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27/11/2018

Et si les autorités s’occupaient davantage de la mobilité des Genevois ?

Empêtrés dans les scandales qui frappent actuellement bon nombre de leurs élus égarés dans les pétromonarchies du Golfe et ailleurs, là où tout est possible, sauf le bon sens, la mesure et la raison, les partis politiques genevois, toutes tendances confondues, seraient bien inspirés de reprendre la main et de se préoccuper des problèmes des habitants de ce canton qui ne voient pas de perspectives plausibles à leurs problèmes de mobilité.

 

La presque coïncidence de deux événements récents vient nous rappeler qu’en matière de transport public, nos autorités ont singulièrement manqué de vision au cours de ces dernières années.

 

En effet, le 14 novembre dernier, par le truchement d’un communiqué de presse, la Confédération nous informait de l’adoption de la « Fiche PSIA de l’aéroport de Genève » par le Conseil fédéral (voir ici). Rappelons que celle-ci définit d'une part le cadre de l'exploitation et du développement des infrastructures à l'horizon 2030 et garantit d'autre part la cohérence avec le plan directeur cantonal genevois. L'objectif est de permettre à l'aéroport d'assurer en toute sécurité sa mission au service des intérêts nationaux. Pour le détail, voir mon billet précédent [1].

 

Par ailleurs, les CFF viennent de publier le nouvel horaire 2019 [2], applicable dès le 9 décembre prochain, et ses principales nouveautés. S’agissant de Genève, on y apprend que le premier tronçon du « Léman Express » sera mis en exploitation dès ce 9 décembre 2018 sur le tronçon Lancy-Pont-Rouge – Cornavin – Coppet, avec un cadencement à 15 minutes en semaine.

On sait par la presse que le  « Léman Express », le futur RER transfrontalier, reliera à partir de décembre 2019, 45 gares suisses et françaises dans un rayon de 60 kilomètres autour de l'agglomération genevoise. Il se déploiera sur 230 kilomètres de lignes.

 

On se dit fort bien, youpi, toutefois bien peu de Genevois sont conscients que parmi les 45 gares qu’il est question de relier par le « Léman Express », la seconde gare en importance du canton, celle de « Genève-Aéroport », n’en fera pas partie. Oui vous avez bien lu : « Genève-Aéroport » ne sera pas desservie par le « Léman Express » !

En cause ici, sa capacité d’accueil insuffisante. En effet, dans la configuration actuelle du réseau ferroviaire genevois, « Genève-Aéroport », gare en impasse, ne peut accueillir plus de 8 trains par heure, ce qui en exclut d’emblée sa desserte par le « Léman-Express ».

Le « Plan directeur cantonal 2030 » promet bien d’augmenter la capacité de « Genève-Aéroport », oui mais à quel prix et dans quel délai ? Ce plan directeur prévoit une nouvelle ligne appelée « Raquette ». Elle relierait Cornavin à Meyrin en passant par la Place des Nations, puis sous l’aéroport où une nouvelle gare serait aménagée en dessous de l’actuelle. Mais ne soyons pas trop pressés, ce ne sera pas avant 2040, au plus tôt, ni trop économes car les coûts s’annoncent d’ores et déjà salés. Ils étaient évalués à quelques 3 milliards en 2015 [3]. Or plus de vingt ans c’est long et l’addition risque fort d’être beaucoup plus élevée, alors que rien encore n’a été décidé concernant le financement.

 

Pour en revenir à cette « Fiche PSIA » dont il est question plus haut, la fréquentation annuelle de l’aéroport passera de 17, 2 millions (chiffre 2017) à quelques 25 millions de passagers d’ici à 2030, soit 70'000 par jour.

La « Fiche PSIA » désormais adoptée, traite de l’accessibilité terrestre de l’aéroport mais confirme qu’aucune amélioration substantielle de sa desserte ferroviaire n’est prévue d’ici à cette date. Ce qui signifie que la croissance du nombre de passagers ne sera pas accompagnée de mesures tendant à simplifier la vie des voyageurs et à contenir le trafic routier dans le secteur. Ceux qui emprunteront le « Léman-Express » pour se rendre à l’aéroport se verront imposer un transbordement à Cornavin. On conviendra que pour ceux dont l’intention est de prendre l’avion, forcément avec des bagages, on a connu plus pratique.

 

L’association « Genève Route et Rail » s’est émue de cette situation en rappelant, une fois de plus, qu’une solution existe, qui plus est, simple, rapide à réaliser et économique, ceci pour un montant de quelques 740 millions CHF. Il y a une année « Genève Route et Rail » a pris position lors de la mise à l’enquête publique de la « Fiche PSIA » en déposant un dossier auprès de l’OFAC (Office fédéral de l’aviation civile) avec sa proposition (voir ici). Cette proposition consiste à rendre la gare de « Genève-Aéroport » traversante en la reliant directement à la ligne Genève-Lausanne à la hauteur de Genthod-Bellevue. Cette modeste modification de la configuration ferroviaire, prévue d’ailleurs dans les années 1980 lors de la conception du raccordement ferroviaire de l’Aéroport, permet de réduire de moitié le trafic entre Cornavin et Genève-Aéroport et de tripler la capacité de cette gare sans l’agrandir. La capacité serait ainsi portée à 24 trains à l’heure, ce qui permettrait aisément d’y accueillir le « Léman Express ».

 

2015.12.30 boucle Genève Route et Rail.jpg

 

Cette proposition est brièvement résumée dans les annexes du « Rapport explicatif et rapport d’examen [4]» rendu public le 14 novembre dernier par l’OFAC, rapport consultable ici.

 

Les partis politiques genevois seraient bien inspirés de rappeler à leurs élus de se focaliser davantage et rapidement sur les problèmes de mobilité autour de la Rade de Genève plutôt que de s’égarer dans les pétromonarchies du Golfe.

 

Pour aller plus loin :

Site de l’Association « Genève Route et Rail » : http://www.gerer.ch/

 

[1] http://reveriesduncitoyenordinaire.blog.tdg.ch/archive/20...

[2] https://www.sbb.ch/fr/horaire/informations-sur-lhoraire/f...https://www.sbb.ch/fr/horaire/informations-sur-lhoraire/f...

[3] Montant de le seconde extension de Cornavin, de la « Raquette » et de la seconde gare de « Genève-Aéroport »

[4] « Plan sectoriel de l'infrastructure aéronautique (PSIA) - Partie IIIC Fiche d’objet Aéroport de Genève avec rapport explicatif et rapport d'examen »

 

01/07/2017

Transports de chlore par le rail, les incohérences du monde politique genevois !

Dans ce monde industrialisé et de plus en plus globalisé, des thèmes récurrents resurgissent au premier plan de l’actualité au gré d’événements, ou plutôt d’accidents. Puis le soufflé retombe jusqu’au prochain accident. Il en va ainsi du transport des matières dangereuses. Pour des raison de sécurité, la législation dit que celles-ci doivent être transportées par le rail. Tout cela découle du bon sens.

train matières dangereuses.jpg

Rappel de la situation actuelle à Genève. Des convois ferroviaires de matières dangereuses, notamment du chlore, en provenance de Lyon et à destination du Valais (Monthey et Viège) transitent par Genève. Il y a quelques temps encore, ils étaient contraints de faire une escale technique à La Praille pour changer de locomotive, avant de repartir vers leur destination en traversant la Gare Cornavin. Cette escale à La Praille n’est plus nécessaire depuis 2016, mais ces convois continuent de transiter par Cornavin, une zone urbaine densément peuplée, alors qu’il existe une solution alternative.

 

Cette solution c’est le projet de « Genève Route et Rail » qui consiste simplement à raccorder la Gare de l’Aéroport à la ligne Genève – Lausanne à la hauteur de Genthod-Bellevue et de construire une bretelle à la hauteur de Blandonnet pour permettre aux convois venant de La Plaine et de Zimeysa de poursuivre leur route en direction de Lausanne sans passer par Cornavin. Cette solution offre un itinéraire raccourci qui évite les zones fortement peuplées que sont Saint-Jean et Cornavin. (voir le schéma ci-dessous avec l’itinéraire préconisé en rouge).

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La solution est simple et rapide à réaliser. Elle éviterait de surcroît la mise en œuvre du pharaonique, irresponsable et inutile projet d’extension par étapes de la Gare Cornavin qui a été concocté par nos autorités cantonales. Soigneusement étudiée et chiffrée par M. Rodolphe Weibel, ingénieur en génie civil EPFL, cette solution alternative ne coûterait que 740 millions de francs, soit six fois moins que les 4 milliards 500 millions du projet officiel. Autant dire une manne de 4 milliards 500 millions de francs d’ores et déjà promise aux grandes entreprises du génie civil !

 

La solution de « Genève Route et Rail » est connue depuis plusieurs années de l’ensemble du monde politique genevois, en commençant par M. Luc Barthassat, ce qui n’empêche pas ce dernier de déclarer lors d’interviews « qu’il faut raccourcir les parcours … » en évoquant ces transports de matières dangereuses. Ici au TJ du lundi 26 septembre 2016 par exemple (cliquer sur le lien pour visualiser et entendre l’interview). Luc Barthassat enfonce une porte ouverte. Il ne peut pas tout à fois dénoncer ces risques, dire qu’il faut raccourcir les parcours et ignorer une solution qui lui a été présentée maintes fois, dont il ne peut ignorer les avantages, mais que ses services se refusent d’analyser sérieusement. C’est à la fois incohérent, mais surtout totalement irresponsable, tant sur le plan des risques encourus par la population que pour l’endettement public.

 

L’ensemble du monde politique genevois, tous les partis politiques confondus, est parfaitement au courant de la solution de « GeReR », ce qui n’a pas empêché le Grand Conseil d’accepter à l’unanimité et sans débat, la demande de crédit de 425 millions de francs (PL 11912) en faveur de l’extension de la Gare Cornavin lors de sa session du 22 septembre 2016. Cinq jours plus tard, soit le 27 septembre 2016, le Conseil Municipal de la Ville de Genève lui emboîtait le pas en acceptant, lui aussi à l’unanimité, une autre demande de crédit de 120 millions de francs (PR-1185) pour le même objet. Ces deux crédits étaient nécessaires pour permettre la ratification dans les délais la « Convention-cadre » qui lie financièrement les parties prenantes que sont la Confédération (l’OFT), les CFF, le canton et la ville de Genève pour la réalisation de la première étape de ce projet. Les députés, comme les conseillers municipaux, ont été mis sous pression par les exécutifs respectifs, afin que Genève -- qui a tergiversé pendant plusieurs années -- puisse être intégrée à temps dans l’étape d’aménagement ferroviaire planifiée par la Confédération. Pour qu’enfin une solution, quelle qu’elle soit, et tant pis si celle-ci est la plus mauvaise, même si c’est un gouffre financier, même si celle-ci fera avant tout travailler les grandes entreprises de génie civil que sont Bouygues, Vinci et autres, pour leurs plus grands profits, pour qu’enfin Genève puisse dire qu’elle tenait sa solution. L’honneur était sauf et le microcosme politique genevois s’en est trouvé soulagé mais il n’en ressort pas grandi.

 

Alors aujourd’hui, en lisant l’interview de Madame Anne Mahrer, ancienne Conseillère nationale (Les Verts / GE), paru ce jeudi 29 juin 2017 en page 9 de la Tribune de Genève, je ne peux m’empêcher de réagir. Où était-elle lorsque toute cette problématique de l’extension de la Gare Cornavin était débattue ? Où était-elle et où étaient les « Verts genevois » le 22 septembre 2011 lorsque la motion parlementaire « M 1863 » a été débattue au Grand Conseil ? Cette motion parlementaire issue des réflexions de l’architecte Charles Pictet sur l’aménagement du territoire, proposait de créer une zone industrielle à Cointrin, plus précisément à Colovrex, à l’est de l’Aéroport, sur des terrains impropres à l’habitat du fait des nuisances sonores. Dans ses réflexions M. Pictet suggérait de déplacer tout ou partie des entreprises industrielles et artisanales sises à La Praille sur cette nouvelle zone de Colovrex, libérant ainsi des terrains au profit de l’habitat sur le « PAV » (Praille-Accacias-Vernets). L’aménagement en question prévoyait déjà à l’époque le raccordement ferroviaire de cette nouvelle zone industrielle à la ligne Genève – Lausanne. C’est à peu de chose près ce que propose l’Association « Genève Route et Rail » dans son projet d’aménagement ferroviaire en Rive Droite. Voir ici.

Si les milieux politiques genevois avaient été un peu plus visionnaires en 2011, plutôt que de se préoccuper de l’avenir des bisons de Colovrex (c’est authentique et pour ceux qui en douteraient, il suffit de relire les débats parlementaires protocolés dans le mémorial : ici), nous n’en serions pas aujourd’hui à subir les jérémiades de certains élus …

 

Transports ferroviaires de matières dangereuses – Rappel de quelques accidents ferroviaires majeurs :

  • Daillens – Vaud – avril 2015 : Déraillement de 6 wagons citernes transportant des matières dangereuses sur l’axe Yverdon – Lausanne. L’accident n’a fort heureusement fait aucune victime (voir ici).
  • Lac-Mégantic – Canada - juillet 2013 : Déraillement puis de incendie d’un train fou composé de 72 wagons citernes transportant du pétrole brut (voir ici). Bilan 47 morts.
  • Gare de Lausanne – 29 juin 1994 : Déraillement d’un train de 13 wagons, dont 4 contenant des produits dangereux, hautement toxiques. L’accident n’a fort heureusement fait aucune victime (voir ici).

 

L’énumération n’est malheureusement pas exhaustive car le risque zéro n’existe pas. Même si on ne peut exclure d’autres accidents à l’avenir, on peut en revanche en réduire les risques et surtout leurs conséquences. Réduire les risques c’est agir en prenant des mesures de bons sens et cesser de palabrer devant les caméras et les micros !

 

Pour aller plus loin :

Site de l’Association « Genève Route et Rail » : http://www.gerer.ch/

Ordonnances fédérales  applicables aux transports de matières dangereuses par le rail:

https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/201217...

https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/199100...

 

Communiqués de presse du Conseil fédéral du 26 septembre 2016, relatifs aux transports de chlore :

https://www.admin.ch/gov/fr/accueil/documentation/communi...

et :

https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/accidents-m...

 

Ce qu’en disent la presse et les médias :

https://www.rts.ch/info/regions/6851235-en-cas-d-accident...

https://www.rts.ch/info/regions/geneve/8239135-l-initiati...

http://www.tdg.ch/suisse/politique/Les-convois-de-chlore-...

https://www.rts.ch/info/suisse/7229742-les-wagons-de-chlore-ne-passeront-plus-par-la-gare-de-la-praille.html

Communiqué des "Verts /GE" du 29.6.2017 :

http://www.verts-vd.ch/blog/2017/06/les-convois-de-chlore-continuent-de-menacer-larc-lemanique/

 

04/05/2017

Une loterie ferroviaire ? Vraiment ?

La Tribune de Genève titrait dans son édition de samedi 29 avril 2017 « Genève perd à la loterie ferroviaire », ceci en référence au dernier communiqué de presse publié par l’Office Fédéral des Transports (OFT) en charge de la planification des infrastructures ferroviaires et de leur financement. A la lecture du communiqué de presse de l’OFT (voir ici), force est en effet de constater que les projets genevois n’ont pas été retenus dans les prochaines étapes de planification. M. Rodolphe Weibel en explique les raisons sur son blog (voir ici).

 

Pour faire court, malgré les jérémiades qu’on a pu lire dans la Tribune de Genève de ce samedi 29 avril 2017, les projets ferroviaires genevois n’ont pas été recalés pour avantager délibérément les projets d’autres cantons, ceux de Zurich et de Lucerne notamment. Non, si les projets de notre canton ne figurent pas dans la prochaine planification, c’est uniquement du fait qu’ils n’étaient pas suffisamment aboutis et osons le dire carrément : mauvais !

 

L’aménagement ferroviaire de la Rive Droite a d’emblée été mal posé. Plutôt que de prendre en compte l’accroissement du trafic du nœud de Genève dans son ensemble, en partant du réseau existant comme seul et unique problème à résoudre d’ici à l’horizon 2030, nos autorités ont préféré pointer leur doigt sur la Gare Cornavin et son extension comme étant la seule solution possible, alors qu’il n’en est rien.

A la lecture des informations de l’OFT, force est de constater que Genève se trouve aujourd’hui dans une impasse après les décisions malheureuses prises par le Grand Conseil et le Conseil Municipal de la Ville, qui tous deux ont voté comme à la parade en septembre 2016 des crédits de 425 millions pour l’un (voir ici) et 120 millions pour l’autre (voir ici), en faveur de l’extension de la Gare Cornavin. Or ces dépenses ne pourront pas à elles seules, et de loin, résoudre l’accroissement du trafic ferroviaire attendu d’ici à 2030, puisque deux autres étapes d’extension sont d’ores et déjà prévues par Genève pour un montant supplémentaire d’environ 3 milliards. Dans ces conditions, on comprend d’autant mieux les réticences actuelles de la Confédération soucieuse de répartir équitablement une manne fédérale qui n’est pas extensible.

Je crains fort que Genève doive payer très cher les choix aberrants de ses autorités, surtout si l’on se réfère à un autre communiqué de presse de l’OFT daté du 27 février dernier. On y apprend que l’Office Fédéral des Transports a lancé la consultation sur la définition et le plan stratégique du trafic ferroviaire grandes lignes (voir ici). Par ce concept « TGL », l’OFT entend raccorder la Suisse aux pays voisins et relier les grands centres urbains entre eux ainsi qu’aux aéroports nationaux !

Dans ces conditions on comprend d’autant plus mal la décision de mise à l’écart de la gare de Genève-Aéroport par nos autorités cantonales lesquelles ont privilégié l’extension de la Gare Cornavin dans leur choix, au détriment du raccordement de Genève-Aéroport à la ligne Genève-Lausanne, tel que préconisé par l’Association « Genève Route et Rail » (voir ici). Pourtant ce sont ces mêmes autorités qui prévoient un développement fulgurant du nombre de passagers à l’Aéroport d’ici à 2030, qui passeraient de 16,5 millions (chiffre de l’année 2016) à 25 millions (voir ici). Or sans une amélioration substantielle de la desserte ferroviaire de l’Aéroport, on ne voit pas vraiment comment nos décideurs entendent s’y prendre.

Boucle ferroviaire de l'Aéroport

La Gare de l’Aéroport n’a pas été intégrée dans la réflexion et restera une gare en impasse alors qu’elle avait été conçue dès son origine pour évoluer en gare traversante, comme en témoigne ses aménagements. A terme cette gare était pourtant censée être raccordée à la ligne Genève – Lausanne à la hauteur de Bellevue. Cependant nos autorités ont délibérément ignoré cet objectif et ont conçu un projet de réseau totalement aberrant qui oblige, aujourd’hui comme demain, les convois à rebrousser chemin à l’Aéroport, imposant ainsi un inutile doublement du trafic à Cornavin. C’est ainsi qu’on aboutit à une véritable usine à gaz qui n’apportera aucun avantage si ce n’est de se prévaloir d’une gare souterraine à Cornavin, puis ultérieurement d’une autre à l’Aéroport, pour faire comme Zurich si l’on en croit l’éditorial (lire ici) de M. Marc Moulin, qui se plaint du recalage des projets genevois dans l’éditorial de la TdG du 29 avril 2017 : « La gare souterraine à deux voies ? Zurich en a déjà dix en sous-sol, sans être cinq fois plus grande que Genève. ».

Comme si la qualité d’une desserte ferroviaire devait être jaugée à l’aune du nombre de voies souterraines d’une gare et que celles-ci devaient être extrapolées à la population de l’agglomération desservie …

 

 

Pour aller plus loin :

Le site de l’Association « Genève Route et Rail » : http://www.gerer.ch/

L’étude et les détails du projet « GeReR » : https://sites.google.com/site/geneverailroute/etude

Ce que la presse en dit :

https://www.tcs.ch/fr/le-tcs/sections/geneve/boucle-aerop...

https://www.lecourrier.ch/139777/extension_de_la_gare_cor...

27/02/2017

Bernex : Un tramway nommé Désir

L’achèvement de la ligne de tram 14 à Bernex, c’est pour quand ?

Ce qui aurait dû être une amélioration de la desserte de Bernex depuis la mise en exploitation de la ligne du tram 14 en décembre 2011, ne s’est pas concrétisé.

Depuis plus de cinq ans maintenant et malgré des promesses toujours renouvelées, le terminus provisoire du tram 14 n’a pas avancé d’un mètre en direction de Vailly et se trouve toujours perdu au milieu de nulle part, mais plus précisément entre la Croisée de Confignon, le « P+R » Bernex et la sortie de la bretelle autoroutière de Bernex.

Il manque encore 2,3 km pour achever cette ligne jusqu’à son terminus à Vailly, à l’extrémité ouest du village de Bernex (voir ici), un itinéraire qui longera la Route de Chancy.

La navette (ligne 47), puis plus récemment la ligne de bus « L », censées pallier cette lacune, ne sont en fait que des pis-aller et ne sauraient nous faire oublier les trolleybus des lignes 2 et 19, si pratiques pour se rendre au centre-ville de Genève. Par ailleurs les véhicules de la ligne 47 ne sont plus équipés de distributeurs de tickets à bord, pas de chance pour ceux qui habitent dans les environs de Bernex-Saule où le distributeur fixe a été supprimé à fin 2011.

Pour le retour à Bernex depuis Genève c’est parfois la galère. Ces attentes interminables d’incertaines correspondances, où les usagers sont exposés au vent et à la pluie, les abribus étant mal disposés et trop éloignés du quai de transbordement.

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<<<<<    Le tram 14 vers un avenir incertain    >>>>>

On nous promettait initialement l’achèvement de cette ligne de tram à Vailly pour la fin de 2014. Pas de chance, en mars 2013 déjà on nous annonçait que la situation allait perdurer plus longtemps que prévu et qu’il ne fallait pas compter voir le tram arriver à Vailly avant la fin de 2017 … « au plus tôt ! » …

Renseignements pris en octobre dernier, la mairie de Bernex nous donnait les informations suivantes :

« Je peux vous confirmer que le Conseil administratif n'a de cesse, depuis de nombreuses années, mais particulièrement depuis deux ans (procédure PDQ et MZ) d'amener le Canton à réaliser l'achèvement de la ligne 14.Nous sommes tout à fait conscient que la situation actuelle est loin d'être optimale et que seule la prolongation du ligne du tram permettra d'améliorer la desserte de nos villages avec la ville, mais également de réorienter un certain nombre de ligne des rues du village. »

« Le Conseil d'Etat, par la voix de son président, nous a confirmé par écrit le démarrage des travaux de réalisation pour la fin de l'année 2018. »

Fin 2018 ? Bizarre, bizarre, ce « démarrage des travaux de réalisation » coïncide très précisément avec la fin de la législature actuelle ... Simple coïncidence sans doute ?Personne n'est dupe, car en fait de promesse force est de constater que le Conseil d'Etat dans sa composition actuelle ne s'engage pas, puisqu'il ne fait que de reporter cet engagement sur d'autres, sur le futur Conseil d'Etat en l'occurrence. Une manière de se défausser qui ne l'honore pas ...

Réflexion communiquée à la Mairie de Bernex.

Réponse d’icelle : 

« Je peux comprendre votre analyse. Toutefois, il existe depuis très longtemps un principe juridique entre les entités et les personnes qui occupent les fonctions de celles-ci. »

« Ce principe est celui de la continuité de l'Etat. Les personnes changent, l'Etat subsiste et doit tenir les engagements pris par le gouvernement précédent.En tant qu'autorité de tutelle des communes, je ne peux - pour ma part - que prendre note de l'engagement du Conseil d'Etat et requérir, très souvent, des points de situation sur ce dossier qui me tient particulièrement à cœur. »

« Ce principe de la continuité de l'Etat » est inattaquable et formellement exact. Toutefois il n'échappera à personne que ce même Etat a pris récemment de nombreuses et très coûteuses décisions d'investissements, dans le domaine des infrastructures routières et dans les transports publics notamment (cf. la récente décision d'investir 425 millions pour l'extension de la Gare Cornavin, par exemple ...). Des décisions pas toujours très opportunes d'ailleurs, dont les citoyens et contribuables sont en droit de s’inquiéter.

Placé devant des contraintes et des échéances financières, qui pourrait alors raisonnablement reprocher à l'Etat un rééchelonnement de ses investissements ? Et puis finalement, qu'est-ce qui pourrait bien contraindre le futur Conseil d'Etat d'honorer les promesses du précédent, si d'aventure il devait les trouver irréalistes compte tenu de la situation des finances publiques ? Face à une telle situation, je crains fort que le futur Conseil d'Etat doive se contenter d'arbitrer les conflits d'intérêts entre les différents projets. Nous risquerions alors de nous trouver dans un rapport de forces où l'achèvement de la ligne du tram 14 pèsera de peu de poids face à des projets politiquement beaucoup plus porteurs ...

Voilà, j’écrivais tout cela en octobre 2016 …

Las, pas nécessaire d’être un grand visionnaire, ni d’attendre l’avènement du futur Conseil d’Etat, car aujourd’hui déjà nous nous trouvons dans cette situation puisqu’on apprend que la mise en chantier de la prolongation de la ligne de tram 12 entre Moillesulaz et Annemasse a commencé depuis près d’un mois. Financé à hauteur de 40 % par la Confédération au titre de financement des projets d’agglomération, le prolongement de cette ligne est totalement situé en territoire français …

Force est d’en déduire que les intérêts de Bernex et de la Champagne ont été sacrifiés devant ceux d’Annemasse, voire de Saint-Julien puisque les travaux de prolongation de la ligne de tram 15 en direction de cette ville pourraient bien commencer prochainement eux aussi … 

Tant mieux pour Annemasse et tant pis pour Bernex …

Blague à part, pourquoi la commune de Bernex ne demanderait-elle pas son rattachement à la France si cela pouvait contribuer à mieux défendre ses intérêts ?

Merci au Conseil d’Etat. Merci à son Président M. François Longchamp et merci aussi à M. Luc Barthassat, responsable du « DETA » en charge de ce dossier, pour les promesses qu’ils nous tiennent mais qui n’engagent que ceux qui les écoutent ! Les habitants de Bernex et de la Champagne en ont marre et ne sauraient désormais se satisfaire de promesses. Ce sont des actes qu’ils attendent !

Le Conseil d’Etat a sans doute fait sienne cette maxime d’Henri Queuille :

« Il n'est aucun problème assez urgent en politique qu'une absence de décision ne puisse résoudre. »

 

Pour aller plus loin :

http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/enieme-coup-sang-...

http://www.20min.ch/ro/news/geneve/story/La-fin-du-tram-d...

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ligne_14_du_tramway_de_Genè...