UA-65298158-1

14/10/2011

Elections fédérales et listes exotiques

 

Comme tout un chacun, j'ai reçu récemment mon matériel de vote pour les élections fédérales du 23 octobre prochain. En consultant le fascicule des listes, je découvre avec étonnement certaines listes que je qualifierai d'exotiques, du fait qu'elles ne sont constituées que de candidats vivant à l'étranger.

 

Les citoyens suisses établis à l'étranger ont la possibilité de voter en Suisse depuis quelques années et mes propos ne visent nullement à leur contester ce droit.

Ce qui m'interpelle en revanche c'est la possibilité qui leur est offerte de siéger au Conseil national, la Chambre du peuple, c'est-à-dire d'être élu à Berne.

 

Il convient cependant de nuancer lorsque l'on parle de vivre à l'étranger, car si certains de ces candidats vivent en France voisine, à proximité immédiate de Genève, d'autres en revanche sont établis dans des contrées beaucoup plus éloignées, telles que l'Australie ou la Canada ...

Dans de telles conditions, on peut émettre de sérieux doutes quant à l'efficacité réelle de tels  parlementaires « hors sol ».

En effet comment ceux-ci pourraient-ils appréhender objectivement des problèmes spécifiquement liés à la vie en Suisse, tels que ceux des assurances sociales, notamment l'épineux sujet de la santé publique avec la couverture maladie et la planification hospitalière, les transports publics avec leur financement et leur planification, voire les finances fédérales dont les ressources proviennent essentiellement de la TVA et de l'IFD, impôts qui ne frappent que les personnes résidant en Suisse ?

 

Et puis les sessions parlementaires durent plusieurs semaines par années, sans parler des séances de commissions, qui impliquent une présence et de longs séjours à Berne.

Par ailleurs, il faut rappeler que le Parlement helvétique est un parlement de milice qui ne permet pas aux Conseillers nationaux et Conseillers aux Etats de vivre exclusivement de leur activité parlementaire, ce qui oblige les élus à conserver une activité professionnelle.

Dans ces conditions, comment envisager sérieusement le maintien d'une activité professionnelle ou des études à l'étranger, que ce soit à Sydney, au Canada, voire en Espagne ?

 

Une autre question se pose s'agissant des candidats possédant une double nationalité et exerçant déjà une activité parlementaire dans un pays étranger. Pour Genève, ces cas concernent essentiellement des Suisses possédant également la nationalité française, candidats aux élections cantonales ou élus dans des Conseils municipaux en France voisine. Comment peut-on objectivement défendre les intérêts nationaux de deux pays distincts, sachant que ces intérêts peuvent être divergents sur de nombreux sujets ? Est-ce bien cohérent ?

 

Paradoxalement, ces listes exotiques échappent aux orientations politiques traditionnelles gauche-droite. Ainsi « Les Verts » ont la leur, tout comme les socialistes, le PDC et, plus surprenant, l'UDC ! Surprenant du fait des prises de position de ce parti à propos des étrangers et de son initiative visant à « stopper l'immigration massive » ...

 

Pour conclure, je ne songe pas un instant à faire élire des Suisses de l'étranger, fussent-ils de France voisine, pour représenter mes intérêts à Berne. Ces listes exotiques ne me convainquent pas du tout !

 

Ne gaspillons pas nos voix et votons pour des candidats à même de défendre nos intérêts. Par conséquent votons pour des personnes reconnues pour leurs compétences et dotées d'une forte personnalité, pour des candidats domiciliés sur le territoire du canton de Genève.

Plutôt que de glisser une liste compact de parti dans l'urne, n'hésitons pas à biffer les candidats qui ne nous conviennent pas, par exemple ceux qui se représentent mais que l'on a guère entendus à Berne ou ceux qui sont alignés comme des petits soldats derrière la ligne dogmatique dictée par leur parti. Préférons la liste neutre à la liste de parti !

 

Mais le plus important est de voter, car la future législature s'annonce d'ores et déjà très importante. En effet, les défis que la Suisse devra relever sont nombreux. Parmi ceux-ci, je note la défense de la place économique de notre pays, la cohésion sociale, les assurances sociales, la politique énergétique, la sécurité intérieure, la politique extérieure dont la promotion de la Suisse à l'étranger fait partie, la mobilité et les transports publics, etc.

 

 

14:33 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : elections fédérales, genève, partis politiques | |  Facebook