UA-65298158-1

22/09/2014

Ukraine, faut-il être russophone pour être légitimé à s’exprimer ?

Dans ce jeu de poker menteur qui se déroule à propos des tragiques événements dans l’Est de l’Ukraine, certains prétendent détenir la vérité et le font savoir haut et fort à coups de billets et de commentaires publiés en rafales sur les blogs.

A les lire, seuls les russophones seraient habilités à s’exprimer avec objectivité sur cette sale guerre du fait qu’ils peuvent s’informer en langue russe à la source et qu’ils sont renseignés par des contacts sur place. Selon eux, tous les détracteurs de Vladimir Poutine ne seraient que des brebis égarées inféodées aux américains, à l’UE et à l’OTAN.

 

Malheureusement, la vérité n’est pas aussi simple. Elle est souvent multiple, des faits pouvant être mis au crédit des deux camps. Seul ce qui est vérifiable, incontestable et incontesté peut être pris en compte. Quels sont ces faits ?

 

Prenons la Crimée. La presqu’île a été occupée, puis annexée par la Russie, ceci au mépris du droit international le plus élémentaire. C’est un fait incontestable et les raisons de cette annexion n’ont pas à être invoquées pour la justifier, au même titre qu’on ne justifie pas un vol par le besoin, on le condamne en tant que délit.

 

« Le statut de neutralité de l'OSCE n'a pas été respecté :  des observateurs de L'OSCE ont été menacés et refoulés de Crimée puis d'autres capturés à Slaviansk par des miliciens pro-russe ou par des soldats russes anonymisés. »

C’est également un fait incontestable.

 

L’avion du vol MH17 de Malaysian Airlines a été abattu au-dessus d’une zone d’opérations opposant l’armée ukrainienne aux séparatistes. Les enquêteurs n’ont pas pu effectuer leur travail dans les délais impartis. Ils n’ont pas eu accès à l’ensemble de la zone des impacts du crash et ont constaté que certaines parties de l’épave avaient été déplacées. Ici également, des faits que personne ne conteste.

 

Des troupes russes se battent aux côtés des insurgés ukrainiens, ce que démentent les Russes, tout en reconnaissant que quelques soldats russes, « en congé », étaient engagés. Ceux-ci ayant été blessés et fait prisonniers, il était difficile de taire cette évidence. On apprend aussi que des mères de soldats russes, morts sur le front ukrainien, interpellent le pouvoir sans obtenir d’informations sur les causes du décès de leurs fils dont les corps sont rapatriés dans la plus grande discrétion. Récemment, une équipe de journalistes de la BBC qui réalisait un reportage sur la mort de soldats russes tués - leur nombre serait supérieur à 200 - , près de la frontière avec l’Ukraine a été agressée et violemment battue. Leur matériel a été détruit et la carte mémoire contenant les enregistrements effacée.

 

Enfin il y a quelques jours, le 17 septembre dernier, le cas de cette Ukrainienne russophone, torturée par des combattants séparatistes près de Donetsk, venue témoigner devant le Conseil des droits de l'homme de l’ONU à Genève.

 

Malgré l’embargo décrété sur les informations dans les médias russes, des milliers de citoyens ont défilé pour la paix en Ukraine dans les rues des grandes villes de Russie ce dimanche 21 septembre.

 

Il y a surtout beaucoup de questions et peu de réponses convaincantes du côté du Kremlin. Seuls nos blogueuses et blogueurs russophones et/ou russophiles, voire russes, qui ont réponses à tout et un aplomb au-dessus de la moyenne, nous bombardent de sources aussi incertaines que des séquences vidéos publiées sur « Youtube » ainsi que de communiqués de presse du pouvoir en place à Moscou. Aux dépêches des médias occidentaux, ils opposent la grandeur de la Russie éternelle, ils évoquent sa richesse culturelle dans les arts, les lettres et la musique, ce que personne ici ne conteste bien évidemment. Malheureusement, de tels arguments n’ont aucune pertinence dans le contexte de cette guerre.

Jusqu’à Guy Mettan qui affirmait récemment avec aplomb dans un billet publié sur son blog, que « dans le conflit ukrainien, les médias n’ont cessé d’accuser la Russie d’invasion, invasion qui n’est jamais venue sauf dans la tête des conseillers en communication américains qui conseillent le président Porochenko. ». Il est vrai que l’annexion de la Crimée n’est pas le résultat d’une invasion, celle-ci ayant été « simplement » phagocytée par la Russie. On ne va tout de même pas se disputer pour une simple question sémantique !

 

Qu’un Didier Burkhalter, Président en exercice de l’OSCE, se permette de modérer les ardeurs des combattants des deux camps en termes très diplomatiques, qu’il est immédiatement remis à sa place. Imaginez-vous, un « petit Suisse » qui se permet de faire la leçon à Poutine, quelle arrogance. Il en va de même d’un Andreas Gross, chef du groupe socialiste au Conseil de l’Europe, spécialiste en géopolitique, pacifiste et grand connaisseur de l’Europe de l’est et du Caucase, interviewé sur RTS le 3 septembre dernier, qu’on l’accuse immédiatement de partialité et d’incompétence, alors qu’il s’en tient aux faits.

 

Bref tant de mauvaise foi et de partialité me sidèrent. Mais il est vrai que Poutine rime avec Pouchkine, sauf que la comparaison s’arrête là.

22:00 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (26) | Tags : guerre, ukraine, russie, crimée, osce, poutine, burkhalter, gross | |  Facebook

Commentaires

On peut épiloguer longtemps, mais le pire et qui ne relève d'aucun doute, c'est qu'un gouvernement officiel...!... tue SA PROPRE population.

Et pour l'heure celui-ceux qui font cela sont au directoire de l'Ukraine et ne s'appelle(ent) pas Poutine!

Après faire du papier, on peut s'amuser on est pas sous les bombes!

Mais on peut aussi prier pour ces gens qui ne comprennent rien à ce qui leur arrivent et qui peuvent mourir tout bêtement au coin d'une rue en allant faire son marché!

Les mêmes nous disent que le monde a changé et se réfèrent toujours au passé pour nous expliquer le présent.

Écrit par : Corélande | 23/09/2014

Merci, Cher Monsieur, de cet excellent billet qui remet dans une juste perspective les errements et la mauvaise foi de "commentateurs" que l'on rencontre sur certains blogs, l'un en particulier où j'ai décidé de ne plus intervenir.

Le titre même de votre billet suffit à démontrer que les agités auxquels vous faites allusion prêteraient peut-être à sourire si la situation qu'ils s'ingénient (le verbe n'est peut-être pas le plus approprié) à commenter n'était pas aussi dramatique.

Écrit par : Michel Sommer | 23/09/2014

@ Corélande
@ Michel Sommer

Merci de vos commentaires !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 24/09/2014

Jean d'Hôtaux @ Rien que votre description de ce qui s'est passé en Crimée nuit gravement à la crédibilité générale de votre billet. Du temps de l'URSS, qui signifie union des républiques socialistes soviétique, l'Ukraine ou la Russie ne se différenciaient pas. En 1954, le secrétaire général du PCUS, qui signifie parti communiste d'Union soviétique, était un Ukrainien du nom de Khrouchtchev. Il a trouvé pertinent de remettre l'administration de la péninsule de Crimée sous la direction de l'Ukraine, pour des raisons bassement pratiques. la Crimée abrite le port d'attache de la flotte russe qui a accès à la Méditerranée, le seul. Depuis une vingtaine d'années, la CIA manigance auprès de l'Ukraine pour déstabiliser son régime pour mettre la main sur ce port. Elle a réussi son coup et la Russie n'a pas eu d'autre choix que de rattacher la Crimée à la Russie, en remettant en cause l'oukase du soviétique Khrouchtchev que vous avez l'air de beaucoup respecter, pour des raisons qu'il est difficile de comprendre...
Les Russes se sont payé le luxe d'organiser un référendum express, pour légitimer encore plus ce fait. Ce que l'Espagne, pays européen et donc soi-disant démocratique (elle le sera quand elle abolira l'esclavage dans ses serres d'Andalousie...) refuse à la Catalogne...
En un mot comme en cent, on voit une fois de plus que le droit international est juste une plaisanterie au service de ceux qui payent le mieux, les juges de Bruxelles comme de Strasbourg ou Lausanne s'achetant pour un croûton de pain. Pourquoi croyez-vous qu'ils relâchent aussi vite et facilement les criminels ? Pour leurs beaux yeux ?

Écrit par : Géo | 24/09/2014

Bonjour Géo !

Merci de votre commentaire avec lequel je suis en désaccord.

Ce que je respecte avant tout, c'est le droit international et l'inviolabilité des frontières, ceci en conformité avec la lettre et l'esprit de l'OSCE dont la Russie et l'Ukraine sont membres.
Déduire de mon article que j'aurais une admiration pour Nikita Khrouchtchev est une vue de l'esprit !

S'agissant de l'annexion de la Crimée, il va de soi que cette opération s'est faite au mépris de droit international et peu importe les circonstances qui ont conduit au rattachement antérieur de la presqu'île à l'Ukraine par Khrouchtchev. Après l'éclatement de l'URSS, lors de l’avènement en décembre 1991 des 15 pays indépendants qui la formaient, l'appartenance territoriale de la Crimée à l'Ukraine n'a pas été contestée. L'ancienne flotte militaire et le port stratégique de Sébastopol ont d'ailleurs fait l'objet d'accords entre la Russie et l'Ukraine, le statut du port en question notamment.

Par ailleurs, les deux pays Russie et Ukraine appartiennent à l'OSCE dont le but est précisément de favoriser le dialogue et la négociation entre l’Est et l’Ouest, de respecter la souveraineté des Etats et leur intégrité territoriale.

Vous évoquez aussi le "référendum express" organisé par la Russie en Crimée dont le but était de légitimer cette annexion. Ce référendum s'est déroulé sans observateurs internationaux, mais avant tout au mépris de la souveraineté de l'Ukraine. Au surplus, dois-je vous rappeler que les observateurs de l'OSCE ont été chassés brutalement de Crimée lors de sa prise de contrôle par la Russie ?

Ce "pseudo-référendum" n'est rien d'autre que l'usurpation d'un titre de propriété. Un peu comme les voleurs de voitures qui falsifient les plaques d'immatriculation et les plaques des véhicules.

Que diriez-vous si demain la France décidait d'annexer le Chablais vaudois au motif qu'il a fait partie par le passé du Duché de Savoie ? Vous sortiriez votre mousqueton j'imagine ...

Certes le droit international n'est pas parfait, mais c'est tout de même mieux que rien. Sans droit international, ce serait l'anarchie et la substitution de l'Etat de droit par l'Etat de force.

Dernière remarque, je suis très critique à l'égard de l'OTAN, comme de l'arrogance américaine, ce qui ne vous aura pas échappé de mes écrits passés. Mais ne mélangeons pas tout !

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 24/09/2014

"Que diriez-vous si demain la France décidait d'annexer le Chablais vaudois au motif qu'il a fait partie par le passé du Duché de Savoie ? Vous sortiriez votre mousqueton j'imagine ..."
Très franchement, le risque est faible. Les Vaudois et les Valaisans sont certes très savoyards, la Savoie aurait dû devenir suisse en 1862 et pour cette fois, je vous accorde que le tort en revient principalement aux Suisses allemands qui n'ont rien fait pour favoriser ce rattachement, bien au contraire. Ils seraient devenus minoritaires, ce qui n'est pas une situation toujours agréable. Il existe un front de libération de la Savoie, mais je ne sais pas s'ils veulent leur rattachement à la CH. Je voterais pour, en tout cas...
Je reste sur mes positions quant à l'affrontement USA - Russie, atlantistes contre continentaux. Les magouilles des USA sont trop grosses, même si le régime de Poutine est fort peu sympathique à nos yeux.

PS. Il y a eu un excellent billet de Olivier Delacrétaz sur la question des langues en Suisse dans 24 heures. J'espère que vous avez eu l'occasion de le lire dans la TdG ? Il va dans mon sens, bien sûr...

Écrit par : Géo | 24/09/2014

La question que vous posez en titre de votre billet vaut, mutatis mutandis, pour beaucoup de sujets.
Faut-il être arabophone pour s'exprimer sur la situation en Syrie ? Faut-il comprendre le Chinois pour avoir une opinion éclairée sur la situation des Ouïgours ?
Et plus généralement : à quel moment peut-on disqualifier l'expression d'autres commentateurs ?
Si l'un ou l'autre parmi nous n'est pas d'accord avec la perspective choisie par tel ou tel bloggeur ou tel ou tel commentateur, il ne me semble pas admissible, que ce"dissident" soit virtuellement lynché par les autres commentateurs. Ce genre de procédé a un côté puéril et assez misérable. Le bloggeur est responsable de l'accueil réservé aux commentateurs et il/elle devrait gérer son domaine avec savoir-vivre.
J'ai abandonné tout espoir de pouvoir entrer dans un échange sur les blogs en question. Il y règne une sorte d'indignation et une émotivité qui ne me disent rien qui vaille.

Pour en revenir au sujet du changement intervenu en Crimée:
La procédure est totalement novatrice et inquiétante. Trouver des aspects positifs à cette façon de faire me semble manquer de bon sens. Sans faire du formalisme et verser dans le juridisme pointilleux, je ne comprends pas qu'on puisse approuver et même se féliciter de l'intervention des "petits hommes verts" et une procédure-express de trois semaines pour transférer un territoire d'un pays à l'autre.
Cela d'autant plus qu'il existe effectivement un document juridique . (citation de Wikipedia):
"Le mémorandum de Budapest est un accord, signé le 5 décembre 1994, par lequel l'Ukraine accepte de se défaire de l'énorme stock d'armes nucléaires dont elle a hérité à la dislocation de l'URSS et d'adhérer au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires. Les têtes nucléaires (1 900) sont envoyées en Russie pour démantèlement au cours des deux années suivantes.
En contrepartie, l'Ukraine obtient de la Russie, des États-Unis et du Royaume-Uni, rejoints plus tard par la Chine et la France, des garanties pour sa sécurité, son indépendance et son intégrité territoriale1.
Lors de la crise de Crimée de 2014, l'Ukraine s'est référée à ce traité pour rappeler à la Russie qu'elle s'est engagée à respecter les frontières ukrainiennes, et aux autres signataires qu'ils en sont garants."

Wikipedia ment-il ? Ou sont-ce des faits avérés ?
Comme ça ne provient pas d'une source russe, on devrait s'en méfier, je le sais bien.
Je lis la presse de plusieurs pays. Il s'y publie des nouvelles de toutes sortes sur la situation tant en Ukraine qu'en Russie, car les médias ont des reporters sur place. Russophones. Parfois en place depuis des années. Je peux certes me méfier d'eux, surtout s'ils écrivent des choses qui ne me plaisent pas. Je peux aussi les prendre un peu au sérieux et me dire que la situation n'est pas aussi simple que j'aimerais qu'elle le soit.

Imaginons un instant que nous ayons le droit de réfléchir aux informations contradictoires que nous recevons et nous exprimer à ce sujet. Etre d'accord, admiratif, enthousiaste même, ou ne pas être d'accord et même carrément inquiet. Sans se faire passer dessus par une armada.

Que vaut notre opinion, dans un tel contexte ? Probablement pas grand chose.
Pourquoi serais-je ( simple internaute) donc clairvoyante au point de pouvoir agresser les gens qui ne sont pas dans ma perspective et être la grenouille qui se prend pour le boeuf !
On peut avoir raison tout en respectant son contradicteur. Il suffit de donner des arguments patents et de rester cohérent.

Écrit par : Calendula | 24/09/2014

"Ce que je respecte avant tout, c'est le droit international et l'inviolabilité des frontières"

C'est curieux, mais je ne me rappelle pas avoir lu sous votre plume ce cri du coeur lorsque la Yougoslavie était démembrée, ni quand l'Etat d'Israël ne respecte ni le droit international, ni l'inviolabilité des frontières. Sans parler des guerres d'agression montées de toutes pièces grâce à des mensonges.

Deux poids, deux mesures?

Écrit par : Johann | 24/09/2014

"Bref tant de mauvaise foi et de partialité me sidèrent."

Je vous retourne la phrase, avec une super-amplification.

Voulez-vous également le marquage "DOT" des douilles des balles tirées par les snipers sur la population et les policiers à Maïdan?

Peut-être préférez-vous la preuve du montage vidéo pour grossièrement tenter de faire porter le chapeau aux citoyens en ukraine qui refusent le diktat de kiev?

Ou voulez-vous assister à la conversation entre une Nuland et une Asthon?

C’est devenu un rituel qui fonctionne à chaque fois : lorsque Washington tente de changer un régime, de mystérieux snipers font leur apparition qui tuent à la fois des forces gouvernementales et des manifestants de son opposition. Puis ils disparaissent et ne sont en principe jamais retrouvés.

C’est le cas aujourd’hui en Syrie, en Ukraine et au Venezuela.

En Syrie, les événements de Deraa ont dressé, durant une année, une partie de la population contre son gouvernement.

Au Venezuela, les légistes ont prouvé que les tireurs étaient les mêmes des deux côtés et la contestation s’essouffle.

En Ukraine, des interceptions téléphoniques et les réactions qu’elles suscitent ne laissent guère de doutes, observe Wayne Madsen.

Sortez de vos chaussettes et lavez-vous le haut du cerveau!

Écrit par : Keren Dispa | 24/09/2014

@ Géo :

Malheureusement, je n'ai pas eu l'occasion de lire l'article d'Olivier Delacrétaz publié dans "24 Heures".

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 24/09/2014

@ Calendula :

Merci de votre commentaire très intéressant et étayé.

" La question que vous posez en titre de votre billet vaut, mutatis mutandis, pour beaucoup de sujets.
Faut-il être arabophone pour s'exprimer sur la situation en Syrie ? Faut-il comprendre le Chinois pour avoir une opinion éclairée sur la situation des Ouïgours ? "

Tout à fait d'accord avec vous.

" J'ai abandonné tout espoir de pouvoir entrer dans un échange sur les blogs en question. Il y règne une sorte d'indignation et une émotivité qui ne me disent rien qui vaille. "

Cela s'appelle tout simplement de l’intolérance, voire de l'impérialisme intellectuel ...

Vous mentionnez aussi avec beaucoup de pertinence l'existence du "Mémorandum de Budapest" que j'ai malheureusement omis de citer dans mon billet.

Finalement vous résumez très bien l'esprit de mon billet :
" On peut avoir raison tout en respectant son contradicteur. Il suffit de donner des arguments patents et de rester cohérent. "

Oui, "le respect ça change la vie", un slogan en vogue à Genève il y a une quinzaine d'années et qui malheureusement tombe dans l'oubli ...

Merci de votre contribution et bien à vous !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 24/09/2014

@ Johann ;

Pas vraiment surpris de votre commentaire !

Je relève pour ma part un anachronisme grossier dans vos propos :

" C'est curieux, mais je ne me rappelle pas avoir lu sous votre plume ce cri du coeur lorsque la Yougoslavie était démembrée, ni quand l'Etat d'Israël ne respecte ni le droit international, ni l'inviolabilité des frontières. Sans parler des guerres d'agression montées de toutes pièces grâce à des mensonges. "

En effet, faut-il vous rappeler que le démembrement de la Yougoslavie remonte à la fin de la "Guerre Froide", soit au début des années 1990, alors que le "Web" avec le langage "HTML" en était à ses premiers balbutiements et qu'il n'était pas encore question de "blog" à cette époque !
C'est un peu comme si vous me reprochiez de ne pas être intervenu lors de l'annexion des Sudètes en 1938, alors que je n'étais pas né à cette époque !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 25/09/2014

@ Keren Dispa :

Le ton et l'esprit de votre commentaire sont en parfaite conformité avec ce que vous exprimez sur les blogs en questions.

S'il en était besoin, votre dernière phrase résume à elle seule votre arrogance :

" Sortez de vos chaussettes et lavez-vous le haut du cerveau! "

Si vous n'avez aucun argument pertinent à faire valoir, il vaudrait mieux vous abstenir !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 25/09/2014

"Je relève pour ma part un anachronisme grossier dans vos propos :"

C'est de plus en plus curieux. D'une part rien ne vous empêche de vous manifester a posteriori quand un de vos principe a été violé, et d'autre part en ce qui concerne Israël, c'est toujours en cours... Et vous êtes tellement prêt à vous détourner de mon argument que finalement, vous ne répondez pas.

Ayez le courage de nous dire que vous désapprouvez la partition de la Yougoslavie au nom de l'inviolabilité des frontières et que vous condamnez la politique d'annexions d'Israël au nom du droit international et de l'inviolabilité des frontières. Par simple souci de cohérence.

Mais peut-être ignorez-vous que la partition de la Serbie n'est pas achevée.

Écrit par : Johann | 25/09/2014

La condescendance que vous affichez empêche totalement tout dialogue.
La photo est significative en cela, comme si vous vouliez montrez que
la sagesse vous habite et que vos propos sont à l'évidence justes et fondés.

Qu'importe de débattre avec quelqu'un qui ne partage pas ses idées, là est l'intérêt! Un argument peut vous touchez, vous amenez une vision ignorée, et un approfondissement de votre réflexion!

Chez vous on ne ressent rien de cela. C'est évident dans vos lignes et c'est évident dans vos réponses.

Y aurait-il un journaliste qui se cache derrière ce pseudo?

Écrit par : Corélande | 25/09/2014

Ce qu'il y a de fascinant dans tout cela, c'est que la Russie pendant 70 ans a maintenu un régime politique mortifère s'appuyant sur une propagande affirmée qui a amené des millions de personnes à travers le monde à le soutenir. Après une absence de vingt ans, les mêmes ficelles grossières de propagande sont à nouveau à l'oeuvre, avec apparemment toujours une minorité significative de gens prêts à suivre la voix de Moscou.

Sur le plan juridique, il est également sidéreant de voir la confusion, de voir le fait que l'on cherche à amalgamer la possibilité pour une entité politique de se dissoudre en une ou plusieurs parties comme cela a été le cas avec l'URSS, la Yougoslavie, comme cela aurait pu être le cas en Grande-Bretagne (et qui est pleinement admise en termes de droit international sous le concept d'auto-détermination) et la capacité pour un Etat A d'acquérir une partie du territoire d'un Etat B sous quelques prétextes que ce soit et en l'absence de l'agrément de l'Etat B.

Ce second cas de figure constitue une interdiction péremptoire, norme renforcée en Europe par des accords complémentaires comme l'acte d'Helsinki pour précisément éviter à jamais des cas comme les Sudètes, principe péremptoire qui n'avait jamais été remis en cause en Europe depuis 1945 jusqu'à la Crimée. Mais apparemment, certains estiment utiles de justifier remettre en cause cette norme qui a contribué à assurer une stabilité sur notre continent.

Et c'est également parce qu'il s'agit là d'une norme péremptoire qu'aucun Etat ne reconnait les revendications d'annexation du Golan ou d'autres territoires par Israël.

Écrit par : sekant | 25/09/2014

@ Johann :

Ne cherchez pas à faire diversion en évoquant Israël ou la Yougoslavie car ce dont il est question ici est pour l'essentiel une guerre médiatique qui se superpose aux tragiques affrontements dans l'Est de l'Ukraine.

Le monde n'est pas manichéen. Il n'est pas blanc ou noir, il est divers et dans le cas qui nous occupe, les russophiles et russophones ne détiennent pas à eux seuls toute la vérité sur les événements en question, malgré ce qu'ils tentent de nous faire croire. Ce n'est pas en invectivant quotidiennement leurs détracteurs avec agressivité ou en les bombardant de vidéos douteuses récupérées sur "Youtube", que les propos péremptoires des séides de Poutine se transformeront en vérité.

J'ai tenté bien modestement par le biais de mon billet, de dénoncer cette tentative de noyautage médiatique sur ce site.

Si vous souhaitez ouvrir un débat sur Israël ou la partition de la Yougoslavie, rien ne vous empêche d'ouvrir un blog et de rédiger des billets sur ces sujets.

Merci d'avoir pris la peine de me lire.

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 25/09/2014

@ Corélande :

Pour qu'un dialogue constructif et apaisé puisse s'installer, il faut d'une part que les interlocuteurs débattent d'un même sujet et que d'autre part ledit dialogue puisse s'instaurer dans le respect réciproque des opinions.

Commencer par m'accuser de "condescendance" ou me juger sur la photo de mon avatar témoigne d'un à priori flagrant. Ce n'est pas la première fois que vous tentez de décortiquer mon avatar qui semble d'ailleurs vous fasciner. On appelle cela de la "physiognomonie" il me semble. Qu'auriez-vous dit si j'avais mis la photo d'une vache ou d'un âne comme avatar ? Soyons sérieux !
Non, je ne suis pas journaliste, seulement un citoyen ordinaire, conformément à l'intitulé de mon blog. Il ne faut pas chercher midi à quatorze heures, juste un banal citoyen interpellé par les événements qui font l'actualité et la vie publique en général. Rien d'autre. Je ne suis ni un agent de la CIA et n'appartiens pas non plus aux "Renseignements Généraux français" !

Cela dit, vous avez bien évidemment le droit d'avoir une mauvaise opinion de moi.

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 25/09/2014

@ sekant :

Merci de votre commentaire que je trouve très pertinent !

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 25/09/2014

Monsieur d'Hôtaux,

Il est facile d'incriminer la Russie de toutes les mauvaises actions que les médias lui attribuent. Si l'on voit autant de personnes mettre en doutes toutes ces versions ( voir également les commentaires aux articles de la tdg), il est difficile d'imputer ceci uniquement à l'efficacité de la propagande russe. Le sentiment que la propagande américaine très agressive,est servie dans les médias sans nuances et analyses est certainement une cause beaucoup plus probable.

D'autre part pour la Crimée, faire valoir uniquement le droit international, sans tenir compte de tous les paramètres ( et ils sont très nombreux) qui entourent le problème; c'est une manière rigide d'appliquer des principes.

Les principes ont toujours des limites et il n'est pas si compliqué d'acculer quelqu'un où un état au point de le forcer à des actes, qu'il est dès lors facile d'accuser.

Vos termes de " noyautage du site de la tdg" me semble largement exagéré et a des réminiscence de guerre froide.

Écrit par : aoki | 25/09/2014

@ aoki :

Merci de votre commentaire dont je relève la courtoisie.

Comme je l'ai écrit, toute vérité doit être nuancée et nous sommes ici dans ce qu'il faut bien appeler "un jeu de poker menteur", chacun faisant valoir "sa vérité", alors que c'est beaucoup plus complexe.
Je pense en effet que seul le droit international peut servir de référence, ceci à défaut d'obtenir un accord entre les deux parties, ce qui ne semble pas être possible. Cela dit, bien sûr que les paramètres sont nombreux dans ce conflit, mais chacun voudra forcément faire valoir ses intérêts. Alors faute d'accord quoi d'autre que le droit international et l'OSCE ?

Concernant mes termes de " noyautage du site de la tdg", je les assume tout en précisant qu'ils visent un blog en particulier et des commentateurs qui prétendent détenir TOUTE la vérité et ceci sans aucune nuance.
Vous invoquez le nombre élevé de personnes qui mettent en doute la version "officielle" russe dans ce conflit, mais le nombre ne saurait à lui seul constituer la vérité, car seuls les faits comptent. Or l'OSCE et ses observateurs ont très rapidement été mis à l'écart par la Russie, notamment lors de la prise du contrôle puis de l'annexion de la Crimée. Alors je m'interroge : dans quels buts voulait-on empêcher les observateurs de l'OSCE de faire leur travail, sinon pour cacher à l'opinion publique, russe et occidentale, des faits plus que douteux ?

Cela dit, personne bien évidemment ne souhaite un retour à la "Guerre froide".

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 25/09/2014

"Si vous n'avez aucun argument pertinent à faire valoir, il vaudrait mieux vous abstenir !"

Monsieur...

On ne peut qu'amener l'âne au lac,
on ne peut pas l'obliger à boire.

Les preuves existent, mais ce ne sont pas les médias de l'occident qui les rapporteront, sauf - excepté - quelques médias altermondialistes que bon nombre de gens critiqueront en les nommant "en parfaite conformité".

Je vous laisse à vos idées, j'ai les miennes,
elles sont partagées.

Écrit par : Keren Dispa | 25/09/2014

Relativiser l'importance de traités internationaux me semble être un jeu dangereux. Cela conduit à faire régner la loi du plus fort.
Il y a bien sûr une sorte de logique quasi biologique là-dedans, mais nous qui sommes "petits", devons-nous pour autant entrer dans la logique du syndrome de Stockholm ?
J'espère bien que non !
Si le fait de signer des traités contre l'abandon d'armes nucléaires est un acte inutile, il faut en tirer des conséquences très concrètes et désormais s'abstenir de signer des papiers et camper sur son arsenal, quel qu'il soit. Ca fait penser à la guerre froide, sans aucun doute.
Si j'ai détesté les agissements des Américains au Chili ou en Irak (la deuxième guerre, celle avec les ADM), le non-respect des résolutions de l'ONU par Israël, je ne vais pas applaudir la démarche russe en Crimée.
Et si je n'applaudis pas, ça ne veut pas dire que je suis pro-américaine ou crypto-fasciste. Je ne suis peut-être même pas très mal informée, mais je me permets d'avoir une opinion, basée sur des principes qui ne sont pas scandaleux.
La dissolution de l'ex-Yougoslavie est un processus particulièrement complexe, qui s'est fait en plusieurs étapes et aucune des parties n'a été annexée ou récupérée par une autre nation. A l'époque, il était très difficile de comprendre les tenants et aboutissants. Il y avait une part de manipulation de l'opinion et de l'information. Qui de nous était suffisamment expert en matière de géo-politique et ethnographie des Balkans pour pouvoir distinguer le vrai du faux, le vraisemblable de la propagande ?
Dans de tels cas complexes, nous nous positionnons souvent selon des principes intuitifs ou des loyautés diverses. C'est parfaitement respectable et humain. Il faut simplement le reconnaître et l'admettre.

En Allemagne, beaucoup de personnes ont peur de devoir payer pour un pays pauvre de plus. Cela peut porter à préférer que l'Ukraine reste dans la sphère russe. On peut parfaitement comprendre cette position.
D'autres pensent sincèrement qu'il est artificiel d'avoir une Ukraine indépendante et souveraine dans la configuration actuelle. Ces personnes aimeraient qu'on rediscute les frontières. Je peux parfaitement admettre cette vision des choses. Reste à voir, comment procéder et avec quel calendrier. S'il faut le faire avec des armes et dans un temps record, ça pose des problèmes certains, puisqu'il y a désormais des milliers de morts et des régions entières dévastées.
On peut penser que la guerre a un côté héroïque et il y a toujours l'espoir que les armes fassent la différence, qu'elles produisent une nouvelle situation et qu'elles permettent une sorte de catharsis. Mieux que la diplomatie, les papiers et les signatures, qui ne valent pour finir plus rien.
L'action musclée serait supérieure à la négociation. C'est très peu helvétique, mais il se trouve des gens pour penser que l'on a tort de s'émouvoir des actions plus ou moins assumées par des Russes dans l'est de l'Ukraine.
J'attends de voir. Dans quelques années ou même quelques mois, on découvrira certainement des éléments inédits. On pourra alors vérifier, comme si souvent, ce qu'il a bien pu en être.
En l'état, je ne m'aventurerais pas à distribuer des bons et des mauvais points en Ukraine. Je suis est reste une grenouille.

Écrit par : Calendula | 25/09/2014

Monsieur, je vous demande simplement d'aller sur -histoireetsociete- et d'y lire les horreurs commises par les soldats nazukrainiens et les découvertes qui s'ensuivent actuellement!

J'espère ainsi que vous comprendrez qu'il était mieux d'être dans le camp de Poutine et de s'élever dans les médias et sur les blogs pour défendre son intervention (sous quelque forme que ce soit) à l'Est de l'Ukraine.
Dieu seul sait l'ampleur des horreurs si Poutine n'avait pas fait par "ses actes" œuvre de "remparts"! C'est à vous remettre en pleine figure les horreurs des SS lors de la seconde guerre mondiale envers les Résistants.

Très franchement je préfère être à ma place qu'à la vôtre!

Écrit par : Corélande | 25/09/2014

@ Calendula :

Tout à fait en phase avec votre dernier commentaire, notamment avec ceci :

" Et si je n'applaudis pas, ça ne veut pas dire que je suis pro-américaine ou crypto-fasciste. "

Il en va de même avec la partition de l'ex-Yougoslavie dont on a appris tardivement à connaître l'extrême complexité. Le paradoxe c'est qu'aujourd'hui, devenues indépendantes, toutes les anciennes républiques qui composaient ce pays, adhèrent, ou souhaitent adhérer à l'UE. A terme, elles se retrouveront toutes réunies dans un ensemble plus vaste à défendre les mêmes intérêts. On pourra dire alors : tout ça pour ça !

Bien à vous !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 25/09/2014

@ Corélande :

Je viens de prendre connaissance des informations sur le site en question. Ces descriptions sont en effet horribles, mais la source est un site russe, ce qui me laisse penser qu'il pourrait s'agir de propagande. Il faudrait donc pouvoir enquêter sur ces faits et ceci relève de l'OSCE. Question : les enquêteurs de l'OSCE auront-ils accès aux lieux des drames présumés pour pouvoir mener leur enquête ?
La guerre est en effet aussi une guerre de propagande pour influencer l'opinion publique.

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 25/09/2014

Les commentaires sont fermés.