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13/04/2013

Une France hypocrite qui lave plus blanc !

 

L’affaire Cahuzac a révélé au grand jour l’hypocrisie du pouvoir et les faiblesses des élites politiques françaises, de gauche comme de droite. La présidence et le gouvernement français  détournent aujourd’hui l’attention de l’opinion publique sur les « paradis fiscaux », ou prétendus tels, pour tenter de faire croire que ceux-ci seraient la source même du problème, alors que la véritable cause est la cupidité et les mensonges d’un homme. Cette posture est une dérobade !

 

La France est aux abois. Confrontés aux défis sociaux, économiques et budgétaires, alors que les clignotants de l’économie sont au rouge, que les Français attendent avec impatience des signes d’embellie qui tardent, François Hollande et Jean-Marc Ayrault n’avaient vraiment pas besoin de cette bombe qui a éclaté au cœur même de leur système.

 

Il faut donc de toute urgence trouver des boucs émissaires pour donner l’illusion qu’on fait quelque chose. Alors on pare au plus pressé, on retombe dans les travers habituels en ressortant la bonne vieille recette de cuisine de l’ancien tenancier de l’Elysée, celui qu’on a renvoyé auprès de sa chanteuse il y a moins d’un an. Cette recette qui consiste à créer une loi pour chaque fait divers surgissant dans l’Hexagone.

Dans cette logorrhée inaudible qui s’est emparée de l’équipe hollandaise, devant les micros, chacun aligne ses phrases et ses analyses et tant pis si l’ensemble reflète la plus totale incohérence, pourvu qu’on gagne un peu de temps en attendant que tout se clame un peu, du moins l’espère-t-on.

 

On prétend mettre en place un plan de moralisation en exigeant de tous les ministres et des députés, qu’ils rendent public leur patrimoine et c’est ainsi qu’on les voit faire la queue  devant le confessionnal de la « République probe et indescriptible », avouer tous leurs biens par devant les censeurs de l’Etat sans soutanes, mais toujours aussi péremptoires.

C’est un véritable inventaire à la Prévert qui nous est ainsi étalé.

Qui avoue posséder une vieille bagnole de plus de dix ans d’âge, qui un appartement hérité de Tante Agathe et jusqu’au très réservé François Fillon, lui qu’on ne peut accuser d’ostentation particulière, avouer qu’il possède bien « une maison achetée il y a vingt ans » et dont il prononce honteusement le prix, à voix basse, comme un écolier pris en défaut. Bientôt on verra l’ancien Chanoine de Latran présenter l’inventaire des guitares de sa dulcinée et François Hollande déclarer sa nombreuse lignée avec trottinettes et pédalos …

 

Cet étalage de dysenterie patrimoniale est parfaitement grotesque et ridiculise le pouvoir en place. Poussé par le censeur à la mode Edwy Plenel qui vient de sortir son dernier recueil de règles, intitulé « Le droit de savoir », François Hollande n’avait peut-être pas trop le choix.

 

Le droit de savoir en politique oui, le voyeurisme non, car il faut s’attendre maintenant à ce que tout cet inventaire fasse l’objet de classements et d’articles en règle dans les références culturelles des salles d’attente de salons de coiffure que sont « Gala » et « Voici ».

 

Afin de reprendre la main après le cataclysme Cahuzac, François Hollande a présenté son plan censé rendre la vie publique plus transparente. Parmi les mesures : strip-tease (patrimoines et intérêts financiers) des ministres, puis de tous les élus, création d’un super parquet financier, une mesure jugée inutile par les magistrats eux-même.

 

On s’en prend aux « paradis fiscaux » qui sont d’autant plus insaisissables qu’ils ne répondent à aucune autre définition que celle de l’OCDE. Qu’importe, la France établira la sienne !

C’est ainsi qu’on a entendu lundi dernier 9 avril le député PS Yves Galut les pourfendre en déposant une proposition de loi censée protéger les « whistleblowers », les lanceurs d’alerte, allant jusqu’à demander la protection des employés français de banques suisses qui voleraient des listes de clients à leur employeur. Il cite notamment le cas du vol de données bancaire à la HSBC de Genève par Hervé Falciani en 2008. C’est donc la dépénalisation du délit de recel que préconise le député Galut, qui entend ainsi combattre un délit en en dépénalisant un autre. On croit rêver !

Si cette loi devait être appliquée, le MCG aurait trouvé en Yann Galut un allier de premier ordre pour réduire le nombre de frontaliers à Genève. En effet, quel employeur suisse embaucherait une personne qui ne pourrait être poursuivie pour un délit économique commis au détriment de son entreprise ? Une loi par ailleurs totalement discriminatoire puisqu’elle provoquerait par voie de conséquence une distinction pénale en fonction de la nationalité du justiciable.

 

Rappelons que Falciani a été arrêté lors d’un voyage à Barcelone en 2012, sur la base d’un mandat d’arrêt international lancé par la justice suisse. Falciani est placé actuellement sous contrôle judiciaire en Espagne, en attente d’extradition vers la Suisse. Son sort sera fixé le 15 avril prochain.

On apprend par ailleurs que Montebourg, un abonné à la démagogie, demande à la « Garde des Sceaux » Christiane Taubira, de relancer la récupération des données bancaires volées par Falciani à la HSBC.

 

Mercredi soir (11 avril), c’était Jean-Marc Ayrault, Premier ministre qui s’étranglait devant l’Assemblée nationale en dénonçant les « paradis fiscaux » et menaçait la Suisse en la citant nommément.

 

De paroles en menaces, la France officielle actuelle s’égare, perd le contrôle de la situation, est en plein délire, jusqu’à en oublier la souveraineté des États et la cause première du séisme : la malhonnêteté d’un homme !

 

Dans cette tempête médiatique, un homme, un sage, s’est élevé contre ce plan de moralisation qualifié « d’excès grotesques ». Cet homme s’appelle Philippe Bilger, ancien avocat général, il vient de publier un livre : « La France en miettes ». Lui qui s’est réjoui du départ de Nicolas Sarkozy, traite aujourd’hui François Hollande de président par défaut, décrit l’action gouvernementale française actuelle « d’amateurisme » et l’ambiance qui règne dans les cénacles parisiens de « crépusculaire ». Philippe Bilger rappelle aussi fort à propos, que « c’est le pouvoir en place qui a choisi et nommé Cahuzac à son poste de Ministre du Budget, alors que des rumeurs planaient sur lui depuis près de vingt ans … »

 

On ne saurait mieux dire !

 

23:05 Publié dans France, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : france, cahuzac, hollande, ayrault, fraude fiscale | |  Facebook