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17/01/2014

Faut-il tirer la prise le 9 février ?

Le 9 février prochain, nous serons appelés à nous prononcer sur l’initiative de l’UDC visant à lutter contre « l’immigration de masse ». Comme tout un chacun, en tant que citoyen responsable, j’ai pris la peine de lire les arguments des partisans et les objections des adversaires de cette initiative pour forger mon opinion.

 

J’en suis arrivé à la conclusion que cette initiative était dangereuse pour l’avenir de notre pays et de sa prospérité. Par conséquent je voterai NON le 9 février prochain, ceci  essentiellement pour les raisons suivantes.

 

En prétendant revenir à une politique de quotas de travailleurs étrangers, abandonnée de fait depuis 2002, les initiants n’apportent aucune réponse quant à l’allocation de ces ressources humaines dans le marché du travail. Quels seront les critères appliqués dans l’allocation des quotas ? Seront-ils alloués par secteurs économiques, par régions géographiques, etc. ? On n’en sait rien, on nage dans le flou, mais on peut être sûr que l’administration serait confrontée à de gros problèmes si d’aventure l’initiative devait être acceptée.

 

Par ailleurs, la Suisse est située géographiquement au centre de l’Europe et la grande majorité de nos échanges économiques (les deux tiers) se font avec nos voisins immédiats. Nous partageons avec eux la même culture, à l’exception notable de notre culture politique fondée sur la démocratie directe qui nous responsabilise en tant que citoyen. Notre situation géographique ne changera pas quoiqu’il advienne de l’évolution de la construction de l’UE. Que nous en partagions ou non les options, nous devrons bon gré, mal gré, cohabiter avec elle. Par conséquent nous ne pouvons pas ignorer ces réalités dans les décisions politiques que nous prenons en Suisse. A cet égard, l’initiative visant à lutter contre « l’immigration de masse » est dangereuse car elle comporte des risques très importants qu’il ne faut pas sous-estimer.

On sait aussi que le Conseil fédéral souhaite relancer les négociations avec l’UE pour conclure avec elle de nouveaux accords, notamment un « accord sur les services financiers » qui devrait permettre aux banques suisses d’offrir leurs prestations dans les pays de l’UE sans discrimination par rapport aux banques des états membres, c’est-à-dire sans avoir l’obligation d’ouvrir une succursale dans chacun des pays en question.

Un autre accord bilatéral intéresse aussi la Suisse, dans le domaine de l’électricité celui-là. Il s’agit d’un domaine en pleine mutation où la Suisse, du fait de sa position géographique, a toujours joué un rôle central car les réseaux électriques européens sont tous interconnectés. Cet accord ne se limiterait pas aux aspects techniques mais concernerait aussi et surtout la participation non discriminatoire de la Suisse à la « Bourse européenne de l’électricité » où se négocient les prix de l’énergie électrique, lesquels fluctuent au gré des saisons, des heures de la journée et des conditions météorologiques, tout ceci dans un marché en voie de libéralisation.

 

Voter oui à l’initiative de l’UDC affaiblirait considérablement la position de Conseil fédéral dans la perspective de ces futures négociations car pour être crédible l’action politique doit s’inscrire sur la durée et en cohérence avec les accords bilatéraux en vigueur.

 

Il indéniable que l’ouverture du marché du travail a provoqué des effets pervers dans notre pays et nier ce fait serait de mauvaise foi. Je pense toutefois qu’il existe encore une marge de manœuvre pour modérer certaines dérives, ceci à l’image des deux dernières décisions prises hier par le Conseil fédéral : l’obligation faite au bailleur de publier le prix du loyer lors du changement de locataire, ainsi que l’abrogation de l’aide sociale accordée aux ressortissants de l’UE en recherche d’emploi en Suisse.

Parmi d’autres mesures à prendre, je pense à toutes les fonctions qui devraient relever des tâches régaliennes de l’Etat, ainsi que celles qui sont d’importances stratégiques. Ces fonctions ne devraient pouvoir être exercées que par des ressortissants suisses, à l’image des règles appliquées chez nos voisins. Toute la question est de savoir ce que l’on entend par « tâches régaliennes ». Ce sont en premier lieu bien évidemment les mandats politiques des exécutifs, l’armée, la police, la justice, l’administration fédérale, les domaines qui relèvent de l’économie publique telle que l’administration fiscale et tout ce qui a trait au recensement de la population dont le contrôle de l’habitant fait partie. Il en va de même de toutes les autorités en charge de la régulation et de la surveillance des politiques monétaires et financières telles que la BNS ou la FINMA, dont on apprend par ailleurs que le directeur qui a démissionné hier, sera remplacé ad-intérim par un citoyen britannique ... De telles aberrations alimentent bien évidemment des ressentiments qui n’incitent pas à la raison.

La fiscalité qui relève encore de la souveraineté des Etats, et non de l’UE, est aussi un domaine où la Suisse pourrait agir. Je pense ici à l’imposition des travailleurs frontaliers que les cantons seraient bien inspirés d’harmoniser rapidement.

Et puis finalement il faut renforcer davantage encore les contrôles, dépister et sanctionner les entreprises qui pratiquent la sous-enchère salariale, les faux travailleurs indépendants, se doter de bases légales adéquates en modifiant au besoin le droit du travail.

 

Toutes ces propositions ne dépendent que de la volonté de notre législateur composé de personnes que nous avons élues.

 

Loin de moi l’idée de faire des partisans de cette initiative de l’UDC des xénophobes comme certains voudraient les dépeindre, car c’est uniquement une question de risques politiques et économiques dont il s’agit ici et seulement de cela.

 

Pour ma part, je ne cautionnerai pas cette grande prise de risques en votant NON à cette initiative assimilée à un jeu de roulette russe.

 

Votons NON le 9 février et ne tirons pas la prise qui nous alimente ...

Commentaires

Merci pour cet article Jean. Il m'apporte des éléments de réflexion plus techniques, moins émotionnels.

Écrit par : hommelibre | 17/01/2014

Tout ce que vous dites, nous nous le sommes dit aussi. Mais ce chantage à l'économie dure depuis des décennies. Pied à pied, on a perdu de plus en plus de droits. En douceur, très finement, lentement mais sûrement. A un moment, il faut savoir dire non. Et le 9 février, c'est l'avant-dernière occasion. La dernière, ce sera Ecopop, plus facile à démonter politiquement par les "élites" PLR, PS et PDC.
La Suisse est une diligence avec six chevaux emballés qui roule à toute vitesse vers la falaise. Le cocher est totalement impuissant. Des gens sur le bord de la route ont deux bâtons à jeter dans les roues pour tenter d'empêcher le désastre...

Écrit par : Géo | 17/01/2014

En voyant votre photo, je me dis que vous étiez là en 1992. Que vous avez voté! Si 0,4% de plus avait voté oui à l'EEE, nous serions dans le même pétrin que les européens, qui sait, la Suisse n'existerait plus peut-être!

Vous n'êtes certainement plus dans le monde du travail, donc plus d'inconvénients, de stress dû à l'ambiance au boulot, les débordements sur les routes, l'obligation d'aller se loger à 50-100km.
Vous manquez d'oreilles pour entendre les plaintes de ceux qui paient (sur tous les plans) pour votre AVS et vous n'avez pas beaucoup de considération pour nos rejetons qui vont aussi payer plein-pots pour votre longue retraite.
Car si vous croyez que se sont les nouveaux immigrants qui vont remplir les caisses sociales c'est bien être totalement à l'écart des réalités de ce que vivent les fourmies-concitoyennes qui travaillent pour vos beaux jours!

Quand aux contrôles...ahaha! le dumping salarial, à sens unique; les Suisses qui le subissent n'en voient pas la couleur. Unia s'occupe uniquement de les faire en faveur des ouvriers-employés immigrants!

il faudrait plus de contrôles, ah oui et qui va payer ces nouveaux fonctionnaires. Je vous recommande vivement d'entendre ou de parler avec le Conseiller d'état Norman Gobbi qui dans son canton vit au quotidien et sans solutions l'enfer que vous nous promettez avec votre position.
Pas besoin de vous dire de quel canton il s'agit, il a servi de banc-d'essai et malgré tout vous voulez l'étouffer!

Ecopop est encore plus restrictive, si celle-là ne passe pas, je vous en donne ma parole, le suivante passera!

Écrit par : Corélande | 17/01/2014

Corélande@ Si celle-ci passe, Ecopop passera aussi. Enfin j'espère, parce que Ecopop traite aussi de la coopération au développement suisse qui donne aux peuples du tiers-monde le moyen de faire plus et plus d'enfants, ce qui est évidemment très intelligent...

Écrit par : Géo | 17/01/2014

Vous touchez très juste. Non seulement vous ne cautionnez pas les arguments xénophobes, mais surtout vous évaluez froidement les risques. Et c'est bien là que tout se joue.

Oui, en cas d'acceptation, le CF se trouvera dans une situation plus difficile pour négocier d'autres accords. Les opposants ne se privent pas de nous rappeler la clause guillotine. Etonnamment, vous n'en parlez pas. Serait-ce encore la sagesse qui s'exprime pour éviter de relever le chantage que subissent les Suisses afin d'éviter le réflexe presque reptilien d'une fierté blessée ?

Et pourtant, que ce soit dans le cadre de l'électricité ou dans les autres domaines, il se trouve que nous exportons autant, si ce n'est plus, que nous importons de l'Europe qui est demandeuse. La politique reste cyniquement le vassal de l'économie. Il m'apparait comme très improbable que l'ensemble des accords soient dénoncés. Et quand bien même, les débouchés se mettront en place et, comme l'eau, les flux trouveront le chemin le plus court.

Oui, notre position est délicate. Notre petit pays joue dans la cour des grands, mais nous n'avons pas le gabarit, l'envergure des puissants. C'est ainsi que nous nous mettons nous-mêmes dans une posture victimaire et que nous donnons souvent des verges à nos ennemis pour nous fouetter.

Il se trouve que les questions d'immigration ne sont pas l'apanage de notre pays. Bien que les conséquences y soient plus visibles. Le vote sera observé de près par nos voisins qui envisagent d'introduire des mesures similaires.

Nous touchons aux limites du libéralisme. Et nous amorçons une réforme des règles du marché ouvert qui ont été embrassées universellement. Il s'agit de corriger les effets pervers d'une compétition débridée qui voit les moins scrupuleux gagner à tous les coups. Observez à qui profite vraiment cette ouverture.

La libre circulation des personnes est un idéal qui aurait sa raison d'être si tous les pays offraient une attractivité similaire. Notre petite Suisse qui caracole au sommet de la qualité de vie est devenue un eldorado pour le monde entier. Evidemment, nous culpabilisons. Et nous participons généreusement au développement de l'Europe dont nous ne faisons pas partie.

J'ai envie de prendre ce risque, de résister à la fuite en avant. La Suisse peut continuer à renforcer son rôle de médiateur dans les conflits que lui confère l'avantage de la neutralité. Mais cette neutralité doit se gagner tous les jours dans les actes, dans notre comportement. A défaut, nous ne ferons qu'exacerber la jalousie des autres qui auront beau jeu de dénoncer notre opportunisme. A titre d'exemple, je ne mentionnerai que la prochaine bombe qui fera écho à la crise bancaire; le négoce des matières premières.

Quoi qu'il en soit, si ce n'est pas le 9 février, ce sera plus tard, peut-être un peu trop tard, que nous devrons réajuster notre politique économique. Et ce sera plus douloureux, moins facile, car nous aurons validé des accords contraignants qui nous lient.

Écrit par : Pierre Jenni | 17/01/2014

Quand donc la Suisse qui veut jouer avec les autres pays d'Europe (et d'ailleurs) comprendra-t-elle qu'il faut accepter des règles du jeu communes à tous et qu'on ne peut que passer pour de vilains petits canards à vouloir appliquer des règles qui nous conviennent à nous seulement.

Vouloir montrer que l'on sait lancer un boomrang, c'est bien et le rattraper c'est très bien aussi. Jusqu'au jour où, par inadvertance, il nous revient en pleine figure. Et ça fait très mal !

Écrit par : Michel Sommer | 17/01/2014

@ John :

Merci de votre visite et bonne fin de semaine à vous !

@ Géo :

Comme moi, vous êtes un nostalgique qui s'accroche au temps qui fuit, mais peut-on retenir le temps ?
Il y a dans la vie des événements que l'on peut contrôler, d'autres qui surviennent brusquement malgré soi. Cependant dans la plupart des cas il faut évaluer la situation pour prendre des décisions basées sur des faits en tentant de se projeter dans l'avenir. C'est le cas ici avec cette initiative qui nous est soumise, nous sommes face à un choix qui implique une évaluation des risques.
Alors on peut bien naturellement tout envoyer bouler, ça soulage momentanément, mais je suis pas sûr qu'à terme la Suisse y trouve son compte ?
Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 17/01/2014

Mais est-ce réellement tout envoyer bouler ? Je ne le pense pas. Il y a Europe et Europe, et il ne faudrait pas confondre cette petite camarilla de fonctionnaires/dictateurs de Bruxelles avec l'Europe. La charge de la commission de ce matin sur les ondes suisses était prévue d'abord pour Cameron et ceux qui auraient l'outrecuidance de le suivre. Et s'il y avait des dégâts, ne seront-ils pas moindres que ceux que nous promet la continuation de cette politique ? Vous et moi appartenons à une génération de l'humanité qui a connu les plus grands chamboulements historiques, et le pays le plus chamboulé est la Suisse. Encore plus et cette petite merveille de fonctionnements subtils va s'effondrer comme un château de cartes. Comme s'effondre son agriculture, et donc son environnement. La Suisse est soluble dans l'Europe, et tous les efforts des médias tendent à réaliser ce que Hitler, Mussolini et Khadafi avaient comme dessein pour nous. La Suisse romande aux Français, la Suisse allemande aux Allemands et le Tessin à l'Italie. Pour ce dernier, il semble que c'est fait. Pour la Suisse romande, pas loin. Notre radio nationale s'enorgueillit de dénoncer Johnny au fisc français, et va chercher le pire du pire pour demander son avis sur la question. C'est tout de même parlant, non ? vous vous imaginez cela, il y a seulement 20 ans ?

L'avenir de la Suisse : la partie suisse allemande sans nous. Et ça, c'est très blochérien. L'UDC considère depuis longtemps que la seule Suisse, c'est la germanophone. Si les invasions barbares ne connaissent aucun frein, c'est ce qui arrivera. Regardez comment s'est terminé l'Empire romain.

Personnellement, je voterais plutôt pour Ecopop. Mais celle-ci sera plus facile à combattre par les "élites" PLRS...

Écrit par : Géo | 17/01/2014

@ Corélande :

Merci de vous intéresser à mon avatar !

Effectivement j'étais là en 1992 et même avant, mais pas en 1798, ni en 1803 et je n'ai pas participé à la Guerre du Sonderbund en 1847, ni à la "Grande Guerre", celle de 1914-1918, ni même à celle de 39-45 ...
Pour en revenir à 1992 et la votation sur l'EEE, j'avais voté oui avec beaucoup d'enthousiasme, dans le sillage des Conseillers fédéraux romands de l'époque, MM. Delamuraz et Felber. J'ai été très déçu du résultat, mais contrairement à vous, je suis très loin de penser qu'une Suisse membre de l'EEE serait très différente de celle d'aujourd'hui. J'en veux pour preuve les autres pays de l'AELE qui eux y ont adhéré. Prenons l'exemple de la Norvège, sa situation économique est florissante mais elle n'a pas adhéré à l'UE pour autant. L'EEE a contribué à sa prospérité.
Je vous fait observer par ailleurs que la croissance économique de la Suisse s'est améliorée APRES la conclusion des accords bilatéraux, mais qu'elle était inférieure à celle de l'UE après son refus d'adhérer à l'EEE en 1992. Ce rappel pour préciser qu'il serait bien hasardeux d'affirmer aujourd'hui que la Suisse a échappé à la catastrophe en 1992.
Cela dit je comprends parfaitement que l'on puisse prendre aujourd'hui le risque de la décroissance.

Ainsi selon vous je serais sourd aux "plaintes de ceux qui paient (sur tous les plans)" pour nos assurances sociales ? Et bien c'est exactement le contraire, car si je voterai "NON" le 9 février, c'est précisément parce que je pense à la génération montante, dont mes enfants adultes. Je me refuse donc à cautionner une aventure aussi risquée que celle qui nous est soumise.
Ayant vécu dans plusieurs régions de Suisse, Suisse alémanique comprise, ayant de très proches parents dans les trois régions linguistiques, dont le Tessin que vous évoquez en citant Norman Gobbi, des enfants qui rament sur la marché du travail, je suis parfaitement au courant des aspects pervers de la situation actuelle. Je pense toutefois que cette initiative est une utopie et qu'elle nous fait courir des risques trop importants.

Bien à vous !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 17/01/2014

Jean & Corélande@ J'ai aussi voté OUI en 1992 et je partage l'analyse de Jean. J'ajoute que j'ai personnellement payé très cher ce refus, parce qu'ayant choisi l'hydrogéologie, la plupart des employeurs étaient européens et ne pouvaient m'engager parce que suisse. Les Suisses déjà à cette époque s'intéressaient aux sociologues pour parler de l'eau, former des formateurs de formateurs et autres blablabla en hôtels climatisés avec gros per diems pour les locaux. C'est ça la DDC...
Donc pas mal de galère à cause du 6 décembre 92. Je pense pour ma part que ce refus a coulé Swissair et personne ne le dit. Bruggisser a été obligé pour avoir les mêmes droits que les compagnies européennes de s'associer avec des canards boîteux et cela a mené Swissair dans le mur.
Sur l'initiative UDC : je la vois comme un signal fort à envoyer à nos autorités qui sont en train de brader la Suisse. Ils ont une très grosse expertise pour ne pas appliquer les initiatives UDC, Jean, essayez de ne pas l'oublier. Mais le signal sera donné et profitera aussi à vos enfants...

Bien à vous aussi !

Écrit par : Géo | 17/01/2014

@ Pierre Jenni :

Merci de votre commentaire argumenté et pertinent !

Vous m'interpellez :
" Les opposants ne se privent pas de nous rappeler la clause guillotine. Etonnamment, vous n'en parlez pas. Serait-ce encore la sagesse qui s'exprime pour éviter de relever le chantage que subissent les Suisses afin d'éviter le réflexe presque reptilien d'une fierté blessée ? "

Si je n'ai pas évoqué cette fameuse "clause guillotine", c'est essentiellement parce que je n'en sais rien. Peut-être ne s'agit-il que d'une sorte d'Arlésienne dont on parle mais qui n’apparaîtra jamais ? Ou encore d'un mouchoir rouge qu'on agite devant un taureau ? Parler de guillotine ça frappe toujours les esprits, c'est sanglant et ça marque.
Bien malins les devins qui affirment aujourd'hui que cette "clause guillotine" serait appliquée. Mais quant à moi, je me refuse à en prendre le risque et à hypothéquer les futures négociations de la Suisse avec l'UE.

Quant à la fierté blessée des Suisses, elle n'existe que chez ceux qui doutent de notre réussite et méconnaissent nos atouts. La Suisse est un pays très pragmatique qui s'adapte facilement, ce qui ne nous autorise pas pour autant à la soumettre à des épreuves inutiles et dangereuses.
Et puis, si cette fierté blessée des Suisses existe réellement, c'est au Conseil fédéral d'en prendre la mesure et de réagir en conséquence, d'être un peu moins discret dans ses réponses aux attaques incessantes que nous subissons dans les domaines bancaires et de la fiscalité par exemple.

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 17/01/2014

Merci Messieurs de vos positions....respectables! J'adore l'exemple de la Norvège, c'est bien mal connaître la principale ressource de leur prospérité et surtout de leur force face à l'Europe! Mais je pense que vous l'oubliez volontairement Jean! :-))))
Par ailleurs si vous avez des amis aux Pays-Bas, en Suède, sans parler de l'Angleterre, de la Hongrie, de la Belgique et plus récemment de la Grèce! Vous savez que cela gronde fortement là-bas aussi contre cette immigration débordante!!! Non?
Je suis ancrée Suisse et jamais eu ce désir de m'installer ailleurs. Par contre beaucoup voyagé, d'où beaucoup d'amis européens et dans le monde!

Le 15 janvier une nouvelle intervention de Nigel Farage au parlement UE au nouveau Président Grec! A voir absolument!
Mais on veut quoi au final, que le bouchon pète quelque part et que l'Europe se noie dans ses problèmes d'invasion? Comme cela on ne pourra pas dire que c'est parce que c'est un machin mal foutu construit par les amerloques (qui d'ailleurs eux ont un immigration gérée)pour maitriser le développement du continent européen qui a sombré! (se sont les vieux démons de la vieille Europe qui ont ressurgit!)

Jusqu'à maintenant ils ont réussi leur coup, ils ont provoqué les crises et en ont fait supporter les autres pays, (attention bientôt la Chine) car ils ont le dollar et la planche à billet qu'ils peuvent faire marcher à leur guise.
La Suisse et sa démocratie les emmerd.....prodigieusement et avec l'aide des UE ils vont nous faire couler.....alors donnez-leur la corde pour nous pendre si vous êtes à ce point naïf!
Mais vous serez bien mal devant vos enfants quand il faudra à nouveau avouer que vous avez fait une bourde dans la votation du 9.2.2014 après n'avoir rien appris de celle du 6.12.1992.
Profitez de la douceur de votre vie et du soleil pendant qu'il en est encore temps! Bien du plaisir!

Écrit par : Corélande | 17/01/2014

@ Michel Sommer :

Merci de votre commentaire !

" Quand donc la Suisse qui veut jouer avec les autres pays d'Europe (et d'ailleurs) comprendra-t-elle qu'il faut accepter des règles du jeu communes à tous et qu'on ne peut que passer pour de vilains petits canards à vouloir appliquer des règles qui nous conviennent à nous seulement. "

Mais la Suisse ne joue pas, elle défend simplement ses intérêts !

Dans toute négociation les partenaires font valoir leurs arguments pour tenter de parvenir à un résultat "gagnant-gagnant". On évalue la situation, les arguments de son futur partenaire, que je me garderai bien d'appeler ici "adversaire", et on conclut, ou on abandonne.
Parfois certes il y a des jeux de poker-menteur, mais il ne me semble pas que la Suisse joue dans ce registre là ?
L'effet boomrang doit naturellement faire partie de l'évaluation.

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 17/01/2014

@ Géo :

" Les Suisses déjà à cette époque s'intéressaient aux sociologues pour parler de l'eau, former des formateurs de formateurs et autres blablabla en hôtels climatisés avec gros per diems pour les locaux. C'est ça la DDC... "

Oui je vois Géo, dès qu'on parle "d'Histoire d'Ô", JZ n'est jamais très loin ... Il est frappé d'un don d’ubiquité ... ;o)

Pour ma part, je n'ai jamais eu l'honneur de travailler pour la DDC, mais je vous crois !

" Ils (nos autorités) ont une très grosse expertise pour ne pas appliquer les initiatives UDC, Jean, essayez de ne pas l'oublier. "

Je ne l'oublie pas, mais ces initiatives qui sont constitutionnelles doivent être transcrites ensuite dans les lois et c'est souvent là que le bât blesse. Au niveau du droit c'est parfois la quadrature du cercle. Toute initiative constitutionnelle acceptée par le peuple et les cantons n'est pas forcément applicable. C'est un réel problème de notre modèle institutionnel. Faut-il par exemple soumettre toute initiative fédérale à une Cour constitutionnelle (qui resterait à créer), avant de la soumettre au peuple, voire avant même la récolte des signatures ? C'est une question récurrente.

Bon week-end à vous !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 17/01/2014

@ Corélande .

" J'adore l'exemple de la Norvège, c'est bien mal connaître la principale ressource de leur prospérité et surtout de leur force face à l'Europe! Mais je pense que vous l'oubliez volontairement Jean! :-)))) "

C'est un procès d'intention que vous me faites là !

Je ne nie pas les causes de la prospérité de la Norvège, je me contente simplement de la relever. Mais la Suisse, même si elle n'a pas de gisement de pétrole en Mer du Nord, ne dispose-t-elle pas elle aussi d'atouts ? Des atouts qu'il vaudrait mieux éviter de mettre en péril le 9 février.

Bon week-end à vous !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 17/01/2014

Sur les bienfaits de l'Europe : http://www.lepoint.fr/societe/des-plantes-pour-soigner-ses-betes-une-pratique-menacee-18-01-2014-1781701_23.php

Cela en dit long sur la véritable nature de Bruxelles...

Écrit par : Géo | 18/01/2014

Si je vous comprends bien, le Conseil Fédéral a raison en nous recommandant de voter NON. Comme il aurait eu raison lors de ses négociations fiscales avec les USA. Or savez-vous que nos chers Conseillers ont accepté une clause disant que tout avoir US (bancaire en particulier) serait taxé à 35% par les USA lors d'une succession.
Autrement dit si vous possédez des actions US, vos héritiers devront payer 35% de leurs valeurs au fisc américain.
Alors si nos Conseillers ont accepté une telle clause (sans réciprocité d'ailleurs), je me pose vraiment des questions quant à la justesse de leurs décisions.

Écrit par : Lambert | 19/01/2014

Pour un éclairage de plus: Steen Jakobsen de Saxo Bank! Les 10 chocs pour l'UE en 2014! Vous allez vite comprendre à quel point cela nous concerne et que les petites chances qu'ils nous restent ne vont pas s'éterniser si nous ne réagissons pas avec notre bout de démocratie restant!
Et ici aussi, je vous conseille l'interwiew de Viviane Redding sur Euronews:
60% des Européens sont contre la libre circulation et la Belgique a expulsé de son territoire en 2013, 5'500 européens français et hollandais qui abusaient de ses prestations sociales!!!!

Écrit par : Corélande | 19/01/2014

@ Lambert :

Vous faites référence ici à l'accord "FATCA" avec les Etats-Unis, mais celui-ci n'a rien à voir avec cette initiative visant à lutter « contre l’immigration de masse ».

Le référendum lancé contre l'accord FATCA a échoué, les référendaires n'ayant pas réussi à obtenir les 50'000 signatures requises dans le délai imparti, lequel vient d'arriver à échéance. Par ma part je le regrette car j'aurais préféré que le peuple puisse se prononcer sur un objet de cette importance, ce qui nous aurait aussi permis d'avoir un débat dans la cadre de la campagne électorale.
Vous pointez du doigt le Conseil fédéral, mais faut-il vous rappeler que les chambres fédérales ont approuvé cet accord "FATCA" puisqu'il va maintenant être mis en oeuvre dès le 1er juillet prochain. Ce sont donc à nos parlementaires fédéraux qu'il faudrait demander des comptes.
Quant à la négociation avec les Etats-Unis - pour autant qu'on puisse appeler "négociation" l'écoute des exigences américaines - elle s'est effectivement déroulée sous la compétence du Conseil fédéral, le Département des finances en l’occurrence. La marge de manœuvre étant nulle ou presque, c'était à prendre ou à laisser. J'imagine donc que le Conseil fédéral a procédé à une analyse de risques avant d'accepter.
Toute négociation est soumise à un rapport de forces et ici avec FATCA, la Suisse ne faisait clairement pas le poids. Si la récolte de signatures avait abouti, on aurait donc pu voter, mais avec à la clé, au mieux une victoire à la Pyrrhus ...

Pour conclure, il ne suffit pas de négocier pour obtenir des résultats probants, encore faut-il que le partenaire qu'on a en face de soi, soit lui aussi disposé à faire des concessions.

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 19/01/2014

@ Corélande :

Au sujet de cette interview de Viviane Redding, j'en ai en effet entendu parler.

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 19/01/2014

"La marge de manœuvre étant nulle ou presque, c'était à prendre ou à laisser. J'imagine donc que le Conseil fédéral a procédé à une analyse de risques avant d'accepter."

Et bien voyez-vous Jean, ici aussi avec FATCA, nous assistons à une déculottade. Je relevais un peu plus haut la fierté blessée des Suisses et vous sembliez répondre que le CF serait bien inspiré à faire preuve d'un peu plus de fermeté dans ces négociations.

"Par ma part je le regrette car j'aurais préféré que le peuple puisse se prononcer sur un objet de cette importance, ce qui nous aurait aussi permis d'avoir un débat dans la cadre de la campagne électorale."

Vous appelez le débat, mais confirmez le pragmatisme de nos élus. Je peine à vous suivre. A quoi servirait un débat qui mènerait éventuellement à une victoire à la Pyrrhus ?

Cet "accord" est ignoble puisqu'il ne permet pas la réciprocité. Le sujet était trop complexe pour toucher la masse critique des signataires et les partis ne se sont pas engagés. Un refus de la Suisse aurait certainement été suivi d'autres pays puisqu'ils ne sont que deux ou trois à avoir validé le programme.
Je vous rappelle en outre que FATCA est dénoncé aux US par le candidat républicain à la présidentielle de 2016 Paul Rand.

Non, décidément, je ne partage pas votre frilosité. Je souhaite que nous donnions de la voix même si nous devons en payer le prix. Car en fin de compte, nous n'aurons pas à rougir. Et l'histoire laissera une trace de résistance courageuse devant la loi du plus fort dans la fuite en avant vers la maximalisation des profits à court terme sans préoccupation pour les conséquences.

Écrit par : Pierre Jenni | 19/01/2014

@ Pierre Jenni :

Je ne vois pas de contradictions dans mes propos ...

Dans le cas de FATCA, il va de soi que le CF aurait pu refuser le "diktat" américain, mais en prenant un très gros risque pour l'ensemble de la place financière suisse. Il n'a pas voulu le prendre et on en a finalement peu parlé dans le public, hormis dans les milieux bancaires.
Si la récolte des signatures avait abouti, nous aurions eu au moins un débat national sur le sujet, un débat à haute valeur pédagogique pour le corps électoral, c'est du moins ce qu'on aurait été en droit d'en attendre et cela n'aurait pas été la moindre de ses vertus. Il nous aurait permis de former notre opinion en ayant conscience des enjeux, des risques et des conséquences économiques. Le débat n'a malheureusement pas eu lieu et maintenant on se persuade qu'il aurait suffi que le CF élève la voix pour que les USA entendent raison.
Imaginons maintenant que que le référendum ait abouti, que le peuple ait refusé l'accord FATCA, notre "fierté blessée" en aurait été sauve, mais le moment d'adrénaline passé, comment aurait-on réagi aux probables dégâts causés à la place financière suisse, aux pertes probables de places de travail, à la baisse des rentrées fiscales, etc. ?

Lorsque j'en appelais à la fermeté du CF, je pensais à ses réactions restées trop discrètes après les nombreuses attaques verbales entendues sur nos antennes de la part de parlementaires français (Charles de Courson, Nicolas Dupont-Aignan, etc.), traitant la Suisse "d'Etat voyou", ceci à la suite de l'arrestation en Suisse de Pierre Condamin-Gerbier, dans le cadre de cette affaire d'évasion fiscale liée à la Banque Reyl.

Tout cet échange pour nous rappeler que si notre CF est faible, c'est moins du fait des hommes et des femmes qui le composent, mais surtout en raison de nos institutions politiques qui l'ont voulu ainsi. Un gouvernement ne peut agir que dans le cadre institutionnel qui lui a été conféré par la Constitution.

Dernière remarque s'agissant selon vous de la "trop grande complexité du sujet" (FATCA). En démocratie directe, je ne pense pas qu'il y ait de sujets trop complexes pour être soumis au peuple. Imaginez-vous, si tel était le cas ce serait alors la fin de la démocratie directe. Le peuple suisse qui dispose en dernier recours, détient un pouvoir énorme mais on attend de lui en contrepartie qu'il fasse des choix responsables et par conséquent qu'il fasse l'effort de s'informer sur les sujets dont il aura à se prononcer et ceci indépendamment de leur complexité.

Pour aller plus loin dans le débat sur les vertus de la démocratie directe, un petit ouvrage - un essai d'Antoine Chollet - dont j'avais parlé dans un précédent billet :

http://reveriesduncitoyenordinaire.blog.tdg.ch/archive/2011/09/05/democratie-directe-miroir-de-la-societe.html

Bien amicalement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 20/01/2014

bonsoir Jean.

Il y aurait tant à dire...

Je suis un fan d'Andy Gross. J'ai eu grand plaisir à réécouter cet interview.

Je vous suis aussi très reconnaissant d'être présent sur ces blogs. Vous faites incontestablement partie de ceux qui augmentent le niveau de réflexion. En tout cas vous me permettez de remettre en question mes prises de position.

Sur ce coup, je reste dubitatif... Je peine à comprendre comment vous vous positionnez. Je ressens de la réserve, et un soutien au CF pour limiter les dégâts.

Pour FATCA, vous éludez complétement mes remarques, non seulement sur le fait que de très rares pays on ratifié le document, mais aussi sur l'opposition domestique d'une bonne partie des citoyens américains.

Vous mettez systématiquement l'accent sur les enjeux, sur les risques et les conséquences d'une attitude noble mais douloureuse. Vous semblez ainsi favoriser un pragmatisme opportuniste très servile qui n'encourage pas l'esquisse d'une remise en question d'une logique qui semble pourtant vous préoccuper la moindre.

Je considère ça comme une forme de cynisme et de renoncement. Je déplore.

Mais surtout ce qui m'interpelle dans votre commentaire, c'est la confiance presque naïve dans le niveau de compréhension des électeurs.
Comme vous et comme Andy, je chéri notre démocratie directe. Mais de là à ignorer les effets pervers d'un outil galvaudé, voire manipulé par ceux qui en connaissent tous les tenants et aboutissants, je ne peux vous suivre.

Comme beaucoup, vous péchez par projection. Vous prêtez au souverain des qualités dont vous êtes pourvu sans tenir compte du caractère influençable et volatile de l'opinion publique.

S'il est vrai que les Suisses font souvent preuve d'un pragmatisme étonnant, lorsqu'il s'agit de se prononcer sur des objets pointus, comme FATCA, c'est la débandade ou le désintérêt général.

Vous suggérez que la remise en question de cette ordonnance aurait des conséquences désastreuses pour notre place financière. Mais vous auriez apprécié un débat "pédagogique" qui nous aurait permis de peser objectivement les conséquences de nos choix. Et vous concluez par la solution de facilité que prendraient les opposants à fustiger un CF timoré.

Bref, sans le dire vraiment, vous êtes soulagé que ce débat n'ait pas eu lieu et qu'on évite ainsi de nous mouiller trop dans un domaine où nous ne faisons pas le poids.

Vous exonérez ensuite le CF par une pirouette incompréhensible sur les bases constitutionnelles qui expliqueraient la faiblesse de notre instance suprême et l'absence de responsabilité des individus qui le composent. Là c'est vraiment gros. Non seulement les membres d'un exécutif ne sont plus liés par les partis qui les ont mis en place, mais la collégialité est un opus symphonique parfaitement réglé et inféodé à l'économie libérale globalisée qui fait systématiquement la sourde oreille sur les dérives dénoncées et ne participe évidemment pas à la réforme du système.

A mon avis, cette fuite en avant est bien plus dangereuse que les quelques effets pervers d'une remise en question modeste de certains principes.
FATCA était une bonne opportunité de manifester nos doutes et les mérites que nous aurions engrangés par une telle posture nous auraient permis de prendre de l'ampleur et de la présence sur un sujet qui en heurte plus d'un.

Mais surtout, en raison de notre modestie dans le grand jeu des nations, nous sommes contraints de trouver des niches porteuses, comme la gestion des conflits internationaux au travers de notre savoir faire diplomatique et de la présence de l'ONU et des multiples ONG qui gravitent à Genève.

Et c'est bien là que le bât blesse. Nous ne pouvons pas défendre une certaine éthique internationale et continuer à valider la loi du plus fort pour sortir ses billes du feu. C'est de l'opportunisme et ça risque de nous coûter cher.

Puisque vous évoquez les diverses interventions de parlementaires français, permettez moi de rebondir sur la dernière intervention de Mme Redding au parlement européen. Ne me dites pas que vous cautionnez ces menaces...
Et pourtant tout votre discours semble le suggérer.

Je commande immédiatement le bouquin de Chollet et je reviens vers vous. D'une manière ou d'une autre.

Écrit par : Pierre Jenni | 20/01/2014

@ Pierre Jenni :

Merci de votre réponse !

D'accord avec vous pour dire que le sujet est vaste, la citoyenneté complexe et il n'est pas toujours facile de se forger une opinion sur certains sujets. Du fait de l'interactivité, les blogs permettent des échanges d'idées qui nourrissent le débat et déstabilisent parfois des positions que l'on pensait être très arrêtées. Cela m'arrive et je ne pense pas du tout qu'il s'agisse de versatilité. Cela me semble être parfaitement normal, sauf à vouloir s'accrocher à des dogmes immuables par respect à la ligne d'un parti politique.
C'est probablement cette liberté qui m'a toujours empêché de m'inscrire à un parti politique, de me fondre dans un moule.

Je manque un peu de temps à cette heure-ci pour être plus exhaustif et répondre à toutes les questions que vous me posez. Certaines d'entre elles méritent qu'on y réfléchisse vraiment (FATCA notamment). Bloguer est une activité très chronophage. Je reviendrai ultérieurement sur ces sujets.

Concernant les déclarations de Madame Reding, je ne les cautionne pas, bien évidemment. Cette dame est semble-t-il une habituée des déclarations intempestives et pour ma part je n'y attache pas une grande importance. Pour imager cela, je dirais que c'est un peu "l'écume des vagues".

Je me réjouis de vous lire à propos du bouquin de Chollet.

Bien à vous et bonne journée !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 21/01/2014

Oui, il faut fermer le poste, tirer la prise et couper le jus à tous ces joueurs compulsifs d'economiesuisse. C'est un enjeu de santé publique !

Écrit par : petard | 23/01/2014

J'ai rejeté l'EEE.

J'ai soutenu le lancement de l'initiative, me réservant la possibilité de décider le moment venu, selon l'évolution de la situation.

Je suis, paraît-il, agrarien.

Pourtant, je suis aujourd'hui contre cette initiative. C'est dire que de prétendre que ceux qui rejettent l'initiative le font parce qu'il diabolisent l'UDC ont tort.

Si je suis arrivé à cette conclusion c'est parce que les suisses et les résidents suisses se porteront mieux sans acceptation de l'initiative. Les inconvénients de l'initiative sont, aujourd'hui, plus grands que les avantages.

La question se reposera l'année prochaine avec l'initiative Ecopop qui, si elle est acceptée, aboutirait à un résultat semblable mais mieux gérable. L'initiative Ecopop, entre temps, mettra la pression pour que des changements internes surviennent, pour que les promesses ne soient pas vaines. Pour une meilleure répartition des avantages économiques des accords.

Cependant force est de relever que la Suisse connait un problème géostratégique majeur. L'occident s'affaisse et s'étripe sous la pression du progrès des pays émergents. Nous devons naviguer dans une tempête qui est l'expression d'un changement de paradigme. De nombreux problèmes nous assaillent.

Par exemple, le Franc suisse et les 450 milliards de réserve de devise de la BNS. Ne perdons pas de vue que la politique de la BNS, acceptée à ce jour, doit continuer à être acceptée pour ne pas nous couler. Le Japon, les USA et l'UE peuvent imprimer autant de yen , dollar ou d'euro qu'ils veulent pour contrer la politique de la BNS. Et au vu de la taille des PIB, la Suisse perdrait.

Nous devons être accepté.

Et encore la crise du couple monétaire infernal états-banques, couple d'éclopés en perdition tenant par la barbichette et se soutenant mutuellement mais pour lequel quelqu'un devra payer car ce couple est insolvable. Des défauts d'Etats sont à prévoir. Des faillites bancaires aussi. Et la Suisse impliquée internationalement et dans un marché hypothécaire local démentiel ne sera pas épargnée.

Nous devons donc avoir des amis.

Des amis et non des ennemis.

La Chine et la Russie c'est très bien. Mais c'est loin et peu. Nous devons donc éviter une cristallisation anti-Suisse de 28 (ou presque) Etats de l'UE, outrés par la préférence nationale (plus que par les quotas). L'UE unie contre nous est dangereuse. Elle nous encercle et absorbe la majorité de nos exportations. Laissons la désunie dans son attitude à l'égard de la Suisse.

Et c'est pour cela, pour tenir compte des enjeux stratégiques pour la Suisse à l'échelle de l'Europe et du monde, que je dis non à l'initiative. Pas par amour pour l'UE.

Quant à ceux qui pensent que nos accords avec l'UE nous sont économiquement et socialement nuisibles, ce qui n'est pas mon avis au vu du taux de chômage des suisses de Suisse (2.5%), qu'ils ne perdent pas de vue que de garder une majorité d'Etats amis au sein de l'UE, peut-être pendant une seule année de plus, est un investissement nécessaire et rentable.

Pour finir, je souligne que l'initiative prévoit en sont article 123a al.3 :
"eines Vorranges für Schweizerinnen und Schweizer auszurichten"
"dans le respect du principe de la préférence nationale"
"e nel rispetto del principio di preferenza agli Svizzeri"

Soit la préférence aux suisses et non aux résidents, comme le prétendent les initiants devenus honteux de leur texte, au point de déclarer (Voiblet) ne pas vouloir l'appliquer en adoptant une loi fédérale contraire à la volonté populaire ou de déclarer avoir perdu son allemand (le prof. d'allemand Freisinger).

Écrit par : CEDH | 01/02/2014

CEDH @ Vous oubliez les forces en Europe qui se réjouiraient d'une victoire de cette initiative. Vous confondez Europe et commission européenne...
Souvenez-vous que vous étiez sûr que la Suisse serait condamnée par la CEDH (!) à propos des minarets...

Écrit par : Géo | 01/02/2014

@ Géo

1. "Souvenez-vous que vous étiez sûr que la Suisse serait condamnée par la CEDH (!) à propos des minarets..."

Tout faux Géo. Votre allégation est infondée. Je n'ai jamais allégué que j'étais sûr que la Suisse serait condamnée !

A ce jour la question est toujours ouverte faute de construction de minaret. La requête du français Ouardiri n'ayant pas été examinée faute d'intérêt à agir, sa requête d'agitateur, et non d'édificateur de minaret, ayant été déclarée irrecevable.

Par contre, le Comité en charge du Pacte international sur les droits civils et politiques a, dans sa revue périodique, tançé la Suisse. Mais bon il ne m'apparaît pas que son opinion soit sérieuse et de toutes les manières ses avis divergent en le domaine d'avec ceux de la CourEDH.

Er puis surtout je n'ai jamais allégué que j'étais sûr que la Suisse serait condamnée ! Tout faux Géo.

J'avais estimé que toutes la question juridique serait celle de l'adéquation de la mesure au but visé, le but étant légitime au vu de l'incompatibilité de la sharia avec les valeur de la CEDH. Plus précisément, la question me semblait être celle de la latitude que laisserait à la Suisse la CouEDH dans l'appréciation de l'adéquation au but. A l'époque, la jurisprudence ne me permettait pas le moindre pronostic.

Sans pronostic. Sans opinion définitive. Tout faux Géo.

Cela étant, franchement, les conséquences de de cette initiative anti-minaret sont de toute manière faible comparé à celui du séisme pour la Suisse, et non pour l'UE, du vote du 9 février 2014.


2. Certes les extrêmes droite se réjouiraient de l'acceptation de l'initiative mais ce n'est pas elles, les Jobik et FN, qui tiennent les manettes des Etats européens. Et c'est bien les personnes qui tiennent les manettes qui sont déterminantes.

Écrit par : CEDH | 01/02/2014

«...c'est bien les personnes qui tiennent les manettes qui sont déterminantes...»

Oui mais... c'est pas dit que ceux qui tiennent les manettes en ce moment, les tiendront à perpètre.

Il y a eu toujours eu des revirement dans l'Histoire. Et quand il y a revirement, rebelote: "la vérité des vainqueurs". Attention à vos têtes !!!!

Conclusion: C'est pas bien et pas payant de lécher les bottes.

Écrit par : petard | 01/02/2014

@ Petard

Ceux qui tiennent les manettes en Europe les tiendront toujours (à peu près) dans une année. Et c'est ce délai qui est déterminant. Dans une année il y aura Ecopop et j'aviserai alors au vu de l'évolution de la situation.

Nous avons besoin de temps pour régler au mieux un grand nombre de problèmes qui conditionnent la prospérité de tous, libre circulation ou non.

Outre ceux que j'ai déjà cités (Franc Suisse, failite des monnayeurs privés et étatiques) il y a les problèmes de fiscalité des entreprises et d'échange de données, problèmes à la fois européens et mondial. Sans compter la nécessité de solder au mieux le passé en le domaine bancaire au niveau européen.

Petard, David contre Goliath ça ne marche pas à tous les coups.

On ne joue pas la Suisse à pile ou face.

Au fait, qui sont les vainqueurs que vous voyez ? Ne serait-ce pas ceux qui aiment à porter les bottes dont vous parlez.

Écrit par : CEDH | 01/02/2014

@ CEDH, Géo, petard ...

Merci aux derniers intervenants pour leur contribution !

Je répondrai demain soir, faute de temps ...

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 01/02/2014

«...Ne serait-ce pas ceux qui aiment à porter les bottes dont vous parlez...»

Toujours ce même cliché... quand ça vient des "progressistes". Et puis l'autre: la Corée du Nord ou Staline... quand ça vient de la droite.

Ça serait p'être le moment de passer à la vraie démocratie pour votre institution européenne chérie. Mais si elle n'est pas capable de faire sa mue toute seule, normal que d'autres tentent de prendre les manettes.

Alors, si c'est être "botté" que de plaider pour la démocratie directe dans l'UE... ben, oui, avec des bottes de pêcheur (pécheur), peuchère...

Écrit par : petard | 01/02/2014

@pétard

".. votre institution européenne chérie....". Si ce n'était que nous sommes sur le blog de Jean d'Hôtaux je serai tenter de répondre à votre injure par une contre-injure pétar(a)d(ante).

Le fait de tenir compte de la situation effective, notamment du fait que les manettes ne changerons pas de mains au sein des pays de l'UE pendant l'année à venir, soit jusqu'à ce que nous votions sur Ecopop, ne fait pas de moi un européen convaincu. Relisez-moi du côté de Souaille, je ne suis pas librecirculationniste. De plus, je ne voit pas en quoi un oui le 9 février 2014 serait de nature à introduire la démocratie directe au sein de l'UE.

Quant à vous qualifier de progressiste ... je vous avoue ne point discerner de progrès pour la Suisse ou les suisses en votre position. Mais il est vrai que vous semblez militer, une dernière fois, pour le peuples européens avant que de nous quitter, dans une année avez-vous écrit, pour la Tasmanie où l'on immigre pas librement à moins d'être riche.

Écrit par : CEDH | 02/02/2014

@CEDH

Vous m'avez écrit: «...Au fait, qui sont les vainqueurs que vous voyez ? Ne serait-ce pas ceux qui aiment à porter les bottes dont vous parlez...»

Comme si je voyais ou j'espérais la gestapo ou la wehrmacht façon XXe siècle au pouvoir... C'est injurieux.

Généralement, ceux qui profèrent ce genre de "remarque désobligeante" sont des gens de gauche qui s'adressent à des adversaires de droite.

Et puis à droite, ils ont les mêmes tics, ils renvoient leurs adversaires chez Staline ou en Corée du Nord.

Débattre de cette manière c'est pas ma tasse de thé... d'où mon rêve de Tasse... manie où ces discussions stériles n'existent pas... Parce que là-bas sur 90758 km2, il n'y a que 512000 habitants pour se contredirent... s'entasser dans les trains... et bouchonner les autoroutes.

«...je vous avoue ne point discerner de progrès pour la Suisse ou les suisses en votre position...»

Pour moi, le progrès de ce pays, ce n'est pas une Suisse à 8 ou dix millions d'habitants sur le tiers d'un territoire de 44000 km2... C'est une catastrophe naturelle ! Et je ne l'ai pas voulue.

Alors, pour le peu d'années qu'il me reste à vivre... j'ai choisi une région préservée... qui ressemble étrangement au pays que j'ai connu dans mon enfance et ma jeunesse.

Écrit par : petard | 02/02/2014

@ Petard

Vous commencez par dire que suis de droite et vous traite de stalinien et, peu après, vous me dites de gauche et que je vous traite de nazi. Je ne vous ai jamais traité de nazi ou de stalinien.

Pour la population, j'ai tendance à vous suivre. Mais enfin, 4 millions de pauvres vieux élevant des chèvres ou plantant des bananes (évolution climatique) et survivant grâce aux enfants expatriés, ce qui semble être vos but, n'est pas vraiment un progrès.

Vous donnez l'impression de tout vouloir casser avant de vous tirer. Attention, vos rentes, s'il en est, pourraient diminuer alors que vous serez en Tasmanie.

"Alors, pour le peu d'années qu'il me reste à vivre... j'ai choisi une région préservée... qui ressemble étrangement au pays que j'ai connu dans mon enfance et ma jeunesse."

D'abord je vous souhaite une longue vie et de toutes les manière la Suisse n'aura jamais les espaces australiens. Et ensuite je rappelle que le ticket d'entrée retraité en Australie est élevé. Votre ticket d'entrée vous l'avez obtenu dans quelles catégorie ?

Evidemment la Tasmanie avec les progrès et le confort de 2014, singulièrement amélioré depuis votre jeunesse.

Écrit par : CEDH | 02/02/2014

@CEDH

Il me semble que vous m'avez mal compris. C'était pourtant clair.

D'abord, je ne vous accuse pas d'être de droite ou de gauche. Je disais simplement que les gens de gauche pour discréditer leurs adversaires, ont la fâcheuse tendance à les traiter de nazis.

Tout comme les gens de droite, traitent de staliniens leurs adversaires de gauche.

«...Vous donnez l'impression de tout vouloir casser avant de vous tirer...»

Ça c'est le comble ! Alors que ce sont les croupiers-bétonneurs qui sont en train de détruire ce pays.

Mais je ne pars pas de gaieté de coeur. Ça me coûte affectivement de devoir faire une croix sur la Suisse...

Donc, que ceux qui doivent gagner leur vie viennent ici. Et que ceux qui l'ont gagnée se tirent pour faire de la place... Vous trouvez pas qu'elle est bonne ma philosophie ?

«...Attention, vos rentes, s'il en est, pourraient diminuer alors que vous serez en Tasmanie...»

Mais j'y ai pensé. C'est pourquoi je ne laisserai rien aux mains des croupiers-banquiers et croupiers-assureurs de ce pays.

Non seulement on m'a foutu en l'air mon pays et en plus on voudrait me bouffer mes économies.

«...le ticket d'entrée retraité en Australie est élevé...»
Pas plus qu'ailleurs, si l'on n'est pas demandeur de prestations sociales gratuites.
Evidemment, les braqueurs de stations-services ou de kiosques à journaux ne sont pas les bienvenus. Ce qui est sûr, c'est qu'ils ne font pas trop de pub... pour une invasion incontrôlée.

Écrit par : petard | 02/02/2014

@ CEDH :

Je partage globalement votre analyse exprimée dans votre premier commentaire.

Toutefois, contrairement à vous, j’ai voté avec beaucoup d’enthousiasme pour notre adhésion à l’EEE en 1992, comme je l’ai écrit dans un commentaire ci-dessus. Je pense aussi que si nous avions adhéré à l’EEE - mais on ne refait pas l’histoire -, la situation économique de la Suisse ne serait guère différente de celle que nous connaissons aujourd’hui, à l’exception notable de la libre circulation des marchandises. La Suisse aurait probablement pu anticiper de quelques années son embellie économique (entre 1992 et 2002), c’est-à-dire les années durant lesquelles il a fallu mettre au point la stratégie de négociation avec L’UE, convaincre celle-ci de négocier, avant de passer aux négociations proprement dites des « Accords bilatéraux » et à leur mise en oeuvre.

J’espère moi aussi que l’épée de Damoclès de l’initiative « Ecopop » permettra de corriger certains excès d’ores et déjà dénoncés aujourd’hui. Ce genre de pression est d’ailleurs l’une des vertus de nos institutions.

S’agissant de la politique monétaire de la BNS, elle est saluée unanimement et doit être poursuivie. Les énormes réserves de devises qu’elle détient pour maintenir le CHF au niveau de 1,20 pour 1 €, sont presque aussi élevées que le PIB annuel de la Suisse. La question qui se pose tout de même est celle de savoir comment dégonfler ce ballon, c’est-à-dire comment cette réserve pourra être résorbée, et à quel rythme, sans bouleverser le rapport entre le CHF et les autres monnaies, tout en respectant la politique de la BNS qui reste la stabilité monétaire et la lutte contre l’inflation. Par conséquent, il est exclu par exemple que tout ou partie de cette réserve puisse être consacré à la création d’un fonds souverain d’investissement comme l’a fait la Norvège avec la manne qu’elle retire de son pétrole de la Mer du Nord. Certains y pensent cependant ...
Le risque financier majeur réside actuellement, selon la BNS et la FINMA, dans le montant colossal de la dette hypothécaire de la Suisse, dont le ratio d’endettement rapporté au PIB est parmi les plus élevés du monde :

http://www.letemps.ch/Facet/print/Uuid/3791f944-3426-11e3-aa53-162060517864/Lendettement_hypoth%C3%A9caire_en_Suisse_une_menace

La Suisse n’est pas un îlot déconnecté des soubresauts monétaires et économiques qui agitent le monde actuel. Par conséquent notre pays n’est pas à l’abri d’ondes de choc et notre action politique ne peut l’ignorer.

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 03/02/2014

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