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25/11/2014

Ecopop : Un coucher de soleil sur une mer de brouillard !

Un « coucher de soleil sur une mer de brouillard », c’est la première image qui me vient à l’esprit pour illustrer cette brutale transition économique si d’aventure l’initiative « Ecopop » devait être acceptée par le peuple et les cantons au soir du 30 novembre prochain.

Coucher de soleil sur mer de brouillard

Les dégâts infligés à l’économie suisse seraient sans doute énormes. L’horizon économique serait tellement bouché que les investissements fuiraient la Suisse. En effet, aucune entreprise ne peut survivre sans avoir une vision à moyen terme du cadre légal dans lequel elle exerce ses activités. Une économie saine nécessite un cadre juridique et fiscal stable, des relations sociales apaisées et des infrastructures qui répondent à ses besoins. Des conditions auxquelles « Ecopop » ne saurait satisfaire, tant ses conséquences sont imprévisibles.

C’est donc une question extrêmement importante à laquelle nous devrons répondre le 30 novembre prochain. Il s’agit de notre avenir et surtout de celui de notre postérité. Voulons-nous tenter une aventure en nous convertissant en gardiens de parc national, tout en laissant à d’autres, les non-résidents, la responsabilité de prendre les commandes effective de notre économie ?

 

Ardent partisan de la démocratie directe, je suis persuadé que le peuple est tout aussi éclairé que les hommes politiques censés le représenter, mais je suis tout aussi convaincu que ce même peuple doit faire preuve de responsabilité en faisant l’effort d’étudier à fond toute initiative qui lui est soumise. Cette responsabilité implique une réflexion à mener sur les conséquences et les effets pervers éventuels. Voter ce n’est pas se laisser emporter par la passion, c’est être comptable de l’avenir de son pays.

Le citoyen suisse détient un pouvoir énorme par rapport à ses alter égos des autres pays démocratiques. Il prend ses décisions en toute souveraineté en engageant l’avenir du pays. S’il se trompe, c’est à lui-même qu’il devra s’en prendre, car ici pas de bouc émissaire, pas de Président, ni de Premier ministre, réceptacles de tous les maux et des aigreurs de la rue.

Pourtant lorsque je lis certains arguments de citoyens favorables à « Ecopop » relevés sur les blogs ou les commentaires d’articles de presse, je frémis.

Bien sûr qu’on a le droit d’être pour « Ecopop » - comme le titrait Pascal Décaillet dans l’un de ses derniers billets -, ceci au même titre que chacun a le droit de se suicider si bon lui semble. Le problème ici c’est qu’il ne s’agirait pas d’un suicide individuel, mais collectif. L’histoire nous enseigne que d’autres civilisations sont allées jusqu’à cette extrémité.

Car c’est en effet d’une remise en question fondamentale de tout l’édifice suisse dont il s’agit, un édifice patiemment construit au cours des années. Un édifice économique et social posé, un cadre de vie dont nous pouvons être fiers. L’écrire n’est pas faire preuve d’arrogance ni de chauvinisme.

Bien sûr que tout n’est pas parfait, cela va de soi, mais il suffit de constater l’attractivité qu’exerce notre pays sur nos voisins pour prendre la mesure de notre bien-être.

 

Finalement la question qui nous est posée par « Ecopop » est une réflexion qui ne peut être soumise qu’à des nantis. Dans quel autre pays au monde prendrait-on le risque fou de se saborder avec le chimérique espoir de retrouver les images bucoliques de son enfance ?

19/11/2014

TPG, une « grève préventive », comme la CGT ...

Personne ne peut nier la corrélation entre l’acceptation de l’initiative de l'AVIVO pour une baisse des tarifs des TPG et la grève de ce jour dans les transports publics genevois. Il est évident que cette baisse des tarifs entraînera une baisse des recettes pour la régie. Seule son ampleur est aujourd’hui inconnue. On parle de 14 à 15 millions de pertes annuelles. Par conséquent, il est tout à fait logique que le Conseil d’Etat en tienne compte et prenne position, notamment en fonction de la situation précaire des finances cantonales. Certains s’en offusquent et en banalisent les effets sur le budget de l’Etat.

Ainsi, Pascal Holenweg dans un billet publié sur son blog écrit : « Ces 14 à 15 millions ne représentent que deux pour mille du budget cantonal... ». Soit, mais alors si ce montant est aussi négligeable, que dire de l'amputation de près de 160 millions du budget de l'Etat, montant que représente une éventuelle abrogation du régime des "forfaits fiscaux", deux initiatives, l’une fédérale, l’autre cantonale, sur lesquelles nous devront voter le 30 novembre prochain et soutenues toutes les deux par ceux-là mêmes qui ont lancé l’initiative de l’AVIVO.

Je les trouve bien incohérents et irresponsables ceux qui demandent tout à la fois à l'Etat de suppléer cette perte de recettes des TPG et dans le même temps de le priver d'une partie de ses rentrées fiscales.

Gouverner c'est prévoir dit-on, et dans cette affaire le Conseil d'Etat est parfaitement dans son rôle, celui de planifier le budget.

 

Les grévistes quant à eux prétendent défendre non seulement leurs intérêts en remettant en question le « Contrat de prestations », un projet qui n’a même pas encore été discuté au Grand Conseil, mais ils prétendent de surcroît défendre le service public et les usagers. Or en tant qu’usager, je ne me souviens pas d’avoir été consulté par les syndicats des TPG pour les mandater à défendre mes intérêts. On confond ici les intérêts des uns avec ceux des autres.

Soyons clairs, dans cette grève les employés des TPG défendent leurs propres intérêts !

En Suisse, dans notre culture de la paix du travail basée sur le consensus et la négociation, toute pression syndicale exercée contre un projet avant même que celui-ci n’ait été présenté au législatif, apparaît comme une tentative de chantage. De fait, cette « grève d'avertissement » (sic) sonne bel et bien comme un chantage exercé avant toute négociation. Par leur grève, les employés des TPG prennent bien en otage tous les usagers et pénalisent ainsi l'ensemble de l'activité économique du canton.

La question qui dès lors se pose est de savoir s’il est admissible qu’une minorité agissante puisse, du simple fait de ses activités stratégiques, pénaliser toute l'économie d'une région ? Une question qui en appelle une autre : est-il admissible que des grévistes qui n’exercent pas leurs droits civiques à Genève puissent y exercer des pressions politiques ?

Pour ceux qui en douteraient encore, les employés des TPG ont bel et bien importé une culture de la grève qui nous étrangère en Suisse si l’on s’en réfère à une interview de Valérie Solano, secrétaire syndicale du SEV (syndicat initiateur de la grève), publiée ce jour dans la Tribune.

A une question de Marc Moulin sur le rôle du Grand Conseil qui doit se prononcer en décembre prochain sur le contrat de prestations des TPG, celle-ci répond :

«  Il est de leur devoir d’élus d’écouter ce qui leur est demandé dans la rue. »

Incroyable réponse tout droit sortie des officines de la CGT ! C’est donc bien de l’importation d’une certaine culture syndicale dont il s’agit. C’est un aveu !

Est-il utile de rappeler à cette charmante personne qu’en Suisse, la politique s’exerce dans les urnes ou dans un hémicycle, mais pas dans la rue !

 

A chacun son rôle, aux syndicats des TPG la défense des intérêts des employés, aux députés le vote des lois, du budget et des contrats de prestations. Les députés représentent le peuple qui les a élus pour ça. Quant aux syndicats, ils n’ont en la matière aucune légitimité !

09/11/2014

Du monde d’Orwell à celui de Vladimir Poutine

Dans son roman fiction « 1984 », George Orwell avait imaginé un monde tripolaire où les alliances de chaque bloc se faisaient et se défaisaient au gré d’intérêts géostratégiques. Sous la surveillance d’un despote omniprésent et omnipotent nommé « Big Brother », l’Etat décrit par Orwell est notamment doté d’un « Ministère de la Vérité » chargé d’effacer toute trace des alliances passées et de réécrire l’histoire pour la rendre compatible avec la version officielle du parti.

Inspiré sans doute par Orwell, Vladimir Poutine a récemment loué le rôle de Staline dans la victoire de l’URSS sur l’Allemagne nazie lors d’une rencontre avec des universitaires et des professeurs d’histoire dans un musée d’Histoire de Moscou. Il aurait notamment déclaré : «Il est difficile de dire si nous aurions pu gagner la guerre si le pouvoir n'avait pas été aussi implacable». Poursuivant sur ces propos aussi implacables qu’ambigus, Poutine aurait aussi appelé les historiens russes à « écrire l’histoire de la Crimée - récemment annexée par Moscou - avant que les Ukrainiens ne l’écrivent ». Cette information de l’AFP a été publiée la semaine dernière par le quotidien « Libération ». Et Poutine de poursuivre en disant qu’il faut écrire l’histoire de cette «partie intégrante de notre code culturel (...) tant que d’autres ne l’ont pas écrite», faisant allusion aux historiens ukrainiens. Lire l’intégralité de l’article de Libération ici.

Ecrire ou réécrire l’histoire de la Crimée ? Pouvoir implacable, code culturel ? Diantre ! Poutine a assurément été inspiré par la fiction d’Orwell pour tenir de tels propos !

L’histoire officielle est en effet une arme destinée à formater les cerveaux des élèves dans les écoles de chaque pays pour en faire de bons citoyens.

C’est ainsi que les écoliers russes apprendront bientôt que la Russie a échappé à l’invasion ukrainienne grâce à l’implacable Poutine qui, comme son mentor Staline, aura su résister avec détermination.

Vous avez dit travestissement de l'histoire ?

22:22 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (20) | Tags : orwell, 1984, big brother, poutine, staline, crimée, russie, ukraine | |  Facebook