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27/02/2017

Bernex : Un tramway nommé Désir

L’achèvement de la ligne de tram 14 à Bernex, c’est pour quand ?

Ce qui aurait dû être une amélioration de la desserte de Bernex depuis la mise en exploitation de la ligne du tram 14 en décembre 2011, ne s’est pas concrétisé.

Depuis plus de cinq ans maintenant et malgré des promesses toujours renouvelées, le terminus provisoire du tram 14 n’a pas avancé d’un mètre en direction de Vailly et se trouve toujours perdu au milieu de nulle part, mais plus précisément entre la Croisée de Confignon, le « P+R » Bernex et la sortie de la bretelle autoroutière de Bernex.

Il manque encore 2,3 km pour achever cette ligne jusqu’à son terminus à Vailly, à l’extrémité ouest du village de Bernex (voir ici), un itinéraire qui longera la Route de Chancy.

La navette (ligne 47), puis plus récemment la ligne de bus « L », censées pallier cette lacune, ne sont en fait que des pis-aller et ne sauraient nous faire oublier les trolleybus des lignes 2 et 19, si pratiques pour se rendre au centre-ville de Genève. Par ailleurs les véhicules de la ligne 47 ne sont plus équipés de distributeurs de tickets à bord, pas de chance pour ceux qui habitent dans les environs de Bernex-Saule où le distributeur fixe a été supprimé à fin 2011.

Pour le retour à Bernex depuis Genève c’est parfois la galère. Ces attentes interminables d’incertaines correspondances, où les usagers sont exposés au vent et à la pluie, les abribus étant mal disposés et trop éloignés du quai de transbordement.

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<<<<<    Le tram 14 vers un avenir incertain    >>>>>

On nous promettait initialement l’achèvement de cette ligne de tram à Vailly pour la fin de 2014. Pas de chance, en mars 2013 déjà on nous annonçait que la situation allait perdurer plus longtemps que prévu et qu’il ne fallait pas compter voir le tram arriver à Vailly avant la fin de 2017 … « au plus tôt ! » …

Renseignements pris en octobre dernier, la mairie de Bernex nous donnait les informations suivantes :

« Je peux vous confirmer que le Conseil administratif n'a de cesse, depuis de nombreuses années, mais particulièrement depuis deux ans (procédure PDQ et MZ) d'amener le Canton à réaliser l'achèvement de la ligne 14.Nous sommes tout à fait conscient que la situation actuelle est loin d'être optimale et que seule la prolongation du ligne du tram permettra d'améliorer la desserte de nos villages avec la ville, mais également de réorienter un certain nombre de ligne des rues du village. »

« Le Conseil d'Etat, par la voix de son président, nous a confirmé par écrit le démarrage des travaux de réalisation pour la fin de l'année 2018. »

Fin 2018 ? Bizarre, bizarre, ce « démarrage des travaux de réalisation » coïncide très précisément avec la fin de la législature actuelle ... Simple coïncidence sans doute ?Personne n'est dupe, car en fait de promesse force est de constater que le Conseil d'Etat dans sa composition actuelle ne s'engage pas, puisqu'il ne fait que de reporter cet engagement sur d'autres, sur le futur Conseil d'Etat en l'occurrence. Une manière de se défausser qui ne l'honore pas ...

Réflexion communiquée à la Mairie de Bernex.

Réponse d’icelle : 

« Je peux comprendre votre analyse. Toutefois, il existe depuis très longtemps un principe juridique entre les entités et les personnes qui occupent les fonctions de celles-ci. »

« Ce principe est celui de la continuité de l'Etat. Les personnes changent, l'Etat subsiste et doit tenir les engagements pris par le gouvernement précédent.En tant qu'autorité de tutelle des communes, je ne peux - pour ma part - que prendre note de l'engagement du Conseil d'Etat et requérir, très souvent, des points de situation sur ce dossier qui me tient particulièrement à cœur. »

« Ce principe de la continuité de l'Etat » est inattaquable et formellement exact. Toutefois il n'échappera à personne que ce même Etat a pris récemment de nombreuses et très coûteuses décisions d'investissements, dans le domaine des infrastructures routières et dans les transports publics notamment (cf. la récente décision d'investir 425 millions pour l'extension de la Gare Cornavin, par exemple ...). Des décisions pas toujours très opportunes d'ailleurs, dont les citoyens et contribuables sont en droit de s’inquiéter.

Placé devant des contraintes et des échéances financières, qui pourrait alors raisonnablement reprocher à l'Etat un rééchelonnement de ses investissements ? Et puis finalement, qu'est-ce qui pourrait bien contraindre le futur Conseil d'Etat d'honorer les promesses du précédent, si d'aventure il devait les trouver irréalistes compte tenu de la situation des finances publiques ? Face à une telle situation, je crains fort que le futur Conseil d'Etat doive se contenter d'arbitrer les conflits d'intérêts entre les différents projets. Nous risquerions alors de nous trouver dans un rapport de forces où l'achèvement de la ligne du tram 14 pèsera de peu de poids face à des projets politiquement beaucoup plus porteurs ...

Voilà, j’écrivais tout cela en octobre 2016 …

Las, pas nécessaire d’être un grand visionnaire, ni d’attendre l’avènement du futur Conseil d’Etat, car aujourd’hui déjà nous nous trouvons dans cette situation puisqu’on apprend que la mise en chantier de la prolongation de la ligne de tram 12 entre Moillesulaz et Annemasse a commencé depuis près d’un mois. Financé à hauteur de 40 % par la Confédération au titre de financement des projets d’agglomération, le prolongement de cette ligne est totalement situé en territoire français …

Force est d’en déduire que les intérêts de Bernex et de la Champagne ont été sacrifiés devant ceux d’Annemasse, voire de Saint-Julien puisque les travaux de prolongation de la ligne de tram 15 en direction de cette ville pourraient bien commencer prochainement eux aussi … 

Tant mieux pour Annemasse et tant pis pour Bernex …

Blague à part, pourquoi la commune de Bernex ne demanderait-elle pas son rattachement à la France si cela pouvait contribuer à mieux défendre ses intérêts ?

Merci au Conseil d’Etat. Merci à son Président M. François Longchamp et merci aussi à M. Luc Barthassat, responsable du « DETA » en charge de ce dossier, pour les promesses qu’ils nous tiennent mais qui n’engagent que ceux qui les écoutent ! Les habitants de Bernex et de la Champagne en ont marre et ne sauraient désormais se satisfaire de promesses. Ce sont des actes qu’ils attendent !

Le Conseil d’Etat a sans doute fait sienne cette maxime d’Henri Queuille :

« Il n'est aucun problème assez urgent en politique qu'une absence de décision ne puisse résoudre. »

 

Pour aller plus loin :

http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/enieme-coup-sang-...

http://www.20min.ch/ro/news/geneve/story/La-fin-du-tram-d...

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ligne_14_du_tramway_de_Genè...

16/02/2017

Une Traversée du Lac ou un pont des soupirs ?

Le 5 juin 2016, le corps électoral genevois a accepté l’initiative 157 « Oui à la grande Traversée du Lac ! ». Ce projet est désormais inscrit dans la Constitution genevoise, à l’Art. 192A. (voir ici).

Dans un communiqué de presse du 23 novembre dernier le Conseil d’Etat nous informait de la constitution, à son initiative et sous son autorité, d’un « Conseil consultatif » chargé de donner son préavis sur la réalisation de cette future « Traversée du Lac ». (voir ici).

Jusqu’ici rien à redire, mais là où le bât blesse, c’est lorsqu’on découvre que le tracé de cette traversée a d’ores et déjà été décidé (« acté » disent les ingénieurs du DETA auxquels la question a été posée …) puisque les points d’accrochage sont choisis. Ce sera, le Vengeron sur la Rive Droite et plus surprenant, la Pointe à la Bise sur la Rive Gauche. Tout ceci figure dans une plaquette datée du 1er septembre 2016 mise en lien sur le site de l’Etat de Genève (voir ici, page 8). Ainsi ce tracé aurait d’ores et déjà été décidé ? Oui mais par quelle autorité politique et selon quels critères ? Nul ne le sait, on n’en trouve aucune trace dans les débats du Grand Conseil. Force est donc d’en déduire que l’Administration cantonale, les ingénieurs du « DETA » en l’occurrence, se seraient substitués à l’autorité politique, faisant fi de la démocratie !

Rappelons tout de même que La Pointe à la Bise (voir ici) constitue une réserve naturelle protégée depuis 1932 et classée par un arrêté du Conseil d’Etat depuis le 20 octobre 1933.

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Or en raison du tracé choisi, notamment du point d’accrochage sur la Pointe à la Bise, des conditions géologiques et environnementales, cette future Traversée du Lac ne pourrait se concrétiser que par un pont. C’est ainsi que l’on impose implicitement la solution « Pont » qui émoustille tous ceux qui fantasment déjà à l’idée d’en faire une oeuvre d’art pour laisser leur trace à la postérité. Seulement voilà, nous ne sommes pas en France où les présidents successifs de la Vème République ont voulu « offrir » une trace de leur passage à la postérité en priant toutefois le bon peuple de passer à la caisse. C’est ainsi qu’on a vu naître un Centre Pompidou à Beaubourg, un Musée de l’Art Brut, une Bibliothèque de Bercy, l’Opéra Bastille, la Pyramide du Louvre, la Grande Arche de La Défense, etc.

Pour revenir au problème genevois qui nous occupe, Christian Brunier sur son blog (voir ici) dit être opposé à la « Traversée de la Rade de Genève », mais ne rechignerait pas à voir ce futur pont qu’il imagine, couvert de panneaux solaires photovoltaïques, tout ceci à des fins promotionnelles bien évidemment. D’autres plus iconoclastes encore tel ce Monsieur Hagmann interviewé dans la Tribune de Genève du 28 janvier dernier, qui imagine un pont à étages dont l’un dit-il, « serait dédié aux commerces, à des restaurants, des bars, des espaces culturels, en créant un nouveau club de sports nautiques … ». On croit rêver !

Les citoyens genevois se sont prononcés pour une « Traversée du Lac », pas pour un « Luna Park ». Est-ce d’un Las Vegas sur Léman dont nous avons besoin ou d’un ouvrage utile pour désengorger la circulation ?

Faire rayonner Genève ? Oui, mais sans oublier que l’objectif premier de cette Traversée, c’est le bouclement autoroutier permettant de relier la sortie autoroutière du Vengeron à celle de Thônex-Vallard, ceci par le plus court chemin possible. Ces deux points sont distants de 7,6 km à vol d’oiseau. Alors pourquoi nos autorités ont-elles choisi un tracé long de 13,2 km qui serpente en Rive Gauche dans une campagne genevoise peu peuplée, sans utilité pratique, renchérissant d’autant le coût de l’ouvrage ? Et comment peut-on imaginer que la Confédération paiera pour un tracé non urbanisé et non respectueux des surfaces d’assolement ?

Au projet de l’Etat, s’oppose le projet conçu par M. Rodolphe Weibel, ingénieur en génie civil EPFL, et soutenu par l’association « Genève Route et Rail ». Il propose une solution simple, économique, discrète, sans impact sur le paysage de la Rade, grâce à un tunnel immergé à faible profondeur (voir ici). Son tracé, long de 9,1 km permet de surcroît d’y intégrer une liaison ferroviaire sous-lacustre qui serait raccordée à la Gare des Eaux-Vives. Le coût de ce projet alternatif est estimé entre 3,0 et 3,5 milliards de francs, option ferroviaire incluse, soit un coût équivalent au projet de l’Etat.

Voulons-nous une Traversée du Lac utile, ou plutôt un « beau pont », autant dire une image de prestige prétexte à une traversée ?

Les décisions opaques de l’Etat ont fait réagir les « Verts Genevois », eux qui se sont toujours opposés à toute traversée, qu’elle soit de la Rade ou du Lac. Ils ont réagi à cet oukase du « DETA » en déposant une question urgente au Grand Conseil par l’entremise du député M. Mathias Buschbeck (voir ici).

 

Une Traversée du Lac, oui mais pratique, utile et de bons sens !

 

Pour aller plus loin :

https://docs.google.com/viewer?a=v&pid=sites&srci...

http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/mois-credit-trave...

http://ge.ch/amenagement/media/amenagement/files/fichiers...