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27/05/2011

Le syndrome de Fukushima a frappé. Est-il féminin ?

 

Ainsi ce 25 mai, le Conseil fédéral - conjugué au féminin nous dit-on - a pris sa décisioncentrales-nucleaires.jpg, il faudra toute affaire cessante éteindre la lumière dans les centrales nucléaires au terme de leurs concessions.

Ce sera en 2034 au plus tard !

C'est que le temps pressait, il y a eu la catastrophe de Fukushima, mais surtout les prochaines élections fédérales qui approchent à grands pas. Dame ! Elles auront lieu en octobre prochain.

 

Décider comme ça dans la précipitation sous la pression populaire de sortir du nucléaire, sans proposer d'alternatives crédibles, n'est pas très responsable, mais il est vrai que l'on est à moins de cinq mois des élections fédérales. Une aubaine !

Entre la peste du risque nucléaire et le choléra des rejets de CO2, le Conseil fédéral a tranché : la couche d'ozone sera sacrifiée sur l'autel de Fukushima !

Tout ce qui hier encore était intolérable pour l'environnement sera béni demain, mais cela coûtera plus cher parce que ce sera taxé pour nous inciter à économiser. Doris nous l'a promis ...

La Suisse sera ainsi la première victime collatérale de la catastrophe de Fukushima. Sa compétitivité économique s'en trouvera péjorée du fait d'un prix du kWh plus élevé que chez ses concurrents. Il en ira de même pour les ménages.

Certes on nous promet déjà que la décision stimulera le développement d'énergies alternatives, ainsi que la recherche dans le domaine de l'efficacité énergétique. Il n'en reste pas moins que la Suisse se singularisera une fois de plus en prenant beaucoup de risques, alors qu'il eût été urgent de réfléchir, d'étudier plus à fond les différents scénarios possibles et surtout accompagner cette décision d'incitations fiscales adéquates.

 

Reste à savoir si les développements technologiques promis, qu'il s'agisse de production à partir d'énergies renouvelables ou dans le domaine de l'efficacité énergétique, pourront à eux seuls compenser les conséquences de cette décision sur l'emploi et le PIB de la Suisse.


Personne j'en conviens, ne souhaiterait vivre à proximité d'une centrale nucléaire, mais que l'on me comprenne bien, il s'agira de trouver d'autres sources de production pour remplacer tout de même près de 40% de la consommation d'énergie électrique d'ici à 2034 et ceci sans parler de l'accroissement annuelle de la consommation qui représente 2% par année.

Certes l'énergie nucléaire n'est pas une panacée, mais il faut tout de même rappeler qu'elle ne produit pas de CO2 néfaste à la couche d'ozone. Qu'elles sont les alternatives pour produire 40% de la consommation d'électricité suisse ?

La construction de nouveaux aménagements hydroélectriques n'est guère possible, sauf à petite échelle et ceux-ci se heurteront forcément à des oppositions du fait de leur impact sur le paysage.


Les énergies éolienne et solaire ne suffiront pas à elles seules, et de loin, à compenser le manque de production, sans parler de l'imprévisibilité et des aléas d'une telle source de production.

Reste alors la production thermique classique, mais il s'agit dans la plupart des cas d'énergies fossiles non-renouvelables (fuel, charbon, gaz) qui toutes produisent du CO2 néfaste à la couche d'ozone.

Alors pourquoi faudrait-il importer 40% de notre consommation, sachant qu'elle sera produite à partir de centrales nucléaires, ceci à hauteur de 80% en France, et que ces mêmes centrales ne nous mettent nullement à l'abri d'un accident tel que celui de Fukushima ?


Économies d'énergie oui, mais sommes-nous bien conscients de ce que représente 40% de notre consommation ? Il faudrait par ailleurs que la plupart d'entre nous fassions l'effort de comprendre les règles physiques et économiques qui régissent la production, le transport, la distribution et la consommation d'énergie électrique.

 

La décision du Conseil fédéral a été prise à la hâte, sous le coup de l'émotion, sans véritable réflexion ni propositions crédibles, sous la pression de la rue. C'est une décision électoraliste avant tout !


En ce 25 mai 2011, le Conseil fédéral a confondu vitesse et précipitation.

Promettre c'est bien, assumer c'est mieux !

 

Commentaires

Quand les décisions sont prises lentement on dit qu'elles traînent; quand elles sont prises rapidement, elles sont précipitées. Comme le chante Alain Souchon:"jamais content!"
Notons d'ailleurs qu'il s'agit pour l'instant d'une déclaration d'intention, pas encore d'une décision.

Je m'abstiendrai de commenter vos affirmations sur la nocivité du CO2 sur la couche d'ozone...

Écrit par : Azrael | 27/05/2011

@Azrael,votre commentaire fleure bon le réalisme enfin quelque chose prouvant ce que d'autres essayent mais en vain de faire comprendre à des plus butés qu'eux,rire,vous avez raison on est nombreux à penser de même mais dans ce fatras d'infos en tous genres nul mot au sujet du Cern et pourtant on se souvient qu'il y avait eu bataille aussi au sujet des déchets radioactifs ou du moins supposés l'être,comme quoi ce satané G8 s'il ne sert à rien a au moins le mérite de faire prendre n'importe quelle mayonnaise!

Écrit par : lovsmeralda | 27/05/2011

Information complémentaire :

Pour étayer mes propos relatifs au pseudo sentiment de sécurité que nous aurions en démantelant dans les plus brefs délais nos centrales nucléaires suisses, je rappelle que la centrale nucléaire du Bugey sise sur la commune de Saint-Vulbas, à proximité d'Ambérieu dans le département de l'Ain (F), ne se trouve qu'à 70 km à vol d'oiseau de Genève (120 km par la route !). Or la France n'a nullement l'intention de démanteler ses propres centrales et EdF a même obtenu l'autorisation en avril 2010 d'y aménager une zone de stockage de matériaux radioactifs. Celle-ci sera opérationnelle en 2013 !
Voir ici :

http://www.sciencesetavenir.fr/depeche/sciences/20100426.AFP4800/edf-autorise-a-stocker-des-dechets-nucleaires-sur-le-site-du-bugey-ain.html

Cette information qui était passée un peu inaperçue il y a une année a été rappelée par le journal "Le Temps", puis par la TSR ces derniers jours.
Voir ici :

http://www.tsr.ch/video/info/journal-19h30/3171348-france-situee-a-120-kilometres-de-geneve-la-centrale-nucleaire-du-bugey-devrait-accueillir-2-000-tonnes-de-dechets-radioactifs.html#id=3171348

Si la centrale du Bugey se trouve à 70 km de Genève, la centrale nucléaire suisse la plus proche, celle de Mühleberg, se trouve quant à elle à quelques 120 km de Genève. Celles de Beznau et de Leibstadt à 200 km de Genève.

Est-il nécessaire de rappeler que les frontières ne nous mettent pas à l'abri de risques d'accidents nucléaires. C'est donc à l'échelle européenne qu'une décision de démantèlement devrait être prise, pas à l'échelle nationale !

Par sa décision hâtive et irréfléchie, la Suisse, par l'annonce du Conseil fédéral de ce 25 mai 2011, s'est tirée une balle dans le pied !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 28/05/2011

pas forcément, je trouve plutôt que la suisse peut montrer l'exemple au autres pays européen. si nous réussissons a nous passer du nucléaire et a trouver de nouvelle alternative ou amélioration de celle déjà existante cela nous rendra encore plus compétitif au niveau économique. je veux croire qu'on peut se passer du nucléaire et c'est faisable selon le conseil fédéral.

je ne comprend pas pourquoi vous critiquez déjà la première centrale sera fermé en 2019, en 8 ans nous aurons fait des progrès en matières d'économie d'énergie
et surtout , je l’espère , des progrès en matière d'énergie renouvelable.

Écrit par : anonymous | 28/05/2011

@ anonymous :

Merci de votre commentaire!

Je ne suis pas foncièrement favorable à l'énergie nucléaire, mais c'est une énergie bon marché qui ne produit pratiquement pas de Co2.

Ce qui me gêne, c'est que la Suisse se singularise une fois de plus, alors qu'il eût fallu, selon moi, se coordonner avec les autres pays européens car il est illusoire de croire qu'en fermant ses centrales nucléaires, notre pays se mettra à l'abri d'un accident. Comme je l'ai indiqué dans mon commentaire précédent, la centrale nucléaire la plus proche de Genève se trouve en France à 70 km, celle du Bugey, pas en Suisse.

Je crains que la décision du Conseil fédéral n'ait un impact défavorable sur l'économie helvétique du fait du renchérissement prévisible de l'énergie électrique.

L'abandon du nucléaire va naturellement stimuler le développement des énergies renouvelables et les économies d'énergie, mais je crains que cela soit insuffisant.
Les trois premiers réacteurs qui seront arrêtés, dans 8 ans environ (Beznau I, Beznau II et Mühleberg) représentent ensemble environ le tiers de la puissance installée en énergie nucléaire, soit 1085 [MW] environ. Ces trois centrales produisent donc 1/3 de 40%, soit 13 à 14 % de l'énergie électrique totale consommée. C'est donc loin d'être négligeable et 8 ans c'est court !

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 28/05/2011

On verra bien...

Écrit par : Modatoi | 07/09/2011

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