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Politique - Page 4

  • Le syndrome de Fukushima a frappé. Est-il féminin ?

     

    Ainsi ce 25 mai, le Conseil fédéral - conjugué au féminin nous dit-on - a pris sa décisioncentrales-nucleaires.jpg, il faudra toute affaire cessante éteindre la lumière dans les centrales nucléaires au terme de leurs concessions.

    Ce sera en 2034 au plus tard !

    C'est que le temps pressait, il y a eu la catastrophe de Fukushima, mais surtout les prochaines élections fédérales qui approchent à grands pas. Dame ! Elles auront lieu en octobre prochain.

     

    Décider comme ça dans la précipitation sous la pression populaire de sortir du nucléaire, sans proposer d'alternatives crédibles, n'est pas très responsable, mais il est vrai que l'on est à moins de cinq mois des élections fédérales. Une aubaine !

    Entre la peste du risque nucléaire et le choléra des rejets de CO2, le Conseil fédéral a tranché : la couche d'ozone sera sacrifiée sur l'autel de Fukushima !

    Tout ce qui hier encore était intolérable pour l'environnement sera béni demain, mais cela coûtera plus cher parce que ce sera taxé pour nous inciter à économiser. Doris nous l'a promis ...

    La Suisse sera ainsi la première victime collatérale de la catastrophe de Fukushima. Sa compétitivité économique s'en trouvera péjorée du fait d'un prix du kWh plus élevé que chez ses concurrents. Il en ira de même pour les ménages.

    Certes on nous promet déjà que la décision stimulera le développement d'énergies alternatives, ainsi que la recherche dans le domaine de l'efficacité énergétique. Il n'en reste pas moins que la Suisse se singularisera une fois de plus en prenant beaucoup de risques, alors qu'il eût été urgent de réfléchir, d'étudier plus à fond les différents scénarios possibles et surtout accompagner cette décision d'incitations fiscales adéquates.

     

    Reste à savoir si les développements technologiques promis, qu'il s'agisse de production à partir d'énergies renouvelables ou dans le domaine de l'efficacité énergétique, pourront à eux seuls compenser les conséquences de cette décision sur l'emploi et le PIB de la Suisse.


    Personne j'en conviens, ne souhaiterait vivre à proximité d'une centrale nucléaire, mais que l'on me comprenne bien, il s'agira de trouver d'autres sources de production pour remplacer tout de même près de 40% de la consommation d'énergie électrique d'ici à 2034 et ceci sans parler de l'accroissement annuelle de la consommation qui représente 2% par année.

    Certes l'énergie nucléaire n'est pas une panacée, mais il faut tout de même rappeler qu'elle ne produit pas de CO2 néfaste à la couche d'ozone. Qu'elles sont les alternatives pour produire 40% de la consommation d'électricité suisse ?

    La construction de nouveaux aménagements hydroélectriques n'est guère possible, sauf à petite échelle et ceux-ci se heurteront forcément à des oppositions du fait de leur impact sur le paysage.


    Les énergies éolienne et solaire ne suffiront pas à elles seules, et de loin, à compenser le manque de production, sans parler de l'imprévisibilité et des aléas d'une telle source de production.

    Reste alors la production thermique classique, mais il s'agit dans la plupart des cas d'énergies fossiles non-renouvelables (fuel, charbon, gaz) qui toutes produisent du CO2 néfaste à la couche d'ozone.

    Alors pourquoi faudrait-il importer 40% de notre consommation, sachant qu'elle sera produite à partir de centrales nucléaires, ceci à hauteur de 80% en France, et que ces mêmes centrales ne nous mettent nullement à l'abri d'un accident tel que celui de Fukushima ?


    Économies d'énergie oui, mais sommes-nous bien conscients de ce que représente 40% de notre consommation ? Il faudrait par ailleurs que la plupart d'entre nous fassions l'effort de comprendre les règles physiques et économiques qui régissent la production, le transport, la distribution et la consommation d'énergie électrique.

     

    La décision du Conseil fédéral a été prise à la hâte, sous le coup de l'émotion, sans véritable réflexion ni propositions crédibles, sous la pression de la rue. C'est une décision électoraliste avant tout !


    En ce 25 mai 2011, le Conseil fédéral a confondu vitesse et précipitation.

    Promettre c'est bien, assumer c'est mieux !

     

  • Le train de Schengen bloqué à Vintimille …

    L’Union Européenne est confrontée à un nouveau problème posé par les révolutions arabes qui la mettent à l’épreuve.

     

    C’est ainsi que les quelques 25'000 réfugiés, des Tunisiens pour la plupart, qui ont débarqué à Lampedusa depuis quelques semaines, ont ouvert une crise entre Paris et Rome.

     

    L’Italie placée aux avant-postes, a attendu vainement une aide de ses partenaires européens pour l’aider à gérer l’accueil de ces migrants. Lasse d’attendre, elle a décidé dans l’urgence d’octroyer des visas Schengen d’une validité de six mois à ces Tunisiens et de les relâcher dans la nature.

     

    Ceux-ci se sont empressés de mettre le cap sur la France, où la plupart d’entre eux y ont des frères, des cousins, des parents, des amis et connaissances pour les accueillir. Ils ont donc pris le train en direction du nord, mais Paris a immédiatement réagi en avertissant qu’il n’était pas question que la France accueille ces gens démunis de ressources. Cette réaction s’inscrit naturellement dans le contexte de politique intérieure propre à la campagne de la présidentielle de 2012. Il est vrai que les sondages ont parlé et donnent Sarkozy perdant, alors que Marine Le Pën a le vent en poupe …

     

    La France a donc bloqué les trains à la frontière franco-italienne de Vintimille en invoquant le maintien de l’ordre public, les réfugiés étant accompagnés d’Italiens chargés de les soutenir pour rappeler aux Français qu’après tout, ces visas Schengen émis par l’Italie permettent à leurs titulaires de circuler librement et en toute légalitéSarko-Berlu.jpg dans l’ensemble de l’espace formé par les 25 pays signataires …

     

    Pas de ça Lisette ont répondu les autorités françaises en menaçant de suspendre les accords de Schengen et d’exiger une renégociation de ceux–ci.

     

    Une rencontre franco-italienne au plus haut niveau a été organisée séance tenante et c’est ainsi que Nicolas Sarkozy accompagné d’une importante brochette de ministres – et non des moindres - , rencontre aujourd’hui même, ce mardi 26 avril 2011, Silvio Berlusconi en Italie pour trouver une solution.

     

    Pour nous autres Suisses ce litige franco-italien autour de visas Schengen peut paraître cocasse à première vue, car on ne peut s’empêcher de penser à la réaction commune de nos deux voisins, pour ne pas parler de tollé, qu’avait provoqué la décision de Berne d’inscrire Kadhafi, les membres de sa famille et ses sbires, dans une liste noire, afin de priver ceux-ci de visas Schengen et faire pression sur Tripoli suite à la prise d’otages de nos deux compatriotes en Libye. La France et l’Italie, par les voix de leurs ministres des affaires étrangères respectifs, avaient alors poussé des cris d’orfraie en accusant la Suisse d’interpréter à sa guise les accords de Schengen.

     

    Toutefois à y regarder de plus près, une renégociation des accords de Schengen devrait plutôt nous préoccuper, nous qui n’appartenons pas à l’UE, nous n’aurons pas voix au chapitre pour défendre nos intérêts dans l’hypothèse d’une telle renégociation. Ce sera alors probablement à prendre ou à laisser …

     

    Alors laissons nos deux voisins décider pour nous et cela devrait d’ailleurs réjouir et rassurer l’UDC, la LEGA et le MCG, puisqu’une telle renégociation se fera dans le respect des thèses populistes qui prévalent actuellement aussi bien à Paris qu’à Rome.

     

    Gageons qu’aujourd’hui en Italie, l’ombre de Marine Le Pen et celle d’Umberto Bossi planeront sur la rencontre Sarkozy – Berlusconi.

     

    Ce qu’en dit la presse française

     

    Et la presse italienne …

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  • Quel avenir pour Kadhafi ?

     

    kadhafi_200b_03022009.jpg

    La révolution de la rue arabe s'étend. Depuis quelques jours, elle a touché un pays très fermé, qualifié de « Corée du Nord » du monde arabe. Je parle de la Libye bien sûr !

     

    J'écoutais ce soir sur RSR1 « La Première » l'émission « Forum » consacrée en bonne partie à des interviews accordées à MM. Carlo Sommaruga, Hasni Abidi et Abdel Lamhangar sur les derniers événements en Libye (écoutez ici).

     

    Pour Carlo Sommaruga, avec lequel je suis souvent en désaccord, il faudrait que la Suisse prenne l'initiative de mettre sur une liste noire les membres du régime Kadhafi, afin de les priver de visas Schengen. Selon le conseiller national socialiste, la Suisse serait bien placée pour prendre cette initiative, du fait qu'elle n'a plus grand chose à redouter en termes de rétorsions économiques depuis l'arrestation d'Hannibal Kadhafi à Genève en juillet 2008, puis de l'affaire des otages suisses retenus à Tripoli.

    Asni Habidi a commenté la proposition de Carlo Sommaruga en affirmant qu'il s'agissait pour lui « d'un service minimum ». Il a demandé aussi que la Suisse prenne des initiatives auprès de l'ONU par le biais de Joseph Deiss, qui officie actuellement en tant que président de l'Assemblée générale de l'ONU. Par ailleurs Hasni Abidi rappelait aussi que les policiers libyens, ceux qui participent à l'actuelle répression, ont été formés par des policiers allemands !

    Carlo Sommaruga s'est dit décidé à interpeller la Conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey la semaine prochaine, pour que notre gouvernement prenne l'initiative auprès de l'UE afin que les autorités libyennes soient privées de visas Schengen. La Suisse, en tant que signataire des accords de Schengen, serait fondée à prendre une telle initiative.

     

    Il est vrai que l'Union Européenne semble actuellement bien empruntée pour condamner avec fermeté le régime de Kadhafi pour sa sanglante répression de la contestation libyenne et l'atteinte inadmissible aux droits humains dans ce pays au cours de ces dernières heures.

    Selon l'organisation « HRW » (Human Rights Watch), ce sont désormais près de 300 personnes qui auraient été tuées à ce jour, autant dire descendues comme des lapins, par des milices gouvernementales, pour avoir manifesté contre le régime en place.

     

    Catherine Ashton, ministre européenne des Affaires étrangères de l'UE, s'est dite « indignée par la répression en Libye ». Bien sûr, la France et l'Allemagne, par la voix de leur ministre respectif aux affaires européennes, Laurent Wauquier et Werner Hoyer, ont aussi dénoncé les exactions, mais de concret rien encore. Il faut dire que les intérêts économiques de l'UE en Libye sont importants. C'est ainsi que la chaîne de TV Al-Jazeera en anglais qui reportait ce soir avec détails les sanglantes répressions, notamment à Benghazi, rappelait que 79% du pétrole libyen est exporté vers l'Europe. Par ailleurs, le régime libyen bien qu'isolé diplomatiquement, n'a rien à craindre d'un boycott économique et ceci contrairement aux situations qui ont prévalu tant en Tunisie qu'en Egypte, pays dans lesquels les ressources touristiques comptent en terme de PIB, ressources auxquelles s'ajoute pour l'Egypte l'aide financière américaine. Le régime libyen peut quant à lui se prévaloir d'une rente pétrolière annuelle de 50 à 60 milliards de CHF. De surcroît le régime libyen dispose de devises étrangères en suffisance et peut surtout se permettre de faire chanter les pays de l'UE par le biais de juteux contrats d'investissement.

    Le chantage a d'ores et déjà commencé, le régime libyen ayant menacé l'UE de suspendre son engagement à contrôler le flux migratoire vers l'Europe des migrants africains si celle-ci « s'obstinait à soutenir la contestation » de la rue libyenne.

     

    Les Etats-Unis quant à eux ont été assez discrets jusqu'à ce jour sur les derniers événements libyens.

     

    Donc contrairement à d'autres régimes contestés du monde arabe, le régime libyen même s'il est aujourd'hui chancelant, n'est pas encore près de tomber. Tel n'est pourtant pas l'avis de Hasni Abidi qui pense que le régime est très ébranlé.

    Sachant qu'il n'a rien à attendre de personne, le régime libyen aux abois fera tout pour conserver le pouvoir et le fera savoir au prix fort à tous ses opposants.

     

    Pour la Suisse, qui n'aurait rien à perdre dans l'initiative de Carlo Sommaruga, du fait du boycott libyen depuis l'affaire de l'arrestation d'Hannibal Kadhafi, ce serait une belle carte diplomatique à jouer. La diplomatie suisse pourrait reprendre l'initiative, redorer son image dans le monde arabe après l'interdiction de construction des minarets, mais surtout se repositionner dans sa lutte en faveur de droits humains.

     

    Toutefois une question fondamentale se pose si d'aventure le régime libyen devait tomber après 42 ans de pouvoir total, sans aucun partage et sans aucune tolérance : existe-t-il une alternative crédible prête à relever le défi pour conduire la Libye sur la voie de la démocratie ?

     

  • Le caillou dans la chaussure

     

    Or donc le 22 septembre prochain, le Conseil fédéral risque fort de se découvrir très féminin, puisque quatre, voire cinq femmes, ont de fortes chances d’y siéger.

    Qui s’en plaindrait ?

    A priori personne, officiellement tout au moins.

    Toutefois à décrypter les déclarations et interviews de femmes socialistes, qui s’autoproclament volontiers très féministes, on ressent une certaine réserve. Dame, c’est qu’une très forte majorité de femmes au Conseil fédéral risque de leur porter ombrage et de mettre à néant les raisons même de leur combat !

    Après s’être beaucoup battues pour les quotas en politique, ces pourfendeuses du machisme se trouveraient-elles prises au piège de leur propre jeu ?

    On pourrait le croire à entendre récemment Micheline Calmy-Rey qui trouvait qu’un Conseil fédéral au sein duquel cinq femmes pourraient siéger était susceptible de poser des problèmes.

    On se demande bien de quels problèmes il pourrait s’agir ?

    En tous les cas, notre Ministre des Affaires étrangères ne semblait pas très enthousiaste à l’idée d’accueillir parmi ses collègues, au sein du CF donc, une certaine Karin Keller-Sutter.

    Hier dans l’émission « Forum » à 18h00 sur RSR1, c’était Maria Roth-Bernasconi, coprésidente des femmes socialistes, qui était interviewée. Dans le langage un peu emprunté qu’on lui connaît, la Conseillère nationale genevoise déclarait que les candidats du PLR et des Verts « n’avait pas été très convaincants » lors de leurs auditions. Elle faisait référence au bilan de l’engagement de ces candidats pour la promotion des femmes dans la société.

    Pressée de questions et visiblement très embarrassée, Maria Roth-Bernasconi a tout de même avoué qu’à titre personnel, elle favoriserait plutôt l’élection d’une femme. Entendez par là que se préférence se porte sur Karin Keller-Sutter plutôt que sur Johann Schneider-Ammann.

    Or il semble bien que son avis ne fasse pas l’unanimité parmi ses consœurs socialistes. Celles-ci craindraient-elles qu’une femme que l’on dit brillante ne leur porte ombrage ?

    Dans cette course au Conseil fédéral, on le sent bien et on peut l’affirmer aujourd’hui, l’éventuelle élection de Karin Keller-Sutter semble être le caillou dans la chaussure socialiste.

    Dans les chaussures pour dames seulement ?

    Réponse dans une semaine !

     

     

    Emission « Forum » du mardi 14 septembre sur RSR1 :

    http://medias.rsr.ch/la-1ere/programmes/forum/2010/forum_20100914_standard_developpement-2_20100914-1800_d3542ab3-094d-428d-9aba-6c9d3c28058e-128k.mp3

     

     


    Course-Escarpins-02.jpg

     

     

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