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10/10/2015

Agrandissement de la Gare Cornavin ...

Dans un billet publié hier (voir ici), dans une intention bien sentie d'assurer la promotion des candidats de son parti (PDC) aux élections fédérales du 18 octobre prochain, Monsieur le Conseiller d'Etat Luc Barthassat fait référence à l'agrandissement de la gare Cornavin : « Agrandissement des gares de Lausanne et Cornavin, troisième voie CFF entre Lausanne et Genève, contournement de Morges et Traversée du lac, un seul front, même combat. ».

Il en parle comme s'il s'agissait d'un fait acquis, inéluctable, comme si le peuple genevois, qui devra tout de même payer une bonne partie de l'addition, avait d'ores et déjà été consulté et l'avait approuvé, mais surtout sans même poser la question fondamentale, la seule qui vaille à ce jour :

Comment absorber le surcroît de trafic ferroviaire résultant de l'augmentation de la cadence au 1/4 d'heure entre Coppet et Genève, ainsi que celui du futur « Léman Express » (CEVA) ?

Il serait temps qu'à Genève on pose les problèmes correctement et qu'on évite de mettre citoyens et contribuables devant le fait accompli !

 

Non, l'agrandissement de la gare Cornavin n'est pas une nécessité pour absorber l'augmentation du trafic ferroviaire, ceci contrairement à ce que la majorité des élites politiques ainsi que certaines associations, telles que l'ATE (voir ici), tentent de nous faire croire. Non, il existe une solution technique bien moins coûteuse, plus simple à mettre en oeuvre, qui saurait nous éviter un nouveau chantier pharaonique sur la Place Cornavin et ses alentours, alors que ce secteur vient à peine d'être rendu à la circulation.

 

Cette solution c'est le projet « Genève Route et Rail » (voir ici) proposé par Monsieur Rodolphe Weibel qui tente de se faire entendre auprès des milieux concernés, les CFF, les autorités genevoises et les médias locaux, ceci dans un silence assourdissant ! Peut-être l'écoute-t-on d'une oreille distraite, poliment, mais on ne l'entend pas.

L'idée proposée par Monsieur Weibel consiste à créer une boucle ferroviaire entre la gare de Cornavin et celle de l'Aéroport en supprimant le cul-de-sac que constitue cette dernière. Ainsi, le terminus actuel de l'Aéroport serait supprimé au profit de sa réaffectation en gare de transit ce qui supprimerait du même coup l'engorgement de la Gare Cornavin par le retour des convois à destination de Lausanne.

 

Aujourd'hui l'heure n'est pas au choix d'une solution d'agrandissement, qu'elle soit souterraine ou en surface, à deux ou à quatre voies, de la gare Cornavin, mais d'une vision réaliste de la situation. Il est temps d'en revenir à l'essentiel et de poser correctement le problème sans le biaiser. C'est ce que les Genevois sont en droit d'attendre de leurs autorités. Celles-ci seront comptables de leurs choix devant la postérité par l'ardoise qui lui sera léguée.

 

Si la solution proposée par Monsieur Weibel ne devait pas répondre aux besoins, eh bien que nos autorités – en premier lieu le « DETA » Département de l'Environnement des Transports et de l'Agriculture, dirigé par Monsieur Luc Barthassat -- nous en expliquent les raisons, mais qu'elles se donnent au moins la peine de l'étudier attentivement.

 

Saura-t-on un jour à Genève revenir à l'essentiel et renoncer au superflu, car ce sont des centaines de millions de francs qui sont en jeu dans ce projet. Les citoyens et contribuables sont en droit d'attendre de leurs autorités qu'elles fassent un usage responsable des deniers publics.

Commentaires

Au final, Luc Barthassat reviendra la queue entre les jambes étudier ce merveilleux projet lorsque le CE lui coupera les budgets.
C'est pathétique mais tellement symptomatique. Pour le moment, tout ce qui compte c'est la manne de la confédération. Et dans la logique du DETA, elle serait remise en question si nous devions abandonner le projet d'agrandissement de Cornavin.

Écrit par : Pierre Jenni | 10/10/2015

@ Pierre Jenni,

Vous avez raison, je ne vois pas comment l'Etat pourrait financer tous les projets d'infrastructures actuellement dans le pipe-line ...

Ici la manne de la Confédération est destinée avant tout au financement de l'infrastructure ferroviaire à même d'absorber le surcroît de trafic qu'on nous promet, pas à financer des projets superflus, propres à booster le gros-oeuvre à Genève ...
On peut imaginer le DETA soumis à de fortes pressions de certains milieux économiques ?

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 10/10/2015

Moi je penche pour une gare France à La Praille (avec le CEVA à côté, donc), laissant Cornavin au seul trafic suisse, le tunnel existe déjà mais emprunté que par des marchandises actuellement.

Mais que ce soit cela ou votre idée, nous partirions officiellement de 0. Et donc, avant 20 ans au minimum, nous ne verrions rien venir.

Écrit par : JDJ | 10/10/2015

@ JDJ :

"Mais que ce soit cela ou votre idée, ..."

Juste une précision : ce n'est pas "mon idée", mais l'idée de Monsieur Weibel "Genève Route et Rail". Un projet que je soutiens mais dont je ne suis pas l'auteur !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 11/10/2015

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