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03/07/2012

Quand les paniers percés font la fine bouche …

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On sait la France endettée jusqu’au cou. On la sait fière aussi, voire arrogante parfois.

Il y a une dizaine de jours, une « Commission d’enquête sur l’évasion fiscale » (excusez du peu) du Sénat français, formée de deux socialistes et d’un communiste, le sénateur Eric Bocquet rapporteur, est venue à Berne pour « s’informer sur l’évasion fiscale vers la Suisse ».

Cette commission d’enquête n’a pas souhaité donner suite à la proposition de la députée nouvellement élue, Madame Claudine Schmid, représentant les Français de Suisse et du Liechtenstein à l’Assemblée nationale française, de s’entretenir avec elle. A Berne la commission sénatoriale française a rencontré le Secrétaire d'Etat chargé des questions fiscales, Michael Ambühl qui a lui expliqué les bienfaits des accords « Rubik ». La commission souhaitait aussi rencontrer les présidents des Commissions des Finances du National et des Etats. Elle les aurait dit-on, « convoqués » (!). Ceux-ci n’étant pas disponibles, elle se serait alors rabattue sur de seconds couteaux dont semble-t-il Manuel Tornare. C’était pour celui qui s’ennuie à mourir dans « cette capitale où il ne se passe rien », l’occasion sans doute d’étaler sa vaste culture.

Bref, la commission d’enquête française est repartie de Berne assez déçue semble-t-il de l’accueil glacial qu’elle aurait reçue.

Sur le chemin du retour, elle s’est arrêtée à Genève pour rencontrer Jean Ziegler qui lui aura très certainement réservé un très chaleureux accueil, lui dont le rayonnement intellectuel est en chute libre dans son propre pays. Mais pour la France, accrochée à ses clichés comme chacun sait, Jean Ziegler reste une icône.

Avant même son retour à Paris, la délégation a dit tout le mal qu’elle pensait de la solution « Rubik », taxée de solution d’amnistie fiscale par Eric Bocquet.

 

Peut-être n’est-ce que pure coïncidence, mais on apprenait hier par l’AFP que notre Présidente de la Confédération Eveline Widmer-Schlumpf, aurait proposé au président français François Hollande de poursuivre les discussions entamées avec les gouvernements précédents sur un éventuel accord fiscal. Elle l’aurait même invité à venir en Suisse. Pour l’heure, la présidence française n’a pas encore répondu à ce qui paraît être un appel du pied.

 

Mais pourquoi donc insister tellement ? Pourquoi rappeler à la France les bienfaits supposés de « Rubik » alors que nos voisins savent très exactement de quoi il s’agit ? Après tout si la France préfère suffoquer dans le dogme plutôt que de s’offrir un bol d’oxygène de réalisme, c’est bien son droit.

 

La dette publique française atteignait 1789,4 milliards au 31 mars 2012 selon l’Insee, l’Institut français de la statistique qui nous l’apprend. Coïncidence sans doute, mais « 1789 » c’est aux chiffres près, exactement le millésime de la prise de la Bastille. Serait-ce une prémonition ?

Cette dette donc, a beaucoup augmenté au cours des 3 premiers mois de l’année nous dit-on. Elle représente désormais 89,3% du PIB la France. Pourtant la France fait la fine bouche. Accrochée à ses dogmes, elle refuse une solution (Rubik) qui lui permettrait de récupérer quelques centaines de millions d’euros très rapidement. Pis que cela, elle snobe la Suisse en refusant même de négocier pour s’en remettre à un hypothétique échange automatique de données qui serait imposé par l’UE. Au vu de sa dette abyssale, un tel accord ne serait certes qu’une goutte d’eau, mais c’est très symbolique de l’état d’esprit qui règne actuellement à Paris.

La Suisse a signé ce type d’accord avec le Royaume-Uni, l’Autriche et l’Allemagne – qui ne l’a certes pas encore ratifié. Elle négocie aussi avec l’Italie et les USA, mais la France, vous n’y pensez pas, ne va pas s’abaisser à ce point.

 

Madame Eveline Widmer-Schlumpf, de grâce cessez donc de prier la suffisante présidence française et laissez le coq gaulois pérorer dans sa basse-cour.

09:16 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : rubik, accords fiscaux, france, widmer-schlumpf, dette publique | |  Facebook