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Et si les autorités s’occupaient davantage de la mobilité des Genevois ?

Empêtrés dans les scandales qui frappent actuellement bon nombre de leurs élus égarés dans les pétromonarchies du Golfe et ailleurs, là où tout est possible, sauf le bon sens, la mesure et la raison, les partis politiques genevois, toutes tendances confondues, seraient bien inspirés de reprendre la main et de se préoccuper des problèmes des habitants de ce canton qui ne voient pas de perspectives plausibles à leurs problèmes de mobilité.

 

La presque coïncidence de deux événements récents vient nous rappeler qu’en matière de transport public, nos autorités ont singulièrement manqué de vision au cours de ces dernières années.

 

En effet, le 14 novembre dernier, par le truchement d’un communiqué de presse, la Confédération nous informait de l’adoption de la « Fiche PSIA de l’aéroport de Genève » par le Conseil fédéral (voir ici). Rappelons que celle-ci définit d'une part le cadre de l'exploitation et du développement des infrastructures à l'horizon 2030 et garantit d'autre part la cohérence avec le plan directeur cantonal genevois. L'objectif est de permettre à l'aéroport d'assurer en toute sécurité sa mission au service des intérêts nationaux. Pour le détail, voir mon billet précédent [1].

 

Par ailleurs, les CFF viennent de publier le nouvel horaire 2019 [2], applicable dès le 9 décembre prochain, et ses principales nouveautés. S’agissant de Genève, on y apprend que le premier tronçon du « Léman Express » sera mis en exploitation dès ce 9 décembre 2018 sur le tronçon Lancy-Pont-Rouge – Cornavin – Coppet, avec un cadencement à 15 minutes en semaine.

On sait par la presse que le  « Léman Express », le futur RER transfrontalier, reliera à partir de décembre 2019, 45 gares suisses et françaises dans un rayon de 60 kilomètres autour de l'agglomération genevoise. Il se déploiera sur 230 kilomètres de lignes.

 

On se dit fort bien, youpi, toutefois bien peu de Genevois sont conscients que parmi les 45 gares qu’il est question de relier par le « Léman Express », la seconde gare en importance du canton, celle de « Genève-Aéroport », n’en fera pas partie. Oui vous avez bien lu : « Genève-Aéroport » ne sera pas desservie par le « Léman Express » !

En cause ici, sa capacité d’accueil insuffisante. En effet, dans la configuration actuelle du réseau ferroviaire genevois, « Genève-Aéroport », gare en impasse, ne peut accueillir plus de 8 trains par heure, ce qui en exclut d’emblée sa desserte par le « Léman-Express ».

Le « Plan directeur cantonal 2030 » promet bien d’augmenter la capacité de « Genève-Aéroport », oui mais à quel prix et dans quel délai ? Ce plan directeur prévoit une nouvelle ligne appelée « Raquette ». Elle relierait Cornavin à Meyrin en passant par la Place des Nations, puis sous l’aéroport où une nouvelle gare serait aménagée en dessous de l’actuelle. Mais ne soyons pas trop pressés, ce ne sera pas avant 2040, au plus tôt, ni trop économes car les coûts s’annoncent d’ores et déjà salés. Ils étaient évalués à quelques 3 milliards en 2015 [3]. Or plus de vingt ans c’est long et l’addition risque fort d’être beaucoup plus élevée, alors que rien encore n’a été décidé concernant le financement.

 

Pour en revenir à cette « Fiche PSIA » dont il est question plus haut, la fréquentation annuelle de l’aéroport passera de 17, 2 millions (chiffre 2017) à quelques 25 millions de passagers d’ici à 2030, soit 70'000 par jour.

La « Fiche PSIA » désormais adoptée, traite de l’accessibilité terrestre de l’aéroport mais confirme qu’aucune amélioration substantielle de sa desserte ferroviaire n’est prévue d’ici à cette date. Ce qui signifie que la croissance du nombre de passagers ne sera pas accompagnée de mesures tendant à simplifier la vie des voyageurs et à contenir le trafic routier dans le secteur. Ceux qui emprunteront le « Léman-Express » pour se rendre à l’aéroport se verront imposer un transbordement à Cornavin. On conviendra que pour ceux dont l’intention est de prendre l’avion, forcément avec des bagages, on a connu plus pratique.

 

L’association « Genève Route et Rail » s’est émue de cette situation en rappelant, une fois de plus, qu’une solution existe, qui plus est, simple, rapide à réaliser et économique, ceci pour un montant de quelques 740 millions CHF. Il y a une année « Genève Route et Rail » a pris position lors de la mise à l’enquête publique de la « Fiche PSIA » en déposant un dossier auprès de l’OFAC (Office fédéral de l’aviation civile) avec sa proposition (voir ici). Cette proposition consiste à rendre la gare de « Genève-Aéroport » traversante en la reliant directement à la ligne Genève-Lausanne à la hauteur de Genthod-Bellevue. Cette modeste modification de la configuration ferroviaire, prévue d’ailleurs dans les années 1980 lors de la conception du raccordement ferroviaire de l’Aéroport, permet de réduire de moitié le trafic entre Cornavin et Genève-Aéroport et de tripler la capacité de cette gare sans l’agrandir. La capacité serait ainsi portée à 24 trains à l’heure, ce qui permettrait aisément d’y accueillir le « Léman Express ».

 

2015.12.30 boucle Genève Route et Rail.jpg

 

Cette proposition est brièvement résumée dans les annexes du « Rapport explicatif et rapport d’examen [4]» rendu public le 14 novembre dernier par l’OFAC, rapport consultable ici.

 

Les partis politiques genevois seraient bien inspirés de rappeler à leurs élus de se focaliser davantage et rapidement sur les problèmes de mobilité autour de la Rade de Genève plutôt que de s’égarer dans les pétromonarchies du Golfe.

 

Pour aller plus loin :

Site de l’Association « Genève Route et Rail » : http://www.gerer.ch/

 

[1] http://reveriesduncitoyenordinaire.blog.tdg.ch/archive/2017/12/11/perspectives-2030-quel-avenir-pour-geneve-aeroport-288346.html

[2] https://www.sbb.ch/fr/horaire/informations-sur-lhoraire/fahrplanwechsel/suisse-romande.htmlhttps://www.sbb.ch/fr/horaire/informations-sur-lhoraire/fahrplanwechsel/suisse-romande.html

[3] Montant de le seconde extension de Cornavin, de la « Raquette » et de la seconde gare de « Genève-Aéroport »

[4] « Plan sectoriel de l'infrastructure aéronautique (PSIA) - Partie IIIC Fiche d’objet Aéroport de Genève avec rapport explicatif et rapport d'examen »

 

Commentaires

  • On ne vous lit pas souvent, mais lorsque vous venez nous faire profiter de vos lumières, on en prend plein la figure.
    Merci pour cet excellent billet factuel.
    J'attends maintenant qu'un impertinent vienne en rajouter une couche avec le volet politiquement incorrect, celui qui explique les dessous que l'on qualifie souvent de complotistes mais qui proviennent d'un véritable sentiment de malaise. Car ne vous en déplaise, la classe politique que vous appelez de vos voeux à se concentrer sur les problèmes de mobilité dans notre canton, semble suivre une logique qui dépasse l'entendement.
    La dénonciation des dérives est peut-être le premier pas qui permettra au souverain de recadrer ceux à qui il a délégué son pouvoir.

  • @ Pierre Jenni :

    Merci de votre commentaire et de votre appréciation !

    J'ai été en effet très occupé au cours de ces dernières semaines mais je tâcherai de rebondir. Il faut dire qu'en ce moment, l'actualité du microcosme politique genevois aidant, ce ne sont pas les idées de billets qui manquent, c'est le temps !
    Bien à vous !

  • Et si les autorités genevoises s'occupaient un peu plus de la mobilité des genevois?? En leur proposant par exemple des emploies dans les administrations françaises dans les divers localités de la région???? Où dans le privés! Il est incroyable de voir que l'Europe de Bruxelles est incapable de proposer des emploies en Europe aux travailleurs domiciliés en Suisse! Libre circulation??? La libre circulation induit une "parité" dans le trafic!!

  • Une petite heure passée avec deux des trois responsables de la direction générale des transports m'a confirmé quelques constats malheureux :

    - Les chefs de départements sont à la merci de leurs hauts fonctionnaires. Ce sont eux qui tirent les ficelles et qui expliquent à leur parton ce qu'il est possible de faire. C'est assez logique car les services ne pourraient fonctionner dans la durée au vu des changements presque tous les 4 ou 5 ans des orientations politiques. Les conseillers d'état défilent, les cadres de l'administration restent.

    - Les promesses électorales sont donc forcément mensongères et la marge de manoeuvre des élus dérisoire.

    - Les responsables actuels sont aux commandes depuis les années sombres des Verts à la mobilité qui ont acté une politique de brimade envers les transports individuels motorisés (TIM) avec pour effet collatéral malheureux le blocage permanent de la ville et le ralentissement des transports publics. Ils continuent donc dans cette logique hiérarchique qu'ils évaluent à leur guise et en interprétant les lois de manière tendancieuse.

    - C'est ainsi qu'ils abusent de leur marge d'interprétation de la dernière née, la LMCE en violant à la fois le principe reconduit dans la nouvelle constitution cantonale du libre choix du mode de transport et le principe de favoriser la circulation sur les axes majeurs pour pacifier les quartiers.

    - Aucun magistrat n'a le courage, ni le pouvoir d'infléchir cet état de fait. Ils sont donc condamnés à valider la politique de leur prédécesseur, quelles que soient les orientations souvent contradictoires.

    - Le programme qui m'a été dévoilé dans ses grandes lignes promet un chaos qui ravivera la guerre des transports que la LMCE semblait avoir calmée dans un consensus rare. Il semble que la logique de brimade envers les TIM soit le chemin privilégié pour décourager ce mode et faire le bien des gens malgré eux. J'y reviendrai plus en détail dans un billet sur mon blog consacré à la mobilité (http://heytaxi.blog.tdg.ch/).

    - Le seul espoir de voir les questions de mobilité saisies par les autorités viendra malheureusement à la suite du ras-le-bol de la population et les coûts énormes de la paralysie qui se répercutent sur l'économie. Les Genevois éliront alors un homme fort qui imposera sa marque et contraindra les services à exécuter la volonté populaire qui ne consiste pas à choisir entre des options, mais simplement de pouvoir circuler de manière fluide, tous modes confondus.

  • @ Pierre-Jenni :

    Je partage tout à fait votre analyse de la situation s’agissant notamment du pouvoir qu’exercent les hauts fonctionnaires sur les chefs de départements. Les premiers survivent la plupart du temps aux changements politiques au cours des législatures qui se suivent, alors que les Conseillers d’Etat sont soumis à la sanction du peuple. Ceux-ci ont donc besoin des fonctionnaires pour assurer la continuité de l’Etat et se font expliquer les options qu’ils doivent prendre. Il est vrai que parfois ces choix sont complexes.
    En réalité, ce sont les hauts fonctionnaires qui exercent le véritable pouvoir : le « shadow power », le pouvoir de l’ombre. A défaut d’être un pouvoir de droit, c’est un pouvoir de fait. Ce sont eux également qui rédigent, ou font rédiger, les projets de lois qui seront débattus en commissions, puis soumis au Parlement. La première mouture de ces textes de lois exercent une influence considérable sur la suite de la procédure parlementaire.

    Le citoyen se berce souvent d’illusions en glissant son bulletin dans l’urne lors des élections. Il imagine peser sur l’orientation politique, alors que son poids est en réalité beaucoup faible qu’il n’y paraît.

    Notre démocratie doit donc s’affranchir du pouvoir excessif des fonctionnaires. Pour y parvenir, c’est aux citoyens qu’il appartient de reprendre la main en demandant des comptes à leurs élus. Ceux-ci n’étant pas plus éclairés que ceux qu’ils sont censés représenter. Pas plus éclairés que les citoyens eux-mêmes.

  • Je vous remercie pour ces précisions qui non seulement complètent mon constat mais offrent des pistes.
    Je pense que le développement stupéfiant des outils numériques nous donne déjà la possibilité de "monitorer" l'action réelle des élus. Un peu comme le permet d'ailleurs "Smartvote" au début du processus. (https://smartvote.ch/?lang=fr_CH)
    Mais, comme vous devez le savoir, la volonté fait défaut. Et Smartvote dépend des contributions volontaires par refus d'intégrer le système dans le processus électoral.
    Personnellement je vous avoue que j'irais beaucoup plus loin, vers ce que Pascal Décaillet appelle de ses voeux un peu confusément, en supprimant l'échelon parlementaire grâce à la blockchain qui permet une démocratie véritablement directe que l'on appelle "liquide". https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9mocratie_liquide
    Mais bon, je rêve à haute voix...

  • @ Pierre Jenni :

    Supprimer l'échelon parlementaire, oui certes, mais c'est encore de l'ordre de la réflexion. Oui la "Blockchain" offre de nouvelles perspectives, mais le "temps démocratique" est plus lent que le "temps technologique", ...
    Pour l'heure, il y a également les réseaux sociaux pour informer ...
    Mais avec l'évolution technologique, la réalité sera bientôt rattrapée par l'utopie. Donc soyons utopiques !

  • Je découvre que Elon Musk prévoit l'abandon de la démocratie représentative dans ses colonies sur Mars. ;-)
    https://www.inverse.com/article/53169-elon-musk-reveals-future-price-plan-for-a-return-ticket-to-mars?link_uid=20&utm_campaign=most-read-2019-02-15&utm_medium=most-read&utm_source=newsletter&jwsource=em

  • Il suffit de jeter un coup d'oeil sur le plan du projet pour voir qu'il n'y a plus de cul de sac, quelles que soient les directions envisagées, pour les arrivées comme pour les départs. Cela veut dire moins de transbordement, plus de rapidité et de fluidité. Il faut être sacrément avec un QI bien en-dessous de la moyenne pour ne pas le comprendre. Ou y avoir un intérêt sonnant et trébuchant. Voyons: plus de 5 milliards contre moins d'un milliard. Il y a des millions à égarer ici ou là.

  • @Pierre Jenni
    Ce n'est pas les capacités technologiques qui font changer un système, c'est la nécessité.
    Si les citoyens sont capable de voter par oui ou non sur des sujets simples, beaucoup ne le sont pas sur des sujets complexes ou touffus.

    Oui, les partis sont parfois stupides parce qu'ils suivent une idéologie prémâchée au lieu de leur cerveau.
    Les initiatives et référendums sont des menaces efficaces pour éviter des dérives.

    L'accès direct des citoyens, c'est assurer que les minorités soient des citoyens de seconde zone, et les romands, comme les tessinois en feront les frais.
    Actuellement, les partis ont en tête la cohésion nationale, les citoyens, eux, majoritairement que leurs propres intérêts.

    Si il y a un changement pour notre malheur, ce serait plus probable, un pays dirigé tout ou en partie, par l'intelligence artificielle. Des décisions logiques sans influences idéologiques ou lobbyistes.

  • J'essaie de vous suivre motus.

    Les capacités technologiques sont des outils. Ils ne sont rien sans l'usage que l'on veut bien en faire, cela me parait évident.

    Mais qu'entendez-vous par l'incapacité des citoyens à se prononcer sur des sujets simples ? Et y a-t-il des sujets simples ?
    Personnellement, je vous avoue volontiers que je considère chaque sujet proposé au scrutin comme éminemment complexe et je fais l'effort honnête de m'enquérir sur les tenants et aboutissants pour me prononcer en connaissance de cause. Mais je vous avoue aussi que lorsque je n'obtiens pas un score évident de minimum 60/40, je m'abstiens.

    Vous suggérez que les initiatives et les référendums sont des outils suffisants pour éviter les dérives. J'observe pourtant qu'il est très rare qu'elles aboutissent et pour cause, les partis font leur travail de sape. Et ils sont forts pour s'allier, même contre-nature, lorsqu'il s'agit de sauver le système.

    Bien au contraire, une démocratie véritablement directe donne justement le pouvoir à ceux que vous définissez comme des citoyens de seconde zone, de porter leur voix bien plus loin que par la délégation à des représentants parlementaires qui ne se soucient guère de tenir leurs promesses électorales sur un mandat de cinq ans.

    Je serais en outre très curieux de comprendre ce que vous entendez par cohésion nationale assurée par les partis. Et surtout comment vous pouvez la mettre en opposition avec les intérêts de ceux qui ont mis en place leurs représentants. Car, au final, nous votons pour ceux qui défendent nos intérêts personnels avant tout, à tort ou à raison.

    Et enfin je suis totalement largué lorsque vous évoquez l'IA. Qu'entendez-vous par là ? Préférez-vous l'inconstance, la manipulation, les effets de manche et tout autre système qui permettrait de sauver envers et contre tout une idéologie ?
    Si c'est le cas, alors je préfère éminemment la logique froide de la machine comme point de départ. Le génie humain se chargera d'affiner les conclusions de cette intelligence enfin débarrassée de ces contraintes si humaines et si ravageuses.

  • Concernant l'IA, je ne suis pas surpris de votre réponse. Vous trouver normal qu'une intelligence dicte ce qui est bien pour vous en fonction d'une efficacité programmé. Mais l'humain est émotionnel, et la logique seul ne peut pas déterminer ce qui est bien pour lui, sinon beaucoup de merveilles "inutile" n'aurait pas été créé.
    Que l'IA s'occupe de réguler le trafique train et route, c'est une choses, mais pas de la conduite d'un Etat qui doit tenir compte de l'irrationalité humaine et de ses besoins non matériels.

    Concernant l'accès direct des citoyens.
    Les personnes minoritaires sont amplifiés dans leur représentation par le système actuel. Le monde paysan est minoritaire mais bien représenté.

    Prenons un exemple d'une consultation citoyenne:
    Les gens ont une mauvaise opinion des taxis. Uber est moins cher. Sans l'Etat, une majorité voterait pour faciliter ce type d'entreprises, et les taxis seraient en faillites. Dans le système actuel, le lobby taxi a réussis à influencer les politiques.

    L'Etat assure une protection aux minorités.
    Parce quant tout va bien, l'humain est solidaire, et lorsque ça l'est moins, il ne l'est plus.

    Il y a bien d'autres effets pervers dans votre monde utopique, lequel dans des temps difficiles où la solidarité disparait, se transforme en dictature des masses sur les faibles.

    Un cordon sanitaire est nécessaire, pour la cohérence de la conduite d'un Etat, et la stabilité.

    J'admets que ceux qui se font entendre, ce sont des lobbies et que les partis à idéologie sont assez imperméable aux doléances des citoyens. C'est à ce niveau qu'il faut une amélioration.

    La cacophonie des gilets jaunes est dû au refus d'être représenté sous une même bannière. Ils ont la même utopie que vous, et c'est l'échec

  • "Sans l'Etat, une majorité voterait pour faciliter ce type d'entreprises, et les taxis seraient en faillites. Dans le système actuel, le lobby taxi a réussis à influencer les politiques."

    C'est exactement l'inverse qui s'est produit avec la votation de la lex Uber de M. Maudet par la majorité du parlement qui a voté la tête dans un sac.
    Je me tiens à votre disposition pour vous prouver l'incurie de nos élus dont aucun n'a même jeté un oeil sur le rapport de 615 pages qui dénonce cruellement leur parfaite incompréhension du texte qu'ils ont voté.
    Il n'y a pas de lobby des taxis, ni de monopole comme certains le suggèrent, juste une profession aux abois qui subit tous les six ans, à chaque changement de magistrat, une nouvelle loi aberrante et jamais appliquée car inapplicable.

  • Allez, je ne résiste pas à répondre au sujet de l'IA. Car c'est un vrai sujet.
    Pour moi, qu'il le veuille ou non, l'humain est poussé de l'avant dans une quête quasiment désespérée. Et c'est tant mieux car si nous avions la moindre chance de comprendre les tenants et aboutissants de notre vie ici bas, nous n'aurions vraisemblablement plus de raison d'être.

    L'évolution est donc un principe inéluctable que je préfère embrasser que de freiner. Et donc je me réjouis de pouvoir déléguer à la machine tout ce qu'elle fera beaucoup mieux que moi afin de pouvoir me consacrer à tout ce qu'elle sera jamais capable de faire.

  • motus@ "Prenons un exemple d'une consultation citoyenne:
    Les gens ont une mauvaise opinion des taxis. Uber est moins cher. Sans l'Etat, une majorité voterait pour faciliter ce type d'entreprises, et les taxis seraient en faillites. Dans le système actuel, le lobby taxi a réussis à influencer les politiques."
    Dès le début de la crise Uber - taxis, j'avais écrit que la loi étant en principe la même pour tous, il faudra bien à un moment ou un autre faire en sorte que Uber respecte la loi qui est imposée aux taxis. Il est assez étonnant que cela ait pris autant de temps, et c'est dû effectivement à l'opinion populaire. Et donc à un défaut de fonctionnement de notre système politique. Plus exactement, le conflit d'intérêt inhérent au système démocratique entre pouvoir politique et pouvoir judiciaire, le point faible de cette construction...

  • J'ajouterais au commentaire de Géo que le temps que cela a pris, et que cela prends encore car, Uber n'a pas encore cessé de nuire, a effectivement mis les chauffeurs de taxis et ceux de Uber en situation si précaire qu'ils ont grossis les rangs de l'assistance sociale.
    Quant aux entreprises comme la mienne, elles sont toutes en situation de dépôt de bilan et tentent de survivre jusqu'à que l'Etat fasse le travail qu'il s'est finalement résigné à reconnaitre. Sur ce coup, on remerciera Pierre Maudet qui a démontré son défaut majeur d'arrogance et l'absence de consultation qui a contraint les milieux concernés de saisir la justice.

    Je ne suis pas sûr de comprendre ce que Géo entend par conflit d'intérêt entre ces deux pouvoirs. J'observe cependant les conséquences des lenteurs de la justice et je relève cette anecdote piquante:
    Le TF a sanctionné la CACJ d'une amende de 500.- pour chaque plaignant dans une affaire en raison des lenteurs car la cour avait pris près de deux ans pour juger un cas. Or, dans l'affaire qui nous occupe ici, soit les recours conte la lex Uber de Maudet, le TF n'a toujours pas rendu son jugement après 20 mois !

  • "ce que Géo entend par conflit d'intérêt entre ces deux pouvoirs." Pas difficile. Il suffit de voir le foin que fait la nomination d'un juge à la Cour constitutionnelle aux USA...

  • "Ceux-ci n’étant pas plus éclairés que ceux qu’ils sont censés représenter. Pas plus éclairés que les citoyens eux-mêmes."

    Je développe le sujet dans mon commentaire sur le blog Topo Thévoz :
    http://commecacestdit.blog.tdg.ch/archive/2019/02/12/manifeste-pour-les-partis-politiques-297279.html

    Si j'apprécie qu'il ait publié un avis si opposé, je reste réservé sur sa politique de modération puisqu'il semble avoir censuré ma demande de précisions sur la position de son parti, et la sienne, contre les projets Weibel, en appuyant sur le commentaire de asger.

  • @ Pierre Jenni :

    Il y a beaucoup de dogmatisme au sein des partis politiques et dans certains d'entre eux, plus que dans d'autres. Ceci se traduit par les prises de positions devant la presse et les médias, ce qui en est normal en soi. Ce qui l'est moins en revanche, car néfaste, c'est le dogmatisme qui s'exerce lors des votes en sessions plénières dans les parlements. Bien souvent certains députés, voire des parlementaires fédéraux, votent comme des petits soldats bien disciplinés. Ils le font soit par obéissance aux partis mais parfois aussi par paresse intellectuelle faute d'avoir étudié leurs dossiers. C'est d'ailleurs ce que vous dénoncez à propos des nombreux projets de lois relatifs aux taxis, des projets qui se succèdent au gré des changements de magistrats.

    Le travail parlementaire mériterait à lui seul de faire l'objet de nombreux billets sur les blogs. Ce n'est pas la matière qui manque à ce sujet, un thème insuffisamment traité par la presse et les médias ...

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