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12/08/2013

Le populisme s'invite chez les Verts ...

Dans un billet publié récemment, un éminent blogueur Vert s'en est pris "aux frontaliers vaudois" coupables selon lui, de ne pas payer d'impôts sur Genève. Curieux procès en vérité ...

 

Est-il nécessaire de rappeler ici, qu'en Suisse les revenus sont fiscalisés sur le lieu du domicile et non sur le lieu de travail. Cette règle vaut pour l'ensemble du pays.

 

Pour satisfaire son dynamisme, l'économie genevoise est contrainte de puiser une partie de sa main-d`oeuvre à l'extérieur du canton. Le bassin d'emploi dépasse les frontières cantonales. Toutefois ce problème n'est pas propre à Genève, on le rencontre partout en Suisse. Il s'accentue d'ailleurs avec les années et se traduit notamment par une augmentation de la mobilité. Qui ne connaît pas des Valaisans ou des Fribourgeois travaillant sur Vaud ? Des gens de Suisse centrale, d'Argovie ou de Thurgovie travaillant à Zurich ? Des Jurassiens travaillant à Bâle, etc.

 

La fiscalité est un domaine très complexe. Elle n'est pas homogène. La ponction fiscale s'exerce différemment au sein des différents cantons et certains d'entre eux prélèvent plus que d'autres. Ces différences résultent de plusieurs facteurs, de choix politiques surtout, économiques, de contraintes sociologiques, topographiques, de tâches régaliennes qu'il faut assumer, etc. Par conséquent certains cantons subissent des charges financières plus élevées que d'autres et leurs ressources ne leur permettent pas toujours d'équilibrer leurs comptes publics. C'est une des conséquences du fédéralisme et c'est précisément pour remédier à ce déséquilibre entre cantons riches et cantons pauvres, que la Confédération a mis en place un système de péréquation financière.

 

Mais pourquoi donc cette idée farfelue de vouloir faire passer à la caisse les "frontaliers vaudois" ? Micheline Calmy-Rey s'y était déjà essayée il y a quelques années de cela , avec l'insuccès que l'on connaît. Pourquoi vouloir récidiver aujourd'hui alors que la tentative est vouée à l'échec faute de base légale et que la solution est à trouver avant tout au niveau fédéral ?

 

La dette publique genevoise est considérable. Elle s'élève à quelques 12 à 13 milliards de francs. Mais à l'image de la France qui n'arrive pas à équilibrer ses comptes publics depuis plus de 35 ans, Genève est incapable d'équilibrer ses budgets. Alors par mimétisme sans doute, elle songe à imiter son voisin de l'Hexagone en tentant de faire les poches des ressortissants du canton voisin. Il est vrai que la santé des finances vaudoises s'est considérablement améliorée au cours de ces dernières années. Une amélioration qui n'est pas le fruit du hasard mais d'une volonté politique qui fait défaut à Genève.

Plutôt que de s'inspirer de cet exemple vaudois, Genève prétend maintenant convoiter le pactole de son voisin, à l'image d'une France exsangue de ses finances publiques qui elle vise les richesses de la Suisse !

 

On nage ici en plein populisme en tentant de nous faire croire que si les finances publiques genevoises sont en mauvais état, c'est la faute des "frontaliers vaudois". On découvre donc qu'il existe un "populisme vert", comme il existe un populisme du MCG à propos des frontaliers français, ou un populisme de l'UDC dans d'autres domaines (vignette automobile, relations de la Suisse avec l'UE, etc.).

Et si cette idée farfelue n'était finalement qu'une simple provocation destinée à sonder l'opinion publique en cette année d'élections ?

 

Les Verts seraient mieux inspirés de nous expliquer comment ils entendent financer les nombreux projets, qui sont autant de défis, dont on parle au sein de la République (la mobilité, la traversée de la Rade, la sécurité publique, l'extension de Champ-Dollon, etc.), plutôt que d'alimenter un conflit entre Vaudois et Genevois.

 

En guise de conclusion, une réflexion extraite d'une citation de Frédéric Bastiat :

 

« ... aujourd'hui comme autrefois, chacun, un peu plus, un peu moins, voudrait bien profiter du travail d'autrui. Ce sentiment, on n'ose l'afficher, on se le dissimule à soi-même; et alors que fait-on ? On imagine un intermédiaire, on s'adresse à l'État, et chaque classe tour à tour vient lui dire: « Vous qui pouvez prendre loyalement, honnêtement, prenez au public, et nous partagerons. »

18/10/2012

Mais qui parle de tuer la Ville de Genève ?

Dans un billet publié ce jour sur son blog, Sylvain Thévoz s’en prend au candidat Guillaume Barazzone qu’il accuse de vouloir « tuer la Ville », si je l’ai bien compris.

Je m’empresse de préciser que je ne connais ni Sylvain Thévoz, ni Guillaume Barazzone et que, n’étant pas domicilié à Genève-Ville, je ne pourrai voter à l’occasion de cette élection complémentaire au Conseil Administratif de la Ville de Genève. Par conséquent je suis peu au fait des reproches formulées à l’encontre du candidat Barazzone dans cette campagne.

Mais ce ne sont pas les échos de la polémique de cette campagne qui m’interpellent ici, mais plutôt certains thèmes sensibles, très intéressants, voire fondamentaux, abordés par  Sylvain Thévoz dans son billet. Indépendamment de la personnalité de l’élu qui remplacera Pierre Maudet au Conseil Administratif de la Ville de Genève, force est de constater que les problèmes qui sont évoqués subsisteront bien malheureusement au-delà de cette élection. En effet, c’est d’institutions et plus précisément du statut de la Ville de Genève dont il s’agit et non pas d’une question de personne. En d’autres termes, peu importe le nom du futur Conseiller administratif élu, que cela soit Guillaume Barazzone ou Salika Wenger, ou un autre, car fondamentalement les problèmes abordés subsisteront.

En effet, c’est de problèmes institutionnels dont il s’agit ici, alors osons poser une question : quand donc aurons-nous le courage à Genève de regarder la réalité en face et mettre les problèmes sur la table, sans tabou, ni à-priori ?

La Ville fournit indéniablement des prestations culturelles et de sécurité publique, voire d'autres encore, à l'ensemble du canton en cela Sylvain Thévoz a raison. Pour autant, n'est-il pas pertinent de se poser certaines questions majeures ? N'est-il pas temps par exemple de redéfinir Genève comme une seule agglomération dans ses frontières cantonales aux sens politique et administratif du terme, cela dans l'intérêt de tous ? Par ces temps de disette fiscale d'ores et déjà annoncée, toute réforme politique, administrative et fiscale serait-elle taboue ? Peut-on débattre sereinement de ces problèmes sans se faire irrémédiablement clouer au pilori ?

Il existe indéniablement des économies à réaliser et des doublons à supprimer entre Ville et Canton, nier ces problèmes relève du déni de réalité. Concernant la fiscalité, partout ailleurs en Suisse celle-ci est rattachée au lieu de domicile et non au lieu de travail. Rien n'empêche cependant de mettre en place un système de péréquation intercommunale. Rien n'est tabou pour autant que l'on veuille bien s'affranchir de dogmes ou d'intérêts particuliers, voire de se réserver des rentes de situation par exemple. Mais de cela je ne veux y croire !

Aucun des problèmes évoqués ici n'ont pas été pris en compte dans notre désormais nouvelle Constitution. Cela est consternant ! Aujourd'hui déjà ils ressurgissent, comme ils ne manqueront pas d'empoisonner la vie politique genevoise au cours de ces prochaines années.

Non il n'est pas question de "tuer la Ville" mais au contraire de la dynamiser en la préservant de ces querelles de clochers qui l'empoisonnent depuis trop longtemps. Cette réforme institutionnelle doit se faire dans un climat d'apaisement. Dans l’intérêt de tous.

Genève restera toujours Genève, indépendamment de son statut administratif et de son découpage politique !

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25/06/2012

Le Projet de Constitution sous la loupe

 

 

25.06.2012

 

Ainsi la Constituante a terminé ses travaux. Un projet de Constitution en est né sur lequel nous aurons à nous prononcer le 14 octobre prochain. D'ici là, cette nouvelle Constitution a été ou sera prochainement présentée aux citoyens dans différentes communes du canton.

 

Par ailleurs plusieurs constituants ont publié des billets sur leurs blogs à ce sujet. Par le biais d'un billet publié à fin novembre dernier, je m'étais moi-même préoccupé des travaux de la constituante et surtout de l'excès d'objets de détails qui semblaient entraver la bonne marche du projet. Voir ici.

 

Démarche d'évaluation

 

Le projet étant maintenant terminé, il a été accepté par la majorité de l'assemblée constituante. Je l'ai consulté afin de m'en faire une idée, ceci avant d'assister à une séance d'information. Pour ce faire, j'ai procédé par comparaison entre le projet qui nous sera soumis en votation cet automne et l'actuelle Constitution genevoise datant du 24 mai 1847. Je me suis focalisé sur certains thèmes, tels que les droits politiques des citoyens (Suisses et étrangers), les rapports entre les Eglises et l'Etat, la langue officielle, les tâches et le rôle de l'Etat dans certains domaines, en particulier celui de l'énergie.

 

Il m'est apparu toutefois qu'une comparaison entre notre Constitution actuelle et le projet était trop réducteur pour se faire une idée véritablement objective de la situation du canton de Genève dans notre fédéralisme helvétique, c'est pourquoi j'ai décidé d'étendre la comparaison aux 25 autres Constitutions cantonales.

 

Est-il besoin de préciser ici que la Constitution genevoise, comme toute autre Constitution cantonale, doit respecter le droit supérieur, à savoir le Constitution fédérale. C'est pourquoi celle-ci a servi de référence à ma démarche.

 

Pour m'aider dans cette tâche d'analyse et de comparaison, je me suis créé un outil, un tableau Excel, qui permet d'ouvrir et de consulter rapidement la Constitution fédérale, ainsi que toutes les Constitutions cantonales à partir de liens hypertextes obtenus sur le site internet de la Confédération. On trouve également dans ce tableau quelques-uns des thèmes de recherches mentionnés plus haut.

Plus qu'une critique proprement dite du projet constitutionnel lui-même, c'est une approche méthodologique que je me suis fixé : Comment évaluer le travail de la Constituante.

 

Premières impressions

 

Voici mes premières impressions et quelques remarques non-exhaustives sur le projet de Constitution qui nous sera soumis cet automne :

 

1° Les constituants ont péché par excès de détails. Cela se reflète par le nombre élevé d'articles constitutionnels, soit 237 en tenant compte de la votation relative à l'acceptation du contreprojet à l'initiative n° 143 du 17 juin 2012 (accueil préscolaire et parascolaire).

Aucune autre Constitution cantonale ne contient autant d'articles, ni la Constitution fédérale elle-même, qui n'en contient que 197 !

La cause de ce nombre élevé d'articles constitutionnels est dû pour l'essentiel à des redondances avec le droit supérieur. En effet, on ne voit pas à priori la nécessité de réécrire dans une Constitution cantonale ce qui est déjà écrit dans la Constitution fédérale, puisque celle-ci a force légale au sein de l'ensemble de la Confédération ? Cette remarque vaut particulièrement pour les « droits fondamentaux ». Exemple :

 

Projet Constitution 2012 : Art. 14 al. 2 « La peine de mort est interdite. »

Constitution fédérale : Art. 10 al. 1 « Tout être humain a droit à la vie. La peine de mort est interdite. »

 

Certes de telles redondances figurent également dans la plupart des autres Constitutions cantonales, mais pas d'une telle ampleur.

 

2° On trouve dans le projet « Constitution 2012 » de nombreux thèmes développés dans le détail, lesquels figurent également dans de nombreuses Constitutions cantonales, toutefois ceux-ci y sont simplement cités, pas définis dans le détail. Ils font l'objet de lois spécifiques et non d'articles constitutionnels.

 

3° Le projet contient plusieurs articles constitutionnels sur l'énergie, alors que la Constitution fédérale limite considérablement la marge de manœuvre des cantons dans ce domaine. Exemple :

 

Projet Constitution 2012 : Art. 169 « Energie nucléaire »

« Les autorités cantonales s'opposent par tous les moyens à leur disposition et

dans la limite de leurs compétences aux installations de centrales nucléaires,

de dépôts de déchets radioactifs et d'usines de retraitement sur le territoire et

au voisinage du canton. Pour les installations ne répondant pas à ces

conditions de localisation, le préavis du canton est donné par le Grand

Conseil sous forme de loi. »

 

Constitution fédérale : Art. 90 « Energie nucléaire »

« La législation sur l'énergie nucléaire relève de la compétence de la Confédération. »

 

Il faut relever ici que les compétence cantonales se limitent au choix du site d'implantation, un choix actuellement bien hypothétique puisque le Conseil fédéral a déclaré le 25 mai 2011 vouloir sortir du nucléaire. Par ailleurs tout site de centrale nucléaire doit, pour des raisons techniques, être installé au bord d'un fleuve ou d'un plan d'eau et le seul site potentiel possible à Genève se trouve à Verbois, site sur lequel SIG a installé voici huit ans une centrale solaire et sur lequel se trouve également un aménagement hydroélectrique (le barrage et la centrale de Verbois) ainsi qu'un poste de transformation électrique.

Très peu de cantons font référence à l'énergie nucléaire dans leur Constitution. Vaud recommande de s'en passer, Bâle-Ville s'oppose à son utilisation et ne prend pas de participations dans des centrales nucléaires, mais c'est la Constitution de Bâle-Campagne qui s'approche le plus du projet genevois en s'opposant aux centrales à fission nucléaire, aux installations de retraitement de combustible nucléaire, ainsi qu'au stockage des déchets « sur le territoire cantonal et dans son voisinage ».

On se demande bien d'ailleurs comment Genève - et Bâle-Campagne -- pourrait faire appliquer cet article 169, lorsqu'on évoque le « voisinage du canton » ... ?

Paradoxalement, les cantons qui abritent des centrales nucléaires sur leurs territoires n'évoquent pas cette énergie dans leurs Constitutions respectives : Berne (Mühleberg), Soleure (Gösgen) et Argovie (Beznau I et II, ainsi que Leibstadt).

 

4° Il est évident que ce sont les domaines qui relèvent exclusivement de la souveraineté des cantons qui doivent avant tout être définis dans une Constitution cantonale :

L'organisation de l'Etat, ses tâches, son rôle, ses institutions, son administration, les droits politiques des citoyens, les finances publiques, les relations entre les Eglises et l'Etat, etc.

En parcourant les tâches régaliennes, à la Section 6 « Sécurité », on trouve les articles :

 

Art. 183 Principe

L'Etat assure la sécurité et l'ordre public.

Art. 184 Force publique

1 Le canton détient le monopole de la force publique.

2 La loi règle la délégation de pouvoirs de police limités au personnel qualifié

des communes.

3 Les situations conflictuelles sont traitées en priorité de manière à écarter ou

limiter le recours à la force. Les personnes concernées sont tenues d'apporter

leur concours.

 

On peut s'interroger de bon droit sur les raisons qui empêcheraient d'ajouter un alinéa à l'Art. 184 :

«  La force publique est exercée par des personnes de nationalité suisse »

 

Une telle précision aurait le mérite de clarifier les choses et de nous épargner à l'avenir des débats sur le bien-fondé de l'embauche de policiers étrangers.

 

5° Sur les droits politiques accordés aux étrangers, le nouvelle Constitution paraît être un peu en retrait par rapport à celles des autres cantons romands, à l'exception du Valais qui n'en accorde aucun. Sur le plan suisse, il ne va différemment puisque peu de cantons accordent le droit de vote aux étrangers et seulement sur le plan communal, le choix est laissé aux communes (BS, AR et GR) et dans un cas (AR), il faut même en faire la demande. Il faut tout de même mentionner que le canton des Grisons autorise l'éligibilité d'étrangers au plan communal, pour autant que les communes concernées accordent ce droit.

 

Outil de travail

Afin de pouvoir ouvrir les liens hypertextes vers les Constitutions, cliquer sur le lien ci-dessous :

Constitutions comparées(1).pdf

 

Constitutions comparées(1)-page-001.jpg

Remarque : Parmi les Constitutions cantonales consultées, celle du canton de Saint-Gall m'est apparue concise et bien structurée.

 

Conclusions provisoires et ouverture du débat

 

Puisse ce tableau aider les citoyennes et citoyens à approfondir leurs réflexions sur l'actuel projet « Constitution 2012 », j'en serais ravi et si de surcroît cette démarche pouvait susciter un débat, l'objectif serait atteint.

 

Fruit d'un consensus bien helvétique, le projet qui nous sera soumis le 14 octobre prochain ne déclenchera sans doute pas l'enthousiasme général, les uns seront déçus par trop peu d'ambition, d'autres y verront un déficit démocratique et d'autres encore le jugeront peut-être trop avant-gardiste ? Bref, il est difficile de cuisiner une soupe qui satisfasse tout le monde, ou elle est trop fade ou trop salée.

 

Pour ma part, le défaut majeur de ce projet réside dans son manque de concision, ainsi que je l'ai écrit plus haut. On sent bien qu'il était nécessaire d'ajouter ça et là quelques articles pour compenser des concessions faites ailleurs, ceci afin de satisfaire la majorité de la Constituante et sauver le projet.

 

J'adresse mes remerciements civiques à tous les constituants pour le travail accompli.

 

 

Projet de Constitution genevoise

Site de l'assemblée constituante : www.constitution2012.ch

 

 

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14/10/2011

Elections fédérales et listes exotiques

 

Comme tout un chacun, j'ai reçu récemment mon matériel de vote pour les élections fédérales du 23 octobre prochain. En consultant le fascicule des listes, je découvre avec étonnement certaines listes que je qualifierai d'exotiques, du fait qu'elles ne sont constituées que de candidats vivant à l'étranger.

 

Les citoyens suisses établis à l'étranger ont la possibilité de voter en Suisse depuis quelques années et mes propos ne visent nullement à leur contester ce droit.

Ce qui m'interpelle en revanche c'est la possibilité qui leur est offerte de siéger au Conseil national, la Chambre du peuple, c'est-à-dire d'être élu à Berne.

 

Il convient cependant de nuancer lorsque l'on parle de vivre à l'étranger, car si certains de ces candidats vivent en France voisine, à proximité immédiate de Genève, d'autres en revanche sont établis dans des contrées beaucoup plus éloignées, telles que l'Australie ou la Canada ...

Dans de telles conditions, on peut émettre de sérieux doutes quant à l'efficacité réelle de tels  parlementaires « hors sol ».

En effet comment ceux-ci pourraient-ils appréhender objectivement des problèmes spécifiquement liés à la vie en Suisse, tels que ceux des assurances sociales, notamment l'épineux sujet de la santé publique avec la couverture maladie et la planification hospitalière, les transports publics avec leur financement et leur planification, voire les finances fédérales dont les ressources proviennent essentiellement de la TVA et de l'IFD, impôts qui ne frappent que les personnes résidant en Suisse ?

 

Et puis les sessions parlementaires durent plusieurs semaines par années, sans parler des séances de commissions, qui impliquent une présence et de longs séjours à Berne.

Par ailleurs, il faut rappeler que le Parlement helvétique est un parlement de milice qui ne permet pas aux Conseillers nationaux et Conseillers aux Etats de vivre exclusivement de leur activité parlementaire, ce qui oblige les élus à conserver une activité professionnelle.

Dans ces conditions, comment envisager sérieusement le maintien d'une activité professionnelle ou des études à l'étranger, que ce soit à Sydney, au Canada, voire en Espagne ?

 

Une autre question se pose s'agissant des candidats possédant une double nationalité et exerçant déjà une activité parlementaire dans un pays étranger. Pour Genève, ces cas concernent essentiellement des Suisses possédant également la nationalité française, candidats aux élections cantonales ou élus dans des Conseils municipaux en France voisine. Comment peut-on objectivement défendre les intérêts nationaux de deux pays distincts, sachant que ces intérêts peuvent être divergents sur de nombreux sujets ? Est-ce bien cohérent ?

 

Paradoxalement, ces listes exotiques échappent aux orientations politiques traditionnelles gauche-droite. Ainsi « Les Verts » ont la leur, tout comme les socialistes, le PDC et, plus surprenant, l'UDC ! Surprenant du fait des prises de position de ce parti à propos des étrangers et de son initiative visant à « stopper l'immigration massive » ...

 

Pour conclure, je ne songe pas un instant à faire élire des Suisses de l'étranger, fussent-ils de France voisine, pour représenter mes intérêts à Berne. Ces listes exotiques ne me convainquent pas du tout !

 

Ne gaspillons pas nos voix et votons pour des candidats à même de défendre nos intérêts. Par conséquent votons pour des personnes reconnues pour leurs compétences et dotées d'une forte personnalité, pour des candidats domiciliés sur le territoire du canton de Genève.

Plutôt que de glisser une liste compact de parti dans l'urne, n'hésitons pas à biffer les candidats qui ne nous conviennent pas, par exemple ceux qui se représentent mais que l'on a guère entendus à Berne ou ceux qui sont alignés comme des petits soldats derrière la ligne dogmatique dictée par leur parti. Préférons la liste neutre à la liste de parti !

 

Mais le plus important est de voter, car la future législature s'annonce d'ores et déjà très importante. En effet, les défis que la Suisse devra relever sont nombreux. Parmi ceux-ci, je note la défense de la place économique de notre pays, la cohésion sociale, les assurances sociales, la politique énergétique, la sécurité intérieure, la politique extérieure dont la promotion de la Suisse à l'étranger fait partie, la mobilité et les transports publics, etc.

 

 

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15/09/2011

Veillée d'armes à la Cour

coq2.jpg

Il était une fois une Cour des comptes,

Ensuite ce fut la Cour des contes,

Puis des règlements de comptes,

Suivis d'amers mécomptes,

 

Et au lever de rideau,

Ce fut la nuit des longs couteaux !

C'est la Cour qu'on assassine !

Pour une simple rustine ...

 

Ah dame Toinette toi si volage,

Pourquoi avoir quitté l'attelage ?

Et nous imposer tel déballage ...

Combat de coqs ou simples ramages ?


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10/05/2010

Politique, cohérence et probité …

Le PDC se préoccupe de la sécurité aux frontières et il a raison …

C’est ainsi que son président genevois, M. Fabiano Forte, signe un billet dans son blog :

 

«  Sécurité aux frontières : deux occasions manquées ! »

http://fabianoforte.blog.tdg.ch/archive/2010/05/09/securi...

 

Ilyas Khrapounov.jpeg

Il écrit notamment :

«  Pendant que le Parlement fait la sourde oreille, les malfrats, eux, s'amusent...!!! »

 

Toutefois en découvrant son billet juste après avoir regardé l’émission de la TSR « Mise au Point » diffusée ce dimanche 9 mai, je ne peux m’empêcher de réagir.

Connaissez-vous M. Iliyas Khrapounov, bienfaiteur de Genève ?

(vignette : M. Iliyas Khrapounov © Eric Aldag GHI)

http://www.tsr.ch/video/emissions/mise-au-point/1934290-i...

C’est ainsi que « Mise au Point » nous apprend l’existence de M. Iliyas Khrapounov, richissime héritier kazakh de 26 ans installé à Genève, à la tête d'une fortune de plusieurs centaines de millions de $ dont l'origine semble assez floue … M. Khrapounov fait partie de ces richissimes nouveaux résidents étrangers très fortunés qui investissent en Suisse dans des projets immobiliers pharaoniques de grand luxe, sans rapport aucun avec les besoins de notre population qui cherche vainement à se loger décemment.

Mais quels rapports y a-t-il entre la préoccupation du PDC genevois concernant la sécurité aux frontières et le reportage de « Mise au Point » sur M. Iliyas Khrapounov me direz-vous ?

A priori aucun, sauf que ce M. Khrapounov semble aussi être membre du PDC genevois et c’est là que le bât blesse …

En effet, comment peut-on tout à la fois défendre la nécessité d’un renforcement de la sécurité aux frontières et se comporter en Ponce-Pilate en refusant de se préoccuper de l’origine de fonds appartenant à un camarade de parti, un bienfaiteur peut-être ( ?), au risque de saper davantage encore la réputation de la Suisse en matière de fortunes d’origines douteuses ?

C’est ainsi que l'origine de la fortune de ce "bienfaiteur kazakh" ne semble pas émouvoir beaucoup M. Guy Mettan, député PDC au Grand Conseil dont il est aussi l’actuel Président. Interviewé dans l'émission « Mise au Point », M. Mettan répond par ces paroles rassurantes :

" ... La question de l'origine des fonds ne me semble pas importante ... "

Merci de nous avoir rassurés M. Mettan !

Chacun appréciera votre déclaration selon sa sensibilité ...

Cette réflexion en guise de conclusion :

Il faut bien évidemment renforcer la sécurité aux frontières, mais pas pour protéger la liberté des renards dans le poulailler helvétique …

Il en va de la politique comme de toute chose, la crédibilité repose avant tout sur la cohérence et la probité …

11:00 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique régionale, genève, pdc, guy mettan, fabiano forte | |  Facebook