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31/10/2011

UDC, par ici la sortie !

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On glose ferme ces temps-ci sur la future composition du Conseil fédéral, sur la stratégie à adopter pour respecter la concordance, la collégialité, la représentativité politique des partis tout en ménageant leurs susceptibilités. On ressort les calculettes, on calcule des moyennes pour tenter de placer 8 ou 9 personnes sur sept sièges, un peu comme dans le jeu des « chaises musicales ». Vous savez ce jeu qui laisse un joueur sur le carreau faute d'avoir trouvé un siège lorsque la musique s'arrête.

Or donc c'est ce jeu, finalement très confédéral, qui se tiendra le 14 décembre prochain.

 

Mais franchement pourquoi la composition du Conseil fédéral ne devrait-elle dépendre que de moyennes arithmétiques ? Pourquoi faudrait-il absolument que le gouvernement fédéral reflète rigoureusement les trois, quatre ou cinq partis les plus représentés aux deux chambres du parlement ?

 

Aujourd'hui le Conseil fédéral est faible, nous le savons tous. Cela tient à nos institutions autant qu'à son mode d'élection qui tente la gageure de faire cohabiter sept personnes souvent disparates, issues de milieux politiques divers, de régions géographiques et linguistiques différentes, sans trop se préoccuper de leur cohabitation, ni de leur personnalité ou de leur faculté à travailler ensemble.

 

Or un gouvernement ce n'est pas la juxtaposition, ni la somme de sept talents, mais un ensemble efficace et homogène qui œuvre au succès d'un projet politique cohérent préalablement décidé et accepté par tous. L'image que nous offre aujourd'hui l'attelage fédéral qui tire à hue et à dia, ne correspond pas vraiment à cet idéal.

 

Si l'on veut restaurer la confiance, la collégialité, la cohérence et l'efficacité au sein du Conseil fédéral, il est indispensable que l'UDC sorte du gouvernement fédéral et entre clairement dans l'opposition.

En effet, on ne peut pas tout à la fois faire partie de l'exécutif tout en étant dans l'opposition.

Compte tenu des très nombreux défis qui attendent la Suisse au cours de ces prochaines années, voire de ces prochains mois déjà, - je pense notamment à nos relations avec l'UE qui s'annoncent d'ores et déjà "coriaces" - il faut impérativement renforcer le Conseil fédéral et c'est urgent !

Nous ne pouvons plus nous satisfaire d'un gouvernement réactif qui se contente de réagir aux événements « au fil de l'eau », sans les avoir anticipés. L'adage nous rappelle que « gouverner c'est prévoir », c'est donc d'un Conseil fédéral proactif dont nous avons besoin.

 

Dans ce contexte, l'UDC n'est pas un partenaire gouvernemental crédible, ni fiable, car il faut s'attendre à ce qu'il utilise sa démagogie habituelle et sa capacité de nuisance pour perturber le fonctionnement de l'exécutif, ceci pour servir ses propres intérêts. Avec l'UDC au sein du Conseil fédéral, celui-ci devrait se contenter de traiter les affaires courantes, autant dire que la Suisse serait quasiment ingouvernable. Est-ce cela que nous voulons ? Est-ce le message envoyé par le peuple le 23 octobre dernier ?

Par conséquent c'est autour d'un "pacte républicain" que les partis PLR, PDC, PBD, Verts libéraux, Verts et Socialiste doivent s'entendre d'ici au 14 décembre prochain, pour éjecter l'UDC du Conseil fédéral.

En auront-ils le courage ? En prendront-ils le risque ? Là est toute la question !

Dans une telle configuration on pourrait imaginer un Conseil fédéral composé de : 2 PLR, 2 PDC, 1 PBD et 2 socialistes ou 2 PLR, 1 PDC, 1 PBD, 1 Vert et 2 socialistes.
Il nous faut un Conseil fédéral composé de personnes compatibles entre elles, de personnes qui se font confiance par delà les appartenances partisanes. A cet égard, Eveline Widmer-Schlumpf n'a pas démérité, bien au contraire. Par conséquent, pourquoi faudrait-il la remplacer ?

Ce n'est point d'une "cuisine arithmétique fédérale" dont nous avons besoin, mais d'une "cuisine imaginative" où se "marient toutes les saveurs", entendez par là toutes les compétences et les intelligences dont les Chambres fédérales regorgent !

 

Alors Messieurs les grands stratèges politiques, Messieurs les faiseurs de rois, MM. Pelli, Darbellay, Grunder, Bäumle, Ueli Leuenberger et Leyvrat, un peu de courage et d'imagination que diable !

 

12:28 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : conseil fédéral, udc, élections | |  Facebook

Commentaires

Ne devriez-vous pas renommer votre blog "Rêveries d'un Trotskyste ordinaire" ? C'est en tous cas ce que votre billet, ô combien anti-démocratique me laisse à penser.

Sans être pro-UDC (bien au contraire), j'estime que la seule alternative crédible et représentative est l'élection du CF par le peuple et non par un vilain jeu de chaises musicales, où, passez-moi l'expression, l'on se tire des pipes entre copains incompétents contre service rendu qui a lieu actuellement.

La classe politique en aura-t-elle le courage ? En prendra-t-elle le risque ? Là est toute la question !

Écrit par : Nom/Prénom | 31/10/2011

Pouvez vous avancer une (1) raison pour expliquer pourquoi ce serait l'UDC et non pas le PS qui devrait quitter le CF?

Merci!

Écrit par : Alexandre | 31/10/2011

@ Nom/Prénom :

Merci de votre commentaire !

Trotskyste moi ? Alors là j'éclate de rire !

Pensez-vous sérieusement que le Conseil fédéral constituerait un ensemble gouvernemental cohérent si deux de ses sept membres devaient émaner de l'UDC tendance blochérienne ? Non, soyons sérieux, ce serait ingouvernable !

Pour pouvoir gouverner, il est indispensable que le collège gouvernemental se mette préalablement d'accord sur un programme politique commun comportant un minimum de valeurs et d'orientations.
Un gouvernement ne doit pas impérativement représenter fidèlement la représentation du législatif. Il doit représenter une majorité autour de laquelle un consensus politique est trouvé.

Pour ma part je ne crois à l'élection du Conseil fédéral par le peuple, sauf si cette élection devait porter sur des "listes bloquées", à savoir des listes comportant sept noms, sans possibilité de panachage. Ceci pour éviter de faire cohabiter des personnes disparates et politiquement trop opposées.

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 31/10/2011

@ Alexandre :

A priori il n'y en a aucune, à condition que l'UDC parvienne à constituer une majorité à l'extérieur de son propre parti pour trouver une plate-forme d'action gouvernementale commune. Or sur ce plan-là, l'horizon semble fermé ...

Pour ma part, je vois davantage de convergence politique entre les partis que j'ai cités dans mon billet, qu'entre l'UDC et n'importe lequel de ces partis.

Cette situation est liée à l'isolement politique de l'UDC qui s'obstine à se focaliser sur des faits de société à défaut d'avoir une véritable vision politique pour la Suisse.

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 31/10/2011

... sans compter que le non consensus fait partie du programme politique de l'UDC. Il suffit d'écouter leur président, M. Brunner, lors du dernier congrès de son parti. M. Freysinger tient le même type de discours. Comment gouverner avec un parti qui érige en dogme le refus de tout compromis avec les autres partis politiques. Je suis également convaincu que la vraie place de l'UDC, c'est l'opposition.

Écrit par : Galileo | 31/10/2011

En effet, vous n'êtes pas trotskyste. Stalinien, bien au contraire. Une vision du Conseil fédéral élu par les partis, des "listes bloquées", le refus d'une élection populaire, tout cela est très stalinien, et pas du tout trotskyste.

C'est rétro, presque attendrissant.

Écrit par : Armand Lothar | 31/10/2011

@ Armand Lothar :

Soyons sérieux !
Dites-nous comment, selon vous, il faudrait organiser une élection du Conseil fédéral par le peuple, car si vous vous gaussez des "listes bloquées", qui seraient plurielles bien évidemment, vous ne vous exprimez ni sur le mode de scrutin (système majoritaire ou proportionnel ?), ni la manière de protéger les minorités, que celles-ci soient linguistiques, géographiques, sociales, etc.

Par ailleurs, la Suisse devrait-elle constituer selon vous une seule et même circonscription électorale ou devrait-on la diviser en sept (par exemple et si oui, selon quels critères ?) dans lesquelles chacune aurait droit à un siège au CF ?

Imaginons par exemple que la Suisse ne constitue qu'une seule et même circonscription électorale, sans dispositifs de sauvegarde des minorités, cela conduirait inévitablement à l'élection de sept personnes toutes issues de la région la plus peuplée, c'est-à-dire de Zurich.

En élisant ainsi chaque membre du Conseil fédéral séparément, pensez-vous sérieusement améliorer la cohérence et l'efficacité du Collège gouvernemental ?

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 31/10/2011

@Jean d'Hôtaux

Votre analyse est pertinente et je vous en remercie.

Cependant, ce que je constate, c'est que les autres partis ont aussi une resposabilité claire dans l'apparente absence de "recherche de consensus" de la part de l'UDC.

Explication: A l'heure actuelle, l'UDC est à peu près le seul parti qui s'engage clairement et fiablement contre toute hausse de la fiscalité, sans compromis à ce sujet. Qui s'engage aussi clairement contre les entraves à la mobilité individuelle, entraves chères à la gauche et au centre, et qui progressent à vue d'oeil dans toutes les cités.

A mon sens, c'est plutôt le comportement du PLR, qui devrait naturellement converger avec l'UDC sur ces points (pas sur tous, bein entendu, mais au moins sur ces deux-là), qui pose problème et isole l'UDC, qui elle reste intransigeante. A titre personnel, je vote "naturellement" PLR, mais je ne peux m'empêcher de constater que le PLR dévie facilement de sa ligne de conduite initiale pour s'adonner à moult compromis avec la gauche et le PDC.

A mon sens cela explique dans doute une partie du succès de l'UDC (votes d'ex-PLR à juste titre déçus), tout comme son isolement sur le plan politique, les autres partis bourgeois étant prompts à tisser des compromis contre-nature avec leurs adversaires.

Écrit par : Alexandre | 01/11/2011

Bonsoir Alexandre,

Vous évoquez l'engagement clair (selon vous) et ferme de l'UDC sur la fiscalité, toutefois il me semble nécessaire de rappeler que la fiscalité n'est pas une fin en soi, mais seulement un moyen. C'est l'essentiel des ressources permettant d'assurer le budget de fonctionnement de l’État. Par conséquent combattre toute augmentation de la fiscalité revient à s'attaquer à la conséquence et non à la cause, c'est-à-dire au catalogue des prestations offertes par l’État.
On devrait davantage s'interroger sur la pertinence de certaines prestations servies plutôt que de s'attaquer à leurs conséquences, c'est-à-dire à la charge budgétaire qu'elles induisent.

Quant à la mobilité individuelle, ce sera toujours un difficile compromis entre transports publics et transports privés, deux moyens complémentaires et souvent antagonistes. On observe que l'espace de liberté laissé à la mobilité individuelle décroit avec la densité de la population. C'est une évidence plus physique que politique.

Pour moi, la politique doit se traduire avant tout par l'engagement et la responsabilité individuelle des citoyens au service du bien commun. Elle ne devrait pas servir de tremplin pour assouvir des ambitions personnelles.
Il est navrant de constater que bien souvent, faire de la politique se résume à lancer des slogans démagogiques pour promouvoir des idées irréalistes, tout en simplifiant celles-ci en se servant d'exutoires. Dans ce domaine, tous les partis politiques portent une part de responsabilité. Certains plus que d'autres !

Encore une fois, l'exploitation de faits divers à des fins politiques comme le fait l'UDC, traduit un manque de vision claire pour l'avenir de la Suisse. Or si l'on manque de vision politique, il vaut mieux s'abstenir de gouverner !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 01/11/2011

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