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05/03/2014

Portes ouvertes à Champ-Dollon ?

A la suite de l’arrêt du Tribunal fédéral du 26 février dernier (voir ici), d’aucuns se demandent, tel ce candidat à la charge de Procureur général (voir ici), s’il ne serait pas judicieux d’adapter la population carcérale à la capacité d’accueil de la prison en libérant « des gens qui n’ont rien à y faire » (sic). Curieuse idée en vérité, un peu comme si l’on adaptait les normes de salubrité des eaux à la capacité des stations d’épuration.

Si des personnes sont incarcérées, c’est qu’elles ont commis des délits, qu’il s’agisse de prévenus en attente de jugement n’y change rien puisque que cela relève dans tous les cas de décisions de justice. Par ailleurs ce même candidat propose l’achat de 200 bracelets électroniques pour en équiper les prévenus pour  pouvoir, nous dit-il, « les surveiller à distance, à domicile, afin de palier au risque de fuite ou de réitération. ». Oublie-t-il que pour plus de 70% (71,4% en 2012), la population de Champ-Dollon est composée de ressortissants étrangers vivant à l’étranger et que par définition, ceux-ci n’ont aucun domicile en Suisse ?

Sources : « Rapport d’activités 2012 de la prison de Champ-Dollon », le rapport d’activité 2013 n’étant pas encore publié sur internet.

Décharger Champ-Dollon en plaçant une partie de sa population dans les prisons d’autres cantons n’est pas envisageable non plus puisque la population carcérale de la Suisse dépasse la capacité d’accueil (sources : Criminalité, droit pénal, chiffres clés de l’Office fédérale de la statistique, dernière mise à jour : 27 novembre 2013). Les chiffres clés de l’Office fédérale de la statistique témoignent aussi de l’augmentation de cette population, ce qui, à défaut d’être agréable, est logique compte tenu de la croissance démographique et de l’attractivité de la Suisse, pays réputé riche.

Aussi longtemps que régnera l’instabilité politique aux marches de l’Europe, en Afrique du Nord et à l’Est de notre continent - à cet égard, la situation actuelle en Ukraine nous en offre un bel exemple -, pour ne parler que de ce qui nous est proche, des gens qui n’ont pas grand chose à perdre, viendront « faire leur marché » en Suisse. La situation ne peut donc que se dégrader.

Par conséquent c’est à la société d’accorder du personnel, des moyens matériels et des ressources financières en suffisance pour se protéger d’individus qui la mettent en danger. Au même titre que cette même société planifie les effets de la croissance démographique - du moins le devrait-elle - en construisant des écoles, des hôpitaux, l’extension des voies de communication, etc., elle a la responsabilité de se protéger contre la criminalité.

Il faut donc cesser de proposer des solutions utopiques en parlant par exemple d’éducation et de formation, alors qu’il s’agit d’adultes qui n’ont d’autres repères que leur situation et l’image que nous leur présentons quotidiennement sur les petits écrans. Leurs seules ambitions est la possession immédiate des « bienfaits matériels » présentés avec ostentation dans nos centres commerciaux. Leur parler d’éducation ou de formation, alors que la plupart d’entre eux ne parle même pas notre langue n’a aucun sens.

Sans stabilité politique, sans développement économique, les pays d’origine ne peuvent qu’exporter des délinquants. C’est choquant de l’écrire, mais c’est la réalité.

 

 

 

Liens en relation avec le présent article :

Arrêt du TF du 26 février : Conditions de détention au sein de la prison genevoise de Champ-Dollon :

http://www.bger.ch/fr/press-news-1b_335_2013-t.pdf

 

Missions de l’OFD (Office cantonal de la détention) :

http://www.ge.ch/ocd/

 

Criminalité, droit pénal (site de l’administration fédérale) :

http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/19.html

 

Privation de liberté et exécution des sanctions - Données, indicateurs, chiffres clés (données de l’administration fédérale) :

http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/19/03/05/key/ueberblick/wichtigsten_zahlen.html

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