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25/11/2013

Le TCS et la vignette : demain on rasera gratis !

Or donc les urnes ont parlé. A mon grand regret, elles ont rejeté l'augmentation de la vignette. L'histoire jugera, même si cet événement est infime en regard des problèmes de l'humanité, je ne peux m'empêcher d'analyser la campagne et la motivation de la majorité des électeurs. En fait de motivation, je pense qu'il faudrait mettre ce terme au pluriel car il s'agit d'un amalgame hétéroclite.

Dans ce front du refus, on trouve pêle-mêle les démagogues habituels de l'UDC, les Verts écologistes opposés à tout ce qui concerne la bagnole et qui n'en possèdent pas, mais qui ne rechignent pas à se faire transporter dans celles des autres, à l'image de Robert Cramer alors Conseiller d'Etat. Et puis il y a aussi l'ATE qui combattait cette augmentation par idéologie et faisait alliance avec un bien curieux partenaire de circonstance : le TCS !

Oui, le TCS qui se prévaut de "défendre les intérêts de tous les automobilistes", comme si ces derniers lui avaient donné un blanc-seing ou avaient été consultés et donné leur adhésion. Cette campagne m'aura au moins appris que ledit TCS est doté d'une "Commission politique" qu'on suppose être élue par les délégués. En tant que sociétaire, je ne sache que le TCS m'ait une seule fois demandé de m'exprimer au sujet de cette augmentation du prix de la vignette, alors de quel droit prétend-il parler au nom de tous ses sociétaires ? Le citoyen électeur que je suis serait-il mis sous tutelle au motif qu'il serait jugé incapable de discernement au point de devoir s'en remettre à un club de dépannage routier chargé de penser et de décider pour lui ? Demande-t-on à sa caisse maladie de défendre ses intérêts pour contenir les augmentations des primes dans le domaine de la santé ?

Les automobilistes ne le sont que partiellement, car ils aussi tous piétons et parfois cyclistes ou motocyclistes. Ce qui m'intrigue dans ce refus du TCS, ce sont les motivations qui le sous-tendent. Les arguments servis par le TCS lors de la campagne sortaient parfois tout droit du Café du Commerce et fleuraient bon la démagogie, car jamais ses porte-paroles ne nous ont expliqué comment ils entendaient réaliser le programme d'extension des routes nationales et leur entretien, ni surtout dans quels délais. Car il ne faut pas se leurrer, sans ressources supplémentaires ce programme d'extension du réseau des routes nationales ne pourra pas être réalisé et les projets devront être repris par les cantons, des cantons qui ne disposent pas des ressources nécessaires. Des ressources, mais quelles ressources ? Fiscales ? Mais fiscaliser quoi, qui et comment ? Bonjour la solidarité entre les régions !

A la suite de ce couac électoral deux hommes ont émergé, sortis du lot dans cette médiocrité politique ambiante : les Vaudois Pascal Broulis et Olivier Français. Deux véritables hommes d'Etat qui ont démontré qu'il avaient une réelle vision des tâches de la Confédération, qui ont parlé de l'urgence de la réalisation des infrastructures de transport routières et ferroviaires, de solidarité confédérale et de l'impérieuse nécessité de ne pas laisser tomber les cantons.

La Suisse, heureux pays qui peut s'offrir le luxe d'un référendum national sur une augmentation de prix d'une vignette autoroutière. Lorsqu'on n'a pas de problèmes, il suffit d'en inventer !

Le TCS s'est quant à lui tiré une balle dans le pied car comme chacun sait, demain on rasera gratis !

11:11 Publié dans Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (27) | Tags : tcs, vignette, autoroutes, financement des infrastructures | |  Facebook