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18/10/2012

Mais qui parle de tuer la Ville de Genève ?

Dans un billet publié ce jour sur son blog, Sylvain Thévoz s’en prend au candidat Guillaume Barazzone qu’il accuse de vouloir « tuer la Ville », si je l’ai bien compris.

Je m’empresse de préciser que je ne connais ni Sylvain Thévoz, ni Guillaume Barazzone et que, n’étant pas domicilié à Genève-Ville, je ne pourrai voter à l’occasion de cette élection complémentaire au Conseil Administratif de la Ville de Genève. Par conséquent je suis peu au fait des reproches formulées à l’encontre du candidat Barazzone dans cette campagne.

Mais ce ne sont pas les échos de la polémique de cette campagne qui m’interpellent ici, mais plutôt certains thèmes sensibles, très intéressants, voire fondamentaux, abordés par  Sylvain Thévoz dans son billet. Indépendamment de la personnalité de l’élu qui remplacera Pierre Maudet au Conseil Administratif de la Ville de Genève, force est de constater que les problèmes qui sont évoqués subsisteront bien malheureusement au-delà de cette élection. En effet, c’est d’institutions et plus précisément du statut de la Ville de Genève dont il s’agit et non pas d’une question de personne. En d’autres termes, peu importe le nom du futur Conseiller administratif élu, que cela soit Guillaume Barazzone ou Salika Wenger, ou un autre, car fondamentalement les problèmes abordés subsisteront.

En effet, c’est de problèmes institutionnels dont il s’agit ici, alors osons poser une question : quand donc aurons-nous le courage à Genève de regarder la réalité en face et mettre les problèmes sur la table, sans tabou, ni à-priori ?

La Ville fournit indéniablement des prestations culturelles et de sécurité publique, voire d'autres encore, à l'ensemble du canton en cela Sylvain Thévoz a raison. Pour autant, n'est-il pas pertinent de se poser certaines questions majeures ? N'est-il pas temps par exemple de redéfinir Genève comme une seule agglomération dans ses frontières cantonales aux sens politique et administratif du terme, cela dans l'intérêt de tous ? Par ces temps de disette fiscale d'ores et déjà annoncée, toute réforme politique, administrative et fiscale serait-elle taboue ? Peut-on débattre sereinement de ces problèmes sans se faire irrémédiablement clouer au pilori ?

Il existe indéniablement des économies à réaliser et des doublons à supprimer entre Ville et Canton, nier ces problèmes relève du déni de réalité. Concernant la fiscalité, partout ailleurs en Suisse celle-ci est rattachée au lieu de domicile et non au lieu de travail. Rien n'empêche cependant de mettre en place un système de péréquation intercommunale. Rien n'est tabou pour autant que l'on veuille bien s'affranchir de dogmes ou d'intérêts particuliers, voire de se réserver des rentes de situation par exemple. Mais de cela je ne veux y croire !

Aucun des problèmes évoqués ici n'ont pas été pris en compte dans notre désormais nouvelle Constitution. Cela est consternant ! Aujourd'hui déjà ils ressurgissent, comme ils ne manqueront pas d'empoisonner la vie politique genevoise au cours de ces prochaines années.

Non il n'est pas question de "tuer la Ville" mais au contraire de la dynamiser en la préservant de ces querelles de clochers qui l'empoisonnent depuis trop longtemps. Cette réforme institutionnelle doit se faire dans un climat d'apaisement. Dans l’intérêt de tous.

Genève restera toujours Genève, indépendamment de son statut administratif et de son découpage politique !

19:31 Publié dans Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : politique, genève, institutions | |  Facebook

Commentaires

Les médias n'ont plus les moyens de s'offrir des enquêtes d'investigation.
Il faut du court et du spectaculaire.
Pourtant, le lectorat suivrait certainement passionnément une étude sur les coûts engendrés par les procédures entre la ville et le canton.
Et la diffusion de ces chiffres relancerait à coup sûr le débat.

Écrit par : Pierre Jenni | 19/10/2012

Genève n'est plus qu'un montage sur fondations discréditées
à force de gabgies et d'incompétences, Genève est dans le rouge AA pour l'instant
à force d'inflitrations clientèlistes, les institutions genevoises ne sont plus en mains suisses
où pour le citoyen voter s'est réduit au pur exercice d'esprit, voter blanc, celui du devoir accompli

Écrit par : Pierre à feu | 19/10/2012

@ Pierre Jenni :

" Pourtant, le lectorat suivrait certainement passionnément une étude sur les coûts engendrés par les procédures entre la ville et le canton.
Et la diffusion de ces chiffres relancerait à coup sûr le débat. "

Bien d'accord avec vous, mais on préfère s'occuper des détails plutôt que de traiter l'essentiel. Il faut faire de l'audimat et vendre avant tout !

Il faut dire que les médias ne sont pas les seuls responsables de cette situation. Ils traitent de sujets susceptibles d'intéresser le plus grand nombre, c'est avant tout une question d'audimat, d'espace de diffusion, les médias fonctionnent avec la rentabilité pour moteur et c'est logique, ce sont pour la plupart d'entre eux des entreprises commerciales.

Mais les vrais responsables de la situation, ce sont avant tout les citoyens eux-mêmes, ceux qui ne s'intéressent pas à la chose publique en s'abstenant de voter. Lorsqu'on dispose de tout le confort matériel ou presque, on oublie de se poser certaines questions pourtant essentielles, sans imaginer une seconde que ces acquis (sociaux, économiques, etc.) ne sont peut-être pas éternels, sans jamais se remettre en question.

J'entendais ce soir à l'émission "Forum" sur RSR1, Eric Bertinat et Guillaume Barrazone, tous deux candidats à l'élection complémentaire au Conseil administratif de la Ville, débattre autour du thème "Faut-il armer les policiers municipaux ?". Pour résumer, les armes de service et leurs calibres étaient opposées aux matraques télescopiques ...
Bien qu'étant très préoccupé par la sécurité publique, je m'interroge tout de même sur l'utilité et l'intérêt d'un tel débat, alors que les vrais problèmes se situent à un autre niveau.

@ Pierre à feu :

" Genève n'est plus qu'un montage sur fondations discréditées ..."

Oui, mais c'est à nous autres citoyens de réagir en dénonçant les dérives constatées. Nous sommes en démocratie.

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 19/10/2012

mais oui, mais c'est bien sûr! Jean d'Hôtaux, ne reste qu'à voter blanc, pour la cour des comptes & Co en attendant de voter la réforme du vote constitutionnel, et les autres ... les amendements

Écrit par : Pierre à feu | 20/10/2012

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