UA-65298158-1

08/12/2015

Gare Cornavin, ou comment Genève gaspille des centaines de millions

 

Par la presse et les médias on apprend que Genève, Canton et Ville, ont signé ce matin (7 décembre 2015) avec la Confédération une convention pour la réalisation de l'extension souterraine de la Gare Cornavin (voir ici).

Cette aventure, car c'en est une, consistera à engloutir 1600 millions de francs dans un projet de gare souterraine totalement inutile, constituée d'un quai et de deux voies. Autant dire une bagatelle ...

L'augmentation de la cadence au 1/4 d'heure entre Coppet et Genève après la mise en exploitation du « Léman Express » (CEVA), dans le cadre de l'aménagement ferroviaire 2025, nécessite certes l'adaptation du nœud ferroviaire de Genève, mais ne requiert en soi aucune extension de la Gare Cornavin, comme le démontre le projet « Genève Route et Rail » (voir ici) de Monsieur Rodolphe Weibel. Voir aussi mon précédent billet à ce sujet ici.

Malgré plusieurs tentatives auprès de nos autorités politiques pour qu'elles étudient attentivement le projet « Genève Route et Rail », dont mon courrier du 12 octobre dernier à Monsieur Luc Barthassat, Conseiller d’État en charge des transports, celles-ci sont restées sourdes. Monsieur Barthassat n'a pas pris la peine de répondre à ma lettre, ni même d'en accuser réception.

Plus grave encore, les autorités politiques genevoises ne se sont jamais expliquées sur les raisons du choix retenu, pas plus qu'elles n'ont évoqué d'autres solutions techniquement plus simples à mettre en œuvre, mais surtout bien moins coûteuses, telle que celle dont il est question ci-dessus. Elles n'ont présenté aucun argument aux citoyens et contribuables, enfin à ceux qui paient encore des impôts dans ce canton puisqu'on sait qu'un tiers n'en paient pas, pour justifier leur choix.

Aujourd'hui mises sous pression par la Confédération et les CFF, qui doivent impérativement respecter les délais, nos autorités cantonales parent au plus pressé après avoir tergiversé des mois durant et après les habituelles et sempiternelles passes d'armes entre la Ville et le Canton qui ont fait de Genève la risée de la Suisse et de ses contribuables les dindons de la farce.

S'agissant du financement du projet, la Confédération le financera à hauteur de 1074 millions de francs, le Canton 416 millions et la Ville 111 millions. Pour mémoire le projet « Genève Route et Rail », beaucoup plus simple et plus rapide à mettre en œuvre, sans impact sur le site de Cornavin et surtout bien moins coûteux, serait entièrement financé par la Confédération. Cette solution permettrait ainsi à Genève, Ville et Canton, d'économiser 527 millions de francs.

Reste à savoir maintenant le sort qui sera réservé au projet tel qu'il a été présenté en conférence de presse aujourd'hui, puisqu'il devra forcément obtenir l'aval du Grand Conseil pour le Canton et du Conseil Municipal pour la Ville. Étant donné la situation financière calamiteuse du Canton, endetté jusqu'au cou à hauteur de plus de 13 milliards de francs, on imagine que l'obtention de l'aval du législatif cantonal ne sera pas qu'une simple promenade de santé pour Monsieur Barthassat. Et si par le plus grand des hasard, ce crédit devait tout de même être accepté par le Grand Conseil, il y a fort à parier qu'un référendum serait lancé ...

 

25/11/2013

Le TCS et la vignette : demain on rasera gratis !

Or donc les urnes ont parlé. A mon grand regret, elles ont rejeté l'augmentation de la vignette. L'histoire jugera, même si cet événement est infime en regard des problèmes de l'humanité, je ne peux m'empêcher d'analyser la campagne et la motivation de la majorité des électeurs. En fait de motivation, je pense qu'il faudrait mettre ce terme au pluriel car il s'agit d'un amalgame hétéroclite.

Dans ce front du refus, on trouve pêle-mêle les démagogues habituels de l'UDC, les Verts écologistes opposés à tout ce qui concerne la bagnole et qui n'en possèdent pas, mais qui ne rechignent pas à se faire transporter dans celles des autres, à l'image de Robert Cramer alors Conseiller d'Etat. Et puis il y a aussi l'ATE qui combattait cette augmentation par idéologie et faisait alliance avec un bien curieux partenaire de circonstance : le TCS !

Oui, le TCS qui se prévaut de "défendre les intérêts de tous les automobilistes", comme si ces derniers lui avaient donné un blanc-seing ou avaient été consultés et donné leur adhésion. Cette campagne m'aura au moins appris que ledit TCS est doté d'une "Commission politique" qu'on suppose être élue par les délégués. En tant que sociétaire, je ne sache que le TCS m'ait une seule fois demandé de m'exprimer au sujet de cette augmentation du prix de la vignette, alors de quel droit prétend-il parler au nom de tous ses sociétaires ? Le citoyen électeur que je suis serait-il mis sous tutelle au motif qu'il serait jugé incapable de discernement au point de devoir s'en remettre à un club de dépannage routier chargé de penser et de décider pour lui ? Demande-t-on à sa caisse maladie de défendre ses intérêts pour contenir les augmentations des primes dans le domaine de la santé ?

Les automobilistes ne le sont que partiellement, car ils aussi tous piétons et parfois cyclistes ou motocyclistes. Ce qui m'intrigue dans ce refus du TCS, ce sont les motivations qui le sous-tendent. Les arguments servis par le TCS lors de la campagne sortaient parfois tout droit du Café du Commerce et fleuraient bon la démagogie, car jamais ses porte-paroles ne nous ont expliqué comment ils entendaient réaliser le programme d'extension des routes nationales et leur entretien, ni surtout dans quels délais. Car il ne faut pas se leurrer, sans ressources supplémentaires ce programme d'extension du réseau des routes nationales ne pourra pas être réalisé et les projets devront être repris par les cantons, des cantons qui ne disposent pas des ressources nécessaires. Des ressources, mais quelles ressources ? Fiscales ? Mais fiscaliser quoi, qui et comment ? Bonjour la solidarité entre les régions !

A la suite de ce couac électoral deux hommes ont émergé, sortis du lot dans cette médiocrité politique ambiante : les Vaudois Pascal Broulis et Olivier Français. Deux véritables hommes d'Etat qui ont démontré qu'il avaient une réelle vision des tâches de la Confédération, qui ont parlé de l'urgence de la réalisation des infrastructures de transport routières et ferroviaires, de solidarité confédérale et de l'impérieuse nécessité de ne pas laisser tomber les cantons.

La Suisse, heureux pays qui peut s'offrir le luxe d'un référendum national sur une augmentation de prix d'une vignette autoroutière. Lorsqu'on n'a pas de problèmes, il suffit d'en inventer !

Le TCS s'est quant à lui tiré une balle dans le pied car comme chacun sait, demain on rasera gratis !

11:11 Publié dans Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (27) | Tags : tcs, vignette, autoroutes, financement des infrastructures | |  Facebook