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23/12/2013

L'esprit de Noël est mort, le foie gras a vaincu la foi !

Dans cette ville française de province, bourgeoise, où je suis invité à passer les fêtes de fin d'année, je reste fasciné par le spectacle qui m'est offert.

On nous dit que la France est exsangue, qu'elle n'arrive pas à nouer les deux bouts, qu'elle a des problèmes de trésorerie au point de donner des cheveux gris à Pascal Broulis, que le chômage s'accroît, que les gens s'appauvrissent, or ce que je constate c'est que la fièvre acheteuse en cette fin d'année ne reflète absolument pas la situation économique du pays telle qu'elle nous est décrite en Suisse. Il n'est question ici que de débauche d'achats, de cadeaux, de vaisselle et de décoration de table qu'il faut assortir à la nappe, de chapons farcis au foie gras et aux truffes, de grands crus millésimés, de recettes gastronomiques toutes plus dithyrambiques les unes que les autres. On a l'impression que la fin du monde est proche. En attendant on consomme et surtout on en parle. Partout !

A la fin du repas, en ce dimanche soir 22 décembre vers 20h30,  je suis un téléspectateur captif, - captif car invité -, je "subis" une émission de "TF1" consacrée précisément aux "Repas du Réveillon" de Noël. Impossible de me dérober. L'une de ces émissions dont les chaînes françaises ont le secret. On y parle de gastronomie en égrenant les plats et surtout des produits qui les composent, de leurs prix et de leurs provenances. Des prix à faire saliver tous les chômeurs et pâlir les salariés payés au "SMIC".

Julie chez vous


Sur le plateau deux grands chefs dignes de représenter la gastronomie française entourent une jeune femme qui m'est inconnue.

 

Dialogue devant le poste :

- "Comment ? Tu ne connais pas Julie Andrieu, la fille de Nicole Courcel ? " m'interroge mon hôtesse.

Et non, je ne la connais pas, et sa mère pas davantage. Mais j'écoute Julie Andrieu, bien malgré moi. Pas le choix, je suis bien élevé ...

Question de l'animateur de l'émission :

- "Qui inviteriez-vous à votre table pour passer le Réveillon de Noël ? "

Réponse de Julie Andrieu, la bouche en coeur :

- "Jean Ziééééégler, c'est un économiste (sic) qui lutte contre la faim dans le monde et aussi contre la finance ..."

Là, les chaussettes me tombent, le dernier "Spéculos" pris avec mon café me reste au travers de la gorge.

Courage, fuyons :

- " Je vais sortir le chien ..."

Pas de doute, le chien est vraiment le meilleur ami de l'homme !

Jean Ziegler en France, c'est un peu comme les bricelets vaudois, il est de toutes les fêtes ... même à Noël, c'est incontournable.

L'esprit de Noël est mort, Jean Ziegler et le foie gras ont vaincu la foi !

12/09/2012

Quand la RTS nous manipule par image interposée

Ce mercredi 12 septembre 2012, au journal de 19h30 sur RTS1, on nous présente un « éclairage sur la réduction de l'aide dont bénéficieront à présent les requérants récalcitrants », ceci pour illustrer les débats de ce jour sur la question au Conseil national.

Le reportage, d’une durée de 2min33, tente de nous présenter le quotidien d’un requérant d’asile guinéen, vraisemblablement à Lausanne. Rien de particulier à dire sur le reportage jusqu’au moment où on nous montre une scène où l’on voit le requérant d’asile pénétrer dans un parc public pour s’y installer. On aperçoit alors pendant quelques secondes, bien en vue sur la droite de l’écran, un panneau « Interdit aux chiens ».

 

Manipulation d'information.JPG

 

Revoir la scène en vidéo en cliquant sur le  lien ici.

 

Question : Pourquoi donc le cameraman s’est-il senti obligé de faire figurer ce panneau dans l’image, et pourquoi le responsable de l’édition l’a-t-il laissé passer ?

Pourquoi cherche-t-on à faire un amalgame par l’image entre les requérants d’asile que l’on aperçoit en arrière-plan de la scène et le chien figurant dans le panneau ?

On connaît l’efficacité des images sur l’inconscient, elle fait partie des techniques de la publicité dont elle fait la force, alors pourquoi tenter de manipuler les téléspectateurs ? Serait-ce pour mieux les culpabiliser ?

La question posée est grave, bien trop grave pour la banaliser !

Sommes-nous des adultes responsables ou de simples consommateurs d’images incapables de discernement ?

 

22:15 Publié dans Médias, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook