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08/12/2015

Gare Cornavin, ou comment Genève gaspille des centaines de millions

 

Par la presse et les médias on apprend que Genève, Canton et Ville, ont signé ce matin (7 décembre 2015) avec la Confédération une convention pour la réalisation de l'extension souterraine de la Gare Cornavin (voir ici).

Cette aventure, car c'en est une, consistera à engloutir 1600 millions de francs dans un projet de gare souterraine totalement inutile, constituée d'un quai et de deux voies. Autant dire une bagatelle ...

L'augmentation de la cadence au 1/4 d'heure entre Coppet et Genève après la mise en exploitation du « Léman Express » (CEVA), dans le cadre de l'aménagement ferroviaire 2025, nécessite certes l'adaptation du nœud ferroviaire de Genève, mais ne requiert en soi aucune extension de la Gare Cornavin, comme le démontre le projet « Genève Route et Rail » (voir ici) de Monsieur Rodolphe Weibel. Voir aussi mon précédent billet à ce sujet ici.

Malgré plusieurs tentatives auprès de nos autorités politiques pour qu'elles étudient attentivement le projet « Genève Route et Rail », dont mon courrier du 12 octobre dernier à Monsieur Luc Barthassat, Conseiller d’État en charge des transports, celles-ci sont restées sourdes. Monsieur Barthassat n'a pas pris la peine de répondre à ma lettre, ni même d'en accuser réception.

Plus grave encore, les autorités politiques genevoises ne se sont jamais expliquées sur les raisons du choix retenu, pas plus qu'elles n'ont évoqué d'autres solutions techniquement plus simples à mettre en œuvre, mais surtout bien moins coûteuses, telle que celle dont il est question ci-dessus. Elles n'ont présenté aucun argument aux citoyens et contribuables, enfin à ceux qui paient encore des impôts dans ce canton puisqu'on sait qu'un tiers n'en paient pas, pour justifier leur choix.

Aujourd'hui mises sous pression par la Confédération et les CFF, qui doivent impérativement respecter les délais, nos autorités cantonales parent au plus pressé après avoir tergiversé des mois durant et après les habituelles et sempiternelles passes d'armes entre la Ville et le Canton qui ont fait de Genève la risée de la Suisse et de ses contribuables les dindons de la farce.

S'agissant du financement du projet, la Confédération le financera à hauteur de 1074 millions de francs, le Canton 416 millions et la Ville 111 millions. Pour mémoire le projet « Genève Route et Rail », beaucoup plus simple et plus rapide à mettre en œuvre, sans impact sur le site de Cornavin et surtout bien moins coûteux, serait entièrement financé par la Confédération. Cette solution permettrait ainsi à Genève, Ville et Canton, d'économiser 527 millions de francs.

Reste à savoir maintenant le sort qui sera réservé au projet tel qu'il a été présenté en conférence de presse aujourd'hui, puisqu'il devra forcément obtenir l'aval du Grand Conseil pour le Canton et du Conseil Municipal pour la Ville. Étant donné la situation financière calamiteuse du Canton, endetté jusqu'au cou à hauteur de plus de 13 milliards de francs, on imagine que l'obtention de l'aval du législatif cantonal ne sera pas qu'une simple promenade de santé pour Monsieur Barthassat. Et si par le plus grand des hasard, ce crédit devait tout de même être accepté par le Grand Conseil, il y a fort à parier qu'un référendum serait lancé ...

 

03/07/2012

Quand les paniers percés font la fine bouche …

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On sait la France endettée jusqu’au cou. On la sait fière aussi, voire arrogante parfois.

Il y a une dizaine de jours, une « Commission d’enquête sur l’évasion fiscale » (excusez du peu) du Sénat français, formée de deux socialistes et d’un communiste, le sénateur Eric Bocquet rapporteur, est venue à Berne pour « s’informer sur l’évasion fiscale vers la Suisse ».

Cette commission d’enquête n’a pas souhaité donner suite à la proposition de la députée nouvellement élue, Madame Claudine Schmid, représentant les Français de Suisse et du Liechtenstein à l’Assemblée nationale française, de s’entretenir avec elle. A Berne la commission sénatoriale française a rencontré le Secrétaire d'Etat chargé des questions fiscales, Michael Ambühl qui a lui expliqué les bienfaits des accords « Rubik ». La commission souhaitait aussi rencontrer les présidents des Commissions des Finances du National et des Etats. Elle les aurait dit-on, « convoqués » (!). Ceux-ci n’étant pas disponibles, elle se serait alors rabattue sur de seconds couteaux dont semble-t-il Manuel Tornare. C’était pour celui qui s’ennuie à mourir dans « cette capitale où il ne se passe rien », l’occasion sans doute d’étaler sa vaste culture.

Bref, la commission d’enquête française est repartie de Berne assez déçue semble-t-il de l’accueil glacial qu’elle aurait reçue.

Sur le chemin du retour, elle s’est arrêtée à Genève pour rencontrer Jean Ziegler qui lui aura très certainement réservé un très chaleureux accueil, lui dont le rayonnement intellectuel est en chute libre dans son propre pays. Mais pour la France, accrochée à ses clichés comme chacun sait, Jean Ziegler reste une icône.

Avant même son retour à Paris, la délégation a dit tout le mal qu’elle pensait de la solution « Rubik », taxée de solution d’amnistie fiscale par Eric Bocquet.

 

Peut-être n’est-ce que pure coïncidence, mais on apprenait hier par l’AFP que notre Présidente de la Confédération Eveline Widmer-Schlumpf, aurait proposé au président français François Hollande de poursuivre les discussions entamées avec les gouvernements précédents sur un éventuel accord fiscal. Elle l’aurait même invité à venir en Suisse. Pour l’heure, la présidence française n’a pas encore répondu à ce qui paraît être un appel du pied.

 

Mais pourquoi donc insister tellement ? Pourquoi rappeler à la France les bienfaits supposés de « Rubik » alors que nos voisins savent très exactement de quoi il s’agit ? Après tout si la France préfère suffoquer dans le dogme plutôt que de s’offrir un bol d’oxygène de réalisme, c’est bien son droit.

 

La dette publique française atteignait 1789,4 milliards au 31 mars 2012 selon l’Insee, l’Institut français de la statistique qui nous l’apprend. Coïncidence sans doute, mais « 1789 » c’est aux chiffres près, exactement le millésime de la prise de la Bastille. Serait-ce une prémonition ?

Cette dette donc, a beaucoup augmenté au cours des 3 premiers mois de l’année nous dit-on. Elle représente désormais 89,3% du PIB la France. Pourtant la France fait la fine bouche. Accrochée à ses dogmes, elle refuse une solution (Rubik) qui lui permettrait de récupérer quelques centaines de millions d’euros très rapidement. Pis que cela, elle snobe la Suisse en refusant même de négocier pour s’en remettre à un hypothétique échange automatique de données qui serait imposé par l’UE. Au vu de sa dette abyssale, un tel accord ne serait certes qu’une goutte d’eau, mais c’est très symbolique de l’état d’esprit qui règne actuellement à Paris.

La Suisse a signé ce type d’accord avec le Royaume-Uni, l’Autriche et l’Allemagne – qui ne l’a certes pas encore ratifié. Elle négocie aussi avec l’Italie et les USA, mais la France, vous n’y pensez pas, ne va pas s’abaisser à ce point.

 

Madame Eveline Widmer-Schlumpf, de grâce cessez donc de prier la suffisante présidence française et laissez le coq gaulois pérorer dans sa basse-cour.

09:16 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : rubik, accords fiscaux, france, widmer-schlumpf, dette publique | |  Facebook