UA-65298158-1

26/04/2011

Le train de Schengen bloqué à Vintimille …

L’Union Européenne est confrontée à un nouveau problème posé par les révolutions arabes qui la mettent à l’épreuve.

 

C’est ainsi que les quelques 25'000 réfugiés, des Tunisiens pour la plupart, qui ont débarqué à Lampedusa depuis quelques semaines, ont ouvert une crise entre Paris et Rome.

 

L’Italie placée aux avant-postes, a attendu vainement une aide de ses partenaires européens pour l’aider à gérer l’accueil de ces migrants. Lasse d’attendre, elle a décidé dans l’urgence d’octroyer des visas Schengen d’une validité de six mois à ces Tunisiens et de les relâcher dans la nature.

 

Ceux-ci se sont empressés de mettre le cap sur la France, où la plupart d’entre eux y ont des frères, des cousins, des parents, des amis et connaissances pour les accueillir. Ils ont donc pris le train en direction du nord, mais Paris a immédiatement réagi en avertissant qu’il n’était pas question que la France accueille ces gens démunis de ressources. Cette réaction s’inscrit naturellement dans le contexte de politique intérieure propre à la campagne de la présidentielle de 2012. Il est vrai que les sondages ont parlé et donnent Sarkozy perdant, alors que Marine Le Pën a le vent en poupe …

 

La France a donc bloqué les trains à la frontière franco-italienne de Vintimille en invoquant le maintien de l’ordre public, les réfugiés étant accompagnés d’Italiens chargés de les soutenir pour rappeler aux Français qu’après tout, ces visas Schengen émis par l’Italie permettent à leurs titulaires de circuler librement et en toute légalitéSarko-Berlu.jpg dans l’ensemble de l’espace formé par les 25 pays signataires …

 

Pas de ça Lisette ont répondu les autorités françaises en menaçant de suspendre les accords de Schengen et d’exiger une renégociation de ceux–ci.

 

Une rencontre franco-italienne au plus haut niveau a été organisée séance tenante et c’est ainsi que Nicolas Sarkozy accompagné d’une importante brochette de ministres – et non des moindres - , rencontre aujourd’hui même, ce mardi 26 avril 2011, Silvio Berlusconi en Italie pour trouver une solution.

 

Pour nous autres Suisses ce litige franco-italien autour de visas Schengen peut paraître cocasse à première vue, car on ne peut s’empêcher de penser à la réaction commune de nos deux voisins, pour ne pas parler de tollé, qu’avait provoqué la décision de Berne d’inscrire Kadhafi, les membres de sa famille et ses sbires, dans une liste noire, afin de priver ceux-ci de visas Schengen et faire pression sur Tripoli suite à la prise d’otages de nos deux compatriotes en Libye. La France et l’Italie, par les voix de leurs ministres des affaires étrangères respectifs, avaient alors poussé des cris d’orfraie en accusant la Suisse d’interpréter à sa guise les accords de Schengen.

 

Toutefois à y regarder de plus près, une renégociation des accords de Schengen devrait plutôt nous préoccuper, nous qui n’appartenons pas à l’UE, nous n’aurons pas voix au chapitre pour défendre nos intérêts dans l’hypothèse d’une telle renégociation. Ce sera alors probablement à prendre ou à laisser …

 

Alors laissons nos deux voisins décider pour nous et cela devrait d’ailleurs réjouir et rassurer l’UDC, la LEGA et le MCG, puisqu’une telle renégociation se fera dans le respect des thèses populistes qui prévalent actuellement aussi bien à Paris qu’à Rome.

 

Gageons qu’aujourd’hui en Italie, l’ombre de Marine Le Pen et celle d’Umberto Bossi planeront sur la rencontre Sarkozy – Berlusconi.

 

Ce qu’en dit la presse française

 

Et la presse italienne …

14:41 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : schengen, france, italie, sarkozy, berlusconi | |  Facebook