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25/08/2013

Probité et mandats politiques

La proximité des élections cantonales remet quelques vertus à l’ordre du jour. A l’approche du renouvellement de nos autorités politiques, que sait-on vraiment des candidats qui sollicitent nos suffrages et surtout notre confiance ? Il y a certes les anciens, ceux qui se représentent et qui peuvent se prévaloir de leur bilan, mais pour les nouveaux force est de nous en remettre aux informations qui nous sont communiquées par la presse et les médias.

 

Parmi les qualités attendues d’un candidat, son orientation politique est évidemment fondamentale, mais est-ce suffisant ? N’y aurait-il pas aussi quelques autres qualités, proprement humaines celles-là ? Je pense ici à la probité.

 

« La probité, en effet, est la fidélité aux principes que l’on a délibérément choisis. Elle n’est elle-même ni la vérité, ni la justice, ni la charité. Elle est le constant souci de conformer ses actes aux règles que l’on a acceptées et reconnues comme justes et bonnes. »

 

C’est en ces termes qu’Edouard Claparède, neurologue et psychologue genevois (1873-1940), définissait la probité. 1).

 

Pour ceux qui l’auraient oublié et pour ne reprendre que l’histoire récente, les exemples d’entorses à cette vertu cardinale en politique sont légion. De l’affaire Cahuzac en France, au comportement de Berlusconi en Italie, la Suisse et Genève ont connu toutes les deux des scandales qui ont éclaboussé le milieu politique. Qui a oublié l’affaire qui a poussé la Conseillère fédérale Elisabeth Kopp à la démission en 1989, pour violation de son secret de fonction ?

Plus près de nous, dans notre petite république, on peut citer des exemples, certes beaucoup moins graves de violation des règles, de conflits ou de prise illégale d’intérêts, d’abus de pouvoir ou de fonction, d’actes d’insoumission à la loi, et j’en passe.

Qui se souvient de tel Conseiller administratif de la Ville de Genève qui se faisait « sauter des amendes de stationnement » ? De cet autre Conseiller administratif de la même Ville de Genève qui s’invitait au début de cette année à une séance du conseil d’Administration des TPG, nonobstant un arrêté du Conseil d’Etat rendant incompatible cette double fonction ? On se souviendra peut-être aussi de ce Conseiller administratif d’une commune genevoise qui s’octroyait des travaux pour la compte de celle-ci, en totale violation de la loi sur l'administration des communes. Tel autre Conseiller municipal de la Ville de Genève qui se refuse à payer ses titres de transport TPG, au motif qu’il est favorable à la gratuité des transports publics ...

 

Bref, certains semblent confondre intérêts publics et intérêts privés, idéal politique et règles de droit. Ces gens bafouent la démocratie qu’ils sont pourtant censés servir.

 

Mais faire l’inventaire de toutes les vertus requises en politique serait incomplet si on ne parlait pas aussi de son corollaire, à savoir la ponctualité dans le paiement de ses impôts. C’est ainsi que la presse locale nous a appris récemment que plusieurs candidats au Conseil d’Etat avaient du retard dans le paiement de leurs impôts et que certains, tels des convertis de la 23ème heure, s’étaient mis à jour récemment. Comment peut-on prétendre vouloir gérer un canton, administrer une commune, voire siéger au sein d’un législatif, lorsqu’on est incapable de gérer son propre budget ? Comment peut-on briguer un mandat politique à l’exécutif d’un canton, alors que l’on ne paie pas ses impôts ou qu’on les paie avec retard, sachant que les revenus que l’on en tirera relèvent eux-mêmes directement des finances publiques ? C’est incohérent, mais surtout indigne !

 

Le Conseil de l’Europe a édité en 2010 un « Code de conduite européen relatif à l’intégrité politique des élus locaux et régionaux », un ouvrage qui définit des normes éthiques auxquelles devraient être soumis tout candidat ou titulaire d’une fonction politique, ceci afin de conforter, voire de rétablir la confiance des citoyens à l’égard de leurs autorités politiques. Il en va de la crédibilité de la démocratie et des fondements de l’Etat de droit.

Mais qu’en est-il à Genève ? S’est-on inspiré de ces normes pour faire évoluer le droit administratif ? N’y aurait-il aucune nécessité, ni urgence ?

 

1)      « Morale et Politique ou Les vacances de la probité. » Neuchâtel, Éditions de la Baconnière, 1940.

Commentaires

Vers un test obligatoire pour tous les candidats ?

Relisons ce texte publié avant l'élection partielle au Conseil d'Etat:

http://tinyurl.com/mduyqrh

(lol !)

Écrit par : jaw | 26/08/2013

...

@ jaw :

Excellent ce billet mis en lien. J'y adhère ! :-)

Bonne journée à vous !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 26/08/2013

Bon ben j'ai été chercher ce test pour vous le soumettre.
D'emblée il apparait que celui qui subit des troubles de la personnalité est d'abord dans le déni et répondra évidemment aux questions dans le sens de ce qui est attendu de lui puisqu'il est candidat.

Le système de l'élection à deux tours permet justement à une pléthore de candidats de se présenter. La sélection se fera dans un second temps, non seulement à l'interne des partis, mais surtout dans la logique des blocs. Cette année, nous en avons trois : L'Entente, l'Alternative et les populistes.

Les outils numériques permettent aux candidats de se profiler individuellement sans subir la sanction de leur parti. Encore faudrait-il que les électeurs prennent le temps de visiter les sites. Surtout qu'on ne pourra pas profiter de Smartvote ce coup-ci.

Les candidats marginaux, qu'ils fassent partie de nouvelles formations ou indépendants, ne devraient pas se préoccuper de la logique des blocs. Ils se présenteront certainement au second tour, sans inquiéter les partis gouvernementaux. Pour le moment.

Mais la logique des partis est en perte de vitesse. Les discours ne sont plus aussi tranchés et les positions s'interpénètrent. A tel point que certains élus changent de parti. Souvent plus par opportunisme que conflit d'intérêt. Dans la logique de carrière des ces êtres ambitieux qui affectionnent le pouvoir. Leur cynisme n'est que rarement perçu par les citoyens caressés dans le sens du poil. L'électeur à besoin d'être rassuré et donc il reçoit ce qu'il demande. Des promesses.

Si nous commençons à ressentir les premiers effets de lassitude des populations à l'égard de leurs élus, il est encore un peu tôt pour voir émerger des caractères qui soient prêts à se donner, à se rendre disponible, pour assumer des fonctions éreintantes. Un conseiller d'Etat s'use rapidement. A part quelques exceptions qui ont su s'économiser, la plupart prennent 10 ans dans l'espace d'une législature.

Mais les temps changent. Nous n'avons pas encore bien pris la mesure d'internet et des outils numériques qui accélèrent ces changements.

Écrit par : Pierre Jenni | 26/08/2013

...

En complément à ma note, une information parue ce jour dans la TdG :


La Cour des comptes a dénoncé la Municipalité de Carouge au Ministère public concernant l'utilisation de matériel et d'installation de la commune à des fins privées hors des heures de travail, ainsi que l'utilisation de collaborateurs du service pendant les heures de travail, à des tâches privées.

Voir ici :

http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/cour-comptes-denonce-ville-carouge-ministere-public/story/11540132

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 27/08/2013

Attendez, ce n'est si simple de filler des milliards aux copains de 08:00 à 17:00 !

Écrit par : Corto | 27/08/2013

C'est pas donné à tout le monde !

Écrit par : Corto | 27/08/2013

Un genevois, de nationalité suisse ou pas, bébé ou retraité, impotent ou archiduc, mais avant tout fonctionnaire ou assisté social, doit en moyenne apporter 15'000 sfr. par an dans les caisses !

C'est pas un peu beaucoup ?

Écrit par : Corto | 27/08/2013

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