs ressources pour être maîtres chez eux et garder les moyens de leurs subsistances et libertés futures.

Écrit par : Corélande | 21/02/2011

Corélande, il y a assez de bobos et de populations immigrées pour semer une gigantesque diarrhée en Europe, que pour faire oublier les détails liés à des immigrations maritimes qui se pointes sur les côtes !

Écrit par : Corto | 22/02/2011

Le nouvel état du sud Soudan, qui devrait déclarer son indépendance en juillet prochain, après le référendum consacrant la partition du Soudan, devrait nouer des relations diplomatiques et économiques avec Israël; c'est ce qui ressort d'une rencontre à Londres entre une délégation du futur état et le ministre israélien du développement de la Galilée et du Néguev, Ayoub Kara – qui a d'ailleurs été invité dans le futur état, pour "jeter les bases d'une future collaboration entre les deux pays.

Au suivant !

Écrit par : Corto | 22/02/2011

@eli zimermann

1) Vous réécrivez l'histoire à votre goût. Evidemment qu'avec de tels falsifications, il y a de quoi influencer du monde...
2) Votre haine vous rend tellement aveugle que vous oubliez de regarder le monde.
3) Pour boycotter Israël, commencez par éteindre votre ordi et votre natel. Continuez lors de votre prochain visite à l'hôpital ou en pharmacie.... Boycottez vraiment.
4) Mais avant cela, dites moi quelles sont les valeurs que vous portez et qui sont vos amis qui portent les mêmes...

Écrit par : gerardh | 22/02/2011

A tous les commentateurs : Merci de vos interventions, même si certains commentaires n'ont rien à voir avec l'intitulé et le contenu de mon billet !

@ Corélande qui écrit :

" C'est donc pour cela qu'il va falloir fermer les frontières européennes.
Il faut que ces gens finissent leurs révolutions et prennent le contrôle de leurs destinées et leurs ressources pour être maîtres chez eux et garder les moyens de leurs subsistances et libertés futures. "

Il va de soi que les "révolutions des rues arabes" ne sont pas terminées, que ce soit en Tunisie, en Egypte, en Libye ou ailleurs. Il va de soi qu'aux "révolutions de la rue" suivront des "révolutions sociales". C'est un peu comme après sur la survenance de tremblements de terre, on assiste à des répliques qui peuvent s'avérer redoutables.

Après tout la Révolution française n'a pas pris fin au lendemain de la prise de la Bastille, le 14 juillet 1789, elle a été suivie de nombreuses violences et d'instabilités pendant plusieurs années. Il en ira de même avec la "révolution de la rue arabe" qui devra donner naissance à des modèles institutionnels propres à chaque pays. Il reste à espérer que ces derniers s'engageront le plus rapidement possible dans une vraie voie démocratique, afin que les événements actuels ne constituent pas une opportunité pour de nouveaux petits dictateurs en puissance.

A cet égard, les pays européens devront éviter de s'ingérer dans les affaires intérieures des pays arabes régénérés, toutefois sans s'abstenir de proposer leurs bons offices pour accompagner le processus de démocratisation.

Quant à fermer hermétiquement les frontières européennes, c'est un leurre et ce serait de toutes façons impossible à réaliser concrètement. L'exode de ces populations est dû avant tout à un manque flagrant d'avenir économique et social. Il en va avant tout de l'intérêt des pays européens que de contribuer au développement démocratique des pays arabes en ébulition, ceci afin de modérer le flux migratoire des populations de ces pays. En effet, le développement économique se construit sur la stabilité des institutions politiques.

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 22/02/2011

Jean, votre optimisme est-il vraiment sincère ? La force du monde arabe, c'est la division, ils fonctionnent 1 million de fois mieux divisés qu'unis par les mirages étatiques, aucun de ces états, artificiels il ne faut pas l'oublier, ne se reconstruira sans la présence de dictateurs encore plus intolérants que ceux dont nous voyons les mainmises s'effacer !

Les populations arabes ont maintenues des systèmes claniques, ceci de Bassorah à Casablanca. L'Irak est l'exemple live de ces fonctionnements, si ces "tribus" peuvent leurs autonomies territoriales, plus aucun problème n'apparaîtra, hormis quelques trivialités rituelles, la coexistence de clans ayant chacun son autorité elle même liée à quelques autorités supra-territoriales comme celles des Raïs réunissant ces individualité, a fonctionné de siècles, mais les frontières formels d'états dépassent les mentalités ne fonctionnant à cette échelle.

La culture arabe possède ceci de particulier, qu'elle maintient les particularités comme des entités autocratiques, ce que les colons successifs ont imposés pendant les derniers siècle et qui ne matérialise sous la forme d'état tel que les européens ou les turques le concevaient est contre nature au sein des structure sociales arabes. Les "dirigeants" arabes reproduisent à un niveau étatique d'une nation des modèles ne pouvant que fonctionner à un niveau clanique, kadhafi traite la population libyenne comme il traiterait son clan, le problème, c'est 95% de la population libyenne n'appartient pas à son clan, ce sont des ennemis potentiels et il agit en conséquence !

Écrit par : Corto | 22/02/2011

Corto, vous me demandez si mon optimisme est sincère ...

Ce que j'ai écrit n'est ni optimiste, ni pessimiste, je me suis simplement exprimé sur la situation et sur ces lendemains de révolutions qui chantent et sur lesquels il faudra peut-être déchanter demain ? Malheureusement !

C'est pourquoi j'évoque la probabilité de répliques en prenant pour exemple les tremblements de terre causés eux par les pressions exercées sur les plaques tectoniques.

Ecrire que ces révolutions engendreront probablement des instabilités sociales qui pourraient durer quelques années n'est pas particulièrement optimiste.

Naturellement, je peux me tromper ...

La survenance presque simultanée de toutes ces révolutions arabes n'est pas un hasard. Il a fallu un élément déclencheur, une étincelle venue de Tunisie pour lancer le mécanisme, mais leur propagation est due avant tout à l'environnement technologique actuel dans lequel nous vivons : internet, Facebook, Twitter, les chaînes de TV par satellite, le téléphone portable, etc.

Tous ces éléments et notamment la chaîne qatariote de TV par satellite "Al-Jazeera", ont contribué à répandre l'incendie ravageur dont nous voyons aujourd'hui les effets. Le fait que des millions d'Arabes puissent assister en direct à des manifestations de rues qui se passent à des milliers de km, dans leur propre langue, n'est pas anodin. C'est le côté optimiste de la leçon, car plus personne aujourd'hui ne peut tromper ses masses populaires en leur faisant gober n'importe quoi ...

Salutations !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 22/02/2011

#

JE SUIS ANITA DU SENEGAL HABITANT EN SUISSE . TOUT CA UN FOND FAUX, CE N EST PARCEQUE LES TUNISIENS ONT MANIFESTE CONTRE LEUR POUVOIR QUE TOUT LE MONDE DOIT LEUR SUIVRE, N OUBLIONS PAS QUE KHADAFI A FAIT AUSSI DES BONNES CHOSES DANS LE CONTINENT AFRICAIN. UNE AUTRE PERSONNE QUI REMPLACERAIT KADHAFI NE FERAIT PAS MIEUX. ARRETEZ CE CIRQUE ! ET NOIRS MERCENAIRES OU ARABES OU BOUGNOULS ON S EN FOUT, ARRETEZ DE STIGMATISER LES GENS PAR LEUR COULEUR, MEME S IL Y A SOIT DISANT DES LIBYENS MARRONS RACISTES ILS NE PEUVENT PAS SE LE METTRE, QU ONT ILS PLUS QUE LES AUTRES ? KADHAFI LEUR PRESIDENT EST NOIR, N EST CE PAS ? ET KADHAFI N EST PAS ANTI-NOIR, MOI JE PRONE LA PAIX, JE SUIS UNE FAN ABSOLUE DU FILS DE KADHAFI SEIF AL ISLAM, IL EST MON IDOLE PREFERE, IL EST UN HOMME, UN VRAI, IL EST INTELLIGENT, CHARMANT, CLASSE, INTELLO, DIGNE,FERME JE NE TROUVE PLUS MES MOTS LA GRANDE CLASSE QUOI, JE L AIME DE TOUT MON COEUR, JE SUIS AVEC LUI DE TOUT COEUR AVEC SA FAMILLE, J AI PENSE TRES FORT A LUI VERS 6H DU MATIN, QUE LE CALME REVIENT AUTOUR DE LUI, SEIF AL ISLAM JE VOUS AIME !!!!!!!

je suis de type fougueux mais juste, ce cirque contre le clan Kadhafi doit s arrêter,ceux qui le critique ne sont pas mieux, malgré tout kadhafi restera un tribun, une figure emblêmatique du continent, il est victime de la fausse médiatisation des occidentaux et de quelques personnes qui s apprivoisent du modèle occidental sans trop réfléchir. toutes mes pensées vont vers seif al islam et sa famille.

Écrit par : anita | 23/02/2011

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JE SUIS ANITA DU SENEGAL HABITANT EN SUISSE . TOUT CA UN FOND FAUX, CE N EST PARCEQUE LES TUNISIENS ONT MANIFESTE CONTRE LEUR POUVOIR QUE TOUT LE MONDE DOIT LEUR SUIVRE, N OUBLIONS PAS QUE KHADAFI A FAIT AUSSI DES BONNES CHOSES DANS LE CONTINENT AFRICAIN. UNE AUTRE PERSONNE QUI REMPLACERAIT KADHAFI NE FERAIT PAS MIEUX. ARRETEZ CE CIRQUE ! ET NOIRS MERCENAIRES OU ARABES OU BOUGNOULS ON S EN FOUT, ARRETEZ DE STIGMATISER LES GENS PAR LEUR COULEUR, MEME S IL Y A SOIT DISANT DES LIBYENS MARRONS RACISTES ILS NE PEUVENT PAS SE LE METTRE, QU ONT ILS PLUS QUE LES AUTRES ? KADHAFI LEUR PRESIDENT EST NOIR, N EST CE PAS ? ET KADHAFI N EST PAS ANTI-NOIR, MOI JE PRONE LA PAIX, JE SUIS UNE FAN ABSOLUE DU FILS DE KADHAFI SEIF AL ISLAM, IL EST MON IDOLE PREFERE, IL EST UN HOMME, UN VRAI, IL EST INTELLIGENT, CHARMANT, CLASSE, INTELLO, DIGNE,FERME JE NE TROUVE PLUS MES MOTS LA GRANDE CLASSE QUOI, JE L AIME DE TOUT MON COEUR, JE SUIS AVEC LUI DE TOUT COEUR AVEC SA FAMILLE, J AI PENSE TRES FORT A LUI VERS 6H DU MATIN, QUE LE CALME REVIENT AUTOUR DE LUI, SEIF AL ISLAM JE VOUS AIME !!!!!!!!!!!!!!!!!!¨ je suis de type fougueux mais juste, ce cirque contre le clan Kadhafi doit s arrêter,ceux qui le critique ne sont pas mieux, malgré tout kadhafi restera un tribun, une figure emblêmatique du continent, il est victime de la fausse médiatisation des occidentaux et de quelques personnes qui s apprivoisent du modèle occidental sans trop réfléchir. toutes mes pensées vont vers seif al islam et sa famille. On arrête pas de dire que kadhafi a ordonné ceci et cela et tous ces opportunistes et traites qui commencent à raconter des choses sur kadafi, ils ont été de son régime mais ils ont maintenant peur de ce qu ils vont devenir demain si kadhafi tombait alors pour plaire aux occidentaux bavards , ils lachent lachement des morceaux contre kadhafi mais franchement c est triste

Écrit par : anita | 23/02/2011

Je trouve juste que des dictateurs tombent les uns après les autres car ils ont trop longtemps profité de leur position pour s'enrichir au dépend de leur peuple mais je trouve aussi terrible que les grandes puissances laissent l'un de ces dictateurs (le plus sanguinaire) massacrer son propre peuple pour s'accrocher au pouvoir.

Pourquoi ? Parce que malheureusement toutes ces grandes puissances dépendent (directement ou indirectement) financièrement de ces pays, sois parce qu'ils ont du pétrole soit parce qu'ils achètent des armes aux grandes puissances ou pour des raisons similaires. Dans toute l'histoire, c'est soit les religions, soit les finances, qui ont gouverné le monde, tout cela est barbare et révolu. Un monde et des nations modernes se doivent d'être gouvernées par la raison et la sagesse et avant tout respecter les humains, mais aussi la faune, la flore et tout notre environnement.

Pendant très longtemps, les Etats Unis ont joué le rôle de policier, je pense qu'ils doivent arrêter avec ça car il y a eu beaucoup trop d'erreurs ou d'abus, c'est à l'Union Européenne de prendre la relève et de prendre des décisions justes et humaines afin de ne plus laisser de pareils monstres au pouvoir d'une nation.

Écrit par : Philippe Lagarrigue | 23/02/2011

@ Anita :

Mais où donc avez-vous lu dans mon billet que je "stigmatisais les gens par leur couleur de peau" ?

Où donc percevez-vous dans mon billet la moindre once de racisme ?

Un dictateur sanguinaire reste un dictateur, quelle que soit sa couleur de peau (blanc, brun, noir, jaune, bleu, rouge ou vert) et ce n'est pas parce que Kadhafi réside en Afrique que cela devrait justifier une quelconque mansuétude à son égard !

Pour mémoire, voici un petit échantillon des faits et méfaits à mettre au compte de Kadhafi et de son clan :

L'attentat contre le vol UTA en 1989 au-dessus du Niger (170 morts), l'attentat contre un avion de la Pan Am au-dessus de Lockerbie en Ecosse en 1988 (270 morts), les huit infirmières et le médecin bulgares pris en otage pendant plus de 8 ans, les deux otages suisses gardés dans un endroit inconnu pendant presque deux ans, les frasques d'Hannibal Kadhafi en Italie, en France, en Suisse et au Royaume-Uni, le comportement de Kadhafi sur la scène internationale, notamment à la tribune de l'ONU à New-York, etc.

Vous idôlatrez Kadhafi et son clan, grand bien vous fasse, mais dépêchez-vous car bientôt c'est au passé que vous évoquerez la saga de cette famille dont les survivants risquent fort d'être jugés par un tribunal international pour crimes contre l'humanité !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 23/02/2011

@ Philippe Lagarrigue :

Je partage votre analyse et dirais que les "grandes puissances" ont fait preuve de beaucoup d'hypocrisie durant le règne de Kadhafi et qu'elles portent aujourd'hui une bonne part de responsabilités dans les événements actuels.

Qui a armé ce régime, qui a formé sa police, qui a déroulé le tapis rouge sous les pieds du tyran, sinon les Occidentaux ?

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 23/02/2011

Les tireurs inconnus font l'histoire
http://www.youtube.com/watch?v=nixzWq0IocM&feature=player_embedded

Écrit par : olka | 24/03/2011

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