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13/06/2016

L’extension de Cornavin : une coquille vide !

Faute d’avoir voulu mettre en place des « cadres de concertation », comme l’y oblige pourtant la Constitution genevoise à son article 111), et pressé par le temps, le DETA (le « Département de l’environnement des transports et de l’agriculture » dirigé par M. Luc Barthassat) cherche à imposer « sa solution » au développement de l’offre ferroviaire à Genève. Dans sa précipitation, son acharnement et son aveuglement, il s’est exclusivement focalisé sur la Gare Cornavin, alors que la cause de la congestion se situe à la Gare de l’Aéroport qui est en impasse comme chacun le sait. Monsieur Rodolphe Weibel l’explique d’ailleurs très bien dans un billet publié sur son blog (voir ici ).

Il suffit de prolonger la ligne ferroviaire de l’Aéroport et de la raccorder à la ligne Genève – Lausanne à la hauteur de Genthod-Bellevue pour résoudre une bonne partie du problème. En complément à cette boucle, deux bretelles. L’une à l’ouest, à Blandonnet, permet à la ligne Bellegarde/La Plaine de se raccorder directement à l’Aéroport. L’autre à l’est, à la hauteur du Vengeron, permet un retour des convois sur Cornavin.

La boucle ainsi formée permet de réduire de moitié le trafic à Cornavin, et évite toute transformation de cette gare, laquelle vient d’ailleurs d’être refaite à neuf.

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 Le projet Weibel, tel qu’il se présente (en rouge). Lien vers le dossier complet, ici. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

 

Par sa simplicité cette configuration présente d’énormes avantages par rapport au projet de l’Etat. Cette solution c’est le projet « Genève Route et Rail ». Il permet notamment :

  • Une exploitation beaucoup plus souple du réseau sans aucune remise en question de l’horaire cadencé.
  • Une meilleure offre de services du fait que la Gare de l’Aéroport est rendue accessible à toute la Rive Droite, ainsi que depuis la Rive Gauche (futur CEVA – « Léman express »), ceci sans changement de trains à Cornavin.
  • Une meilleure desserte de l’Aéroport proprement dit, ceci directement depuis Lausanne et l’ensemble de la Suisse romande, mais également depuis la France par Bellegarde. Pour rappel, la fréquentation annuelle de l’Aéroport est actuellement de 15,8 millions de passagers (chiffres de l’année 2015) et on en attend 25 millions à l’horizon 2030.
  • D’éviter les travaux pharaoniques et leur sarabande de nuisances au Centre Ville que nous promettent déjà les trois étapes successives du projet de l’Etat, « véritable usine à gaz », ceci sur plusieurs années.
  • Une solution au transit des matières dangereuses par les convois de fret, ce que le projet de l’Etat n’a pas pris en compte.
  • Une énorme économie pour les finances publiques prises dans leur ensemble (Confédération, canton et ville de Genève), soit 730 millions au lieu de 4'500 millions pour l’ensemble du projet de l’Etat.

 

Aujourd’hui, on semble enfin se préoccuper de l’hérésie ferroviaire de l’Etat et certains commencent à en voir poindre les premiers problèmes comme en témoigne aujourd’hui l’article de la Tribune de Genève publié sur son site en ligne.

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Le projet de l’Etat, autant dire une usine à gaz, tel qu’il se présente (en violet). Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

En soumettant son projet de loi « PL 11912 » du 4 mai dernier au Grand Conseil, le Conseil d’Etat sollicite une demande de crédit de 425 millions pour la réalisation de la première étape -- et uniquement de celle-ci -- de son projet, la seule qui fasse l’objet de la « Convention-cadre » signée le 7 décembre 2015 entre le canton, la ville de Genève, la Confédération et les CFF. Pour rappel, le projet de l’Etat (image ci-dessus) comporte 3 étapes dont le coût total est évalué à 4'500 millions, un chiffre qui n’est pas contesté par l’OFT (Office fédéral des transports).

Sans la réalisation totale du projet, cette première étape ne se justifie pas. C'est une coquille vide !

 

Pour éviter cette usine à gaz, les futures nuisances au centre ville et l’énorme gaspillage financier qui nous menacent, signez et faites signer la pétition. Vous pouvez la télécharger ici :

 Formulaire Pétition.pdf

 

1) : Constitution genevoise, Art. 11, alinéa 1 : « L’Etat informe largement, consulte régulièrement et met en place des cadres de concertation.».

 

Commentaires

A Genève c'est bien plus beau lorsque c'est compliqué, cher et finalement inutile !

Écrit par : Mère-Grand | 13/06/2016

Parfois je me demande si nos élus, qui sont nos représentants, lisent les blogs. Comment se fait-il qu'il faille faire une pétition pour leur demander de faire leur travail et auditionner les principaux acteurs du domaine concerné.
J'attends avec impatience les outils numériques qui permettront de noter les élus et comparer en temps réel leurs prises de positions avec leurs promesses électorales. La transparence s'imposera.

Les journalistes ne sont pas en reste. Leur silence est préoccupant et semble confirmer qu'ils sont les valets de certains milieux politiques.

Mais même si Monsieur Weibel obtient le droit de se faire entendre par la commission des transports, les députés commissaires seront mal disposés par ce passage en force et feront tout ce qu'ils pourront pour éviter une remise en question qui pourrait mettre au grand jour leur médiocrité, voire l'absence de travail pour voter des projets sur le simple mot d'ordre de leur formation en caucus.

J'ai vécu un véritable traumatisme avec les travaux de cette commission sur la loi sur les taxis.
Trois ans sur un projet (Unger) de monopole d'Etat qui, selon son rapporteur et le vote unanime, devait être la panacée pour réguler enfin cette corporation. Un rapport qui ne prend en compte que les travaux des derniers six mois par la sous-commission, tant les deux années précédentes mettaient en évidence l'incompréhension du sujet par les députés.
La loi a été votée par les deux tiers du parlement en mars 2014 pour être abrogée un an plus tard avant même d'être entrée en application, considérée comme obsolète.
Aujourd'hui, nous allons assister à un drame similaire puisque, à nouveau, et avec une arrogance hallucinante, les députés n'ont pas estimé bon d'entrer en matière sur les propositions d'amendements des milieux professionnels qui ont pourtant fait l'effort de valider les lignes directrices du projet.

Non seulement ce cirque politique coûte cher, mais il ne sert à rien. Au contraire, au fil des lois votées, les problèmes augmentent. Je défie quiconque de me donner l'exemple d'une seule loi qui ait fait l'objet d'un progrès notoire. Et pourtant, nous devons participer à la chose publique. Non pas pour faire avancer le schmilblick, mais pour limiter les dégâts et dénoncer le copinage et les magouilles des puissants lobbies. Comme l'a d'ailleurs fait Monsieur Poggia dans son blog au sujet de la commission de la santé fédérale, constituée en majorité par des acteurs de l'industrie pharmaceutique. http://poggia.blog.tdg.ch/archive/2015/12/21/corruption-swiss-made-suite-et-pas-fin-272780.html

Écrit par : Pierre Jenni | 13/06/2016

Vous avez fait l'impasse sur la génèse du problème de la gare. Si le collectif 500 ne c'était pas rebelé, nous aurions déjà dépensé l'argent on aurait supprimé des emplois, des entreprises et mis des gens à la rue.
Il me semble qu'à l'époque je n'ai vu beaucoup de blogger en parler.

"La gare CFF cornavin en sous-sol ou en surface ?

En surface, le projet présenté par les CFF coute 700 millions. Mais il détruira environ 200 emplois et mettra à la rue environ 300 personnes sinon plus. En temps de crise c'est pas mal. Ce qu'on ne dit pas, c'est qu'environ 400 millions qui reste à la charge du canton pour enlever les rails de tram et les remettre ainsi que toutes les infrastructures nécessaires et la mains d'oeuvre pour cela. Oui un piège des CFF. Ils n'avaient pas tout dit. Normal appuyé par la logique libéral de nos politiciens. Oui le projet de la gare est spéculatif et ne vise pas une vision à long terme. Au total environ 1milliard 100 millions.

En sous-sol, la possibilité a été retenue suite à une deuxième analyse lancée par Ramy Pagani. Le coût est d'environ 1milliard 100 millions pour la totalité, soit plus ou moins la même chose. De plus le rapport, explique bien qu'une gare en sous-sol permet de résoudre de futurs problèmes urbains."
http://lemotdeplumenoire.blog.tdg.ch/archive/2013/11/12/argent-jalousie-et-manque-d-intelligence-249703.html

Enfin, je pense qu'il faudrait déjà repenser à l'offre CFF. Comment justifier encore aujourd'hui de prendre le train avec plein de place vide en 1ère classe et d'etre debout en deuxième avec un abonnement ? Dans le meme temps il faut savoir que si on prend un billet sur internet le prix peut varier de 50%... Cette régie impose trop de choses, elle est incompétente en terme de relation publics pour communiquer avec ses usagers, comme une entreprise moderne le ferait.

Enfin, je ne pense pas qu'un simple raccordement de l'aéroport à un peu plus loin résoud les choses. Il est nécessaire que le train fasse les deux gares. Je le dis en tant qu'usager régulier.
Trop de choses sont opaques, et je suis pret a mettre ma main a coupé qu'il y a du gaspillage, mais tout ceci n'intéresse personne de toute manière.

Écrit par : plumenoire | 29/08/2016

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