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16/08/2014

La cohésion nationale en danger

Le danger majeur qui menace aujourd’hui la Suisse ce n’est pas l’Union Européenne, mais le délitement de la cohésion nationale.

La cohésion nationale est en effet menacée, mais le danger vient de l’intérieur du pays, il prend la forme de l’indifférence et du repli sur soi des groupes linguistiques. C’est ainsi qu’on assiste depuis quelques années aux velléités d’abandonner l’enseignement du français comme première langue enseignée à l’école dans les cantons de l’est de la Suisse et ceci au profit de l’anglais. Le canton de Thurgovie vient de franchir un pas de plus cette semaine. Par la voix de son parlement, il demande au gouvernement thurgovien de lui présenter un projet de loi qui supprimerait purement et simplement l’enseignement du français à l’école primaire.

La cause du problème n’est pas l’enseignement du français en soi, mais l’obligation d’enseigner deux langues étrangères à l’école primaire, conformément au « concordat HarmoS » adopté au sein de la « CDIP » (la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l’instruction publique).

C’est ainsi que « HarmoS » contraint les cantons ayant adhéré à son concordat à enseigner « une deuxième langue nationale et l'anglais pour tous dès l'école primaire, au plus tard à partir de la 3e et de la 5e année scolaire (comptage basé sur 9 années de scolarité obligatoire) ».

C’est ce principe qui est contesté par les milieux concernés, notamment par les enseignants, mais aussi par les parents d’élèves. Les conditions pour assurer l'enseignement de deux langues étrangères au niveau primaire ne seraient pas encore réunies, estiment-ils.

A ce stade, deux questions se posent d’emblée.

La première : Comment se fait-il que cette surcharge de travail ne soit dénoncée qu’en Suisse alémanique uniquement, particulièrement en Suisse orientale, alors que les cantons francophones et le Tessin ne semblent pas en être affectés ?

La seconde : Pourquoi serait-ce au français, langue nationale, d’être sacrifié au profit de l’anglais ?

A la première question, on peut répondre sans hésiter que le problème est propre à la Suisse alémanique et à l’usage omniprésent du dialecte suisse-allemand, le « Switzerdütsch », dans la vie quotidienne de nos compatriotes alémaniques. C’est ainsi que le petits alémaniques qui commencent l’école doivent s’astreindre à parler le bon allemand, le « Hochdeutsch », qui constitue pour l’immense majorité d’entre eux, une langue étrangère.  Cette particularité représente indéniablement un surcroît de travail, mais on ne peut s’empêcher de remarquer que la première langue nationale, inscrite à l’article 4 de la Constitution fédérale est bien l’allemand et que le dialecte n’y est mentionné nulle part. Extrait de la Constitution fédérale :

Art. 4 Langues nationales

Les langues nationales sont l’allemand, le français, l’italien et le romanche.

Force est de constater, une fois de plus, que nos compatriotes suisses-alémaniques ont un problème avec la langue allemande qu’ils parlent souvent très mal au point d’en faire un complexe. Est-ce aux minorités linguistiques du pays d’en faire les frais ?

A la seconde question, nos compatriotes suisses-alémaniques, gens pragmatiques, répondront que le français n’est plus tendance, qu’il ne fait pas le poids face à la langue universelle, omniprésente dans la plupart des secteurs économiques. Il faut ajouter à cela l’image dégradée de la France, un pays dont on se gausse volontiers outre Sarine. Il faut admettre aussi que l’apprentissage de l’anglais leur est plus aisé.

Du fait que l’instruction publique relève de la compétence des cantons, la Confédération hésite à intervenir pour rappeler à l’ordre les cantons oublieux de leurs responsabilités et en appelle au principe de la cohésion nationale, car c’est bien celle-ci qui est en danger.

Mais les Suisses alémaniques seraient-ils les seuls à s’asseoir sur la cohésion nationale en boudant le français ? Comment nous autres Suisses romands nous comportons-nous à l’égard des autres langues nationales ? Faisons-nous l’effort de parler l’allemand ou l’italien dans nos rapports avec nos compatriotes ? Lisons-nous leurs journaux, la NZZ, le Tagesanzeiger ou le Corriere del Ticino ? Suivons-nous les émissions d’informations et des débats nationaux tels que « Arena » sur SRF1 à la TV ?

Les Suisses doivent impérativement se ressaisir s’ils veulent démentir l’affirmation que l’on prête à feu le Conseiller fédéral Georges-André Chevallaz, selon laquelle la cohésion nationale tiendrait au fait que les différentes régions du pays ne s’occupent guère les unes des autres, « Les Suisses s’entendent bien car ils ne se comprennent pas » ...

Etait-ce une boutade ? Cette affirmation devrait au moins nous faire réfléchir !

 

Articles mis en liens :

 

Pour ceux qui veulent aller plus loin, ils trouveront ci-après quelques articles mis en liens qui traitent de ce thème. En relevant les dates de publication de ces articles, on constate que le problème n'est pas nouveau, mais qu'il s'aggrave encore.

- Un billet de la Conseillère nationale Josiane Aubert publié dans "Politblog" en août 2012.

- L'article d'un Suisse alémanique, Peter Köppel, ancien chargé de cours en littérature française.et comparée à l’Université de Zurich. Un article un peu à contre-courant, publié dans "Bilan" en décembre 2013


- Finalement, un article plus récent publié par "Le Temps" en date du 6 août dernier.

 

 

Commentaires

Bon article...
Bon d'accord mais pour en avoir le cœur net, il serait intéressant de comparer l'actuel degré de connaissance du français et de l'allemand par un test d'élèves de dernière année scolaire en Suisse allemande et romande. Après on peut discuter. Pas sûr que le résultat soit en faveur des Romands.
Parce que finalement en Suisse romande on n'en finit pas de critiquer le non apprentissage du français tout en ne s'étendant pas trop sur le (faible) niveau en allemand de nos propres élèves. Et oui, les Alémaniques ont un problème que nous n'avons pas, l'usage de 2 langues pour l'écrit et le parler.

Écrit par : Christian Favre | 16/08/2014

@ Christian Favre :

Merci de votre intérêt !

" Parce que finalement en Suisse romande on n'en finit pas de critiquer le non apprentissage du français tout en ne s'étendant pas trop sur le (faible) niveau en allemand de nos propres élèves. "

Tout à fait d'accord avec vous sur ce point là !

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 16/08/2014

Quand un Suisse romand se donne la peine de parler l'allemand en Suisse allemande, il n'est malheureusement pas rare qu'on le regarde d'un air bizarre en lui reprochant presque de ne pas parler le dialecte !

Si l'allemand était vraiment la langue officielle de notre compatriotes d'outre-Sarine, il n'est pas impossible que les Romands seraient davantage portés sur la langue de Goethe, pardon de Dürrentmatt ou Frisch.

On ne reproche pas aux Suisses allemands de parler le dialecte (les Bavarois et d'autres en Allemagne ne sont pas en reste), on aimerait simplement qu'ils ne considèrent pas l'allemand comme une langue étrangère.

Avez-vous vraiment envie d'apprendre une langue que votre interlocuteur ne semble pas comprendre ou, tout simplement, ne veut pas comprendre, ou encore est incapable de parler correctement.

Écrit par : Michel Sommer | 16/08/2014

@ Michel Sommer,

Merci de votre commentaire avec lequel je suis globalement d'accord.

Pour rebondir sur vos propos, prenons l'exemple de "Arena" (dont s'est inspiré RTS1 avec "Infrarouge"), l'émission phare sur SF1, où ont lieu des débats de politique nationale très intéressants, il est regrettable qu'une telle émission se déroule intégralement en "switzerdütsch", sauf lorsque de (rares) Romands ou des Allemands y sont invités. Je fais tout de même parfois l'effort d'en suivre les débats, en fonction des thèmes traités, pour ne pas oublier mes rudiments de "switzerdütsch" appris de mes années passées en Suisse alémanique, mais je reconnais qu'il faut parfois s'accrocher ...

Je déplore et regrette sincèrement l'aversion de nos compatriotes pour le "Hochdeutsch", qui est une belle langue, dont le vocabulaire est très riche et précis, ceci sans parler de son apport culturel au patrimoine européen.

J'ai lu attentivement votre propre billet sur le même thème et je me sens moins seul ... ;o)

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 16/08/2014

"on aimerait simplement qu'ils ne considèrent pas l'allemand comme une langue étrangère." Quelle arrogance, quelle insulte...
On voit là très exactement le petit côté facho des moralisateurs de gauche.
allez hop, les Suisse allemands, à partir de maintenant, la langue des voisins obligatoire. Interdiction de parler votre langue maternelle...

Écrit par : Géo | 16/08/2014

@ Géo,

" allez hop, les Suisse allemands, à partir de maintenant, la langue des voisins obligatoire. Interdiction de parler votre langue maternelle... "

Où donc avez-vous lu dans le commentaire de Michel Sommer qu'il suggérait d'interdire l'usage du "switzerdütsch" ?
Par ailleurs ce que vous appelez la "langue des voisins", soit l'allemand, est également la leur, celle qui est inscrite à l'article 4 de notre Constitution fédérale.

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 16/08/2014

Que vous le vouliez ou non, l'allemand est pour eux une langue étrangère. Que les Genevois ne veuillent pas respecter cette évidence, personne ne s'en étonnera. Mais l'opinion des Genevois, qui s'en soucie ?

Écrit par : Géo | 16/08/2014

" Que vous le vouliez ou non, l'allemand est pour eux une langue étrangère. "

Merci Géo de le préciser. Ceux qui nous bassinent avec leur cohésion national en danger parce que le Français n'est plus enseigner dans certains cantons alémaniques oublient que l'apprentissage du suisse allemand dans les écoles de romandie est inexistant au profit du bon allemand qui n'est pas parlé en outre Sarine.

" il est regrettable qu'une telle émission se déroule intégralement en "switzerdütsch", "

Il est bien le problème. On se veut donneur de leçon sur la cohésion nationale et on n'est même pas fichus de respecter la vrai langue parlée en suisse allemande. Pour la cohésion nationale c'est pas l'Allemand qui devrait être enseigné à l'école romande mais bien le suisse allemand.

D.J

Écrit par : D.J | 16/08/2014

"Pour la cohésion nationale c'est pas l'Allemand qui devrait être enseigné à l'école romande mais bien le suisse allemand."

A D.J.
Pourquoi pas, mais lequel ?

Le vrai problème de la cohésion nationale n'a rien à voir avec l'allemand ou le français. Il réside surtout dans le fait qu'il y a danger dès qu'une majorité ne respecte plus ses minorités

Écrit par : Michel Sommer | 18/08/2014

"il y a danger dès qu'une majorité ne respecte plus ses minorités" La majorité suisse-allemande respecte certainement beaucoup plus la minorité romande que l'inverse.
Cela dit, peut-être faudrait-il rappeler qu'il ne s'agit que de rapporter l'enseignement du français de quelques années, pas de l'abandonner. Les petits cacas nerveux de nos pseudo bien-pensants sont parfaitement ridicules...

Écrit par : Géo | 18/08/2014

@ Michel Sommer :

Qu'on le veuille ou non, la maîtrise des langues nationales contribue indéniablement à la cohésion nationale, même si ce n'est pas le seul facteur.

@ Géo :

En Thurgovie c'est bel et bien de la suppression pure et simple de l'enseignement du français à l'école primaire dont il s'agit.
Par ailleurs ce seraient les conditions pour assurer l'enseignement de DEUX langues étrangères au niveau primaire qui ne seraient pas encore réunies, estiment les détracteurs d'HarmoS dans les autres cantons contestataires. Par conséquent et faute d'imposer UNE langue nationale comme première langue étrangère (français OU italien), bon nombre de cantons alémaniques de l'est de la Suisse choisiront l'anglais.
Je suis surpris qu'un nationaliste "AOC" tel que vous, milite insidieusement pour l'enseignement d'une langue étrangère NON nationale dans nos écoles suisses ...

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 18/08/2014

Je serais un nationaliste AOC ? Même pas vaudois, je suis pour le front de libération de l'Est vaudois contre les chauvinistes Grand Lausannois...
Il y a quatre langues nationales, en tout cas sur nos billets de banque. Et l'une d'entre elles, qui concerne les deux tiers de la population, n'est pas la langue vernaculaire mais seulement la langue véhiculaire. Le swahili pour l'Afrique de l'Est, le dioula pour l'Afrique de l'Ouest. Très peu de gens en Afrique ne parlent que la langue véhiculaire et ces deux langues ont été plus ou moins remplacées par l'anglais ou le français, pour les raisons que vous savez. Si vous habitiez Tombouctou avant les événements (qui ont commencé fin des années 1980), vous deviez parler le songhaï, le bambara, le peuhl, le bozo, le tamachek et l'arabo-berbère des Maures. Mais tout ce monde parle français et ils en sont très reconnaissants (pardon, étaient...). J'avais entendu une conférence de Dumont dans ces années 80, alors que je rentrais précisément de Tombouctou. Entre autres énormes bêtises qu'il a proférées, il aurait voulu que les gens de là-bas renonce au français pour le bambara. Vous avez certainement lu Maryse Condé, les Murailles de terre ou Ségou, et vous savez que les Bambaras sont l'ethnie dominante du Mali, et par suite, ils ont accaparé tous les postes-sinécure de l'administration, un des plus grands apports de la civilisation française...
En d'autres termes, vu la situation des langues en Suisse, l'anglais est une excellente solution (sauf qu'il est très mal parlé des deux côtés de la Sarine).
Jusqu'ici, la solution consistait à parler chacun sa langue, en tout cas entre Romands et Suisses allemands. Pas toujours très précis, comme vous pouvez l'imaginer...

Écrit par : Géo | 19/08/2014

J'aimerais intervenir en tant que prof enseignant l'allemand à Genève depuis 35 ans.
Vous imaginez bien que ce sujet m'est familier, car à l'école nous le tournons et retournons dans tous les sens.
Depuis toujours, les élèves nous interpellent en disant :"Pourquoi on doit apprendre l'allemand, alors qu'en Suisse, on parle le suisse-allemand ?" Vous pensez bien qu'en disant cela, ils ne nous réclament pas des leçons de schwitzertüsch, mais bien de laisser tomber l'allemand complètement.

La situation générale, le contexte a beaucoup évolué en 35 ans, période que je connais le mieux. (En réalité, je connais la situation depuis 1970, en comptant mes années d'école et d'université.) Je ne vais pas faire l'exposé complet de mon vécu, soyez rassurés ! ;-)))
S'il est intéressant de comparer la situation avec le Tombouctou des années 1980, je pense qu'il est bien plus pertinent d'observer notre pays dans sa situation présente, situé au centre d'un continent, à la croisée de 3 grands domaines linguistiques et dont l'identité n'est pas liée à des langues peu parlées (sauf pour le romanche, qui pose un problème tout à fait particulier). Nous ne sommes pas dans une mosaïque aussi fine qu'au Mali, sauf si on considère chaque dialecte suisse-allemand comme une langue à part.

La cohésion nationale ne peut reposer sur les seules connaissances linguistiques. Cela va de soi. Mais elles aident drôlement.
Longtemps, j'ai rêvé d'apprendre le suisse-allemand. Ma motivation s'est cassé la figure sur deux obstacles. Deux amies suisses-allemandes m'ont fortement découragée:
-l'une a dit que rien n'était plus ridicule qu'un Romand qui essaye de parler en dialecte et que ça ne marche jamais
- l'autre a déclaré que de me mettre au "suisse-allemand avec Victor" était une grosse erreur, parce que c'était du zurichois (elle est Bâloise)

Si on décrypte le fond de ces deux positions, on comprend que ces dialectes sont très identitaires et à moins d'habiter sur place, l'exercice serait trop théorique. Les Alémaniques ont déjà des problèmes entre eux, ils sont lancés sur la piste des micro-identités et cela ne nous facilite pas la tâche.
Ma position actuelle consiste à entendre et comprendre le dialecte, mais de répondre en Hochdeutsch, en essayant de camoufler mon accent par trop "hoch" et d'adopter la mélodie de phrase alémanique.
Il est évident que la connaissance du français recule Outre-Sarine. Cela tient à l'immigration. On entend de plus en plus le Hochdeutsch ou alors, il s'agit de personnel en provenance d'autres pays, dans lesquels le français n'est pas enseigné à large échelle.
Que faire ?
C'est un équilibre très fragile et en l'état, je pense qu'il est très important de ne pas lâcher les petits fils qui nous lient, de façon traditionnelle. Ce pays est secoué par des débats qui semblent cliver les communautés linguistiques, on essaye de mettre le Röeschtigraben en avant, alors qu'il s'agit probablement davantage de débats entre régions urbaines et campagnes-montagnes.
Souvent, j'ai l'impression que certains aimeraient voir les Romands comme de mauvais Suisses, comme des hérétiques et on peu soupçonner que l'économie de l'apprentissage du français soit un élément de cette vision.
Je vois un paradoxe dans le désir des conservateurs de lâcher l'exigence du français, de vouloir faire l'économie de l'effort de cet apprentissage.
Il est clair que l'enfant immigré en Suisse-alémanique, parlant p.ex. le portugais ou le kosovar à la maison, suisse-allemand avec les copains, allemand à l'école va être très chargé en ayant le français en plus. Il serait étrange, que les personnes attachées à l'image d'une Suisse traditionnelle placent les priorités ainsi. Il y a là quelque chose que je ne comprends pas encore.
Nous à Genève, on exige des élèves de classe d'Accueil d'apprendre le français, l'anglais et l'allemand en parallèle...

Écrit par : Calendula | 19/08/2014

"Nous à Genève, on exige des élèves de classe d'Accueil d'apprendre le français, l'anglais et l'allemand en parallèle..."
A quelle âge ? A quel niveau ? J'aurais franchement tendance à ne pas vous croire...
Vous dites que la Suisse n'a rien à voir avec le Mali sur le plan des langues, mais vous n'expliquez pas pourquoi. Il y a un antagonisme vernaculaire - véhiculaire...

Et à part ça, écrire "Röeschtigraben", pour une prof d'allemand...

Écrit par : Géo | 19/08/2014

Un des problèmes sous-jacent à l’apprentissage d’une langue c’est sa complexité intrinsèque. Or l’allemand – tout comme le latin d’ailleurs et les langues slaves – est une langue à ‘cas’, avec déclinaison en fonction du rôle du mot dans la phrase. Ceci n’existe pas en anglais, rendant évidemment cette langue plus facile est plus assimilable. Or être capable d’apprendre une langue telle que l’allemand exige d’être capable d’analyser en français déjà le rôle, la fonction de chaque mot ! Force est de constater que le méthodes ‘modernes’ d’apprentissage du français lui-même ont rendu pratiquement impossible l’apprentissage de l’allemand. Demandez à un élève ce qu’est un COD (donc accusatif en all.) ou un complément du nom (pour le GEN. ) etc. etc. Les élèves ne le savent plus. Donc dire simplement ce qu’est un accusatif ou un datif , génitif et j’en passe a été rendu pratiquement impossible par l’enseignement du français.
Dire que l’anglais va suffire comme langue étrangère c’est admettre a priori tous les échecs futurs sur le marché de l’emploi lorsque la langue allemande sera exigée.
Enfin et ce n’est pas le moindre des aspects, la connaissance d’une langue ‘facile’ comme l’anglais permet évidemment de s’exprimer et se faire comprendre avec des notions très basiques, donnant l’impression de savoir ou de comprendre cette langue. Mais on est loin, très loin, de la maîtriser, de pouvoir nuancer son propos, d’en saisir les subtilités (ne pensons qu’aux idioms). Et il est des secteurs de l’activité ou de la communication où l’exigence linguistique va au-delà de la simple communication au premier degré pour demander son chemin, un billet ou ou horaire.

Écrit par : uranus2011 | 19/08/2014

Bonjour Géo,

La classe d'Accueil du CO est pour les élèves de 12 à16 ans.
Les élèves arrivant encore en 10ème ont des heures d'allemand. L'idée étant de les intégrer dans une classe ordinaire, à terme.
J'y enseigne personnellement et si vous ne me croyez pas, il faut consulter des documents officiels du DIP. Ca se voit, entre autres, dans l'horaire de l'élève. Il est clair, qu'un enfant non-alphabétisé dans notre alphabet, l'apprendra d'abord.

J'ai dû mal m'exprimer en essayant de faire une différence entre le Mali et la Suisse. Voici le passage incriminé :
"... notre pays dans sa situation présente, situé au centre d'un continent, à la croisée de 3 grands domaines linguistiques et dont l'identité n'est pas liée à des langues peu parlées (sauf pour le romanche, qui pose un problème tout à fait particulier). Nous ne sommes pas dans une mosaïque aussi fine qu'au Mali, sauf si on considère chaque dialecte suisse-allemand comme une langue à part."
Autrement dit : je vois une différence entre un pays, dans lequel on parle 5,6,7 différentes langues et avec un passé colonial et la Suisse, où on parle 3 langues, dont une se subdivise en des dizaines de dialectes , qui ne sont orthographiées que depuis peu de temps ( et dont la grammaire et l'orthographe ne sont pas des sciences exactes, tels que nous les connaissons en français ! ;-)))
De plus, notre pays est "eine Willensnation" : on veut être une nation, on ne l'est pas grâce à l'unité linguistique. C'est d'ailleurs dans cette volonté que réside l'importance de la connaissance de la langue de l'autre, ne serait-ce que dans la compréhension passive.
Vous préconisez donc que nous apprenions tous très bien l'anglais, afin de communiquer entre nous dans cette langue, aux moments où nous sommes amenés à nous parler. (langue véhiculaire)
De mon point de vue, en abandonnant notre langue vernaculaire( allemand alémanique, italien, français et dans une moindre mesure le romanche, qui recule de facto devant le suisse-allemand) au bénéfice d'une langue véritablement étrangère, nous abandonnons quelque chose de notre identité particulière.
M'imaginer dans une Suisse hyper-efficace avec des anglophones qui font marcher la Coop, la Poste et les CFF dans un anglais parfait de Romanshorn à Genève et de Lugano à Bâle... Non vraiment, ça ne me dit rien qui vaille ! Il me semble que nous sommes déjà bien efficaces actuellement et pour rien au monde ne voudrais-je parler l'anglais avec mes compatriotes.
On peut le faire, mais il faut être conscient de la perte et en assumer les conséquences.
Le nivellement par l'anglais n'est pas un combat auquel je m'identifie.

P.S. : Si j'ai commis une affreuse erreur en orthographiant un mot alémanique de façon drolatique, vous m'excuserez, puisque justement je n'enseigne pas le suisse-allemand :-)))

Écrit par : Calendula | 19/08/2014

Pour le chant on parlait "registres" mais une pédagogue, Mlle Cléricy Ducollet (1850-1921: Faculté de psychologie et des sciences de l'éducation, à Genève) disait que la voix est une à quoi s'ajoutent des "formes"! Connue cette pédagogue médecin pour récupérer des voix au larynx atteints. Ainsi nos langues nationales sont-elles les "formes" de la voix d'un pays Un: la Suisse. A ne pas, raison à l'auteur de cet article, "déliter"!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 19/08/2014

"Dire que l’anglais va suffire comme langue étrangère c’est admettre a priori tous les échecs futurs sur le marché de l’emploi lorsque la langue allemande sera exigée." Mais non. La Suisse en gestation, c'est Monaco. On n'a plus besoin des Suisses. On choisira en Europe qqn qui a le profil correspondant. C'est en tout cas le projet politique des partis radical et socialiste et pdc, et ceux qui s'opposent à cela, c'est rien que des fasciiiistes.

Écrit par : Géo | 19/08/2014

Calendula@ Vous faites visiblement tout pour ne rien comprendre. la Coop vaudoise parlera toujours en français, la Migros argovienne en argovien et ceux qui en veulent plus apprendront plus de langue.
Si on écoutait les gens comme vous, les élèves de primaire devraient à 6 ans apprendre le français, l'allemand, l'anglais, l'italien, le romanche alors qu'ils parlent le kosovar ou le turc à la maison (les Suisses ne font plus d'enfants, leurs femmes ne veulent plus. Les Turques et les Kosovares non plus, mais quelques dizaines de coups de cravache arrangent tout ça...)

Écrit par : Géo | 19/08/2014

"Röeschtigraben", cela reste un scandale quels que soient les cas de figure, le terme "Röstigraben" apparaissant dix fois par jour dans la presse. De plus, chaque germanophone connaît "rosten" et tout Suisse romand qui a un ordinateur sait que l'on utilise soit l'umlaut soit l'ajout de e pour oe, équivalent à ö.
Autant de fautes sur un seul mot, il ne vous reste plus qu'à vous faire hara-kiri, si vous avez un tant soit peu le sens de l'honneur...
(je rigole, hein. Avec les femmes, on ne sait jamais...)

Écrit par : Géo | 19/08/2014

Géo,

Me voilà disqualifiée sur toute la ligne, une fois de plus. Vous avez trouvé mon talon d'Achille : l'orthographe d'un mot suisse-allemand.
(Quant aux régies fédérales et entreprises présentes sur tout le territoire : il doit bien y avoir un moment où l'Argovie parle au Tessin.)

Il ne me reste plus qu'à m'incliner, une forme de soumission tout aussi japonaise que le hara-kiri. On a le sens de l'honneur qu'on peut.
Ne vous en faites pas, je me couperai la carotide, c'est plus féminin. :-)))

Voici pourquoi, selon Wikipedia:

"Le seppuku (切腹?, littéralement « coupure au ventre ») ou hara-kiri ou harakiri1, (腹切り?) est une forme rituelle de suicide masculin par éventration, apparue au Japon vers le XIIe siècle dans la classe des samouraïs, et officiellement interdite en 1868.

Traditionnellement, le seppuku était réalisé dans un temple en s'ouvrant l'abdomen à l'aide d'un wakizashi (sabre court)2 ou d'un poignard de type tantō3, ce qui libère l'âme (voir l'article seika tanden). La forme traditionnelle consiste en une ouverture transversale (dans la largeur), sous le nombril. Le seppuku comporte une version encore plus douloureuse, le jumonji-giri, qui consiste à rajouter une coupe verticale (de haut en bas) à la coupe horizontale pour marquer sa volonté d'expiation. Il existe une version moins honorable (et moins douloureuse) dans laquelle un "ami" (kaishakunin) coupe la tête pour une mort instantanée.

Le seppuku était traditionnellement utilisé en dernier recours, lorsqu'un guerrier estimait immoral un ordre de son maître et refusait de l'exécuter. C'était aussi une façon de se repentir d'un péché impardonnable, commis volontairement ou par accident. Plus près de nous, le seppuku subsiste encore comme une manière exceptionnelle de racheter ses fautes, mais aussi pour se laver d'un échec personnel.

Le seppuku étant un rituel masculin, les femmes nobles et épouses de samouraïs pratiquaient le jigai, une forme de suicide consistant à se trancher la gorge (carotide) avec un poignard."

Écrit par : Calendula | 19/08/2014

Si l'on compare l'Europe à un immeuble locatif la bonne marche, ambiance et cohésion de l'immeuble n'empêche pas ses habitants, chaque famille, d'avoir, en le payant, son appartement bien à elle: habitudes, mœurs, culture, langage. En cas de "désordre" gardien d'immeuble voire gérance interviennent, certes, mais à part cela ne se mêlent pas de la vie intime, privée, culture et langage des gens chez eux. Il allait de soi, en Suisse romande, d'apprendre le français d'abord, puis l'allemand, puis l'anglais. S'il est plus judicieux, aujourd'hui, de faire passer l'anglais avant l'allemand, soit, mais en aucun cas ces deux langues avant le français! J'imagine que ce qui est logique et souhaitable allant de soi pour notre région joue de même pour régions de Suisse-allemande, l'allemand en premier lieu, ou Suisse-italienne, italien, d'abord (et romanche)! Pour les petits enfants la langue maternelle est indispensablement "structurante"!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 19/08/2014

@petard: Perso si une personne de langue suisse-allemande s'adresse a moi, même avec un accent prononcé, je le remercierai de faire l'effort de parler dans ma langue. Cela s'appelle tout simplement la politesse et vous semblez singulièrement en manquer.

Écrit par : grindesel | 19/08/2014

Vu le patronyme de petard, je me demande si ce n'est pas un abus de pseudo...

Écrit par : Géo | 19/08/2014

@ petard


Je n'ai pas à jouer les inspecteurs de derrière les travaux. Je demande comment l'hôte de ce blog a publié tes lignes du 19/08/2014. N'aurais-tu pas intérêt (chiottes/petard) à changer de pseudonyme: t'aérer en visant plus haut!

Écrit par : glaciersublime | 19/08/2014

Bon, en tout cas, si le commentaire de petard était authentique, cela illustrerait parfaitement ce que j'écrivais plus haut : les Suisses allemands respectent beaucoup plus les romands que l'inverse. Et les romands sont un ramassis de gros cons (à 99%) qui chantent "et cassons la gueule à ces suisses allemands " à l'école de recrue. Et ils ont bien raison de ne plus apprendre le français, personne ne sait plus à quoi sert cette langue de crétins prétentieux.

Écrit par : Géo | 19/08/2014

@Geo: le français sert peut être a publier sur les blogs Tdg, c'est quoi déjà votre langue???

Écrit par : grindesel | 19/08/2014

Si le français ne sert qu'à communiquer sur les blogs TdG, cela veut dire qu'on peut y renoncer tout de suite...

Écrit par : Géo | 19/08/2014

@ petard :

De retour sur mon blog, je découvre votre commentaire grossier et blessant à l'égard de nos compatriotes Suisses alémaniques. J'ai donc décidé de le censurer.
Le thème du billet traite des dangers qui planent sur la cohésion nationale. Celle-ci est déjà suffisamment menacée par différents projets législatifs sans qu'il soit nécessaire de l'ébranler davantage par des propos haineux.
C'est la seconde fois que je censure un commentaire depuis l'ouverture de ce blog en décembre 2009 et je le regrette sincèrement, car je suis favorable à la libre expression au point de censurer à postériori. Je censure en effet "après publication" et je suis l'un des seuls à procéder ainsi. Je fais confiance aux commentateurs, persuadé qu'ils sauront se comporter en adultes responsables, dans le respects des règles fixées par la TdG. Fervent adepte de la "responsabilité individuel", et ceci dans tous les domaines, mon blog porte d'ailleurs en sous-titre "Citoyenneté responsable" !
Reprenez-vous et je vous publierez, sinon abstenez-vous. Merci d'en prendre bonne note !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 19/08/2014

@Geo: Merci pour ceux qui ne parlent "que" le français.

Écrit par : grindesel | 19/08/2014

@ glaciersublime :

" Je demande comment l'hôte de ce blog a publié tes lignes du 19/08/2014. "

Ainsi que je l'ai indiqué dans mon commentaire à "petard" (voir ci-dessus), je n'applique pas de censure avant la publication des commentaires, comme dans la plupart des blogs de la TdG. Avec une censure à postériori, soit après publication, celle que je pratique, on s'expose naturellement à des risques de dérives toujours possibles. Je fais donc confiance à la bienséance des intervenants. Par ailleurs cette manière de procéder rend le blog plus interactif, puisque ces mêmes intervenants n'ont pas à attendre le blanc-seing de l'auteur du billet pour voir leurs commentaires apparaître.
Bloguer est une activité très chronophage et il est impossible de passer toute ses journées et ses soirées devant son écran ...

Merci !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 19/08/2014

@ Calendula :

Bonsoir et merci de votre témoignage de professeur d'allemand qui contribue à alimenter le débat, mais vu de l'intérieur et en Suisse romande.
Je pense que vos arguments pour tenter de convaincre vos élèves francophones à étudier l'allemand ne doivent pas être très différents de ceux invoqués par vos collègues de Suisse alémanique pour convaincre les leurs à étudier le français.
En tant que professeur d'allemand à Genève, il serait intéressant de connaître votre avis par rapport à cette surcharge de travail invoquée par vos collègues Suisses alémaniques, en Suisse orientale notamment. Ressentez-vous les mêmes problèmes qu'eux du fait du concordat "HarmoS" ?

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 19/08/2014

@ Uranus2011 :

Je trouve très intéressantes vos remarques relatives à la connaissance de la grammaire française comme "prérequis" pour l'étude de l'allemand.
Ayant "subi" les analyses grammaticales de ma langue maternelle, le français, je dois dire que ces efforts m'ont beaucoup aidé par la suite pour l'étude de l'allemand, notamment pour les déclinaisons (nominatif, accusatif, datif et génitif). Il est de même pour les phrases subordonnées relatives, où l'ordre des mots n'est pas le même en allemand qu'en français, la place du verbe et du participe passé notamment. L'étude de la grammaire qui nous paraissait rébarbative à mon époque, avait finalement beaucoup d'avantages.
J'avoue ne rien connaître des plans d'étude actuels du français (je pense à la grammaire) au sein de l'école genevoise, ni sur leur incidence par rapport à l'apprentissage des langues étrangères.

Cordialement et merci de votre contribution !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 19/08/2014

A toutes et à tous :

Merci de vos commentaires !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 19/08/2014

Bonsoir Monsieur d'Hôtaux,

N'enseignant pas au Primaire, je ne peux pas vous répondre sur la base d'expériences personnelles directes, mais je me suis bien sûr beaucoup intéressée et documentée à ce sujet.
Depuis que l'allemand est enseigné au Primaire, j'observe un changement d'attitude chez les élèves arrivant au C.O. Ils sont bien moins réticents et négatifs qu'auparavant. Autrefois, l'allemand arrivait en plus de tous les autres bouleversements et chargeait la barque.
Dans l'état actuel de l'enseignement au Primaire, l'exigence est certainement moindre pour les Romands, puisqu'il nous manque en quelque sorte une dimension, celle du dialecte. Les alémaniques apprennent l'allemand standard (Hochdeutsch) un peu comme une langue étrangère, c'est la raison de leur débat autour la langue d'enseignement: doit-on renoncer au dialecte dès les premières années d'école ?
C'est un vaste débat, puisqu'il en va de la bonne maîtrise de l'allemand écrit, qui permet ensuite de faire des études et des formations plus poussées.
Avant d'être du mépris pour les Romands, je pense que tout ce débat est la manifestation de problèmes liés au statut du dialecte face à l'allemand standard. C'est un dilemme énorme, mais il me semble que nous, de notre côté, devons signaler notre attachement au multilinguisme national.

La surcharge est particulièrement forte pour les enfants d'origine étrangère, dans le cas où l'apprentissage scolaire de la deuxième langue nationale était très académique ou exigeant. Là, je comprends le souci des enseignants, car il se peut qu'ils n'aient pas les moyens de bien faire (p.ex. des effectifs trop grands).
L'avantage de l'apprentissage précoce du français ou de l'allemand résiderait dans notre faculté à mieux apprendre des langues à un jeune âge. Les méthodes pour les enfants jeunes sont forcément assez ludiques.
Par ailleurs, le bi- ou trilinguisme est considéré comme un grand avantage, comme une stimulation du cerveau, au même titre que la pratique d'un instrument de musique.

Vous avez raison : face aux élèves, je dois justifier l'apprentissage de l'allemand, toujours et encore.
Pourtant, du côté des adultes romands, on râle beaucoup moins qu'il y a encore 20 ans.
Il est certes rare que des élèves se réjouissent ouvertement d'apprendre l'allemand, mais cela existe et à mon avis, la réussite dans cette branche est même de plus en plus valorisée. J'en veux pour preuve le succès de la filière bilingue au Collège. Il y a bien plus de candidats que des places disponibles. A l'époque de mes débuts dans l'enseignement, ce succès aurait été inimaginable.
L'enseignement des langues évolue constamment. Il faut vraiment espérer que l'anglais ne devienne pas l'unique langue véhiculaire et qu'on arrivera à sauvegarder le maximum de variété et pas seulement dans notre pays.

Écrit par : Calendula | 19/08/2014

Merci à tous ceux qui m'ont remonté les bretelles !

«Déssolé che foulais bas plesser mes gombadriodes…»

Voyez-vous quand les sujets sont trop graves, ben… j'essaie le 3e degré… c'est con, ça a foiré, désolé !

Mais essayez de vous mettre dans le contexte:

C'était Denise Baudet de Champel qui téléphonait à Pierrette de Lancy… Elles n'avaient pas compris l'histoire du bedit tavid et du cros goliade de l'Ueli que vous savez… Et comme elles ont des langues de vipères...

Et puis elle ne sont pas les seules, il y a plein, plein, plein, de romands qui vouent une haine féroce envers Christophe parce, qu'ils n'ont pas saisi sa tournure d'esprit exprimée dans une langue de Molière cabossée.

Écrit par : petard | 19/08/2014

@ petard :

Je suis honteux d'avoir laissé passer ceci, d'autant plus qu'il est question de "langues nationales"...

" Reprenez-vous et je vous publierez, ..." il fallait naturellement lire " ... et je vous publierai ..."

=> Désolé pour cette coquille, avec mes excuses !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 20/08/2014

@ Calendula :

Merci de vos réponses à mes questions.

" Avant d'être du mépris pour les Romands, je pense que tout ce débat est la manifestation de problèmes liés au statut du dialecte face à l'allemand standard. C'est un dilemme énorme, mais il me semble que nous, de notre côté, devons signaler notre attachement au multilinguisme national. "

C'est exactement ce que je pense et c'est pourquoi nous Romands, nous devons rendre nos compatriotes alémaniques attentifs à ce problème et ne pas le banaliser.

Bien à vous et bonne journée !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 20/08/2014

Pour ceux qui veulent aller plus loin, ils trouveront ci-après quelques liens qui traitent du même problème. En relevant les dates de publication des articles, on constate qu'il n'est pas nouveau, mais qu'il s'aggrave encore.

Un billet de la Conseillère nationale Josiane Aubert publié dans "Politblog" en août 2012 :
http://politblog.tagesanzeiger.ch/blog/index.php/12550/fran-ais-bataille-autour-du-fran-ais-l-cole-coh-sion-nationale-en-danger/?lang=fr

L'article d'un Suisse alémanique, Roger Köppel, ancien chargé de cours en littérature française et comparée à l’Université de Zurich. Article un peu à contre-courant, publié dans "Bilan" en décembre 2013 :
http://www.bilan.ch/peter-koppel/pmekmu/vous-avez-dit-cohesion-nationale

Finalement un article plus récent publié par "Le Temps" en date du 6 août dernier :
http://www.letemps.ch/Page/Uuid/b03156ee-1cd1-11e4-8b39-5bee34cf2558/Le_cri_du_PS_pour_d%C3%A9fendre_lenseignement_du_fran%C3%A7ais

Je vais intégrer ces liens au bas de mon billet.

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 20/08/2014

Rectificatif cher Jean sur votre second lien, il s'agit de Peter Köppel et non de Roger Köppel, rédacteur en chef de la Weltwoche, qui au passage doit considérer le français au mieux comme quantité négligeable, au pire comme une menace sur l'identité et le succès suisses (pour rappel du désormais mythique article sur les "grecs de la Suisse")

Écrit par : Souflette | 20/08/2014

@Souflette :

Merci de me l'avoir fait remarquer ! En effet, rendons à Peter ce qui est à Peter et laissons à Roger le soin de s'occuper de la "Weltwoche".

Dans les liens ajoutés ce matin au bas de mon billet, j'avais corrigé le prénom, mais j'ai oublié de reporter cette correction dans mon commentaire ci-dessus !

Merci de votre bienveillante attention !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 20/08/2014

Bonjour. Merci pour ce très bon billet qui m'inspire quelques commentaires.

Il faut remarquer certains faits qui semblent échapper aux Alémaniques:

- D'abord le dialecte est une langue locale, non écrite (en principe) et qui n'est comprise de personne en dehors de Suisse alémanique. Pas même les Allemands ne le comprennent, tant les différences sont importantes. De plus, il ne s'agit pas d'un seul dialecte, mais de plusieurs dialectes proches. Le manque d'homogénéité du dialecte le rend d'autant plus difficile à utiliser administrativement.
- Les Romands et les Tessinois apprennent l'Allemand mais pas le dialecte, ce qui est normal du fait du petit bassin de population touché et de la diversité des dialectes. De ce fait, le Suisse allemand ne peut en aucun cas être considéré comme une langue de communication confédérale.

De ce fait, considérer l'Allemand comme une langue étrangère est un non-sens. Il s'agit de la seule langue germanique pouvant être utilisée officiellement en Suisse. De ce fait, l'utilisation du dialecte à la télévision notamment est une aberration totale. C'est ce fait qui est le premier responsable de l'impression qu'ont les Suisses allemands que l'apprentissage de deux langues en plus de l'Allemand est une charge trop lourde pour les enfants. En réalité, l'Allemand devrait déjà être partiellement connu des enfants en arrivant à l'école et ainsi, l'apprentissage de l'allemand serait considéré comme l'apprentissage de la langue maternelle.

Il faut aussi dire que si l'Allemand est la première langue de Suisse, et d'ailleurs également de l'Union Européenne, elle se classe derrière le français au niveau mondial. En effet, le français est parlé par 220 millions de personnes, ce qui en fait la quatrième langue mondiale. L'Allemand n'est parlé que par 100 millions de personnes, essentiellement en Europe. Et du fait de la forte démographie de plusieurs pays africains dont le français est langue officielle, le français devrait subir une importante progression, lui permettant d'atteindre la troisième place d'ici quelques décennies.

Des organisations telles que l'ONU ou l'olympisme ont deux langues officielles: l'anglais et le français. Le français n'est donc pas du tout une langue ringarde, mais reste une langue universelle, même si elle se situe loin derrière l'anglais, dont la facilité d'apprentissage est la principale force face au français.

Par contre, les régions parlant allemand ont une croissance démographique nulle voire négative et l'apprentissage de l'allemand à l'étranger est rarissime tant cette langue a cessé de rayonner. Les Suisses allemands devraient donc comprendre que c'est bien les latins qui font un gros effort confédéral en apprenant l'allemand. Dans leur cas, il s'agit simplement d'apprendre d'une part leur propre langue (l'allemand) et d'autre part 2 des plus importantes langues mondiales avec l'espagnol et le mandarin.

Écrit par : Pascal Carlier | 20/08/2014

"En réalité, l'Allemand devrait déjà être partiellement connu des enfants en arrivant à l'école et ainsi, l'apprentissage de l'allemand serait considéré comme l'apprentissage de la langue maternelle."
C'est exactement ce que je disais : ordre est donné par les petit tr...du c.. romands aux suisse allemands de stopper immédiatement l'usage de leur langue maternelle. Si ça, ce n'est pas du fascisme pur et dur, faudra qu'on m'explique !

Écrit par : Géo | 20/08/2014

@ Pascal Carlier :

Merci de votre commentaire très pertinent auquel j'ajoute une remarque.

L'allemand est la langue européenne, russe mis à part peut-être, qui compte le plus grand nombre de locuteurs. C'est la langue maternelle d'environ 100 millions de personnes en Europe : Allemagne, Autriche, Suisse, Luxembourg, Belgique dans la région d'Eupen, dans le Trentin Haut Adige en Italie, en Alsace-Lorraine, plus quelques minorités dispersées dans d'autres pays. Un nombre que vous avez d'ailleurs vous-même mentionné.

Comme vous le relevez également, " Le manque d'homogénéité du dialecte (suisse-allemand) le rend d'autant plus difficile à utiliser administrativement ".
Exactement et cela me rappelle, bien qu'à une autre échelle, la nécessité de fédérer les dialectes romanches dans une langue unifiée et standardisée : le "rumantsch grischun" :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Rumantsch_grischun

Merci de votre contribution !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 20/08/2014

"la nécessité de fédérer les dialectes romanches dans une langue unifiée et standardisée : le "rumantsch grischun" "
Sauf que les Romanches l'ont décidé pour eux et n'ont pas cédé devant un jacobinisme franco-romand...et que vraisemblablement, telle démarche n'est pas envisageable en Suisse orientale que certains, toujours aussi centralisateurs, et dans leur grande ignorance, tendent à voir comme un tout unifié...
Jamais entendu parler de l'antagonisme Bâle - Zurich ? Évidemment non, tout ce qui est au-delà de la Versoix relève de l'exotisme total pour nos donneurs de leçon fédérale...

Écrit par : Géo | 20/08/2014

Géo: je n'ai pas dit qu'il faut stopper l'usage du dialecte. Je dis juste que ce n'est pas une langue. La langue officielle de la Suisse alémanique c'est l'allemand. C'est celle qui devrait être utilisée dans les institutions, les écoles, la télévision.

C'est d'ailleurs en général le cas, mais malheureusement de moins en moins. A quoi rime par exemple des chaînes de télévision nationales qui ne peuvent être comprises que par quelques petits millions de personnes ? C'est le meilleur moyen de vivre en autarcie alors que le rayonnement de la Suisse impose de diffuser largement sa vision du monde. Je trouve normal que les télévisions locales diffusent en dialecte. Par contre les chaînes nationales devraient être diffusées en Hochdeutsch.

Dans le cas de la Suisse romande, il y a tout de même TV5 qui reprend plusieurs émissions de la RTS, ce qui permet de diffuser l'actualité suisse dans toute la francophonie et au-delà. Si nous utilisions une langue locale, ça ne serait pas possible.

De toute façon, la grande majorité des chaînes disponibles dans les bouquets de chaînes en Suisse allemande sont en allemand. Donc c'est ça que je voulais dire. Les enfants devraient être capables de parler assez bien à la fois le dialecte et le bon allemand en arrivant à l'âge de scolarité. Ce n'est peut-être pas possible partout, mais au moins dans les grandes villes ça devrait être le cas.

La France n'est peut-être pas un exemple d'intégration des langues locales. Mais je vous laisse imaginer les problèmes que ça poserait si les enfants arrivaient en âge de scolarité avec pour seule langue connue l'occitan, le savoyard ou le breton. Il est évident que la sauvegarde des langues locales est importante, mais il me paraît aussi évident que l'utilisation d'une langue officielle l'est tout autant.

Au passage, je vis maintenant en France. Avant, avec mes plaques de Welche, quand je parlais en allemand en Suisse allemande, on me répondait en suisse allemand. Maintenant, on me répond en français... Ca prouve une chose: les Suisses allemands ont une aversion totale pour le Hochdeutsch, à tel point qu'ils préfèrent encore parler français ! Je trouve ça vraiment très bizarre...

Kad

Écrit par : Pascal Carlier | 20/08/2014

Kad@ Et donc, cette contradiction ne peut se résoudre que par les acteurs concernés. Je refuse le fascisme du 19ème où les instituteurs fouettaient les miens s'ils osaient prononcer un mot de franco-provençal. Et si vous et les vôtres, qui voulez instituer la loi de l'Empire fascistoïde européen ici chez nous, chez moi, vous vous retrouverez face à une résistance armée, il ne faudra pas vous en étonner. Parce que d'ici quelques années, c'est comme cela que cela se passera. Nous ne sommes pas meilleurs que nos parents des années 30, et ils ont fait 50 millions de morts. Vous et les vôtres, vous réclamez la guerre à grands cris. Et vous ne vous en rendez pas compte...

Écrit par : Géo | 20/08/2014

@ Géo :

Je reprends mon blog et découvre vos messages ...

Concernant le "rumantsch grischun", il a été rendu nécessaire pour sauver ce qu'il reste des dialectes historiques et permettre à l'administration fédérale de s'adresser aux populations romanches. J'ai pris cet exemple à dessein pour tirer un parallèle avec les différents dialectes suisse allemands qui nécessiteraient bien évidemment une standardisation si l'on voulait en faire une langue nationale et officielle qui puisse être utilisée dans l'administration, comme le relève "Kad" dans son premier commentaire.
Écrire cela n'a rien à voir avec un quelconque "jacobinisme franco-romand", qui n'existe d'ailleurs pas. Il s'agit juste d'une question de bon sens.

Je partage largement les propos de Pascal Carlier ...

Vous écrivez par ailleurs :

" Jamais entendu parler de l'antagonisme Bâle - Zurich ? Évidemment non, tout ce qui est au-delà de la Versoix relève de l'exotisme total pour nos donneurs de leçon fédérale... "

Est-ce de la provocation ? Je n'ai aucune leçon à donner !
Si vous connaissiez mon parcours, vous n'auriez jamais écrit cela ...
Sans dévoiler ma vie privée, sachez simplement que j'ai habité plusieurs cantons et plusieurs régions de Suisse, dont quelques années en Suisse alémanique, dans deux régions distinctes dont la Suisse centrale, que l'aîné de mes enfants y est né, qu'il y a étudié et qu'il y vit maintenant depuis plus de vingt ans. Qu'un autre de mes enfants y a vécu également, durant douze ans. Je ne suis moi-même que Genevois d'adoption, je n'y ai pas été élevé et d'autres membres de ma très proche famille habitent d'autres régions de Suisse, dont le Tessin depuis de longues années. Pensez-vous sincèrement que je sois un homme totalement ignorant de la Suisse, de son histoire, de ses langues, mentalités, diversités et coutumes ?

Je vous écris tout cela pour vous sortir de vos clichés habituels sur les Genevois et la détestation que vous leur portez.
Je ne souhaite pas faire de la Suisse une quelconque nouvelle "République Helvétique une et indivisible" sur le modèle napoléonien, telle que celle qui nous avait été imposée par Bonaparte en 1798.
Je suis toujours surpris qu'un homme comme vous qui a beaucoup bourlingué, notamment en Afrique, puisse être à ce point sectaire et totalement hermétique au changement, voire aux débats d'idées, quels qu'ils soient et d'où qu'ils viennent. La Suisse n'est pas un musée, elle n'est pas figée dans la naphtaline et si vous ne souhaitez pas qu'elle devienne une sorte de Monaco géant (selon l'un de vos commentaires), je ne le souhaite pas davantage que vous.
Personne ne nous menace, le seul danger qui guette la Suisse serait plutôt son éclatement provoqué par les Suisses eux-mêmes. Les risques de délitement de la cohésion nationale sont réels, ils se traduisent par la pauvreté et l'insuffisance d'un dialogue national et sans une maîtrise suffisante des langues nationales, ce dialogue s'étiole et le pays se meurt ...
Cela m'inquiète, pas vous ?

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 20/08/2014

@ Géo :

Une dernière remarque à propos de votre commentaire adressé à "Kad".
Vos propos sont d'une telle outrance qu'ils me choquent. En tant que responsable de ce blog, je vous prie instamment de vous en tenir à des échanges plus mesurés.
Merci d'en tenir compte !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 20/08/2014

@Géo: Je ne retiens pas votre agressivité naturelle, à laquelle je suis habitué. Par contre je retiens ceci de votre commentaire: "Et si vous et les vôtres, qui voulez instituer la loi de l'Empire fascistoïde européen ici chez nous, chez moi"
Là détrompez-vous. Même si j'ai été pro-européen à une autre époque, j'en suis revenu depuis. Au contraire, je considère bien aujourd'hui l'Union européenne comme un instrument de soumission à l'Empire commercial américain et rien d'autre. Je souhaite donc sa destruction et certainement pas l'intégration de la Suisse.

Mais ça n'empêche pas que l'Europe est notre continent, que nous avons la grande majorité de nos échanges avec elle et que nous ne devons pas nous y fermer.

Bref fin de la parenthèse pour ce qui me concerne.

Au sujet de la cohésion nationale, j'ai eu une petite réflexion. Cet été, comme mon amie est française, j'ai décidé de lui faire découvrir mon pays, ses différentes cultures et sa diversité. Nous avons donc fait un petit tour de Suisse.

A force de traverser des petits villages de montagne, mon amie m'a fait remarquer qu'il y avait en Suisse une véritable culture du drapeau. En effet, beaucoup de gens plantent un mât dans le jardin de leur chalet et y font grimper notre belle panosse! Et ça, c'est commun à toutes les régions. La culture du drapeau rapproche tous les Suisses.

Imaginez ce qu'on dirait si on voyait des drapeaux français à tous les coins de rue. C'est vrai en France et dans presque tous les pays, le drapeau se limite aux bâtiments officiels. Et encore, ces temps-ci on dirait qu'on ne peut pas mettre un drapeau français quelque part sans l'accompagner de la bannière de l'Empire euro-atlantiste !

En fait, cette culture du drapeau me fait penser à celle des Etats-Unis seul autre pays pratiquant cela qui me vienne à l'esprit.

Alors je me suis demandé ce qui rapproche nos deux pays. Fédéralisme, territoire gagné sur des puissances occupantes, etc. Je pense en tout cas que la cohésion nationale repose en Suisse sur une fierté commune. Fierté de ce qu'ont construit nos aïeux, de notre système politique, de notre diversité culturelle, de notre économie, de la beauté naturelle de notre pays. Tout cela se matérialise entre autres dans notre drapeau commun. Je pense que c'est ça la cohésion suisse. Si ça avait été une affaire de langue, je pense que la Suisse n'existerait plus depuis longtemps !

Donc je ne m'inquiète pas pour la cohésion du pays. Par contre, ces affaires de langues, c'est plus une protection de nos diverses cultures. Nous ne devons pas nous laisser coloniser par l'anglais. Nous arriverons toujours à communiquer entre nous. Mais je trouve dommage s'il faut utiliser une langue étrangère pour cela.

Écrit par : Pascal Carlier | 21/08/2014

La langue maternelle (de la mère) structure l'enfant. Ainsi et pas autrement. Il n'y donc pas à décider de ce que l'enfant parlera en tout premier lieu selon commodité ou autre. L'enfant doit parler le langage de sa maman. Langage qu'il entend non pas seulement une fois né mais dans le sein maternel langage appelé "de chair" dès la grossesse. Les enfants privés de ce langage naissent atteints notamment de troubles du système nerveux central. Non grossesses désirées puis intégrées refusées sans forcément y mettre terme enfants atteints dans leurs systèmes nerveux central et cardiaque.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 21/08/2014

Jean d'Hôtaux@ "Vos propos sont d'une telle outrance qu'ils me choquent"
J'ai pris l'habitude de pousser les raisonnements dans leurs limites pour en démontrer l'absurdité. Et cela provoque chez l'interlocuteur intelligent la réaction que vous pouvez voir dans le dernier commentaire de Kad...

Kad@ J'avoue détester cette manie du drapeau. A l'époque (il y a 30 ans), avec ma compagne qui était Belge, on en a compté 18 rien que pour le hameau de Taveyanne, que vous connaissez peut-être si vous avez mis les pieds dans les Alpes vaudoises. Total ridicule. Mais ce qui me fait marrer, c'est que les étrangers s'y mettent. Je vois dans ma région plusieurs maisons avec un mât sur lequel flotte un drapeau français, et dans les jardins populaires à côté de l'UCI, chaque jardin a sa bannière, avec une grosse majorité de portugaises.
Il n'y a plus qu'à en sourire...

Sur le sujet du billet : il appartient aux Suisses allemands et à seuls de déterminer quelle est leur langue, et quelle est leur priorité. Il y a eu une mise au point dans 24 heures de hier 21 août, de la part de Mme Herzog (UDC/TG). J'espère qu'elle a paru dans la TdG et que vous avez eu l'occasion de la lire ? Elle y affirme haut et fort qu'il n'est nullement question d'abandonner le français, à tout hasard...

Écrit par : Géo | 22/08/2014

Jean d'Hôtaux@ Si vous trouvez mes propos outranciers, quelle est votre réaction par rapport à ceci :

http://www.lesobservateurs.ch/2014/08/22/enorme-intervenant-balance-les-usa-lue-en-plein-direct-france-24/

Écrit par : Géo | 22/08/2014

Je reviens d'Appenzell où j'ai passé une semaine pour visiter ma famille maternelle.
Et bien malgré deux ans de cours de conversation Schwitzertüütsch à la Migros, je dois avouer que je ne comprenais pas grand chose.
En revanche, lorsque je faisais l'effort de parler en SA, mes cousins et autres tantes me répondaient toujours en Hoch Deutsch tant mon niveau devait sembler médiocre.
Je fus parfois soulagé de pouvoir faire passer mon message en anglais.
Bref, ce que je voudrais dire ici c'est que ce n'est pas tant l'enseignement qui devrait être mis en question mais la méthode.
Après près de 7 ans d'allemand j'en savais moins qu'en 3 semaine en immersion à Karlsruhe.
Il doit bien y avoir un moyen de rendre plus ludique et attractif l'apprentissage du français et de l'allemand, non ?
Il est certainement dommage et dommageable que les Thurgoviens renoncent au français en primaire car c'est beaucoup plus difficile pour eux que l'anglais courant qu'il acquièrent en très peu de temps puisque cette langue partage la même origine anglo-saxonne.
L'introduction du SA au cycle me semble une bonne idée. Les différences sont amusantes, les raccourcis, les inversions, la simplification.
De là à parler de cohésion nationale, il y a un pas que je ne franchirai pas. Comme le relève très justement Calendula, le clivage est plus systématiquement entre régions rurales et urbaines que linguistiques.
Et que vous le croyiez ou non, j'ai l'impression de mieux comprendre mon cousin qui cause une langue que je ne comprends pas que mon voisin qui vient d'ailleurs et maitrise parfaitement le français.

Écrit par : Pierre Jenni | 22/08/2014

@Jean d'Hôtaux
je passe visiter votre blog, dont le sujet aborde ici le fond de problèmes faisant l'objet de plusieurs initiatives en proie aux nationalismes les plus popularistes

avec l'attente d'y voir développer le fond de votre sujet, le faisant évoluer de la question des langues obligatoires dans l'enseignement à celui de la cohésion nationale culturelle induite ou déviante, selon les stats et les approches, par une immigration galopante et incontrôlée depuis 2002.

les profs de langue en suisse romande comme Calendula ont leurs ornières de pro

pendant qu'une majorité d'habitants de suisse allemande doivent font face à la mort de leurs dialectes, à se résigner à voir leurs préoccupations culturelles de fond noyer dans la masse des besoins médians tirés par le bas,

où leurs dialectes et cultures historiques locales meurent par le fait d'une masse d'immigrants à qui les enseignants se voient contraints de n'enseigner que le Hoch Dtch.

à regretter - ce que votre sujet n'aborde mais que tous suisses, isolés car devenus minoritaires en suisse romande, n'osent dire -
c'est qu'il n'y a plus dans nos cantons de majorité décideuse ayant les racines et les connaissances "suffisamment suisses" pour défendre nos cultures locales

poser le problème du choix de langue à caractère médian ou d'abord aisé pour satisfaire les difficultés d'apprentissage de populations migrantes est un problème en soi

savoir répondre aux multiculturalités cantonales alémaniques, entre ou avec le Hoch Deutsch et les dialectes suisses-allemands (il n'y a pas un Schwitzerduch mais des dialectes)

c'est prendre le temps et faire le travail de verbaliser et d'inscrire dans un enseignement ouvert, tous nos dialectes suisses-allemand
et offrir à nos jeunes générations comme à leurs parents, une offre d'enseignement universitaire et scolaire,

ce que les français ont su faire avec leurs langues régionales (basque, breton, oxcitan etc)

la Suisse à de quoi financer de telles polyvalences linguistiques, de quoi l'organiser.

Reste à savoir si la Suisse romande n'est faite que d'expates, de secundos en proie à leurs revanchards égos et de new suissisés se satisfaisant, au travers de leurs new-comers vite devenus new élus,

de faire passer des règlements cantonaux interdisant tout ce qui serait capable de continuer à faire vivre et nourrir quelque suissitude, au plan local voire fédéral.

un suisse sans double nationalité, plus amer de voir tout ce dont ont profité les new suissisés depuis 2000 et saccagé ensuite,
que désabusé

Écrit par : pierre à feu | 22/08/2014

en bref, la cohésion nationale suisse est basée sur un accord fédéralisant des cantons pluri-linguistiques et pluriculturels

cette cohésion nationale n'existe et ne peut survivre qu'au travers de la vie indépendante de chacun de ses cantons et de ses citoyens (base des constitutions cantonales)

mais cette cohésion nationale meure, dès lors qu'elle est dominée par une majorité exogène à son terreau, à sa culture et évidemment, sans racines historiques, qui en a pris le pouvoir.
C'est le cas du canton frontalier avec la France, de GE.
De Bâle, avec la France et l'Allemagne.
Du Jura, avec la France
Du Tessin, avec l'Italie.

Voilà Jean d'Hôtaux où j'espérais voir votre sujet déboucher
(suis suisse allemand, dsl pour les fautes)

Écrit par : pierre à feu | 22/08/2014

"la Suisse romande n'est faite que d'expates, de secundos en proie à leurs revanchards égos et de new suissisés se satisfaisant, au travers de leurs new-comers vite devenus new élus"
Très juste, il n'y a bientôt plus un seul politicien qui soit suisse de souche. Et tous ces secondos défendent les intérêts de leurs parents : Antonio Hodgers, Fernand Melgar et autres militent pour que la Suisse ouvre ses portes à tous les communistes du monde, vu que papa/maman l'étaient. Ada Marra et la Salerno militent pour venger les atrocités subies par leurs parents chez ces immondes salopards de Suisses, etc, etc, etc...
Continuez de dormir, petits Suisses. Vous allez voir votre gueule quand vous vous réveillerez...

Écrit par : Géo | 22/08/2014

Je rentre d'une rencontre avec un élu au CM d'une commune frontalière genevoise.
qui aide ses semblables, à trouver survie, logements & jobs au black, ou pas, entre autres à Gve.

Ces djeuns ne parlant pas fr qui envahissent toutes communes frontalières du canton de GE, à la recherche de petits boulots.
dont le leur: distribution de tracts de pub, payé 18 CHF pour 2h de boulot (même tarif si ces djeuns sans papiers en Fr ont besoin de 4h faire le job)

Ce n'est qu'un ex, j'en ai d'autres. Vous en avez de bien plus grosses. Bon, moi aussi (avocats ripoux & etc)

d'entrepreneurs fr qui font leur profit à GE en employant des sans papiers non déclarés sont pléthores (cette semaine, 1 fr avec combi plaques GE utilisant la déchetterie frontalière de Gaillard, mais employant des roms pour ses travaux de BTP à Genève)

Ce genre de déviances est indu par nos politiques qui laissent faire, car zéro contrôle, ce qui à force et depuis des années que cela existe, gangrènent toute cohésion nationale
sous nos cieux
Cela dégrade toute cohésion sociale dans nos lieux

Écrit par : pierre à feu | 22/08/2014

@Jean d'Hôtaux:
Peut-être devriez-vous changer votre méthode de censure a posteriori et intervenir a priori? Les derniers commentaires de votre blog me filent la nausée. Mon Dieu, pourquoi tant de haine?

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 22/08/2014

Merci aux derniers intervenants pour leur contribution !

@ Géo :

" Jean d'Hôtaux@ "Vos propos sont d'une telle outrance qu'ils me choquent"
J'ai pris l'habitude de pousser les raisonnements dans leurs limites pour en démontrer l'absurdité. Et cela provoque chez l'interlocuteur intelligent la réaction que vous pouvez voir dans le dernier commentaire de Kad... "

Moi qui vous lis depuis longtemps, je suis moi aussi habitué à décrypter vos propos et à ne pas tout prendre au premier degré, mais en tant que titulaire de ce blog, je suis soumis à certaines règles par la TdG.

A propos de l'interview de la Conseillère nationale Verena Herzog, je l'ai lue sur le site "ArcInfo" (voir le lien ci-après) :
http://www.arcinfo.ch/fr/suisse/suppression-du-francais-a-l-ecole-un-objectif-purement-pedagogique-566-1334970

Géo, lisez le résumé qu'en fait "ArcInfo". Madame Verena Herzog déclare notamment : "qu'il ne s'agit pas d'une "attaque contre les Romands", mais d'un objectif "purement pédagogique".
"Ce tollé en Romandie est sans doute dicté par l'émotion, mais il n'est pas justifié", souligne Verena Herzog, aux avant-postes du combat contre le français dans son canton. Elle dit vouloir intensifier l'apprentissage de cette deuxième langue, "mais à l'école secondaire" ...

Fort bien, "mais à l'école secondaire" seulement et "plus à l'école primaire", ceci en contradiction avec "HarmoS", mais selon ce que relève M. Duval dans son blog, le canton de Thurgovie n'aurait pas adhéré à ce concordat (je n'ai pas pris le temps de vérifier). L'anglais deviendrait donc la première langue étrangère enseignée en Thurgovie, avant une langue nationale et en tant que Suisse, cela me choque !

Selon un article du "Blick" (13 août 2014), Madame Herzog argumente cette décision du Grand Conseil thurgovien en évoquant "la nécessité pour les élèves thurgoviens d'apprendre correctement leur propre langue" et prétend que cette décision contribuera "à combler le röstigraben" en suggérant aux Romands et Tessinois de faire pareil :

«Zuerst sollen die Kinder ihre eigene Sprache richtig lernen, danach Englisch und erst später eine Landessprache – und zwar in allen Landesteilen. Mit Englisch als erste Fremdsprache für alle schaffen wir gleich lange Spiesse und schütten so den Röstigraben zu!». Voir ici :
http://www.blick.ch/news/politik/thurgau-will-kein-franzoesisch-mehr-an-primarschulen-mit-englisch-schuetten-wir-den-roestigraben-zu-id3051574.html

Lorsqu'elle parle "d'étudier correctement leur propre langue" ( ... " sollen die Kinder ihre eigene Sprache richtig lernen ..." Madame Herzog fait naturellement référence à "l'allemand" et non au dialecte !

Finalement, qui est arrogant dans cette affaire, les Romands ou Madame Herzog qui prétend vouloir prodiguer ses conseils aux Romands et aux Tessinois qui ne lui ont rien demandé ?

Soyez certain que j'irai sur le site "Les Observateurs" pour lire les deux liens que vous m'avez communiqués. Pas encore eu le temps ...

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 22/08/2014

@ Jean-Michel Bugnion :

Merci de votre intervention !

Je me suis expliqué plus haut sur les raisons de ma méthode de censure actuelle : meilleure réactivité des échanges, mais avec les risques inhérents. Je suis par ailleurs un ardent défenseur de la responsabilité individuelle et souhaite que chacun l'assume, y compris dans les commentaires. Peut-être serais-je contraint de passer à la censure "à priori", mais bien malgré moi ...

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 22/08/2014

@ pierre à feu :

Merci de vos commentaires, notamment pour avoir pris la peine de les rédiger en français, puisque vous nous dites que vous êtes Suisse alémanique.

Pour répondre à l'une de vos remarques, mon billet n'avait pas la prétention, ni l'ambition, de traiter l'ensemble des causes susceptibles d'être responsables du délitement de la cohésion nationale. Celles-ci sont nombreuses. Il faudrait d'ailleurs commencer à en dresser l'inventaire.
Peut-être rédigerai-je un autre billet sur ce sujet ?

MfG !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 22/08/2014

@ Pierre Jenni :

Merci de votre témoignage !

Oui la méthode par immersion semble bien être la plus efficace selon les spécialistes, mais ce n'est malheureusement pas toujours possible !

Concernant l'enseignement du dialecte suisse alémanique au CO à Genève, je ne suis vraiment pas convaincu et trouve regrettable qu'il se fasse au détriment de l'allemand. Quel intérêt et surtout pour quels résultats et à quel prix (budget ...) ? Ne serait-ce pas une nouvelle expérience pédagogique (une de plus...) à laquelle l'école genevoise nous a habitués ?

" Et que vous le croyiez ou non, j'ai l'impression de mieux comprendre mon cousin qui cause une langue que je ne comprends pas que mon voisin qui vient d'ailleurs et maitrise parfaitement le français. "

Vous avez raison, la compréhension n'est pas toujours une affaire de vocabulaire, c'est aussi une affaire d'affinité et de sensibilité ...

Bien cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 23/08/2014

Bugnion@ "Les derniers commentaires de votre blog me filent la nausée. Mon Dieu, pourquoi tant de haine" Cette inversion des rôles est proprement sidérante et confirme mes propos : c'est de la propagande de guerre, complétement unilatérale...
Qui à l'armée chante : "Et chantons en choeur le pays romand, et cassons la gueule à ces suisses allemands..." ?
Ouvrez votre poste de radio, écoutez la Première aux heures des humoristes de caniveau et de bas niveau : les Dicodeurs ou l'Agence, autrefois la Soupe. Ecoutez le nombre de plaisanteries grossières qui n'ont de plaisanteries que le nom sur le dos des citoyens de l'Est de la Suisse. La plupart de ces humoristes sont français ou genevois, et agissent comme si on était en 14, mais 1914. La haine du Boche à plein nez...
Et vous trouvez nos propos à nous haineux ? C'est de la mauvaise foi de la plus belle facture, digne des mensonges des années 30. Et aucun d'entre vous ne veut répondre sur ce fait simple : c'est aux Suisses allemands eux-mêmes, canton par canton, de décider de leurs priorités linguistiques, et à personne d'autre. Quiconque ne comprend pas cela n'a rien compris à la Suisse...

Écrit par : Géo | 23/08/2014

Le sujet de notre hôte titre: La cohésion nationale ne danger.

Or, cette cohésion nationale est en danger dans le canton de Genève, et ce depuis que les suisses y sont devenus minoritaires, où ils ont appris à devoir avoir peur de perdre leur emploi

s'ils ne satisfont pas désidératas des étrangers les employant
et les confrontant à l'emploi au black
de tous-venus sans papiers acceptant le minimum de tous salaires.

mon dernier job n'était que du temporaire de sénior ex-super cadre licencié: employé de jan à mi-2010 par une agence tempo française à Ge me payant mon dernier salaire: ce fut bizarre que 4 ans plus tard, il me fut reversé en 2014 par une autre entreprise un non perçu de cet emploi de 2010 que cette agence d'emploi temporaire n'avait inclu

bizarre, car cette agence française de Genève ne l'ayant pas fait, j'avais du réclamer mon inscription/ mes déclarations aux impôts;

en bref, employé cadre CH non déclaré, j'ai forcé les portes pour être un employé déclaré de cette agence fr de la place, et payer mes impôts de parent suisse célibataire au taux de 17%

mais comme vous l'assurent ces élus, tout baigne à Genève, yâ rien à dire.

Écrit par : pierre à feu | 24/08/2014

Le délitement de la cohésion nationale fédérale suisse
vient de son ultra libéralisme,
et est reflété par son absence de contrôle démocratique au niveau cantonal.

Aucune cohésion nationale suisse n'existe plus, en chiffres d'immigration de populations étrangères et d'élus issus d'immigration;

Aucune population indigène suisse n'est protégée, ni au travers des constitutions cantonales, ni dans sa citoyenneté souveraine.

Écrit par : pierre à feu | 24/08/2014

Précision concernant l'enseignement du suisse-allemand au C.O. à Genève :

Les seuls concernés sont les élèves de 11ème année ayant choisi l'option Langues Vivantes.
L'enseignement en question a lieu pendant les deux heures hebdomadaires de "Développement", pendant lesquelles on apprend, entre autres mais pas uniquement, à comprendre du suisse-allemand, oral ou evt. écrit.
On n'apprend pas à le parler.
Il est trop tôt pour évaluer l'efficacité ou la portée de cette démarche.

J'aimerais encore signaler que l'émission "Mise au Point" de la rts de ce soir a traité de ce sujet:
http://www.rts.ch/emissions/mise-au-point/6003922-langues-nationales-punaises.html
Plusieurs personnalités politiques et un professeur d'université ont été interviewés à ce sujet et on peut constater qu'il n'y a pas unanimité totale à l'intérieur de l'UDC.

Écrit par : Calendula | 24/08/2014

Précision concernant l'enseignement du suisse-allemand au C.O. à Genève :
(Mon commentaire de hier soir n'a pas passé et cela me permet de le corriger ce matin, après consultation du Plan d'études.)

Les seuls concernés sont les élèves de 10ème et 11ème année ayant choisi l'option Langues Vivantes. ( filière pré-gymasiale)
L'enseignement en question a lieu pendant les deux heures hebdomadaires de "Développement", pendant lesquelles on apprend, entre autres mais pas uniquement, à comprendre du suisse-allemand, oral ou evt. écrit. On n'apprend pas à le parler.
Selon le plan études 6 périodes sont prévues chaque année.
On écoute, p.ex., un même texte dans différents dialectes, prend connaissance de quelques différences grammaticales. Il y des activités de découverte de Zurich, lecture d' autoportraits écrits en Züritüsch, écoute d'autoportraits de jeunes Saint-Gallois.

Il est trop tôt pour évaluer l'efficacité ou la portée de cette démarche.

J'aimerais encore signaler que l'émission "Mise au Point" de la rts de ce soir a traité de ce sujet:
http://www.rts.ch/emissions/mise-au-point/6003922-langues-nationales-punaises.html
Plusieurs personnalités politiques et un professeur d'université ont été interviewés à ce sujet et on peut constater qu'il n'y a pas unanimité totale à l'intérieur de l'UDC.

Écrit par : Calendula | 25/08/2014

@ Calendula :

Merci pour toutes vos précisions, ainsi que pour le lien vers l'émission "MaP" ...

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 25/08/2014

Dans le débat de Map comme ici, tout le monde oublie ou feint d'oublier qu'il n'est nullement question pour les Thurgoviens d'abandonner l'apprentissage du français, mais de le rapporter de quelques années...
De l'art de faire mousser des contradictions qui n'en sont pas vraiment.

Écrit par : Géo | 25/08/2014

Avec ma voix d'outre-tombe ( je me suis donc fait jigai, le 19.8.) je réponds à Géo:

Le débat fait partie de notre système politique. Avec ou sans mousse.
Les contradictions sont perçues comme grandes ou petites, selon le point de vue de chacun.
Dans l'absolu, les compétences plus ou moins poussées des élèves thurgoviens ne m'empêchent pas de dormir. Si le projet des parents, enseignants et enfants est de juste cueillir des pruneaux chez eux, ils n'ont effectivement pas besoin de connaître beaucoup de langues.
Ce qui importe : quelles conséquences en tirer en Romandie.
La séquence de "Mise au Point"est instructive à cet égard. Nous sommes minoritaires et la question des langues nationales se présente autrement pour nous et les Tessinois que pour les Alémaniques.

C'est au fond une question d'ambition.

J'ai beaucoup apprécié les arguments d'O. Freysinger, qui se demande à quel moment on peut déclarer que quelque chose est trop difficile ou pas assez utile, pour être abordé à l'école.
Là est la question !
Elle est primordiale pour celui qui travaille à l'école publique. Je comprends bien que pour beaucoup de personnes, elle est ridicule ou dérangeante.
Si nous pensons que la cohésion nationale est suffisamment forte sans la composante linguistique, nous pouvons arrêter d'introduire des langues nationales en Primaire. Madame Herzog préconise des voyages dans le pays, pour mieux se connaître. C'est une excellente idée et j'espère que les Thurgoviens viendront chez nous.
J'étais justement en Thurgovie autour du 1er août et j'ai adoré cette fête au bord du Untersee, bras sud du lac de Constance, à Gottlieben. C'est une région, dans laquelle la frontière avec l'Allemagne ne semble pas poser de gros problèmes. Il y a comme un flou, tant sur le lac que sur la route, les plaques de voiture allemandes représentent presque le 50%de la circulation. Nous étions bien seuls avec nos plaques GE, sauf aux chutes du Rhin (qui sont déjà à Schaffhouse). Observez, combien de plaques TG ou SH vous voyez autour de vous, ici.
Cette année, je suis allée par deux fois au Nord-Est de la Suisse et ne peux que vous conseiller le déplacement ! La Thurgovie est géniale pour faire du vélo.

Écrit par : Calendula | 25/08/2014

@ Géo :

C'est inexact !

Laut der "Thurgauerzeitung" (15.08.2014) :

" Der Thurgau ist der erste Kanton, der explizit Frühfranzösisch abschafft und sich aus dem nationalen Fremdsprachenkompromiss verabschiedet. "

In deutscher Sprache, schwarz auf weiss geschrieben ! Ist es klar ???

Le mercredi 6 août 2014, par le biais d'une motion de l'UDC ("«Französisch erst auf der Sekundarstufe»), la majorité du Grand Conseil thurgovien a explicitement demandé au Conseil d'Etat de supprimer l'enseignement du français à l'école primaire (au profit de l'anglais), pour ne l'enseigner seulement qu'à partir de l'école secondaire. Le hic c'est qu'aujourd'hui le français enseigné dans les écoles secondaires thurgoviennes est une branche à option !

Lire l'interview que la Conseillère d'Etat thurgovienne Madame Monika Knill, elle-même opposée à la motion de l'UDC, a accordé au quotidien thurgovien "Thurgauerzeitnug" :

http://www.thurgauerzeitung.ch/ostschweiz/thurgau/kantonthurgau/tz-tg/Ich-selber-bekomme-keinen-Aerger;art123841,3921095

Conclusion : L'UDC est le fossoyeur de la cohésion nationale !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 25/08/2014

@ Calendula :

J'ai visionné ce matin l'émission de "MaP" !

" Si le projet des parents, enseignants et enfants est de juste cueillir des pruneaux chez eux, ils n'ont effectivement pas besoin de connaître beaucoup de langues. " ;o))

" C'est au fond une question d'ambition. "

Oui c'est exactement cela !

Lisez l'interview de la Conseillère d'Etat thurgovienne en charge de l'instruction publique, Madame Monika Knill, que j'ai mis en lien dans mon dernier commentaire. C'est très instructif. On constate que c'est effectivement une question d'ambition, mais aussi de moyens. Or on n'a jamais vu l'UDC particulièrement prodigue dans ce domaine. Par conséquent l'avenir des élèves thurgoviens semble devoir se limiter à la cueillette des pruneaux, même s'il n'y a pas de sot métier ...

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 25/08/2014

@M. d'Hôtaux,
L'interview est effectivement très intéressant. Le travail de Madame Knill est plein de défis, puisqu'il faut tout re-organiser.
La Thurgovie va devoir montrer aux autres cantons, que son concept est tout aussi performant, si pas davantage. Cela aussi est ambitieux, dans un autre registre.
Il n'y a pas de sot métier, effectivement. Toutefois, la majorité des parents aimerait que leur enfant fasse un métier valorisé à tous les niveaux.
Pas tous les enfants ont la chance d'être fils d'arboriculteurs et héritiers d'un domaine familial. Certains vont devoir quitter la Thurgovie ...
Pour la conseillère d'état, le problème ne se situe pas au niveau des individus, mais du système cantonal et de son insertion dans la grande machinerie du fonctionnement fédéral. Nous avons p.ex. des examens fédéraux pour les formations professionnelles (CFC), les maturités et les examens universitaires. Une reconnaissance fédérale vaut toujours plus qu'une cantonale.

Écrit par : Calendula | 25/08/2014

"Par conséquent l'avenir des élèves thurgoviens semble devoir se limiter à la cueillette des pruneaux, même s'il n'y a pas de sot métier ..."
Le mépris ne paie pas forcément, surtout du plus faible au plus fort. Pour avoir côtoyé les Zurichois, je peux vous dire par ex qu'ils sont persuadé qu'on ne peut en aucun cas faire imprimer qqch en Suisse romande, tant la qualité est mauvaise. Et ainsi de suite, vraisemblablement dans tous les domaines. J'ai commis l'exploit de vendre un projet à la DDC en 92. Un des jeunes types à Berne n'a pas arrêté durant la réunion de faire allusion à nos deux conseillers fédéraux Felber et Delamuraz qui selon lui, ne savaient que boire des verres, et en trop grande quantité. Même ses collègues en devenaient gênés...

Il vous faut ouvrir les yeux : les Suisses vivent séparés les uns des autres et les études de langue n'apportent absolument aucune cohésion nationale. Avez-vous testé l'écoute de ces émissions très populaires où on passe son temps à vomir les Totos, les Bourbines, etc..., et ce sur la chaîne nationale, la 1ère ? Je pense pour ma part que les Romands, surtout les Genevois, sont extrêmement racistes, mais d'un racisme vraiment puant. Alors ces petits discours mondains sur la cohésion nationale, c'est du vrai n'importe quoi.
Je vais m'arrêter là.

Écrit par : Géo | 25/08/2014

Par contre, je vous signale cet article de Philippe Barraud, autrefois rédac'chef de la Gazette de Lausanne, qui vous dira la même chose que moi, en beaucoup mieux :

http://www.lesobservateurs.ch/2014/08/25/langues-cette-insupportable-outrecuidance-romande/

Écrit par : Géo | 25/08/2014

@ Géo :

" Un des jeunes types à Berne n'a pas arrêté durant la réunion de faire allusion à nos deux conseillers fédéraux Felber et Delamuraz qui selon lui, ne savaient que boire des verres, et en trop grande quantité. "

Il y a des cultures différentes comme des clichés des deux côtés de la Sarine et vous-même en avez-vous aussi à l'égard des Genevois atteints de tous les défauts, raison de plus pour mieux se comprendre en parlant la langue de l'autre et améliorer la cohésion nationale.

" Avez-vous testé l'écoute de ces émissions très populaires où on passe son temps à vomir les Totos, les Bourbines, etc..., et ce sur la chaîne nationale, la 1ère ? "

Non pas vraiment. Il m'est arrivé de l'entendre à mon insu, mais pas de l'écouter. Je pense que vous faites allusion à feue "La Soupe" ou "Les Dicodeurs". Je suis peu sensible à cet humour un peu gros-gras mais surtout le rire de Laurence Bisang m'exaspère !

Je vais lire maintenant l'article de Philippe Barraud.
Voilà, vous savez tout ou presque.

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 25/08/2014

Jean d'Hôtaux@ Deux papiers très intéressants p.2 de 24 heures, et probablement de la TdG ? Un de Neyrinck, avec lequel je suis 100% d'accord, et un de Ribeaud, avec lequel je ne suis pas du tout d'accord.
Mais que font les chercheurs en psychologie pour tarder tellement à nous expliquer pourquoi il peut exister tellement de discordances dans les jugements, même si aucun intérêt n'est en jeu, contrairement à ce que pensent les marxistes ?

Écrit par : Géo | 10/09/2014

@ Géo :

Merci de votre commentaire !

Je n'ai malheureusement pas lu les deux papiers dont vous parlez. Je ne les ai pas trouvés sur les sites numériques des deux journaux.
José Ribeaud vit à Berlin depuis plusieurs années, donc assez éloigné de la réalité suisse ...

En revanche les enseignants suisses se sont exprimés aujourd'hui en faveur de l'enseignement d'une seconde langue nationale à l'école primaire, avant l'anglais, ce qui est une excellente nouvelle ! :

http://www.romandie.com/news/Priorite-a-la-2e-langue-nationale-les-enseignants-suisses/516289.rom

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 10/09/2014

Ce n'est qu'il y ait vraiment mésentente entre les différentes communautés linguistiques de la Suisse, c'est que les suisses ne communiquent simplement pas, une forme d'amputation de l'expression, une incapacité à communiquer et cela en commençant entre les suisses-romands entre eux !

Diviser pour régner, mais là, c'est diviser pour diviser !

Écrit par : Corto | 11/09/2014

En théorie votre article semble sensé, mais que se passe-t-il en réalité ? Quel serait l'impact réel de cesser d'enseigner l'allemand dans les écoles Genevoises par exemple ?

Mon constat personnel (mais que je souhaiterais confronter a une vraie étude si elle existe, et si on ose en publier les résultats...):

Sur la totalité de mes connaissances ayant achevé avec succès l’école primaire et secondaire genevoise, plus une formation supérieur:

- 80% se prétendent incapable de tenir la moindre conversation en allemand
- 95% n’ont jamais regardé SF1 ou lu un journal en allemand durant les 5 dernières années.
- 90% communiquent avec leur collègues ou relations d'affaire zurichoises en anglais.
- Les seuls a l'aise en allemand sont issues d'une famille germanophone ou ont fait un long séjour linguistique.

On peut trouver ça moche, ou que ça ne gêne en rien, pour moi d'abord un constat factuel qui n'est pas a l'avantage de l’enseignement public.

Écrit par : Oscar Goldman | 13/09/2014

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