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19/11/2014

TPG, une « grève préventive », comme la CGT ...

Personne ne peut nier la corrélation entre l’acceptation de l’initiative de l'AVIVO pour une baisse des tarifs des TPG et la grève de ce jour dans les transports publics genevois. Il est évident que cette baisse des tarifs entraînera une baisse des recettes pour la régie. Seule son ampleur est aujourd’hui inconnue. On parle de 14 à 15 millions de pertes annuelles. Par conséquent, il est tout à fait logique que le Conseil d’Etat en tienne compte et prenne position, notamment en fonction de la situation précaire des finances cantonales. Certains s’en offusquent et en banalisent les effets sur le budget de l’Etat.

Ainsi, Pascal Holenweg dans un billet publié sur son blog écrit : « Ces 14 à 15 millions ne représentent que deux pour mille du budget cantonal... ». Soit, mais alors si ce montant est aussi négligeable, que dire de l'amputation de près de 160 millions du budget de l'Etat, montant que représente une éventuelle abrogation du régime des "forfaits fiscaux", deux initiatives, l’une fédérale, l’autre cantonale, sur lesquelles nous devront voter le 30 novembre prochain et soutenues toutes les deux par ceux-là mêmes qui ont lancé l’initiative de l’AVIVO.

Je les trouve bien incohérents et irresponsables ceux qui demandent tout à la fois à l'Etat de suppléer cette perte de recettes des TPG et dans le même temps de le priver d'une partie de ses rentrées fiscales.

Gouverner c'est prévoir dit-on, et dans cette affaire le Conseil d'Etat est parfaitement dans son rôle, celui de planifier le budget.

 

Les grévistes quant à eux prétendent défendre non seulement leurs intérêts en remettant en question le « Contrat de prestations », un projet qui n’a même pas encore été discuté au Grand Conseil, mais ils prétendent de surcroît défendre le service public et les usagers. Or en tant qu’usager, je ne me souviens pas d’avoir été consulté par les syndicats des TPG pour les mandater à défendre mes intérêts. On confond ici les intérêts des uns avec ceux des autres.

Soyons clairs, dans cette grève les employés des TPG défendent leurs propres intérêts !

En Suisse, dans notre culture de la paix du travail basée sur le consensus et la négociation, toute pression syndicale exercée contre un projet avant même que celui-ci n’ait été présenté au législatif, apparaît comme une tentative de chantage. De fait, cette « grève d'avertissement » (sic) sonne bel et bien comme un chantage exercé avant toute négociation. Par leur grève, les employés des TPG prennent bien en otage tous les usagers et pénalisent ainsi l'ensemble de l'activité économique du canton.

La question qui dès lors se pose est de savoir s’il est admissible qu’une minorité agissante puisse, du simple fait de ses activités stratégiques, pénaliser toute l'économie d'une région ? Une question qui en appelle une autre : est-il admissible que des grévistes qui n’exercent pas leurs droits civiques à Genève puissent y exercer des pressions politiques ?

Pour ceux qui en douteraient encore, les employés des TPG ont bel et bien importé une culture de la grève qui nous étrangère en Suisse si l’on s’en réfère à une interview de Valérie Solano, secrétaire syndicale du SEV (syndicat initiateur de la grève), publiée ce jour dans la Tribune.

A une question de Marc Moulin sur le rôle du Grand Conseil qui doit se prononcer en décembre prochain sur le contrat de prestations des TPG, celle-ci répond :

«  Il est de leur devoir d’élus d’écouter ce qui leur est demandé dans la rue. »

Incroyable réponse tout droit sortie des officines de la CGT ! C’est donc bien de l’importation d’une certaine culture syndicale dont il s’agit. C’est un aveu !

Est-il utile de rappeler à cette charmante personne qu’en Suisse, la politique s’exerce dans les urnes ou dans un hémicycle, mais pas dans la rue !

 

A chacun son rôle, aux syndicats des TPG la défense des intérêts des employés, aux députés le vote des lois, du budget et des contrats de prestations. Les députés représentent le peuple qui les a élus pour ça. Quant aux syndicats, ils n’ont en la matière aucune légitimité !