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12/09/2012

Quand la RTS nous manipule par image interposée

Ce mercredi 12 septembre 2012, au journal de 19h30 sur RTS1, on nous présente un « éclairage sur la réduction de l'aide dont bénéficieront à présent les requérants récalcitrants », ceci pour illustrer les débats de ce jour sur la question au Conseil national.

Le reportage, d’une durée de 2min33, tente de nous présenter le quotidien d’un requérant d’asile guinéen, vraisemblablement à Lausanne. Rien de particulier à dire sur le reportage jusqu’au moment où on nous montre une scène où l’on voit le requérant d’asile pénétrer dans un parc public pour s’y installer. On aperçoit alors pendant quelques secondes, bien en vue sur la droite de l’écran, un panneau « Interdit aux chiens ».

 

Manipulation d'information.JPG

 

Revoir la scène en vidéo en cliquant sur le  lien ici.

 

Question : Pourquoi donc le cameraman s’est-il senti obligé de faire figurer ce panneau dans l’image, et pourquoi le responsable de l’édition l’a-t-il laissé passer ?

Pourquoi cherche-t-on à faire un amalgame par l’image entre les requérants d’asile que l’on aperçoit en arrière-plan de la scène et le chien figurant dans le panneau ?

On connaît l’efficacité des images sur l’inconscient, elle fait partie des techniques de la publicité dont elle fait la force, alors pourquoi tenter de manipuler les téléspectateurs ? Serait-ce pour mieux les culpabiliser ?

La question posée est grave, bien trop grave pour la banaliser !

Sommes-nous des adultes responsables ou de simples consommateurs d’images incapables de discernement ?

 

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24/08/2012

Le Conseil fédéral confond-il vitesse et précipitation ?

Dans un billet publié sur son blog, Arthur Grosjean titrait ce matin « Initiative Weber: entre flou juridique et malaise politique » :

http://leblogdarthur.blog.tdg.ch/archive/2012/08/23/initiative-weber-entre-flou-juridique-et-malaise-politique.html

On ne saurait mieux dire !

Le Conseil fédéral a certes tranché, mais c'est à la justice qu'il incombe de dire le droit, pas aux instances politiques !

C'est ce qu'a rappelé dans "Le Journal du Matin" de ce jour (23.8.2012) sur RTS1, M. Michel Rossinelli éminent spécialiste de droit constitutionnel. M. Rossinelli qualifie même "d'illusion juridique" l'ordonnance du Conseil fédéral et rappelle qu'une ordonnance est avant tout subordonnée à la Constitution, celle que le peuple a précisément décidé d'amender le 11 mars dernier, mais aussi à la loi d'application qui n'a pour l'heure pas encore été votée !

M. Rossinelli rappelle aussi aux personnes intéressées qu'on se trouve maintenant dans une totale "insécurité juridique" et qu'il se pourrait que des projets soient stoppés par des décisions de justice. Les autorités pourraient alors faire l'objet d'actions civiles de la part de promoteurs déboutés. Il en résulterait alors des dédommagements, à la charge des contribuables faut-il le rappeler.

Et M. Rossinelli de conclure que le Conseil fédéral, mû sans doute par la pression politique, s’affranchissait un peu facilement du respect des règles juridiques. Il cite notamment l’autorisation donnée aux banques de communiquer les noms d’employés à la juridiction américaine, de libertés prises dans le domaine du secret bancaire, de la convention sur la double imposition sur les successions paraphée avec la France, etc.

Autant de décisions qui pourraient valoir à la Confédération, donc à nous autres contribuables, le versement de dédommagements à la suite d’actions civiles intentées par les lésés.

Le Conseil fédéral confond-il vitesse et précipitation ?


L'interview de M. Michel Rossinelli :

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/le-journal-du-matin/...

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03/07/2012

Quand les paniers percés font la fine bouche …

Wenns um die Wurst geht 2012.jpg

On sait la France endettée jusqu’au cou. On la sait fière aussi, voire arrogante parfois.

Il y a une dizaine de jours, une « Commission d’enquête sur l’évasion fiscale » (excusez du peu) du Sénat français, formée de deux socialistes et d’un communiste, le sénateur Eric Bocquet rapporteur, est venue à Berne pour « s’informer sur l’évasion fiscale vers la Suisse ».

Cette commission d’enquête n’a pas souhaité donner suite à la proposition de la députée nouvellement élue, Madame Claudine Schmid, représentant les Français de Suisse et du Liechtenstein à l’Assemblée nationale française, de s’entretenir avec elle. A Berne la commission sénatoriale française a rencontré le Secrétaire d'Etat chargé des questions fiscales, Michael Ambühl qui a lui expliqué les bienfaits des accords « Rubik ». La commission souhaitait aussi rencontrer les présidents des Commissions des Finances du National et des Etats. Elle les aurait dit-on, « convoqués » (!). Ceux-ci n’étant pas disponibles, elle se serait alors rabattue sur de seconds couteaux dont semble-t-il Manuel Tornare. C’était pour celui qui s’ennuie à mourir dans « cette capitale où il ne se passe rien », l’occasion sans doute d’étaler sa vaste culture.

Bref, la commission d’enquête française est repartie de Berne assez déçue semble-t-il de l’accueil glacial qu’elle aurait reçue.

Sur le chemin du retour, elle s’est arrêtée à Genève pour rencontrer Jean Ziegler qui lui aura très certainement réservé un très chaleureux accueil, lui dont le rayonnement intellectuel est en chute libre dans son propre pays. Mais pour la France, accrochée à ses clichés comme chacun sait, Jean Ziegler reste une icône.

Avant même son retour à Paris, la délégation a dit tout le mal qu’elle pensait de la solution « Rubik », taxée de solution d’amnistie fiscale par Eric Bocquet.

 

Peut-être n’est-ce que pure coïncidence, mais on apprenait hier par l’AFP que notre Présidente de la Confédération Eveline Widmer-Schlumpf, aurait proposé au président français François Hollande de poursuivre les discussions entamées avec les gouvernements précédents sur un éventuel accord fiscal. Elle l’aurait même invité à venir en Suisse. Pour l’heure, la présidence française n’a pas encore répondu à ce qui paraît être un appel du pied.

 

Mais pourquoi donc insister tellement ? Pourquoi rappeler à la France les bienfaits supposés de « Rubik » alors que nos voisins savent très exactement de quoi il s’agit ? Après tout si la France préfère suffoquer dans le dogme plutôt que de s’offrir un bol d’oxygène de réalisme, c’est bien son droit.

 

La dette publique française atteignait 1789,4 milliards au 31 mars 2012 selon l’Insee, l’Institut français de la statistique qui nous l’apprend. Coïncidence sans doute, mais « 1789 » c’est aux chiffres près, exactement le millésime de la prise de la Bastille. Serait-ce une prémonition ?

Cette dette donc, a beaucoup augmenté au cours des 3 premiers mois de l’année nous dit-on. Elle représente désormais 89,3% du PIB la France. Pourtant la France fait la fine bouche. Accrochée à ses dogmes, elle refuse une solution (Rubik) qui lui permettrait de récupérer quelques centaines de millions d’euros très rapidement. Pis que cela, elle snobe la Suisse en refusant même de négocier pour s’en remettre à un hypothétique échange automatique de données qui serait imposé par l’UE. Au vu de sa dette abyssale, un tel accord ne serait certes qu’une goutte d’eau, mais c’est très symbolique de l’état d’esprit qui règne actuellement à Paris.

La Suisse a signé ce type d’accord avec le Royaume-Uni, l’Autriche et l’Allemagne – qui ne l’a certes pas encore ratifié. Elle négocie aussi avec l’Italie et les USA, mais la France, vous n’y pensez pas, ne va pas s’abaisser à ce point.

 

Madame Eveline Widmer-Schlumpf, de grâce cessez donc de prier la suffisante présidence française et laissez le coq gaulois pérorer dans sa basse-cour.

09:16 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : rubik, accords fiscaux, france, widmer-schlumpf, dette publique | |  Facebook

25/06/2012

Le Projet de Constitution sous la loupe

 

 

25.06.2012

 

Ainsi la Constituante a terminé ses travaux. Un projet de Constitution en est né sur lequel nous aurons à nous prononcer le 14 octobre prochain. D'ici là, cette nouvelle Constitution a été ou sera prochainement présentée aux citoyens dans différentes communes du canton.

 

Par ailleurs plusieurs constituants ont publié des billets sur leurs blogs à ce sujet. Par le biais d'un billet publié à fin novembre dernier, je m'étais moi-même préoccupé des travaux de la constituante et surtout de l'excès d'objets de détails qui semblaient entraver la bonne marche du projet. Voir ici.

 

Démarche d'évaluation

 

Le projet étant maintenant terminé, il a été accepté par la majorité de l'assemblée constituante. Je l'ai consulté afin de m'en faire une idée, ceci avant d'assister à une séance d'information. Pour ce faire, j'ai procédé par comparaison entre le projet qui nous sera soumis en votation cet automne et l'actuelle Constitution genevoise datant du 24 mai 1847. Je me suis focalisé sur certains thèmes, tels que les droits politiques des citoyens (Suisses et étrangers), les rapports entre les Eglises et l'Etat, la langue officielle, les tâches et le rôle de l'Etat dans certains domaines, en particulier celui de l'énergie.

 

Il m'est apparu toutefois qu'une comparaison entre notre Constitution actuelle et le projet était trop réducteur pour se faire une idée véritablement objective de la situation du canton de Genève dans notre fédéralisme helvétique, c'est pourquoi j'ai décidé d'étendre la comparaison aux 25 autres Constitutions cantonales.

 

Est-il besoin de préciser ici que la Constitution genevoise, comme toute autre Constitution cantonale, doit respecter le droit supérieur, à savoir le Constitution fédérale. C'est pourquoi celle-ci a servi de référence à ma démarche.

 

Pour m'aider dans cette tâche d'analyse et de comparaison, je me suis créé un outil, un tableau Excel, qui permet d'ouvrir et de consulter rapidement la Constitution fédérale, ainsi que toutes les Constitutions cantonales à partir de liens hypertextes obtenus sur le site internet de la Confédération. On trouve également dans ce tableau quelques-uns des thèmes de recherches mentionnés plus haut.

Plus qu'une critique proprement dite du projet constitutionnel lui-même, c'est une approche méthodologique que je me suis fixé : Comment évaluer le travail de la Constituante.

 

Premières impressions

 

Voici mes premières impressions et quelques remarques non-exhaustives sur le projet de Constitution qui nous sera soumis cet automne :

 

1° Les constituants ont péché par excès de détails. Cela se reflète par le nombre élevé d'articles constitutionnels, soit 237 en tenant compte de la votation relative à l'acceptation du contreprojet à l'initiative n° 143 du 17 juin 2012 (accueil préscolaire et parascolaire).

Aucune autre Constitution cantonale ne contient autant d'articles, ni la Constitution fédérale elle-même, qui n'en contient que 197 !

La cause de ce nombre élevé d'articles constitutionnels est dû pour l'essentiel à des redondances avec le droit supérieur. En effet, on ne voit pas à priori la nécessité de réécrire dans une Constitution cantonale ce qui est déjà écrit dans la Constitution fédérale, puisque celle-ci a force légale au sein de l'ensemble de la Confédération ? Cette remarque vaut particulièrement pour les « droits fondamentaux ». Exemple :

 

Projet Constitution 2012 : Art. 14 al. 2 « La peine de mort est interdite. »

Constitution fédérale : Art. 10 al. 1 « Tout être humain a droit à la vie. La peine de mort est interdite. »

 

Certes de telles redondances figurent également dans la plupart des autres Constitutions cantonales, mais pas d'une telle ampleur.

 

2° On trouve dans le projet « Constitution 2012 » de nombreux thèmes développés dans le détail, lesquels figurent également dans de nombreuses Constitutions cantonales, toutefois ceux-ci y sont simplement cités, pas définis dans le détail. Ils font l'objet de lois spécifiques et non d'articles constitutionnels.

 

3° Le projet contient plusieurs articles constitutionnels sur l'énergie, alors que la Constitution fédérale limite considérablement la marge de manœuvre des cantons dans ce domaine. Exemple :

 

Projet Constitution 2012 : Art. 169 « Energie nucléaire »

« Les autorités cantonales s'opposent par tous les moyens à leur disposition et

dans la limite de leurs compétences aux installations de centrales nucléaires,

de dépôts de déchets radioactifs et d'usines de retraitement sur le territoire et

au voisinage du canton. Pour les installations ne répondant pas à ces

conditions de localisation, le préavis du canton est donné par le Grand

Conseil sous forme de loi. »

 

Constitution fédérale : Art. 90 « Energie nucléaire »

« La législation sur l'énergie nucléaire relève de la compétence de la Confédération. »

 

Il faut relever ici que les compétence cantonales se limitent au choix du site d'implantation, un choix actuellement bien hypothétique puisque le Conseil fédéral a déclaré le 25 mai 2011 vouloir sortir du nucléaire. Par ailleurs tout site de centrale nucléaire doit, pour des raisons techniques, être installé au bord d'un fleuve ou d'un plan d'eau et le seul site potentiel possible à Genève se trouve à Verbois, site sur lequel SIG a installé voici huit ans une centrale solaire et sur lequel se trouve également un aménagement hydroélectrique (le barrage et la centrale de Verbois) ainsi qu'un poste de transformation électrique.

Très peu de cantons font référence à l'énergie nucléaire dans leur Constitution. Vaud recommande de s'en passer, Bâle-Ville s'oppose à son utilisation et ne prend pas de participations dans des centrales nucléaires, mais c'est la Constitution de Bâle-Campagne qui s'approche le plus du projet genevois en s'opposant aux centrales à fission nucléaire, aux installations de retraitement de combustible nucléaire, ainsi qu'au stockage des déchets « sur le territoire cantonal et dans son voisinage ».

On se demande bien d'ailleurs comment Genève - et Bâle-Campagne -- pourrait faire appliquer cet article 169, lorsqu'on évoque le « voisinage du canton » ... ?

Paradoxalement, les cantons qui abritent des centrales nucléaires sur leurs territoires n'évoquent pas cette énergie dans leurs Constitutions respectives : Berne (Mühleberg), Soleure (Gösgen) et Argovie (Beznau I et II, ainsi que Leibstadt).

 

4° Il est évident que ce sont les domaines qui relèvent exclusivement de la souveraineté des cantons qui doivent avant tout être définis dans une Constitution cantonale :

L'organisation de l'Etat, ses tâches, son rôle, ses institutions, son administration, les droits politiques des citoyens, les finances publiques, les relations entre les Eglises et l'Etat, etc.

En parcourant les tâches régaliennes, à la Section 6 « Sécurité », on trouve les articles :

 

Art. 183 Principe

L'Etat assure la sécurité et l'ordre public.

Art. 184 Force publique

1 Le canton détient le monopole de la force publique.

2 La loi règle la délégation de pouvoirs de police limités au personnel qualifié

des communes.

3 Les situations conflictuelles sont traitées en priorité de manière à écarter ou

limiter le recours à la force. Les personnes concernées sont tenues d'apporter

leur concours.

 

On peut s'interroger de bon droit sur les raisons qui empêcheraient d'ajouter un alinéa à l'Art. 184 :

«  La force publique est exercée par des personnes de nationalité suisse »

 

Une telle précision aurait le mérite de clarifier les choses et de nous épargner à l'avenir des débats sur le bien-fondé de l'embauche de policiers étrangers.

 

5° Sur les droits politiques accordés aux étrangers, le nouvelle Constitution paraît être un peu en retrait par rapport à celles des autres cantons romands, à l'exception du Valais qui n'en accorde aucun. Sur le plan suisse, il ne va différemment puisque peu de cantons accordent le droit de vote aux étrangers et seulement sur le plan communal, le choix est laissé aux communes (BS, AR et GR) et dans un cas (AR), il faut même en faire la demande. Il faut tout de même mentionner que le canton des Grisons autorise l'éligibilité d'étrangers au plan communal, pour autant que les communes concernées accordent ce droit.

 

Outil de travail

Afin de pouvoir ouvrir les liens hypertextes vers les Constitutions, cliquer sur le lien ci-dessous :

Constitutions comparées(1).pdf

 

Constitutions comparées(1)-page-001.jpg

Remarque : Parmi les Constitutions cantonales consultées, celle du canton de Saint-Gall m'est apparue concise et bien structurée.

 

Conclusions provisoires et ouverture du débat

 

Puisse ce tableau aider les citoyennes et citoyens à approfondir leurs réflexions sur l'actuel projet « Constitution 2012 », j'en serais ravi et si de surcroît cette démarche pouvait susciter un débat, l'objectif serait atteint.

 

Fruit d'un consensus bien helvétique, le projet qui nous sera soumis le 14 octobre prochain ne déclenchera sans doute pas l'enthousiasme général, les uns seront déçus par trop peu d'ambition, d'autres y verront un déficit démocratique et d'autres encore le jugeront peut-être trop avant-gardiste ? Bref, il est difficile de cuisiner une soupe qui satisfasse tout le monde, ou elle est trop fade ou trop salée.

 

Pour ma part, le défaut majeur de ce projet réside dans son manque de concision, ainsi que je l'ai écrit plus haut. On sent bien qu'il était nécessaire d'ajouter ça et là quelques articles pour compenser des concessions faites ailleurs, ceci afin de satisfaire la majorité de la Constituante et sauver le projet.

 

J'adresse mes remerciements civiques à tous les constituants pour le travail accompli.

 

 

Projet de Constitution genevoise

Site de l'assemblée constituante : www.constitution2012.ch

 

 

09:58 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : genève, constitution, constituante, droits politiques, citoyenneté | |  Facebook

04/12/2011

Angela Merkel fille spirituelle d’Otto von Bismarck ?

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Dans un billet publié ce jour sur son blog, Pascal Décaillet assimile Angela Merkel à une impératrice germanique tentée par la réinstallation du Saint-Empire. Rien que cela !

Voir ici : « Angela 1ère »

 

Montebourg a-t-il raison de comparer Angela Merkel à Bismarck, comme le suggère Pascal Décaillet ? Faut-il prendre au sérieux les récentes déclarations de Montebourg comparant l'actuelle chancelière allemande à Bismarck ? (Voir ici)

Montebourg nous a habitués à de telles déclarations tonitruantes, qui ne sont en fait que des effets de manches destinés à l'opinion publique française, des manœuvres de diversions, autant dire de la démagogie pure.

N'est-ce pas lui qui, dans une tribune publiée par Libération (2 janvier 2007), avait menacé la Suisse de bloquer ses frontières pour abattre le secret bancaire helvétique en se référant au blocus décrété par le général de Gaulle contre la principauté de Monaco en 1963 ?

 

Voir dans les déclarations d'Angela Merkel un quelconque "diktat" adressé aux partenaires de l'Allemagne sur la manière de gérer leurs budgets et faire référence à l'histoire pour étayer cette thèse comme le fait Pascal Décaillet, n'est pas fondé !

 

Angela Merkel est parfaitement dans son rôle et a raison de rappeler à ses partenaires leurs engagements pris lors des accords de Maastricht sur les critères de stabilité et de croissance, à savoir la rigueur budgétaire en limitant le déficit budgétaire à 3% du PIB et le maintien du taux d'endettement public au-dessous de 60% du PIB.

 

Pour mutualiser les dettes publiques de la zone euro, il faudrait que la BCE puisse émettre des "euro obligations" (Euro Bonds), mais en l'état la BCE n'est pas réellement une banque centrale ordinaire du fait de l'absence d'union budgétaire et fiscal des pays qui composent ladite zone. De ce fait ces "Euro Bonds" ne peuvent être adossés à la zone euro en tant que telle puisque celle-ci ne constitue pas à ce jour une entité assimilable à un État susceptible de garantir ces emprunts, ceci contrairement aux obligations d'États telles que nous les connaissons. C'est pourquoi Angela Merkel prône une plus grande intégration, vers une union budgétaire et fiscale. L'UE et plus particulièrement la zone euro, se trouve donc aujourd'hui au milieu du gué, alors que sa popularité n'a jamais été aussi basse.

Délicat à expliquer aux opinions publiques, notamment en période de pré-campagnes électorales aussi bien en France qu'en Allemagne d'ailleurs.

 

Madame Merkel est donc parfaitement cohérente dans sa démarche. On est en droit d'en attendre autant de la France, qu'il s'agisse de l'UMP de Sarkozy ou du PS.

En effet, on ne peut revendiquer de l'aide financière sans donner en contrepartie des garanties, budgétaires notamment.

 

Dans la piètre situation financière qui est la sienne - la dette publique dépasse les 1'700 milliards d'euros, soit plus de 86 % du PIB - et vu la proximité de l'élection présidentielle, la France est dans une situation politique fort délicate, placée qu'elle est entre le marteau de la rigueur budgétaire et l'enclume sociale qui résonne dans la rue, sa marge de manœuvre est fort réduite.

 

L'indépendance, la liberté et la souveraineté se mesure à l'aune de la solvabilité, et si ce principe vaut pour une personne physique, il l'est également pour un État.

 

23:13 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : ue, merkel, bismarck, montebourg, zone euro, déficits publics | |  Facebook

29/11/2011

Constituante : Cachez-moi l’essentiel, je m’occupe du détail !

 

Des travaux de la Constituante, qu'en savons-nous réellement, nous autres citoyens lambdas ? Pas grand chose à vrai dire, hormis quelques billets rédigés par les constituants qui daignent nous informer des remugles de séances ayant imprégné leur mémoire olfactive ...

 

Récemment encore, plusieurs constituants1) nous ont fait part des travaux de ladite assemblée à propos de la politique énergétique et/ou de l'autonomie alimentaire du canton.

 

Pour la Constituante, il s'agissait de reprendre bon nombre d'articles contenus dans la Constitution actuelle, sinon à la lettre, du moins dans l'esprit. Mais pourquoi donc le faudrait-il ?

La rédaction d'une nouvelle constitution n'a-t-elle pas précisément pour objet de remettre les choses à plat, de s'interroger sur le bien-fondé des textes actuels, sur leur désuétude ? D'en relever les éventuels anachronismes qui les sous-tendent ?

 

Récemment on glosait sur les blogs à propos de l'interdiction du nucléaire à Genève et sur le taux d'auto-approvisionnement alimentaire de notre canton, à tel point qu'on tient à inscrire ces principes dans la nouvelle constitution. Mais s'est-on seulement posé la question de savoir si cela avait un sens ?

Dans le même temps, on échoue à faire aboutir des projets immobiliers pour construire des appartements dans les communes périurbaines, du fait de conflits d'intérêts entre lesdites communes et l'État, comme on l'a vu à Chêne-Bougeries ce dimanche, où les citoyens consultés ont donné un préavis négatif à un projet de déclassement.

 

Quel lien y a-t-il entre ces deux thèmes politiques et la Constitution cantonale ?

 

On constate d'une part que la constituante s'empare de thèmes porteurs en termes d'image politique, mais sur lesquels la Genève institutionnelle n'a aucun pouvoir coercitif, qu'elle en aura encore moins dans l'avenir, ceci au détriment d'autres objets autrement plus concrets et urgents qui relèvent totalement de la politique cantonale et concernent directement les Genevois dans leur vie quotidienne, mais qui malheureusement déplaisent car ils nous renvoient à nos vrais problèmes.

 

Reprenons l'exemple de l'interdiction du nucléaire dans la Constitution cantonale genevoise. Soyons clairs, cet article constitutionnel est parfaitement inutile et ne servira strictement à rien, ceci pour plusieurs raisons, à commencer par le principe de subsidiarité qui impose au texte fondamental genevois sa compatibilité avec la Constitution fédérale. Or nous savons que le Conseil fédéral a décidé récemment, dans la précipitation, à la suite de la catastrophe de Fukushima, d'arrêter les centrales nucléaires suisses d'ici à 2034. Par ailleurs, l'impact énergétique d'une très hypothétique centrale nucléaire sur le territoire cantonal genevois dépasserait de très loin nos besoins actuels, de l'ordre de deux à trois fois. Mais c'est surtout dans le domaine de la protection de l'environnement qu'un tel projet n'aurait aucune chance d'aboutir, confronté qu'il serait à une multitude de textes législatifs fédéraux.

 

On en dira autant de l'inutilité de l'inscription dans notre Constitution cantonale d'un texte relatif l'auto-approvisionnement alimentaire, qui ne serait que du protectionnisme déguisé et constituerait une entorse à la liberté de commerce. Manger local c'est bien, souhaitable même, mais pourquoi donc faudrait-il inscrire un tel principe dans la Constitution, attendu qu'on aurait pas les moyens de l'appliquer ?

 

Bref on s'attaque aux détails, on fait dans l'utopie, mais on en oublie l'essentiel.

 

L'essentiel et bien parlons-en.

Genève étouffe dans son corset bien trop étriqué pour elle. Elle ne dispose pas d'outils institutionnels susceptibles de résoudre ses problèmes actuels, alors on bricole mais ces bricolages coûtent cher, très cher, en temps et en moyens du fait que toute décision implique un nombre bien trop important d'intervenants qui ont tous des visions différentes et autant d'intérêts divergents. Il n'est que de voir les récents projets immobiliers débattus sur la place publique pour s'en convaincre. Qu'il s'agisse des Communaux d'Ambilly, du PAV, des Cherpines-Charrotons ou plus récemment du projet Challendin à Chêne-Bougeries, partout s'opposent intérêt public et intérêt privé, communes et canton.

 

La réorganisation institutionnelle est le défi majeur que Genève doit impérativement relever rapidement. S'ensuivra forcément l'organisation territoriale, la redéfinition des rôles entre l'État et les communes, la réduction inéluctable du nombre de ces communes, soit en les fusionnant, soit en les intégrant à la ville de Genève. Et puis il faudra bien réformer aussi la fiscalité, imposer les contribuables - les personnes morales comme les personnes physiques - sur le lieu de leur domicile, mettre en place une péréquation financière pour compenser certaines lacunes. On citera aussi la politique de la mobilité et l'incitation à utiliser les transports publics, l'organisation de la sécurité publique, etc.

 

Une constitution cantonale, texte fondamental, n'est pas un recueil de lois. Elle doit impérativement être réaliste pour être applicable. Elle doit être concise. Du fait du principe de la subsidiarité, elle doit impérativement éviter toute redondance avec la Constitution fédérale, voire avec d'autres principes implicites qui découleraient du simple bon sens ou de l'évidence.

 

A ce propos, il me plaît de rappeler que le regretté Joseph Voyame a rédigé seul et en six jours, l'avant-projet de Constitution du canton du Jura, assis sous un arbre devant sa maison de Saint-Brais dans les Franches-Montagne !

 

Alors un zeste de bon sens dans la bouillabaisse constitutionnelle genevoise n'est pas à dédaigner !

 

1) Notamment MM. Mizrahi, Gardiol, Kunz

http://cyrilmizrahi.blog.tdg.ch/archive/2011/11/16/consti...

http://votewatch.blog.tdg.ch/archive/2011/11/15/la-consti...

http://vertsassociatifs.blog.tdg.ch/archive/2011/11/16/en...

http://resistanceetouverture.blog.tdg.ch/archive/2011/11/...

http://pkunz.blog.tdg.ch/archive/2011/11/11/de-la-frustra...

http://pkunz.blog.tdg.ch/archive/2011/06/06/le-co2-a-cess...

http://ro.blog.tdg.ch/archive/2011/11/17/verrouillage-du-...

 

 

31/10/2011

UDC, par ici la sortie !

Sortie.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

On glose ferme ces temps-ci sur la future composition du Conseil fédéral, sur la stratégie à adopter pour respecter la concordance, la collégialité, la représentativité politique des partis tout en ménageant leurs susceptibilités. On ressort les calculettes, on calcule des moyennes pour tenter de placer 8 ou 9 personnes sur sept sièges, un peu comme dans le jeu des « chaises musicales ». Vous savez ce jeu qui laisse un joueur sur le carreau faute d'avoir trouvé un siège lorsque la musique s'arrête.

Or donc c'est ce jeu, finalement très confédéral, qui se tiendra le 14 décembre prochain.

 

Mais franchement pourquoi la composition du Conseil fédéral ne devrait-elle dépendre que de moyennes arithmétiques ? Pourquoi faudrait-il absolument que le gouvernement fédéral reflète rigoureusement les trois, quatre ou cinq partis les plus représentés aux deux chambres du parlement ?

 

Aujourd'hui le Conseil fédéral est faible, nous le savons tous. Cela tient à nos institutions autant qu'à son mode d'élection qui tente la gageure de faire cohabiter sept personnes souvent disparates, issues de milieux politiques divers, de régions géographiques et linguistiques différentes, sans trop se préoccuper de leur cohabitation, ni de leur personnalité ou de leur faculté à travailler ensemble.

 

Or un gouvernement ce n'est pas la juxtaposition, ni la somme de sept talents, mais un ensemble efficace et homogène qui œuvre au succès d'un projet politique cohérent préalablement décidé et accepté par tous. L'image que nous offre aujourd'hui l'attelage fédéral qui tire à hue et à dia, ne correspond pas vraiment à cet idéal.

 

Si l'on veut restaurer la confiance, la collégialité, la cohérence et l'efficacité au sein du Conseil fédéral, il est indispensable que l'UDC sorte du gouvernement fédéral et entre clairement dans l'opposition.

En effet, on ne peut pas tout à la fois faire partie de l'exécutif tout en étant dans l'opposition.

Compte tenu des très nombreux défis qui attendent la Suisse au cours de ces prochaines années, voire de ces prochains mois déjà, - je pense notamment à nos relations avec l'UE qui s'annoncent d'ores et déjà "coriaces" - il faut impérativement renforcer le Conseil fédéral et c'est urgent !

Nous ne pouvons plus nous satisfaire d'un gouvernement réactif qui se contente de réagir aux événements « au fil de l'eau », sans les avoir anticipés. L'adage nous rappelle que « gouverner c'est prévoir », c'est donc d'un Conseil fédéral proactif dont nous avons besoin.

 

Dans ce contexte, l'UDC n'est pas un partenaire gouvernemental crédible, ni fiable, car il faut s'attendre à ce qu'il utilise sa démagogie habituelle et sa capacité de nuisance pour perturber le fonctionnement de l'exécutif, ceci pour servir ses propres intérêts. Avec l'UDC au sein du Conseil fédéral, celui-ci devrait se contenter de traiter les affaires courantes, autant dire que la Suisse serait quasiment ingouvernable. Est-ce cela que nous voulons ? Est-ce le message envoyé par le peuple le 23 octobre dernier ?

Par conséquent c'est autour d'un "pacte républicain" que les partis PLR, PDC, PBD, Verts libéraux, Verts et Socialiste doivent s'entendre d'ici au 14 décembre prochain, pour éjecter l'UDC du Conseil fédéral.

En auront-ils le courage ? En prendront-ils le risque ? Là est toute la question !

Dans une telle configuration on pourrait imaginer un Conseil fédéral composé de : 2 PLR, 2 PDC, 1 PBD et 2 socialistes ou 2 PLR, 1 PDC, 1 PBD, 1 Vert et 2 socialistes.
Il nous faut un Conseil fédéral composé de personnes compatibles entre elles, de personnes qui se font confiance par delà les appartenances partisanes. A cet égard, Eveline Widmer-Schlumpf n'a pas démérité, bien au contraire. Par conséquent, pourquoi faudrait-il la remplacer ?

Ce n'est point d'une "cuisine arithmétique fédérale" dont nous avons besoin, mais d'une "cuisine imaginative" où se "marient toutes les saveurs", entendez par là toutes les compétences et les intelligences dont les Chambres fédérales regorgent !

 

Alors Messieurs les grands stratèges politiques, Messieurs les faiseurs de rois, MM. Pelli, Darbellay, Grunder, Bäumle, Ueli Leuenberger et Leyvrat, un peu de courage et d'imagination que diable !

 

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14/10/2011

Elections fédérales et listes exotiques

 

Comme tout un chacun, j'ai reçu récemment mon matériel de vote pour les élections fédérales du 23 octobre prochain. En consultant le fascicule des listes, je découvre avec étonnement certaines listes que je qualifierai d'exotiques, du fait qu'elles ne sont constituées que de candidats vivant à l'étranger.

 

Les citoyens suisses établis à l'étranger ont la possibilité de voter en Suisse depuis quelques années et mes propos ne visent nullement à leur contester ce droit.

Ce qui m'interpelle en revanche c'est la possibilité qui leur est offerte de siéger au Conseil national, la Chambre du peuple, c'est-à-dire d'être élu à Berne.

 

Il convient cependant de nuancer lorsque l'on parle de vivre à l'étranger, car si certains de ces candidats vivent en France voisine, à proximité immédiate de Genève, d'autres en revanche sont établis dans des contrées beaucoup plus éloignées, telles que l'Australie ou la Canada ...

Dans de telles conditions, on peut émettre de sérieux doutes quant à l'efficacité réelle de tels  parlementaires « hors sol ».

En effet comment ceux-ci pourraient-ils appréhender objectivement des problèmes spécifiquement liés à la vie en Suisse, tels que ceux des assurances sociales, notamment l'épineux sujet de la santé publique avec la couverture maladie et la planification hospitalière, les transports publics avec leur financement et leur planification, voire les finances fédérales dont les ressources proviennent essentiellement de la TVA et de l'IFD, impôts qui ne frappent que les personnes résidant en Suisse ?

 

Et puis les sessions parlementaires durent plusieurs semaines par années, sans parler des séances de commissions, qui impliquent une présence et de longs séjours à Berne.

Par ailleurs, il faut rappeler que le Parlement helvétique est un parlement de milice qui ne permet pas aux Conseillers nationaux et Conseillers aux Etats de vivre exclusivement de leur activité parlementaire, ce qui oblige les élus à conserver une activité professionnelle.

Dans ces conditions, comment envisager sérieusement le maintien d'une activité professionnelle ou des études à l'étranger, que ce soit à Sydney, au Canada, voire en Espagne ?

 

Une autre question se pose s'agissant des candidats possédant une double nationalité et exerçant déjà une activité parlementaire dans un pays étranger. Pour Genève, ces cas concernent essentiellement des Suisses possédant également la nationalité française, candidats aux élections cantonales ou élus dans des Conseils municipaux en France voisine. Comment peut-on objectivement défendre les intérêts nationaux de deux pays distincts, sachant que ces intérêts peuvent être divergents sur de nombreux sujets ? Est-ce bien cohérent ?

 

Paradoxalement, ces listes exotiques échappent aux orientations politiques traditionnelles gauche-droite. Ainsi « Les Verts » ont la leur, tout comme les socialistes, le PDC et, plus surprenant, l'UDC ! Surprenant du fait des prises de position de ce parti à propos des étrangers et de son initiative visant à « stopper l'immigration massive » ...

 

Pour conclure, je ne songe pas un instant à faire élire des Suisses de l'étranger, fussent-ils de France voisine, pour représenter mes intérêts à Berne. Ces listes exotiques ne me convainquent pas du tout !

 

Ne gaspillons pas nos voix et votons pour des candidats à même de défendre nos intérêts. Par conséquent votons pour des personnes reconnues pour leurs compétences et dotées d'une forte personnalité, pour des candidats domiciliés sur le territoire du canton de Genève.

Plutôt que de glisser une liste compact de parti dans l'urne, n'hésitons pas à biffer les candidats qui ne nous conviennent pas, par exemple ceux qui se représentent mais que l'on a guère entendus à Berne ou ceux qui sont alignés comme des petits soldats derrière la ligne dogmatique dictée par leur parti. Préférons la liste neutre à la liste de parti !

 

Mais le plus important est de voter, car la future législature s'annonce d'ores et déjà très importante. En effet, les défis que la Suisse devra relever sont nombreux. Parmi ceux-ci, je note la défense de la place économique de notre pays, la cohésion sociale, les assurances sociales, la politique énergétique, la sécurité intérieure, la politique extérieure dont la promotion de la Suisse à l'étranger fait partie, la mobilité et les transports publics, etc.

 

 

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05/09/2011

Démocratie directe, miroir de la société !

 

Récemment encore, j'étais convaincu de la nécessité de compléter nos institutions helvétiques en créant une "Cour Constitutionnelle" qui serait chargée de valider toute "initiative populaire" en amont du processus, c'est-à-dire avant même qu'elle ne soit soumise au peuple, voire avant la récolte des signatures.

Or il se trouve que j'ai lu récemment un petit ouvrage remarquable - un essai politique intitulé :

 

"Défendre la démocratie directe - Sur quelques arguments antidémocratiques des élites suisses"

Un livre publié en 2011 aux "Presses polytechniques et universitaires romandes" et signé Antoine Chollet. 1)

Défendre la démocratie.jpg

L'auteur définit quatre valeurs qui selon lui sont constitutives de la démocratie. Ce sont :

l'égalité, la liberté, l'autonomie et l'émancipation.

Il explique ensuite comment la démocratie fonctionne à partir de ces quatre valeurs et propose cette définition (p 35) :

 

« La démocratie est l'institutionnalisation, difficile, contradictoire et toujours menacée de l'égalité, la liberté, l'autonomie et l'émancipation. »

 

Hannah Arendt avait déjà traité (« Essai sur la révolution ») des deux premières valeurs en les opposant l'une à l'autre dans une comparaison des révolutions française (l'égalité) et américaine (la liberté).

 

L'essai d'Antoine Chollet quant à lui bat en brèche certains principes convenus dont celui qui voudrait que la Constitution fédérale empêche le peuple de se prononcer sur des textes contrevenant à des traités internationaux "qui garantissent des droits fondamentaux, notamment le contenu de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales que la Suisse a ratifié en 1974. "

Et l'auteur rappelle (p 81) :

" Qu'on a par exemple invoqué ce texte lors de la campagne sur l'interdiction des minarets et l'argument réapparaît à vrai dire assez souvent, sans doute nourri par une lecture trop rapide de la Constitution fédérale ..."

 

Or notre Constitution fédérale stipule "que les initiatives populaires doivent respecter les règles impératives du droit international (Art. 139, al. 3), mais comme le fait remarquer Antoine Chollet, "ces fameuses règles impératives sont en nombre extrêmement restreint et concernent principalement l'interdiction du génocide, de l'esclavage, de la torture ou des guerres d'agression."

 

Et d'ajouter :

" A ce régime-là, aucune des récentes initiatives populaires dont certains se sont demandé si elles contrevenaient à ces principes ne tombe sous le coup de cet alinéa, pas même celle demandant la peine de mort. "

 

Et de conclure :

" L'utilisation de cet outil en vue de l'invalidation de certaines initiatives n'est donc pas très convaincante. "

 

Invité à s'exprimer sur les ondes de la « RSR » à propos de la démocratie directe et de la pléthore d'initiatives populaires déposées à Berne, Andreas Gross 2), spécialiste de la démocratie directe, politologue et conseiller national socialiste zurichois, n'a pas dit autre chose.

Andreas Gross.jpg

« Ce n'est pas parce que le messager apporte de mauvaises nouvelles qu'il faut le tuer, c'est par des arguments qu'il faut combattre toute initiative jugée excessive, pas en restreignant les droits démocratiques. La démocratie directe est le miroir de la société, ce n'est pas en cassant le miroir qu'on changera la société ... »

 

 

 

Toutefois, les thèses développées par Antoine Chollet ne semblent pas avoir convaincu Joëlle Kuntz qui s'est fendue d'une critique de l'ouvrage dans un article du « Temps » intitulé « Tout le pouvoir aux soviets » (6 juin 2011). Selon Joëlle Kuntz, Antoine Chollet commettrait l'erreur de sombrer dans le manichéisme en minimisant les errances du peuple et en rejetant la faute sur les élites. Voire ...

 

Pour conclure provisoirement cette modeste réflexion sur les bienfaits de la démocratie directe, j'ai découvert récemment que la Slovénie en connaissait elle-aussi les vertus. C'est ainsi qu'un récent article de « Swissinfo », intitulé « Pas de démocratie directe sans Tribunal constitutionnel ! » nous apprend que l'ancienne république yougoslave dispose d'un « Tribunal constitutionnel » dans ses institutions. Le journaliste relève que cette démocratie directe slovène ne semble pas être incompatible avec l'adhésion de ce pays à l'UE. Toutefois l'article de Swissinfo est trop peu développé pour se faire une idée. Il serait donc hasardeux de comparer le degré de démocratie directe slovène avec le nôtre.

 

La proximité des prochaines élections fédérales (23 octobre 2011) m'incitent à recommander vivement la lecture de l'essai d'Antoine Chollet, notamment aux candidats aux chambres fédérales. Espérons qu'ils en trouveront le temps entre deux réunions électorales ...

 

« Nous ne pouvons pas définir à priori ce qui relève de la politique et ce qui lui échappe ; dans une démocratie, personne ne doit être maître de la définition de ce qui est ou non politique » (Antoine Chollet)

 

 

 

1) Antoine Chollet est Docteur en science politique de l'Institut d'études politiques de Paris, avec une thèse portant sur les rapports entre temps et démocratie soutenue en 2009, Antoine Chollet est actuellement chercheur au Centre d'histoire des idées politiques et des institutions de l'Université de Lausanne. Il travaille sur la théorie de la démocratie, sur les rapports de cette dernière au passé et au futur, ainsi que sur l'histoire du nationalisme suisse.

 

2) Andreas Gross interviewé par la RSR - « L'invité de la rédaction », le 27 juillet 2011

 

 

23/06/2011

Le Baiser de Judas administré à René

stauffer_11.jpg

J'ai rarement été d'accord avec les idées politiques de René Longet, mais jusqu'à hier soir son intégrité idéologique ne faisait pour moi aucun doute.
Aujourd'hui, il faut bien déchanter et constater qu'il a vendu son âme au diable pour aller à la soupe, mû par un réflexe bassement opportuniste.

 

En s'affichant avec Eric Stauffer, au terme d'un accord contre nature qui, espère-t-il, devrait lui ouvrir les portes de la Cour des Comptes, René Longet a probablement signé sa mort politique !

René Longet, qu'avez-vous fait de votre idéal transfrontalier si souvent décliné et loué dans votre blog ? Où donc avez-vous rangé votre humanisme ?

Après cette poignée de mains onésienne historique, gageons que vos camarades de parti vous saurons gré de bien vouloir les renseigner. M'est avis que les explications risquent fort d'être houleuses ...

Quant à vos alliés les Verts, avec lesquels vous partagiez et défendiez hier encore bon nombre d'idées et autant d'utopies, comment vont-ils réagir ?

C'est ainsi par exemple que dans un billet posté sur votre blog le 13 septembre 2009, intitulé "Sécurité urbaine, une préoccupation socialiste", je vous demandais de préciser votre position et celle du PSG à propos de la "proposition n° 72" des "Verts" et de l'argumentation de Mathilde Captyn, alors candidate de ce parti au Grand-Conseil, laquelle affirmait péremptoirement sur le blog des "Verts" :

" Les Verts proposent d'élargir le recrutement des policiers aux étrangers. Ce n'est pas acceptable que cette fonction soit réservée aux seuls détenteurs du passeport suisse - dans une ville où la diversité s'exprime par 40% d'habitants d'origine étrangère. "

J'interpellais René Longet sur son blog :

" En tant que socialiste, pensez-vous qu'il soit "inacceptable" qu'à Genève la fonction de policier ne puisse être accessible aux ressortissants étrangers ? "

" Partagez-vous l'argumentation de Mathilde Captyn ? La nuancez-vous ? "

René Longet m'avait répondu qu'il partageait tout à fait la vision de Mathilde Captyn :

" Ce que Mme Captyn propose et dit est absolument logique et ne doit aucunement rester un tabou. "

Pour les détails, voir ici :

http://longet.blog.tdg.ch/archive/2009/09/13/securite-urbaine-une-preoccupation-socialiste.html

A l'image de cette poignée de mains historique, les gendarmes, nombreux au sein du MCG, ne semblent pas avoir gardé rancune à René Longet. A moins qu'ils n'aient pas été consultés par leur leader politique, autocrate patenté, avant que celui-ci n'adoube René Longet ?

Quant aux Verts qui ambitionnent de faire élire des frontaliers suisses aux prochaines élections fédérales du 23 octobre, ils se seraient bien passés de cette alliance de la carpe et du lapin.

Cette politique genevoise atteint des sommets et devient franchement catastrophique, de compromissions en trahisons, que d'idéaux trahis pour un bol de soupe !

On vit vraiment une époque formidable comment l'aurait dit le regretté dessinateur de BD Jean-Marc Reiser !

 

13:00 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (20) | Tags : politique genevoise, stauffer, longet, cour des comptes | |  Facebook

27/05/2011

Le syndrome de Fukushima a frappé. Est-il féminin ?

 

Ainsi ce 25 mai, le Conseil fédéral - conjugué au féminin nous dit-on - a pris sa décisioncentrales-nucleaires.jpg, il faudra toute affaire cessante éteindre la lumière dans les centrales nucléaires au terme de leurs concessions.

Ce sera en 2034 au plus tard !

C'est que le temps pressait, il y a eu la catastrophe de Fukushima, mais surtout les prochaines élections fédérales qui approchent à grands pas. Dame ! Elles auront lieu en octobre prochain.

 

Décider comme ça dans la précipitation sous la pression populaire de sortir du nucléaire, sans proposer d'alternatives crédibles, n'est pas très responsable, mais il est vrai que l'on est à moins de cinq mois des élections fédérales. Une aubaine !

Entre la peste du risque nucléaire et le choléra des rejets de CO2, le Conseil fédéral a tranché : la couche d'ozone sera sacrifiée sur l'autel de Fukushima !

Tout ce qui hier encore était intolérable pour l'environnement sera béni demain, mais cela coûtera plus cher parce que ce sera taxé pour nous inciter à économiser. Doris nous l'a promis ...

La Suisse sera ainsi la première victime collatérale de la catastrophe de Fukushima. Sa compétitivité économique s'en trouvera péjorée du fait d'un prix du kWh plus élevé que chez ses concurrents. Il en ira de même pour les ménages.

Certes on nous promet déjà que la décision stimulera le développement d'énergies alternatives, ainsi que la recherche dans le domaine de l'efficacité énergétique. Il n'en reste pas moins que la Suisse se singularisera une fois de plus en prenant beaucoup de risques, alors qu'il eût été urgent de réfléchir, d'étudier plus à fond les différents scénarios possibles et surtout accompagner cette décision d'incitations fiscales adéquates.

 

Reste à savoir si les développements technologiques promis, qu'il s'agisse de production à partir d'énergies renouvelables ou dans le domaine de l'efficacité énergétique, pourront à eux seuls compenser les conséquences de cette décision sur l'emploi et le PIB de la Suisse.


Personne j'en conviens, ne souhaiterait vivre à proximité d'une centrale nucléaire, mais que l'on me comprenne bien, il s'agira de trouver d'autres sources de production pour remplacer tout de même près de 40% de la consommation d'énergie électrique d'ici à 2034 et ceci sans parler de l'accroissement annuelle de la consommation qui représente 2% par année.

Certes l'énergie nucléaire n'est pas une panacée, mais il faut tout de même rappeler qu'elle ne produit pas de CO2 néfaste à la couche d'ozone. Qu'elles sont les alternatives pour produire 40% de la consommation d'électricité suisse ?

La construction de nouveaux aménagements hydroélectriques n'est guère possible, sauf à petite échelle et ceux-ci se heurteront forcément à des oppositions du fait de leur impact sur le paysage.


Les énergies éolienne et solaire ne suffiront pas à elles seules, et de loin, à compenser le manque de production, sans parler de l'imprévisibilité et des aléas d'une telle source de production.

Reste alors la production thermique classique, mais il s'agit dans la plupart des cas d'énergies fossiles non-renouvelables (fuel, charbon, gaz) qui toutes produisent du CO2 néfaste à la couche d'ozone.

Alors pourquoi faudrait-il importer 40% de notre consommation, sachant qu'elle sera produite à partir de centrales nucléaires, ceci à hauteur de 80% en France, et que ces mêmes centrales ne nous mettent nullement à l'abri d'un accident tel que celui de Fukushima ?


Économies d'énergie oui, mais sommes-nous bien conscients de ce que représente 40% de notre consommation ? Il faudrait par ailleurs que la plupart d'entre nous fassions l'effort de comprendre les règles physiques et économiques qui régissent la production, le transport, la distribution et la consommation d'énergie électrique.

 

La décision du Conseil fédéral a été prise à la hâte, sous le coup de l'émotion, sans véritable réflexion ni propositions crédibles, sous la pression de la rue. C'est une décision électoraliste avant tout !


En ce 25 mai 2011, le Conseil fédéral a confondu vitesse et précipitation.

Promettre c'est bien, assumer c'est mieux !

 

26/04/2011

Le train de Schengen bloqué à Vintimille …

L’Union Européenne est confrontée à un nouveau problème posé par les révolutions arabes qui la mettent à l’épreuve.

 

C’est ainsi que les quelques 25'000 réfugiés, des Tunisiens pour la plupart, qui ont débarqué à Lampedusa depuis quelques semaines, ont ouvert une crise entre Paris et Rome.

 

L’Italie placée aux avant-postes, a attendu vainement une aide de ses partenaires européens pour l’aider à gérer l’accueil de ces migrants. Lasse d’attendre, elle a décidé dans l’urgence d’octroyer des visas Schengen d’une validité de six mois à ces Tunisiens et de les relâcher dans la nature.

 

Ceux-ci se sont empressés de mettre le cap sur la France, où la plupart d’entre eux y ont des frères, des cousins, des parents, des amis et connaissances pour les accueillir. Ils ont donc pris le train en direction du nord, mais Paris a immédiatement réagi en avertissant qu’il n’était pas question que la France accueille ces gens démunis de ressources. Cette réaction s’inscrit naturellement dans le contexte de politique intérieure propre à la campagne de la présidentielle de 2012. Il est vrai que les sondages ont parlé et donnent Sarkozy perdant, alors que Marine Le Pën a le vent en poupe …

 

La France a donc bloqué les trains à la frontière franco-italienne de Vintimille en invoquant le maintien de l’ordre public, les réfugiés étant accompagnés d’Italiens chargés de les soutenir pour rappeler aux Français qu’après tout, ces visas Schengen émis par l’Italie permettent à leurs titulaires de circuler librement et en toute légalitéSarko-Berlu.jpg dans l’ensemble de l’espace formé par les 25 pays signataires …

 

Pas de ça Lisette ont répondu les autorités françaises en menaçant de suspendre les accords de Schengen et d’exiger une renégociation de ceux–ci.

 

Une rencontre franco-italienne au plus haut niveau a été organisée séance tenante et c’est ainsi que Nicolas Sarkozy accompagné d’une importante brochette de ministres – et non des moindres - , rencontre aujourd’hui même, ce mardi 26 avril 2011, Silvio Berlusconi en Italie pour trouver une solution.

 

Pour nous autres Suisses ce litige franco-italien autour de visas Schengen peut paraître cocasse à première vue, car on ne peut s’empêcher de penser à la réaction commune de nos deux voisins, pour ne pas parler de tollé, qu’avait provoqué la décision de Berne d’inscrire Kadhafi, les membres de sa famille et ses sbires, dans une liste noire, afin de priver ceux-ci de visas Schengen et faire pression sur Tripoli suite à la prise d’otages de nos deux compatriotes en Libye. La France et l’Italie, par les voix de leurs ministres des affaires étrangères respectifs, avaient alors poussé des cris d’orfraie en accusant la Suisse d’interpréter à sa guise les accords de Schengen.

 

Toutefois à y regarder de plus près, une renégociation des accords de Schengen devrait plutôt nous préoccuper, nous qui n’appartenons pas à l’UE, nous n’aurons pas voix au chapitre pour défendre nos intérêts dans l’hypothèse d’une telle renégociation. Ce sera alors probablement à prendre ou à laisser …

 

Alors laissons nos deux voisins décider pour nous et cela devrait d’ailleurs réjouir et rassurer l’UDC, la LEGA et le MCG, puisqu’une telle renégociation se fera dans le respect des thèses populistes qui prévalent actuellement aussi bien à Paris qu’à Rome.

 

Gageons qu’aujourd’hui en Italie, l’ombre de Marine Le Pen et celle d’Umberto Bossi planeront sur la rencontre Sarkozy – Berlusconi.

 

Ce qu’en dit la presse française

 

Et la presse italienne …

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21/02/2011

Quel avenir pour Kadhafi ?

 

kadhafi_200b_03022009.jpg

La révolution de la rue arabe s'étend. Depuis quelques jours, elle a touché un pays très fermé, qualifié de « Corée du Nord » du monde arabe. Je parle de la Libye bien sûr !

 

J'écoutais ce soir sur RSR1 « La Première » l'émission « Forum » consacrée en bonne partie à des interviews accordées à MM. Carlo Sommaruga, Hasni Abidi et Abdel Lamhangar sur les derniers événements en Libye (écoutez ici).

 

Pour Carlo Sommaruga, avec lequel je suis souvent en désaccord, il faudrait que la Suisse prenne l'initiative de mettre sur une liste noire les membres du régime Kadhafi, afin de les priver de visas Schengen. Selon le conseiller national socialiste, la Suisse serait bien placée pour prendre cette initiative, du fait qu'elle n'a plus grand chose à redouter en termes de rétorsions économiques depuis l'arrestation d'Hannibal Kadhafi à Genève en juillet 2008, puis de l'affaire des otages suisses retenus à Tripoli.

Asni Habidi a commenté la proposition de Carlo Sommaruga en affirmant qu'il s'agissait pour lui « d'un service minimum ». Il a demandé aussi que la Suisse prenne des initiatives auprès de l'ONU par le biais de Joseph Deiss, qui officie actuellement en tant que président de l'Assemblée générale de l'ONU. Par ailleurs Hasni Abidi rappelait aussi que les policiers libyens, ceux qui participent à l'actuelle répression, ont été formés par des policiers allemands !

Carlo Sommaruga s'est dit décidé à interpeller la Conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey la semaine prochaine, pour que notre gouvernement prenne l'initiative auprès de l'UE afin que les autorités libyennes soient privées de visas Schengen. La Suisse, en tant que signataire des accords de Schengen, serait fondée à prendre une telle initiative.

 

Il est vrai que l'Union Européenne semble actuellement bien empruntée pour condamner avec fermeté le régime de Kadhafi pour sa sanglante répression de la contestation libyenne et l'atteinte inadmissible aux droits humains dans ce pays au cours de ces dernières heures.

Selon l'organisation « HRW » (Human Rights Watch), ce sont désormais près de 300 personnes qui auraient été tuées à ce jour, autant dire descendues comme des lapins, par des milices gouvernementales, pour avoir manifesté contre le régime en place.

 

Catherine Ashton, ministre européenne des Affaires étrangères de l'UE, s'est dite « indignée par la répression en Libye ». Bien sûr, la France et l'Allemagne, par la voix de leur ministre respectif aux affaires européennes, Laurent Wauquier et Werner Hoyer, ont aussi dénoncé les exactions, mais de concret rien encore. Il faut dire que les intérêts économiques de l'UE en Libye sont importants. C'est ainsi que la chaîne de TV Al-Jazeera en anglais qui reportait ce soir avec détails les sanglantes répressions, notamment à Benghazi, rappelait que 79% du pétrole libyen est exporté vers l'Europe. Par ailleurs, le régime libyen bien qu'isolé diplomatiquement, n'a rien à craindre d'un boycott économique et ceci contrairement aux situations qui ont prévalu tant en Tunisie qu'en Egypte, pays dans lesquels les ressources touristiques comptent en terme de PIB, ressources auxquelles s'ajoute pour l'Egypte l'aide financière américaine. Le régime libyen peut quant à lui se prévaloir d'une rente pétrolière annuelle de 50 à 60 milliards de CHF. De surcroît le régime libyen dispose de devises étrangères en suffisance et peut surtout se permettre de faire chanter les pays de l'UE par le biais de juteux contrats d'investissement.

Le chantage a d'ores et déjà commencé, le régime libyen ayant menacé l'UE de suspendre son engagement à contrôler le flux migratoire vers l'Europe des migrants africains si celle-ci « s'obstinait à soutenir la contestation » de la rue libyenne.

 

Les Etats-Unis quant à eux ont été assez discrets jusqu'à ce jour sur les derniers événements libyens.

 

Donc contrairement à d'autres régimes contestés du monde arabe, le régime libyen même s'il est aujourd'hui chancelant, n'est pas encore près de tomber. Tel n'est pourtant pas l'avis de Hasni Abidi qui pense que le régime est très ébranlé.

Sachant qu'il n'a rien à attendre de personne, le régime libyen aux abois fera tout pour conserver le pouvoir et le fera savoir au prix fort à tous ses opposants.

 

Pour la Suisse, qui n'aurait rien à perdre dans l'initiative de Carlo Sommaruga, du fait du boycott libyen depuis l'affaire de l'arrestation d'Hannibal Kadhafi, ce serait une belle carte diplomatique à jouer. La diplomatie suisse pourrait reprendre l'initiative, redorer son image dans le monde arabe après l'interdiction de construction des minarets, mais surtout se repositionner dans sa lutte en faveur de droits humains.

 

Toutefois une question fondamentale se pose si d'aventure le régime libyen devait tomber après 42 ans de pouvoir total, sans aucun partage et sans aucune tolérance : existe-t-il une alternative crédible prête à relever le défi pour conduire la Libye sur la voie de la démocratie ?

 

15/09/2010

Le caillou dans la chaussure

 

Or donc le 22 septembre prochain, le Conseil fédéral risque fort de se découvrir très féminin, puisque quatre, voire cinq femmes, ont de fortes chances d’y siéger.

Qui s’en plaindrait ?

A priori personne, officiellement tout au moins.

Toutefois à décrypter les déclarations et interviews de femmes socialistes, qui s’autoproclament volontiers très féministes, on ressent une certaine réserve. Dame, c’est qu’une très forte majorité de femmes au Conseil fédéral risque de leur porter ombrage et de mettre à néant les raisons même de leur combat !

Après s’être beaucoup battues pour les quotas en politique, ces pourfendeuses du machisme se trouveraient-elles prises au piège de leur propre jeu ?

On pourrait le croire à entendre récemment Micheline Calmy-Rey qui trouvait qu’un Conseil fédéral au sein duquel cinq femmes pourraient siéger était susceptible de poser des problèmes.

On se demande bien de quels problèmes il pourrait s’agir ?

En tous les cas, notre Ministre des Affaires étrangères ne semblait pas très enthousiaste à l’idée d’accueillir parmi ses collègues, au sein du CF donc, une certaine Karin Keller-Sutter.

Hier dans l’émission « Forum » à 18h00 sur RSR1, c’était Maria Roth-Bernasconi, coprésidente des femmes socialistes, qui était interviewée. Dans le langage un peu emprunté qu’on lui connaît, la Conseillère nationale genevoise déclarait que les candidats du PLR et des Verts « n’avait pas été très convaincants » lors de leurs auditions. Elle faisait référence au bilan de l’engagement de ces candidats pour la promotion des femmes dans la société.

Pressée de questions et visiblement très embarrassée, Maria Roth-Bernasconi a tout de même avoué qu’à titre personnel, elle favoriserait plutôt l’élection d’une femme. Entendez par là que se préférence se porte sur Karin Keller-Sutter plutôt que sur Johann Schneider-Ammann.

Or il semble bien que son avis ne fasse pas l’unanimité parmi ses consœurs socialistes. Celles-ci craindraient-elles qu’une femme que l’on dit brillante ne leur porte ombrage ?

Dans cette course au Conseil fédéral, on le sent bien et on peut l’affirmer aujourd’hui, l’éventuelle élection de Karin Keller-Sutter semble être le caillou dans la chaussure socialiste.

Dans les chaussures pour dames seulement ?

Réponse dans une semaine !

 

 

Emission « Forum » du mardi 14 septembre sur RSR1 :

http://medias.rsr.ch/la-1ere/programmes/forum/2010/forum_...

 

 


Course-Escarpins-02.jpg

 

 

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