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Rêveries d’un citoyen ordinaire - Page 4

  • Constituante : Cachez-moi l’essentiel, je m’occupe du détail !

     

    Des travaux de la Constituante, qu'en savons-nous réellement, nous autres citoyens lambdas ? Pas grand chose à vrai dire, hormis quelques billets rédigés par les constituants qui daignent nous informer des remugles de séances ayant imprégné leur mémoire olfactive ...

     

    Récemment encore, plusieurs constituants1) nous ont fait part des travaux de ladite assemblée à propos de la politique énergétique et/ou de l'autonomie alimentaire du canton.

     

    Pour la Constituante, il s'agissait de reprendre bon nombre d'articles contenus dans la Constitution actuelle, sinon à la lettre, du moins dans l'esprit. Mais pourquoi donc le faudrait-il ?

    La rédaction d'une nouvelle constitution n'a-t-elle pas précisément pour objet de remettre les choses à plat, de s'interroger sur le bien-fondé des textes actuels, sur leur désuétude ? D'en relever les éventuels anachronismes qui les sous-tendent ?

     

    Récemment on glosait sur les blogs à propos de l'interdiction du nucléaire à Genève et sur le taux d'auto-approvisionnement alimentaire de notre canton, à tel point qu'on tient à inscrire ces principes dans la nouvelle constitution. Mais s'est-on seulement posé la question de savoir si cela avait un sens ?

    Dans le même temps, on échoue à faire aboutir des projets immobiliers pour construire des appartements dans les communes périurbaines, du fait de conflits d'intérêts entre lesdites communes et l'État, comme on l'a vu à Chêne-Bougeries ce dimanche, où les citoyens consultés ont donné un préavis négatif à un projet de déclassement.

     

    Quel lien y a-t-il entre ces deux thèmes politiques et la Constitution cantonale ?

     

    On constate d'une part que la constituante s'empare de thèmes porteurs en termes d'image politique, mais sur lesquels la Genève institutionnelle n'a aucun pouvoir coercitif, qu'elle en aura encore moins dans l'avenir, ceci au détriment d'autres objets autrement plus concrets et urgents qui relèvent totalement de la politique cantonale et concernent directement les Genevois dans leur vie quotidienne, mais qui malheureusement déplaisent car ils nous renvoient à nos vrais problèmes.

     

    Reprenons l'exemple de l'interdiction du nucléaire dans la Constitution cantonale genevoise. Soyons clairs, cet article constitutionnel est parfaitement inutile et ne servira strictement à rien, ceci pour plusieurs raisons, à commencer par le principe de subsidiarité qui impose au texte fondamental genevois sa compatibilité avec la Constitution fédérale. Or nous savons que le Conseil fédéral a décidé récemment, dans la précipitation, à la suite de la catastrophe de Fukushima, d'arrêter les centrales nucléaires suisses d'ici à 2034. Par ailleurs, l'impact énergétique d'une très hypothétique centrale nucléaire sur le territoire cantonal genevois dépasserait de très loin nos besoins actuels, de l'ordre de deux à trois fois. Mais c'est surtout dans le domaine de la protection de l'environnement qu'un tel projet n'aurait aucune chance d'aboutir, confronté qu'il serait à une multitude de textes législatifs fédéraux.

     

    On en dira autant de l'inutilité de l'inscription dans notre Constitution cantonale d'un texte relatif l'auto-approvisionnement alimentaire, qui ne serait que du protectionnisme déguisé et constituerait une entorse à la liberté de commerce. Manger local c'est bien, souhaitable même, mais pourquoi donc faudrait-il inscrire un tel principe dans la Constitution, attendu qu'on aurait pas les moyens de l'appliquer ?

     

    Bref on s'attaque aux détails, on fait dans l'utopie, mais on en oublie l'essentiel.

     

    L'essentiel et bien parlons-en.

    Genève étouffe dans son corset bien trop étriqué pour elle. Elle ne dispose pas d'outils institutionnels susceptibles de résoudre ses problèmes actuels, alors on bricole mais ces bricolages coûtent cher, très cher, en temps et en moyens du fait que toute décision implique un nombre bien trop important d'intervenants qui ont tous des visions différentes et autant d'intérêts divergents. Il n'est que de voir les récents projets immobiliers débattus sur la place publique pour s'en convaincre. Qu'il s'agisse des Communaux d'Ambilly, du PAV, des Cherpines-Charrotons ou plus récemment du projet Challendin à Chêne-Bougeries, partout s'opposent intérêt public et intérêt privé, communes et canton.

     

    La réorganisation institutionnelle est le défi majeur que Genève doit impérativement relever rapidement. S'ensuivra forcément l'organisation territoriale, la redéfinition des rôles entre l'État et les communes, la réduction inéluctable du nombre de ces communes, soit en les fusionnant, soit en les intégrant à la ville de Genève. Et puis il faudra bien réformer aussi la fiscalité, imposer les contribuables - les personnes morales comme les personnes physiques - sur le lieu de leur domicile, mettre en place une péréquation financière pour compenser certaines lacunes. On citera aussi la politique de la mobilité et l'incitation à utiliser les transports publics, l'organisation de la sécurité publique, etc.

     

    Une constitution cantonale, texte fondamental, n'est pas un recueil de lois. Elle doit impérativement être réaliste pour être applicable. Elle doit être concise. Du fait du principe de la subsidiarité, elle doit impérativement éviter toute redondance avec la Constitution fédérale, voire avec d'autres principes implicites qui découleraient du simple bon sens ou de l'évidence.

     

    A ce propos, il me plaît de rappeler que le regretté Joseph Voyame a rédigé seul et en six jours, l'avant-projet de Constitution du canton du Jura, assis sous un arbre devant sa maison de Saint-Brais dans les Franches-Montagne !

     

    Alors un zeste de bon sens dans la bouillabaisse constitutionnelle genevoise n'est pas à dédaigner !

     

    1) Notamment MM. Mizrahi, Gardiol, Kunz

    http://cyrilmizrahi.blog.tdg.ch/archive/2011/11/16/constituante-interdiction-du-nucleaire-enterinee-par-l-assem.html

    http://votewatch.blog.tdg.ch/archive/2011/11/15/la-constituante-va-droit-dans-le-mur-et-en-plus-elle-klaxonn.html

    http://vertsassociatifs.blog.tdg.ch/archive/2011/11/16/energie-la-politique-cantonale-sort-renforcee-de-la-premiere.html

    http://resistanceetouverture.blog.tdg.ch/archive/2011/11/15/la-constituante-maintient-l-opposition-aux-centrales-nucleai.html

    http://pkunz.blog.tdg.ch/archive/2011/11/11/de-la-frustration-chez-les-constituants.html

    http://pkunz.blog.tdg.ch/archive/2011/06/06/le-co2-a-cesse-d-inquieter-les-suisses-et-leurs-elus.html

    http://ro.blog.tdg.ch/archive/2011/11/17/verrouillage-du-nucleaire-et-construction-de-logements-au-me.html

     

     

  • Hémorragie à la FINMA …

     

    Connaissez-vous la FINMA ?

     

    La FINMA est l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers.

     

    Elle est née en 2009 de la fusion de l'ancienne « CFB - Commission fédérale des banques », de «  l'OFAP - Office fédéral des assurances privées » et de « l' AdC LBA - Autorité de contrôle en matière de lutte contre le blanchiment d'argent ».

    Son mandat est défini dans la « LFINMA - Loi sur la surveillance des marchés financiers ».

     

    « La FINMA revêt la forme d'un établissement de droit public. Indépendante aux plans fonctionnel, institutionnel et financier, elle est dotée d'une structure moderne comprenant un conseil d'administration, une direction et un organe de révision externe, le Contrôle fédéral des finances. »

     

    La FINMA agit en quelque sorte comme le gendarme des banques et des activités financières en général. Elle veille à la bonne marche des activités financières dans son rôle de protecteur des acteurs et du système financier lui-même.

     

    La FINMA est dotée de pouvoirs souverains pour lutter contre le blanchiment d'argent. Elle veille au respect des lois dans le domaine bancaire, prononce des sanctions contre des établissements financiers qui exercent des activités illégales et accorde l'entraide administrative aux autorités étrangères qui la sollicite, notamment dans le domaine du blanchiment d'argent selon les règles définies par le « GAFI - Groupe d'action financière ».

    L'organisation de la FINMA a été mise en place sous l'égide de M. Eugen Haltiner - ancien manager à l'UBS qui avait œuvré à la fusion UBS-SBS  - nommé à la tête du Conseil d'administration de l'ancienne « CFB », puis de la FINMA  par le Conseil fédéral, sous l'impulsion du Département fédéral des finances, dirigé à l'époque par M. Hans-Rudolf Merz.

    A la suite à la démission de Hans-Rudolf Merz à l'automne 2010, Eugen Haltiner lui emboîte immédiatement le pas et démissionne à la fin de 2010 après deux d'activité seulement à la tête du Conseil d'administration.

    Il faut dire que la FINMA a été mise de place au pas de charge. Le Conseil fédéral approuve la décision du Conseil d'administration de nommer M. Patrick Raaflaub pour la diriger à partir du 1er janvier 2009.

     

    Depuis lors, organigrammes, organisations, réorganisations, nominations et démissions se succèdent à un rythme soutenu au sein de l'institution. C'est ainsi qu'on découvre avec étonnement dans l'organigramme le nom de M. Mark Branson, directeur responsable de la division « Banques », un ancien d'UBS lui-aussi, et accessoirement citoyen britannique dans une autorité de surveillance chargée de défendre la place financière suisse ...!

    Mais surtout on apprend que de nombreux cadres et spécialistes compétents, déjà actifs dans l'ancienne « CFB », se sont retrouvés sur une voie de garage, quand ils n'avaient pas encore quitté le navire, lequel commence à tanguer sérieusement au risque de prendre l'allure d'un « Radeau de la Méduse ».

    Les milieux financiers commencent à s'en inquiéter, à tel point que le sérieux magazine économique suisse-alémanique « Bilanz » a consacré récemment un article à la situation. Il relève les méthodes énergiques du directeur, le taux de rotation très élevé du personnel (10% en 2010), tout en citant nommément nombres de cadres qui ont quitté la FINMA pour d'autres horizons.

    Il semble que même la Conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf, responsable du Département fédéral des finances, se préoccupe de la situation.

     

    Il y a deux jours, la presse spécialisée, notamment la « NZZ » et « l'AGEFI », nous apprenait le départ de M. Daniel Zuberbühler, vice-président du Conseil d'administration de la « FINMA » et ancien directeur de la « CFB », pour « KPMG ».

    Or, M. Zuberbühler n'est pas n'importe qui, c'est une personnalité qui fait autorité dans le domaine de la réglementation bancaire et des marché financiers, une référence internationale.

    C'est notamment lui qui a contribué à la mise en place des fameuses règles prudentielles dites du « Comité de Bâle » sur les risques bancaires, ceci sous l'égide de la « BRI - Banque des règlements internationaux ».

     

    Alors qu'aujourd'hui, le monde de la finance est toujours aussi agité, qu'une guerre économique semble s'être engagée entre les pays, que le secteur de la finance compte pour 12% du PIB de la Suisse, ne serions-nous pas en droit d'attendre de notre autorité de surveillance des marchés financiers, un peu plus de sérénité ?

     

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  • Yes, we Cannes !

     

    Maintenant que la fin de la récréation a été sifflée sur la Croisette, il est temps de tirer quelques enseignements de cette réunion du « G20 ».

     

    Le choix du lieu tout d'abord. On l'a voulu suffisamment prestigieux pour soigner l'image de la France, facile à protéger vu l'importance des participants, facile d'accès grâce à la proximité de l'aéroport de Nice.

     

    L'ordre du jour ensuite, choisi par la France pays hôte. Un ordre du jour ambitieux dont les thèmes auraient dû accessoirement contribuer à la promotion du futur candidat à la présidentielle française de 2012, thèmes chers à l'opinion publique, ceux-ci pouvant être habilement utilisés à des fins démagogiques : Régulation bancaire, taxation des transactions financières, lutte contre les « paradis fiscaux », lutte contre la pauvreté notamment.

     

    Mais le rideau n'était pas encore levé sur ce qui aurait dû être un spectacle grandiose, que déjà s'invitait le grand malade sous perfusion qu'est l'Euro, un patient que l'on pensait pourtant avoir mis sous bonne garde après lui avoir administré un cocktail de fortifiants, le temps qu'il nous fiche la paix pendant les deux jours de la réunion.

     

    Du coup la réunion mondiale des grands de ce monde fut totalement chamboulée et se focalisa sur les problèmes actuels de la « zone Euro », comme si le Premier ministre grec n'avait pas pu rentrer tranquillement, sans faire de bruit, dans sa niche au pied du Parthénon et leur foutre la paix aux grands de ce monde, surtout que son pays avait reçu un en-cas généreusement consenti par l'Allemagne et la France.

    Quelle arrogance tout de même ce Georges Papandreou, annoncer comme ça, juste avant le lever de rideau qu'il allait soumettre l'accord financier à référendum.

     

    C'est ainsi que la Grèce, pays de la tragédie, aura en quelque sorte bousillé ce sommet et sérieusement contrarié l'organisateur en chef.

    De réunion du « G20 », le combat changea d'âme - emprunt à Victor Hugo - et mua en action de secours pour sauver la Grèce d'un suicide annoncé.

    Toutes affaires cessantes on siffla de suite le caniche Papandreou pour lui passer une bordée, histoire de le ramener à la raison, celle du plus fort qui comme chacun sait est toujours la meilleure - emprunt à La Fontaine -.

     

    Mais comme si cela ne suffisait pas, on eut des doutes sur la fiabilité de l'Italie à appliquer les engagements budgétaires auxquels le pays des mandolines et de l'Opéra lyrique s'était engagé. Dame ! Il faut dire que le temps pressait, mais par chance Silvio Berlusconi était sur les lieux, il avait pu se libérer de l'une de ses importantes soirées de « Bunga-Bunga » qui ont fait sa réputation, sans doute attiré par le prestige du Festival de Cannes et de ses starlettes.

    Berlusconi aussi se fit sérieusement sermonné et on le condamna à soumettre périodiquement ses livres de comptes au FMI. Autrement dit le budget de l'Italie, troisième puissance économique d'Europe sera désormais placé sous bonne garde celle de ... Mme Lagarde précisément.

     

    Revenons-en à ce « G20 », lequel faute d'objectifs originels atteints, se muait en « G vain ».

     

    L'ordre du jour étant bouleversé par la faute aux « GO » des deux pays du « Club Med », l'équipe chargée du protocole était sur les dents, on dut même faire patienter le Grand Chinois Hu-Jintao en lui imposant des tours de quartier en voiture blindée, vitres embuées, tandis que Sarkozy l'attendait sous la pluie battante, au pied du grand escalier du Palais des festivals.

     

    Bref, on se serra les mains, puis revue de la Garde Républicaine, la photo de famille put enfin être tirée :

     

    600px-G20_-_Cumbre_de_Cannes_-_20011103.jpg

     

    Et les travaux proprement dits commencèrent. Ils furent brefs et se passèrent totalement à huis clos. Rien ne transpira jusqu'à la fin.

     

    Aussitôt les lampions éteints, on tira le bilan. Assez maigre selon les spécialistes. On rédigea tout de même une déclaration finale. Voir ici.

     

    Disposer d'une pareille tribune, Sarkozy n'allait tout de même pas se priver de l'opportunité exceptionnelle d'être interviewé face aux caméras aux côtés de Barack Obama. Une telle promotion juste avant de lancer sa campagne présidentielle ne se refuse pas. Il fallait que les Français se rendent compte à quel point les deux présidents étaient à l'unisson face aux problèmes qui attendent les grands de ce monde. Et puis cela rassure le bon peuple.

     

    Plus tard, le journal de 20h00 sur TF1 rendait compte de la réunion :

     

    «  ... Ils [ les participants ] ont aussi dressé une liste des paradis fiscaux ... »

     

    Sarkozy interviewé déclarait péremptoirement :

     

    «  Nous ne voulons plus de paradis fiscaux, nous ne voulons plus de dissimulation bancaire ...».

     

    «  ... La Suisse et le Liechtenstein ne sont pas qualifiés pour la phase II ... »

     

    Mais pourquoi donc Sarkozy s'est-il senti obligé, devant la première chaîne française, de désigner nommément la Suisse et le Liechtenstein parmi les pays qui selon lui « ne seraient pas encore qualifiés » ? Qualifiés pour quelle épreuve ?...

     

    Alors, on a recherché en vain les noms de la Suisse et le Liechtenstein dans la déclaration finale de la réunion. Rien !

    Il est seulement fait allusion à une liste de 11 pays.

     

    À la rubrique : « Tackling tax havens and non-cooperative jurisdictions » de la déclaration finale, on relève cette phrase :

     

    « We urge all the jurisdictions to take the necessary action to tackle the deficiencies identified in the course of their reviews, in particular the 11 jurisdictions whose framework does not allow them at this stage to qualify to phase 2. »

     

    En pointant Suisse et Liechtenstein, Sarkozy s'adressait de toute évidence à l'opinion publique française, elle qui est remontée contre ces « paradis fiscaux » d'où provient « tout le mal », eux qui sont rendus responsables de la dette publique française laquelle, faut-il le rappeler, se monte à ce jour à 1'700 milliards d'euros et dont la charge annuelle atteint près de 50 milliards d'euros !

     

    Pascal Saint-Amans responsable du Forum global sur la transparence fiscale, relativisait la stigmatisation de la Suisse au micro de la RSR (émission « Forum » du vendredi 4 novembre 2011).

     

    Interviewé samedi soir (5 novembre 2011) dans « Forum » par la RSR à propos des accusations de Nicolas Sarkozy sur la Suisse, Michel Dérobert, secrétaire général de l'Association des banquiers privés, rappelait que la Suisse a signé jusqu'à ce jour des conventions de double imposition avec plus de trente pays. Il livre une intéressante explication aux accusations de Sarkozy. Ecouter ici.

     

     

    Moralité :

    En politique il est plus simple de se défausser sur des lampistes, plus aisé de pointer des boucs émissaires que de s'expliquer devant les citoyens !

     

     

    Site du « G20 »

     

  • UDC, par ici la sortie !

    Sortie.JPG

     

     

     

     

     

     

     

     

    On glose ferme ces temps-ci sur la future composition du Conseil fédéral, sur la stratégie à adopter pour respecter la concordance, la collégialité, la représentativité politique des partis tout en ménageant leurs susceptibilités. On ressort les calculettes, on calcule des moyennes pour tenter de placer 8 ou 9 personnes sur sept sièges, un peu comme dans le jeu des « chaises musicales ». Vous savez ce jeu qui laisse un joueur sur le carreau faute d'avoir trouvé un siège lorsque la musique s'arrête.

    Or donc c'est ce jeu, finalement très confédéral, qui se tiendra le 14 décembre prochain.

     

    Mais franchement pourquoi la composition du Conseil fédéral ne devrait-elle dépendre que de moyennes arithmétiques ? Pourquoi faudrait-il absolument que le gouvernement fédéral reflète rigoureusement les trois, quatre ou cinq partis les plus représentés aux deux chambres du parlement ?

     

    Aujourd'hui le Conseil fédéral est faible, nous le savons tous. Cela tient à nos institutions autant qu'à son mode d'élection qui tente la gageure de faire cohabiter sept personnes souvent disparates, issues de milieux politiques divers, de régions géographiques et linguistiques différentes, sans trop se préoccuper de leur cohabitation, ni de leur personnalité ou de leur faculté à travailler ensemble.

     

    Or un gouvernement ce n'est pas la juxtaposition, ni la somme de sept talents, mais un ensemble efficace et homogène qui œuvre au succès d'un projet politique cohérent préalablement décidé et accepté par tous. L'image que nous offre aujourd'hui l'attelage fédéral qui tire à hue et à dia, ne correspond pas vraiment à cet idéal.

     

    Si l'on veut restaurer la confiance, la collégialité, la cohérence et l'efficacité au sein du Conseil fédéral, il est indispensable que l'UDC sorte du gouvernement fédéral et entre clairement dans l'opposition.

    En effet, on ne peut pas tout à la fois faire partie de l'exécutif tout en étant dans l'opposition.

    Compte tenu des très nombreux défis qui attendent la Suisse au cours de ces prochaines années, voire de ces prochains mois déjà, - je pense notamment à nos relations avec l'UE qui s'annoncent d'ores et déjà "coriaces" - il faut impérativement renforcer le Conseil fédéral et c'est urgent !

    Nous ne pouvons plus nous satisfaire d'un gouvernement réactif qui se contente de réagir aux événements « au fil de l'eau », sans les avoir anticipés. L'adage nous rappelle que « gouverner c'est prévoir », c'est donc d'un Conseil fédéral proactif dont nous avons besoin.

     

    Dans ce contexte, l'UDC n'est pas un partenaire gouvernemental crédible, ni fiable, car il faut s'attendre à ce qu'il utilise sa démagogie habituelle et sa capacité de nuisance pour perturber le fonctionnement de l'exécutif, ceci pour servir ses propres intérêts. Avec l'UDC au sein du Conseil fédéral, celui-ci devrait se contenter de traiter les affaires courantes, autant dire que la Suisse serait quasiment ingouvernable. Est-ce cela que nous voulons ? Est-ce le message envoyé par le peuple le 23 octobre dernier ?

    Par conséquent c'est autour d'un "pacte républicain" que les partis PLR, PDC, PBD, Verts libéraux, Verts et Socialiste doivent s'entendre d'ici au 14 décembre prochain, pour éjecter l'UDC du Conseil fédéral.

    En auront-ils le courage ? En prendront-ils le risque ? Là est toute la question !

    Dans une telle configuration on pourrait imaginer un Conseil fédéral composé de : 2 PLR, 2 PDC, 1 PBD et 2 socialistes ou 2 PLR, 1 PDC, 1 PBD, 1 Vert et 2 socialistes.
    Il nous faut un Conseil fédéral composé de personnes compatibles entre elles, de personnes qui se font confiance par delà les appartenances partisanes. A cet égard, Eveline Widmer-Schlumpf n'a pas démérité, bien au contraire. Par conséquent, pourquoi faudrait-il la remplacer ?

    Ce n'est point d'une "cuisine arithmétique fédérale" dont nous avons besoin, mais d'une "cuisine imaginative" où se "marient toutes les saveurs", entendez par là toutes les compétences et les intelligences dont les Chambres fédérales regorgent !

     

    Alors Messieurs les grands stratèges politiques, Messieurs les faiseurs de rois, MM. Pelli, Darbellay, Grunder, Bäumle, Ueli Leuenberger et Leyvrat, un peu de courage et d'imagination que diable !

     

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  • Elections fédérales et listes exotiques

     

    Comme tout un chacun, j'ai reçu récemment mon matériel de vote pour les élections fédérales du 23 octobre prochain. En consultant le fascicule des listes, je découvre avec étonnement certaines listes que je qualifierai d'exotiques, du fait qu'elles ne sont constituées que de candidats vivant à l'étranger.

     

    Les citoyens suisses établis à l'étranger ont la possibilité de voter en Suisse depuis quelques années et mes propos ne visent nullement à leur contester ce droit.

    Ce qui m'interpelle en revanche c'est la possibilité qui leur est offerte de siéger au Conseil national, la Chambre du peuple, c'est-à-dire d'être élu à Berne.

     

    Il convient cependant de nuancer lorsque l'on parle de vivre à l'étranger, car si certains de ces candidats vivent en France voisine, à proximité immédiate de Genève, d'autres en revanche sont établis dans des contrées beaucoup plus éloignées, telles que l'Australie ou la Canada ...

    Dans de telles conditions, on peut émettre de sérieux doutes quant à l'efficacité réelle de tels  parlementaires « hors sol ».

    En effet comment ceux-ci pourraient-ils appréhender objectivement des problèmes spécifiquement liés à la vie en Suisse, tels que ceux des assurances sociales, notamment l'épineux sujet de la santé publique avec la couverture maladie et la planification hospitalière, les transports publics avec leur financement et leur planification, voire les finances fédérales dont les ressources proviennent essentiellement de la TVA et de l'IFD, impôts qui ne frappent que les personnes résidant en Suisse ?

     

    Et puis les sessions parlementaires durent plusieurs semaines par années, sans parler des séances de commissions, qui impliquent une présence et de longs séjours à Berne.

    Par ailleurs, il faut rappeler que le Parlement helvétique est un parlement de milice qui ne permet pas aux Conseillers nationaux et Conseillers aux Etats de vivre exclusivement de leur activité parlementaire, ce qui oblige les élus à conserver une activité professionnelle.

    Dans ces conditions, comment envisager sérieusement le maintien d'une activité professionnelle ou des études à l'étranger, que ce soit à Sydney, au Canada, voire en Espagne ?

     

    Une autre question se pose s'agissant des candidats possédant une double nationalité et exerçant déjà une activité parlementaire dans un pays étranger. Pour Genève, ces cas concernent essentiellement des Suisses possédant également la nationalité française, candidats aux élections cantonales ou élus dans des Conseils municipaux en France voisine. Comment peut-on objectivement défendre les intérêts nationaux de deux pays distincts, sachant que ces intérêts peuvent être divergents sur de nombreux sujets ? Est-ce bien cohérent ?

     

    Paradoxalement, ces listes exotiques échappent aux orientations politiques traditionnelles gauche-droite. Ainsi « Les Verts » ont la leur, tout comme les socialistes, le PDC et, plus surprenant, l'UDC ! Surprenant du fait des prises de position de ce parti à propos des étrangers et de son initiative visant à « stopper l'immigration massive » ...

     

    Pour conclure, je ne songe pas un instant à faire élire des Suisses de l'étranger, fussent-ils de France voisine, pour représenter mes intérêts à Berne. Ces listes exotiques ne me convainquent pas du tout !

     

    Ne gaspillons pas nos voix et votons pour des candidats à même de défendre nos intérêts. Par conséquent votons pour des personnes reconnues pour leurs compétences et dotées d'une forte personnalité, pour des candidats domiciliés sur le territoire du canton de Genève.

    Plutôt que de glisser une liste compact de parti dans l'urne, n'hésitons pas à biffer les candidats qui ne nous conviennent pas, par exemple ceux qui se représentent mais que l'on a guère entendus à Berne ou ceux qui sont alignés comme des petits soldats derrière la ligne dogmatique dictée par leur parti. Préférons la liste neutre à la liste de parti !

     

    Mais le plus important est de voter, car la future législature s'annonce d'ores et déjà très importante. En effet, les défis que la Suisse devra relever sont nombreux. Parmi ceux-ci, je note la défense de la place économique de notre pays, la cohésion sociale, les assurances sociales, la politique énergétique, la sécurité intérieure, la politique extérieure dont la promotion de la Suisse à l'étranger fait partie, la mobilité et les transports publics, etc.

     

     

  • Veillée d'armes à la Cour

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    Il était une fois une Cour des comptes,

    Ensuite ce fut la Cour des contes,

    Puis des règlements de comptes,

    Suivis d'amers mécomptes,

     

    Et au lever de rideau,

    Ce fut la nuit des longs couteaux !

    C'est la Cour qu'on assassine !

    Pour une simple rustine ...

     

    Ah dame Toinette toi si volage,

    Pourquoi avoir quitté l'attelage ?

    Et nous imposer tel déballage ...

    Combat de coqs ou simples ramages ?


  • Démocratie directe, miroir de la société !

     

    Récemment encore, j'étais convaincu de la nécessité de compléter nos institutions helvétiques en créant une "Cour Constitutionnelle" qui serait chargée de valider toute "initiative populaire" en amont du processus, c'est-à-dire avant même qu'elle ne soit soumise au peuple, voire avant la récolte des signatures.

    Or il se trouve que j'ai lu récemment un petit ouvrage remarquable - un essai politique intitulé :

     

    "Défendre la démocratie directe - Sur quelques arguments antidémocratiques des élites suisses"

    Un livre publié en 2011 aux "Presses polytechniques et universitaires romandes" et signé Antoine Chollet. 1)

    Défendre la démocratie.jpg

    L'auteur définit quatre valeurs qui selon lui sont constitutives de la démocratie. Ce sont :

    l'égalité, la liberté, l'autonomie et l'émancipation.

    Il explique ensuite comment la démocratie fonctionne à partir de ces quatre valeurs et propose cette définition (p 35) :

     

    « La démocratie est l'institutionnalisation, difficile, contradictoire et toujours menacée de l'égalité, la liberté, l'autonomie et l'émancipation. »

     

    Hannah Arendt avait déjà traité (« Essai sur la révolution ») des deux premières valeurs en les opposant l'une à l'autre dans une comparaison des révolutions française (l'égalité) et américaine (la liberté).

     

    L'essai d'Antoine Chollet quant à lui bat en brèche certains principes convenus dont celui qui voudrait que la Constitution fédérale empêche le peuple de se prononcer sur des textes contrevenant à des traités internationaux "qui garantissent des droits fondamentaux, notamment le contenu de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales que la Suisse a ratifié en 1974. "

    Et l'auteur rappelle (p 81) :

    " Qu'on a par exemple invoqué ce texte lors de la campagne sur l'interdiction des minarets et l'argument réapparaît à vrai dire assez souvent, sans doute nourri par une lecture trop rapide de la Constitution fédérale ..."

     

    Or notre Constitution fédérale stipule "que les initiatives populaires doivent respecter les règles impératives du droit international (Art. 139, al. 3), mais comme le fait remarquer Antoine Chollet, "ces fameuses règles impératives sont en nombre extrêmement restreint et concernent principalement l'interdiction du génocide, de l'esclavage, de la torture ou des guerres d'agression."

     

    Et d'ajouter :

    " A ce régime-là, aucune des récentes initiatives populaires dont certains se sont demandé si elles contrevenaient à ces principes ne tombe sous le coup de cet alinéa, pas même celle demandant la peine de mort. "

     

    Et de conclure :

    " L'utilisation de cet outil en vue de l'invalidation de certaines initiatives n'est donc pas très convaincante. "

     

    Invité à s'exprimer sur les ondes de la « RSR » à propos de la démocratie directe et de la pléthore d'initiatives populaires déposées à Berne, Andreas Gross 2), spécialiste de la démocratie directe, politologue et conseiller national socialiste zurichois, n'a pas dit autre chose.

    Andreas Gross.jpg

    « Ce n'est pas parce que le messager apporte de mauvaises nouvelles qu'il faut le tuer, c'est par des arguments qu'il faut combattre toute initiative jugée excessive, pas en restreignant les droits démocratiques. La démocratie directe est le miroir de la société, ce n'est pas en cassant le miroir qu'on changera la société ... »

     

     

     

    Toutefois, les thèses développées par Antoine Chollet ne semblent pas avoir convaincu Joëlle Kuntz qui s'est fendue d'une critique de l'ouvrage dans un article du « Temps » intitulé « Tout le pouvoir aux soviets » (6 juin 2011). Selon Joëlle Kuntz, Antoine Chollet commettrait l'erreur de sombrer dans le manichéisme en minimisant les errances du peuple et en rejetant la faute sur les élites. Voire ...

     

    Pour conclure provisoirement cette modeste réflexion sur les bienfaits de la démocratie directe, j'ai découvert récemment que la Slovénie en connaissait elle-aussi les vertus. C'est ainsi qu'un récent article de « Swissinfo », intitulé « Pas de démocratie directe sans Tribunal constitutionnel ! » nous apprend que l'ancienne république yougoslave dispose d'un « Tribunal constitutionnel » dans ses institutions. Le journaliste relève que cette démocratie directe slovène ne semble pas être incompatible avec l'adhésion de ce pays à l'UE. Toutefois l'article de Swissinfo est trop peu développé pour se faire une idée. Il serait donc hasardeux de comparer le degré de démocratie directe slovène avec le nôtre.

     

    La proximité des prochaines élections fédérales (23 octobre 2011) m'incitent à recommander vivement la lecture de l'essai d'Antoine Chollet, notamment aux candidats aux chambres fédérales. Espérons qu'ils en trouveront le temps entre deux réunions électorales ...

     

    « Nous ne pouvons pas définir à priori ce qui relève de la politique et ce qui lui échappe ; dans une démocratie, personne ne doit être maître de la définition de ce qui est ou non politique » (Antoine Chollet)

     

     

     

    1) Antoine Chollet est Docteur en science politique de l'Institut d'études politiques de Paris, avec une thèse portant sur les rapports entre temps et démocratie soutenue en 2009, Antoine Chollet est actuellement chercheur au Centre d'histoire des idées politiques et des institutions de l'Université de Lausanne. Il travaille sur la théorie de la démocratie, sur les rapports de cette dernière au passé et au futur, ainsi que sur l'histoire du nationalisme suisse.

     

    2) Andreas Gross interviewé par la RSR - « L'invité de la rédaction », le 27 juillet 2011

     

     

  • Le Baiser de Judas administré à René

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    J'ai rarement été d'accord avec les idées politiques de René Longet, mais jusqu'à hier soir son intégrité idéologique ne faisait pour moi aucun doute.
    Aujourd'hui, il faut bien déchanter et constater qu'il a vendu son âme au diable pour aller à la soupe, mû par un réflexe bassement opportuniste.

     

    En s'affichant avec Eric Stauffer, au terme d'un accord contre nature qui, espère-t-il, devrait lui ouvrir les portes de la Cour des Comptes, René Longet a probablement signé sa mort politique !

    René Longet, qu'avez-vous fait de votre idéal transfrontalier si souvent décliné et loué dans votre blog ? Où donc avez-vous rangé votre humanisme ?

    Après cette poignée de mains onésienne historique, gageons que vos camarades de parti vous saurons gré de bien vouloir les renseigner. M'est avis que les explications risquent fort d'être houleuses ...

    Quant à vos alliés les Verts, avec lesquels vous partagiez et défendiez hier encore bon nombre d'idées et autant d'utopies, comment vont-ils réagir ?

    C'est ainsi par exemple que dans un billet posté sur votre blog le 13 septembre 2009, intitulé "Sécurité urbaine, une préoccupation socialiste", je vous demandais de préciser votre position et celle du PSG à propos de la "proposition n° 72" des "Verts" et de l'argumentation de Mathilde Captyn, alors candidate de ce parti au Grand-Conseil, laquelle affirmait péremptoirement sur le blog des "Verts" :

    " Les Verts proposent d'élargir le recrutement des policiers aux étrangers. Ce n'est pas acceptable que cette fonction soit réservée aux seuls détenteurs du passeport suisse - dans une ville où la diversité s'exprime par 40% d'habitants d'origine étrangère. "

    J'interpellais René Longet sur son blog :

    " En tant que socialiste, pensez-vous qu'il soit "inacceptable" qu'à Genève la fonction de policier ne puisse être accessible aux ressortissants étrangers ? "

    " Partagez-vous l'argumentation de Mathilde Captyn ? La nuancez-vous ? "

    René Longet m'avait répondu qu'il partageait tout à fait la vision de Mathilde Captyn :

    " Ce que Mme Captyn propose et dit est absolument logique et ne doit aucunement rester un tabou. "

    Pour les détails, voir ici :

    http://longet.blog.tdg.ch/archive/2009/09/13/securite-urbaine-une-preoccupation-socialiste.html

    A l'image de cette poignée de mains historique, les gendarmes, nombreux au sein du MCG, ne semblent pas avoir gardé rancune à René Longet. A moins qu'ils n'aient pas été consultés par leur leader politique, autocrate patenté, avant que celui-ci n'adoube René Longet ?

    Quant aux Verts qui ambitionnent de faire élire des frontaliers suisses aux prochaines élections fédérales du 23 octobre, ils se seraient bien passés de cette alliance de la carpe et du lapin.

    Cette politique genevoise atteint des sommets et devient franchement catastrophique, de compromissions en trahisons, que d'idéaux trahis pour un bol de soupe !

    On vit vraiment une époque formidable comment l'aurait dit le regretté dessinateur de BD Jean-Marc Reiser !

     

  • Le syndrome de Fukushima a frappé. Est-il féminin ?

     

    Ainsi ce 25 mai, le Conseil fédéral - conjugué au féminin nous dit-on - a pris sa décisioncentrales-nucleaires.jpg, il faudra toute affaire cessante éteindre la lumière dans les centrales nucléaires au terme de leurs concessions.

    Ce sera en 2034 au plus tard !

    C'est que le temps pressait, il y a eu la catastrophe de Fukushima, mais surtout les prochaines élections fédérales qui approchent à grands pas. Dame ! Elles auront lieu en octobre prochain.

     

    Décider comme ça dans la précipitation sous la pression populaire de sortir du nucléaire, sans proposer d'alternatives crédibles, n'est pas très responsable, mais il est vrai que l'on est à moins de cinq mois des élections fédérales. Une aubaine !

    Entre la peste du risque nucléaire et le choléra des rejets de CO2, le Conseil fédéral a tranché : la couche d'ozone sera sacrifiée sur l'autel de Fukushima !

    Tout ce qui hier encore était intolérable pour l'environnement sera béni demain, mais cela coûtera plus cher parce que ce sera taxé pour nous inciter à économiser. Doris nous l'a promis ...

    La Suisse sera ainsi la première victime collatérale de la catastrophe de Fukushima. Sa compétitivité économique s'en trouvera péjorée du fait d'un prix du kWh plus élevé que chez ses concurrents. Il en ira de même pour les ménages.

    Certes on nous promet déjà que la décision stimulera le développement d'énergies alternatives, ainsi que la recherche dans le domaine de l'efficacité énergétique. Il n'en reste pas moins que la Suisse se singularisera une fois de plus en prenant beaucoup de risques, alors qu'il eût été urgent de réfléchir, d'étudier plus à fond les différents scénarios possibles et surtout accompagner cette décision d'incitations fiscales adéquates.

     

    Reste à savoir si les développements technologiques promis, qu'il s'agisse de production à partir d'énergies renouvelables ou dans le domaine de l'efficacité énergétique, pourront à eux seuls compenser les conséquences de cette décision sur l'emploi et le PIB de la Suisse.


    Personne j'en conviens, ne souhaiterait vivre à proximité d'une centrale nucléaire, mais que l'on me comprenne bien, il s'agira de trouver d'autres sources de production pour remplacer tout de même près de 40% de la consommation d'énergie électrique d'ici à 2034 et ceci sans parler de l'accroissement annuelle de la consommation qui représente 2% par année.

    Certes l'énergie nucléaire n'est pas une panacée, mais il faut tout de même rappeler qu'elle ne produit pas de CO2 néfaste à la couche d'ozone. Qu'elles sont les alternatives pour produire 40% de la consommation d'électricité suisse ?

    La construction de nouveaux aménagements hydroélectriques n'est guère possible, sauf à petite échelle et ceux-ci se heurteront forcément à des oppositions du fait de leur impact sur le paysage.


    Les énergies éolienne et solaire ne suffiront pas à elles seules, et de loin, à compenser le manque de production, sans parler de l'imprévisibilité et des aléas d'une telle source de production.

    Reste alors la production thermique classique, mais il s'agit dans la plupart des cas d'énergies fossiles non-renouvelables (fuel, charbon, gaz) qui toutes produisent du CO2 néfaste à la couche d'ozone.

    Alors pourquoi faudrait-il importer 40% de notre consommation, sachant qu'elle sera produite à partir de centrales nucléaires, ceci à hauteur de 80% en France, et que ces mêmes centrales ne nous mettent nullement à l'abri d'un accident tel que celui de Fukushima ?


    Économies d'énergie oui, mais sommes-nous bien conscients de ce que représente 40% de notre consommation ? Il faudrait par ailleurs que la plupart d'entre nous fassions l'effort de comprendre les règles physiques et économiques qui régissent la production, le transport, la distribution et la consommation d'énergie électrique.

     

    La décision du Conseil fédéral a été prise à la hâte, sous le coup de l'émotion, sans véritable réflexion ni propositions crédibles, sous la pression de la rue. C'est une décision électoraliste avant tout !


    En ce 25 mai 2011, le Conseil fédéral a confondu vitesse et précipitation.

    Promettre c'est bien, assumer c'est mieux !

     

  • Le train de Schengen bloqué à Vintimille …

    L’Union Européenne est confrontée à un nouveau problème posé par les révolutions arabes qui la mettent à l’épreuve.

     

    C’est ainsi que les quelques 25'000 réfugiés, des Tunisiens pour la plupart, qui ont débarqué à Lampedusa depuis quelques semaines, ont ouvert une crise entre Paris et Rome.

     

    L’Italie placée aux avant-postes, a attendu vainement une aide de ses partenaires européens pour l’aider à gérer l’accueil de ces migrants. Lasse d’attendre, elle a décidé dans l’urgence d’octroyer des visas Schengen d’une validité de six mois à ces Tunisiens et de les relâcher dans la nature.

     

    Ceux-ci se sont empressés de mettre le cap sur la France, où la plupart d’entre eux y ont des frères, des cousins, des parents, des amis et connaissances pour les accueillir. Ils ont donc pris le train en direction du nord, mais Paris a immédiatement réagi en avertissant qu’il n’était pas question que la France accueille ces gens démunis de ressources. Cette réaction s’inscrit naturellement dans le contexte de politique intérieure propre à la campagne de la présidentielle de 2012. Il est vrai que les sondages ont parlé et donnent Sarkozy perdant, alors que Marine Le Pën a le vent en poupe …

     

    La France a donc bloqué les trains à la frontière franco-italienne de Vintimille en invoquant le maintien de l’ordre public, les réfugiés étant accompagnés d’Italiens chargés de les soutenir pour rappeler aux Français qu’après tout, ces visas Schengen émis par l’Italie permettent à leurs titulaires de circuler librement et en toute légalitéSarko-Berlu.jpg dans l’ensemble de l’espace formé par les 25 pays signataires …

     

    Pas de ça Lisette ont répondu les autorités françaises en menaçant de suspendre les accords de Schengen et d’exiger une renégociation de ceux–ci.

     

    Une rencontre franco-italienne au plus haut niveau a été organisée séance tenante et c’est ainsi que Nicolas Sarkozy accompagné d’une importante brochette de ministres – et non des moindres - , rencontre aujourd’hui même, ce mardi 26 avril 2011, Silvio Berlusconi en Italie pour trouver une solution.

     

    Pour nous autres Suisses ce litige franco-italien autour de visas Schengen peut paraître cocasse à première vue, car on ne peut s’empêcher de penser à la réaction commune de nos deux voisins, pour ne pas parler de tollé, qu’avait provoqué la décision de Berne d’inscrire Kadhafi, les membres de sa famille et ses sbires, dans une liste noire, afin de priver ceux-ci de visas Schengen et faire pression sur Tripoli suite à la prise d’otages de nos deux compatriotes en Libye. La France et l’Italie, par les voix de leurs ministres des affaires étrangères respectifs, avaient alors poussé des cris d’orfraie en accusant la Suisse d’interpréter à sa guise les accords de Schengen.

     

    Toutefois à y regarder de plus près, une renégociation des accords de Schengen devrait plutôt nous préoccuper, nous qui n’appartenons pas à l’UE, nous n’aurons pas voix au chapitre pour défendre nos intérêts dans l’hypothèse d’une telle renégociation. Ce sera alors probablement à prendre ou à laisser …

     

    Alors laissons nos deux voisins décider pour nous et cela devrait d’ailleurs réjouir et rassurer l’UDC, la LEGA et le MCG, puisqu’une telle renégociation se fera dans le respect des thèses populistes qui prévalent actuellement aussi bien à Paris qu’à Rome.

     

    Gageons qu’aujourd’hui en Italie, l’ombre de Marine Le Pen et celle d’Umberto Bossi planeront sur la rencontre Sarkozy – Berlusconi.

     

    Ce qu’en dit la presse française

     

    Et la presse italienne …

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  • Quel avenir pour Kadhafi ?

     

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    La révolution de la rue arabe s'étend. Depuis quelques jours, elle a touché un pays très fermé, qualifié de « Corée du Nord » du monde arabe. Je parle de la Libye bien sûr !

     

    J'écoutais ce soir sur RSR1 « La Première » l'émission « Forum » consacrée en bonne partie à des interviews accordées à MM. Carlo Sommaruga, Hasni Abidi et Abdel Lamhangar sur les derniers événements en Libye (écoutez ici).

     

    Pour Carlo Sommaruga, avec lequel je suis souvent en désaccord, il faudrait que la Suisse prenne l'initiative de mettre sur une liste noire les membres du régime Kadhafi, afin de les priver de visas Schengen. Selon le conseiller national socialiste, la Suisse serait bien placée pour prendre cette initiative, du fait qu'elle n'a plus grand chose à redouter en termes de rétorsions économiques depuis l'arrestation d'Hannibal Kadhafi à Genève en juillet 2008, puis de l'affaire des otages suisses retenus à Tripoli.

    Asni Habidi a commenté la proposition de Carlo Sommaruga en affirmant qu'il s'agissait pour lui « d'un service minimum ». Il a demandé aussi que la Suisse prenne des initiatives auprès de l'ONU par le biais de Joseph Deiss, qui officie actuellement en tant que président de l'Assemblée générale de l'ONU. Par ailleurs Hasni Abidi rappelait aussi que les policiers libyens, ceux qui participent à l'actuelle répression, ont été formés par des policiers allemands !

    Carlo Sommaruga s'est dit décidé à interpeller la Conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey la semaine prochaine, pour que notre gouvernement prenne l'initiative auprès de l'UE afin que les autorités libyennes soient privées de visas Schengen. La Suisse, en tant que signataire des accords de Schengen, serait fondée à prendre une telle initiative.

     

    Il est vrai que l'Union Européenne semble actuellement bien empruntée pour condamner avec fermeté le régime de Kadhafi pour sa sanglante répression de la contestation libyenne et l'atteinte inadmissible aux droits humains dans ce pays au cours de ces dernières heures.

    Selon l'organisation « HRW » (Human Rights Watch), ce sont désormais près de 300 personnes qui auraient été tuées à ce jour, autant dire descendues comme des lapins, par des milices gouvernementales, pour avoir manifesté contre le régime en place.

     

    Catherine Ashton, ministre européenne des Affaires étrangères de l'UE, s'est dite « indignée par la répression en Libye ». Bien sûr, la France et l'Allemagne, par la voix de leur ministre respectif aux affaires européennes, Laurent Wauquier et Werner Hoyer, ont aussi dénoncé les exactions, mais de concret rien encore. Il faut dire que les intérêts économiques de l'UE en Libye sont importants. C'est ainsi que la chaîne de TV Al-Jazeera en anglais qui reportait ce soir avec détails les sanglantes répressions, notamment à Benghazi, rappelait que 79% du pétrole libyen est exporté vers l'Europe. Par ailleurs, le régime libyen bien qu'isolé diplomatiquement, n'a rien à craindre d'un boycott économique et ceci contrairement aux situations qui ont prévalu tant en Tunisie qu'en Egypte, pays dans lesquels les ressources touristiques comptent en terme de PIB, ressources auxquelles s'ajoute pour l'Egypte l'aide financière américaine. Le régime libyen peut quant à lui se prévaloir d'une rente pétrolière annuelle de 50 à 60 milliards de CHF. De surcroît le régime libyen dispose de devises étrangères en suffisance et peut surtout se permettre de faire chanter les pays de l'UE par le biais de juteux contrats d'investissement.

    Le chantage a d'ores et déjà commencé, le régime libyen ayant menacé l'UE de suspendre son engagement à contrôler le flux migratoire vers l'Europe des migrants africains si celle-ci « s'obstinait à soutenir la contestation » de la rue libyenne.

     

    Les Etats-Unis quant à eux ont été assez discrets jusqu'à ce jour sur les derniers événements libyens.

     

    Donc contrairement à d'autres régimes contestés du monde arabe, le régime libyen même s'il est aujourd'hui chancelant, n'est pas encore près de tomber. Tel n'est pourtant pas l'avis de Hasni Abidi qui pense que le régime est très ébranlé.

    Sachant qu'il n'a rien à attendre de personne, le régime libyen aux abois fera tout pour conserver le pouvoir et le fera savoir au prix fort à tous ses opposants.

     

    Pour la Suisse, qui n'aurait rien à perdre dans l'initiative de Carlo Sommaruga, du fait du boycott libyen depuis l'affaire de l'arrestation d'Hannibal Kadhafi, ce serait une belle carte diplomatique à jouer. La diplomatie suisse pourrait reprendre l'initiative, redorer son image dans le monde arabe après l'interdiction de construction des minarets, mais surtout se repositionner dans sa lutte en faveur de droits humains.

     

    Toutefois une question fondamentale se pose si d'aventure le régime libyen devait tomber après 42 ans de pouvoir total, sans aucun partage et sans aucune tolérance : existe-t-il une alternative crédible prête à relever le défi pour conduire la Libye sur la voie de la démocratie ?

     

  • Le caillou dans la chaussure

     

    Or donc le 22 septembre prochain, le Conseil fédéral risque fort de se découvrir très féminin, puisque quatre, voire cinq femmes, ont de fortes chances d’y siéger.

    Qui s’en plaindrait ?

    A priori personne, officiellement tout au moins.

    Toutefois à décrypter les déclarations et interviews de femmes socialistes, qui s’autoproclament volontiers très féministes, on ressent une certaine réserve. Dame, c’est qu’une très forte majorité de femmes au Conseil fédéral risque de leur porter ombrage et de mettre à néant les raisons même de leur combat !

    Après s’être beaucoup battues pour les quotas en politique, ces pourfendeuses du machisme se trouveraient-elles prises au piège de leur propre jeu ?

    On pourrait le croire à entendre récemment Micheline Calmy-Rey qui trouvait qu’un Conseil fédéral au sein duquel cinq femmes pourraient siéger était susceptible de poser des problèmes.

    On se demande bien de quels problèmes il pourrait s’agir ?

    En tous les cas, notre Ministre des Affaires étrangères ne semblait pas très enthousiaste à l’idée d’accueillir parmi ses collègues, au sein du CF donc, une certaine Karin Keller-Sutter.

    Hier dans l’émission « Forum » à 18h00 sur RSR1, c’était Maria Roth-Bernasconi, coprésidente des femmes socialistes, qui était interviewée. Dans le langage un peu emprunté qu’on lui connaît, la Conseillère nationale genevoise déclarait que les candidats du PLR et des Verts « n’avait pas été très convaincants » lors de leurs auditions. Elle faisait référence au bilan de l’engagement de ces candidats pour la promotion des femmes dans la société.

    Pressée de questions et visiblement très embarrassée, Maria Roth-Bernasconi a tout de même avoué qu’à titre personnel, elle favoriserait plutôt l’élection d’une femme. Entendez par là que se préférence se porte sur Karin Keller-Sutter plutôt que sur Johann Schneider-Ammann.

    Or il semble bien que son avis ne fasse pas l’unanimité parmi ses consœurs socialistes. Celles-ci craindraient-elles qu’une femme que l’on dit brillante ne leur porte ombrage ?

    Dans cette course au Conseil fédéral, on le sent bien et on peut l’affirmer aujourd’hui, l’éventuelle élection de Karin Keller-Sutter semble être le caillou dans la chaussure socialiste.

    Dans les chaussures pour dames seulement ?

    Réponse dans une semaine !

     

     

    Emission « Forum » du mardi 14 septembre sur RSR1 :

    http://medias.rsr.ch/la-1ere/programmes/forum/2010/forum_20100914_standard_developpement-2_20100914-1800_d3542ab3-094d-428d-9aba-6c9d3c28058e-128k.mp3

     

     


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  • Politique, cohérence et probité …

    Le PDC se préoccupe de la sécurité aux frontières et il a raison …

    C’est ainsi que son président genevois, M. Fabiano Forte, signe un billet dans son blog :

     

    «  Sécurité aux frontières : deux occasions manquées ! »

    http://fabianoforte.blog.tdg.ch/archive/2010/05/09/securite-au-frontieres-deux-occasions-manquees.html

     

    Ilyas Khrapounov.jpeg

    Il écrit notamment :

    «  Pendant que le Parlement fait la sourde oreille, les malfrats, eux, s'amusent...!!! »

     

    Toutefois en découvrant son billet juste après avoir regardé l’émission de la TSR « Mise au Point » diffusée ce dimanche 9 mai, je ne peux m’empêcher de réagir.

    Connaissez-vous M. Iliyas Khrapounov, bienfaiteur de Genève ?

    (vignette : M. Iliyas Khrapounov © Eric Aldag GHI)

    http://www.tsr.ch/video/emissions/mise-au-point/1934290-iliyas-khrapounov-l-heritier-kasakh-qui-aimait-geneve.html#id=1934290

    C’est ainsi que « Mise au Point » nous apprend l’existence de M. Iliyas Khrapounov, richissime héritier kazakh de 26 ans installé à Genève, à la tête d'une fortune de plusieurs centaines de millions de $ dont l'origine semble assez floue … M. Khrapounov fait partie de ces richissimes nouveaux résidents étrangers très fortunés qui investissent en Suisse dans des projets immobiliers pharaoniques de grand luxe, sans rapport aucun avec les besoins de notre population qui cherche vainement à se loger décemment.

    Mais quels rapports y a-t-il entre la préoccupation du PDC genevois concernant la sécurité aux frontières et le reportage de « Mise au Point » sur M. Iliyas Khrapounov me direz-vous ?

    A priori aucun, sauf que ce M. Khrapounov semble aussi être membre du PDC genevois et c’est là que le bât blesse …

    En effet, comment peut-on tout à la fois défendre la nécessité d’un renforcement de la sécurité aux frontières et se comporter en Ponce-Pilate en refusant de se préoccuper de l’origine de fonds appartenant à un camarade de parti, un bienfaiteur peut-être ( ?), au risque de saper davantage encore la réputation de la Suisse en matière de fortunes d’origines douteuses ?

    C’est ainsi que l'origine de la fortune de ce "bienfaiteur kazakh" ne semble pas émouvoir beaucoup M. Guy Mettan, député PDC au Grand Conseil dont il est aussi l’actuel Président. Interviewé dans l'émission « Mise au Point », M. Mettan répond par ces paroles rassurantes :

    " ... La question de l'origine des fonds ne me semble pas importante ... "

    Merci de nous avoir rassurés M. Mettan !

    Chacun appréciera votre déclaration selon sa sensibilité ...

    Cette réflexion en guise de conclusion :

    Il faut bien évidemment renforcer la sécurité aux frontières, mais pas pour protéger la liberté des renards dans le poulailler helvétique …

    Il en va de la politique comme de toute chose, la crédibilité repose avant tout sur la cohérence et la probité …

  • Promotion de la Suisse à l’étranger

    Dans une chronique publiée dans le journal « Le Temps » du 24 février dernier, intitulée « Absence suisse », Joëlle Kuntz déplorait l’échec de « Présence suisse » dans sa mission de « diffusion de l’image d’une Suisse moderne et authentique : notre MARQUE ». Rappelons au passage que « Présence suisse » est un organisme fédéral dépendant du DFAE, chargé de promouvoir l’image de la Suisse à l’étranger.

    Selon l’auteur, « Présence suisse » aurait échoué à «augmenter le capital sympathie de notre pays». Joëlle Kuntz d’affirmer que « le capital a bien augmenté mais hélas sans la sympathie ».


     

    Lire la suite

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  • Quand l’Etat de droit se fait receleur

    Deux affaires de transgression du secret bancaire secouent actuellement l’actualité en Suisse.

    La première concerne le vol de données bancaires au sein de la banque HSBC de Genève par un employé indélicat qui les a remises à la France et dont le fisc va faire usage. Cette affaire a fait l’objet des gros titres de la presse au cours des semaines écoulées et jusqu’à ce jour. (Voir à ce propos mon billet du 28 janvier dernier « Reddition avec armes et bagages en rase campagne ».)

    La seconde vient d’être dévoilée par la « Frankfurter Allgemeine Zeitung », grand quotidien allemand proche des milieux de la finance dans son édition du samedi 30 janvier (voir ici).

    Cette information a été relayée par « Le Temps » dans son édition de samedi (30 janvier 2010).

    Selon la « Frankfurter Allgemeine Zeitung », un informateur aurait proposé au fisc allemand de lui vendre les données bancaires de 1500 contribuables allemands soupçonnés d’évasion fiscale vers la Suisse. L’informateur resté anonyme aurait offert ces données pour le prix de 2,5 millions d’euros. En gage de sa bonne foi, il aurait déjà fourni les données concernant cinq comptes placés en Suisse, dont chacun d’eux serait susceptible de rapporter un million d’euros dans les caisses publiques.


    225px-WSchaeuble.jpg

    L’actuel ministre des finances allemand, M. Wolfgang Schäuble (CDU) étudierait l’offre proposée.

    On se souvient que son prédécesseur, M. Peer Steinbrück (SPD), ne s’était pas embarrassé de scrupules puisqu’il était entré en matière il y a une année environ, en achetant des données bancaires volées auprès de la banque LGT du Liechtenstein par un employé indélicat. Cette opération aurait permis de faire rentrer plus de 100 millions d’euros dans les caisses de l’Etat.

     

     

    M. Wolfgang Schäuble


    Dérive préoccupante, ou quand l’Etat de droit se mue en receleur

    Comme n’importe quel bien, que celui-ci soit matériel ou immatériel, le commerce de données bancaires obéit aux lois du marché, peu importe que celui-ci soit légal ou pas. Or un marché est régi par l’offre et la demande. Il est entretenu par la demande. La règle s’applique à tous les biens, qu’ils soient légaux ou illégaux, telle la drogue par exemple.

    Sans demande, le marché se meurt !

    Lorsqu’un Etat de droit – ou présumé l’être – achète des biens volées, en l’occurrence des données bancaires, il se mue en receleur. De ce fait l’Etat de droit, censé être le garant de l’ordre légal, transgresse ses propre lois, entretient un marché illégal et contribue à développer ce genre de délits.

    Un tel comportement est indigne d’un Etat de droit et dangereux car la fin ne justifie pas les moyens.

    On peut à juste titre dénoncer la soustraction fiscale et la combattre, mais c’est par les voies légales qu’il faut agir, pas en utilisant des pratiques dignes du milieu du grand banditisme.

    Il faut bien constater qu’aujourd’hui, il est bien moins dangereux de voler des données bancaires dans une banque, plutôt que de la braquer ! Cela rapporte davantage, sans risques d’être poursuivi par l’Etat receleur, lequel ne saurait punir l’un de ses citoyens pour services rendus.

    L’escroc sera même sanctifié et élevé au rang de héros national par l’opinion publique.


    Triste et inquiétante dérive !

     

    On attend avec impatience et inquiétude la décision de M. Wolfgang Schäuble, soumis à d’énormes pressions politiques que l’on peut imaginer.

    Saura-t-il résister ou se comportera-t-il comme son prédécesseur Peer Steinbrück en donnant suite à l’offre qui lui a été faite ?

     

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  • Reddition avec armes et bagages en rase campagne !

    Dans cette affaire de vol de données bancaires au sein de la banque HSBC de Genève, on semble aller de cachettes en découvertes et de déceptions en stupéfactions.

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  • Marc Francina, maire d’Evian : l’ami de Genève !

    Il s’appelle Francina, Marc Francina, il est Conseiller municipal d’Evian depuis 1977 et maire de la ville depuis 15 ans. Un bail !

    Fort de l’expérience acquise en 2003, année mémorable pour Evian qui avait accueilli cette année-là la réunion du « G8 » dont Genève se souvient encore et pour cause, les manifestations anti « G8 » ayant causé pour des millions de francs de dégâts dans la Ville du bout du Lac, l’inoxydable Maire d’Evian a décidé de remettre ça en déposant la candidature de sa ville pour accueillir la réunion du « G20 » qui devrait se tenir en 2011 en France.

    Alors vous, Genevois, commerçants ou pas, qui avez aimé cette réunion du « G8 » en 2003 à Evian, vous aimerez celle du « G20 », on vous le promet, ou plutôt c’est M. Francina qui vous le promet.

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  • Joëlle Kuntz souffrirait-elle d’amnésie ?

    Dans un article relatif au résultat de la votation du 29 novembre 2009 pour l’interdiction des minarets, article publié mercredi 2 décembre 2009 dans « Le Temps » : « L’impression de participer » Joëlle Kuntz, que j’apprécie généralement pour son sérieux et sa compétence, écrit :

    « Aucun Suisse n’est mort dans les cinquante dernières années directement à cause de l’islam. Aucun, à la connaissance du public, n’en a subi des dommages personnels graves. Alors pourquoi cette peur? »

    Aucun Suisse vraiment ?

    Joëlle Kuntz aurait-elle oublié le massacre de Louxor du 17 novembre 1997 devant le temple d’Hatshepsout en Egypte qui fit 62 victimes, dont 36 touristes suisses, massacrés par des terroristes islamistes ?

    L’enquête diligentée alors par les autorités égyptiennes pour en identifier les auteurs s’est enlisée, et toute la lumière n’a pas été faite à ce jour. Cependant, aussitôt après l’attentat le gouvernement égyptien s’est empressé de rassurer la communauté internationale en accélérant une normalisation de la situation, ceci dans le but d’éviter une fuite des touristes étrangers dont l’apport en devises est indispensable à l’économie du pays.

    En ce lendemain de la votation qui désormais interdit la construction de nouveaux minarets, on ne connaît pas encore les causes qui ont incité la majorité des électeurs à approuver cette initiative, l’ignorance, l’agacement ou la peur ?

    A-t-on interrogé les parents et les proches des victimes suisses de ce massacre pour connaître leur avis, pour savoir si leur peur à eux est bien réelle ou seulement supposée, et si celle-ci les a influencés au moment de glisser leurs bulletins dans l’urne ?

    Si la peur est mauvaise conseillère, on ne saurait toutefois stigmatiser ceux qui ont subi les traumatismes d’un attentat, ceux qui ont pleuré la perte d’un être cher, de n’avoir rien compris à l’enjeu de ce scrutin.

    Certes me dira-t-on, mais que viennent faire les minarets dans l’évocation d’attentats et autres massacres tels que celui de Louxor, vieux de douze ans maintenant ? Rien, sauf qu'on aimerait bien entendre ceux qui financent ces minarets dénoncer ces mêmes attentats ...

    Alors pourquoi vouloir stigmatiser cette peur ?

    On peut très bien avoir voté contre cette interdiction de construire des minarets parce qu’on pense que cette initiative était stupide et inappropriée, tout en s’élevant contre cette amnésie qui ignore un massacre vieux de douze ans, mais qu’un bon nombre de Suisses n’ont quant à eux pas oublié !

     

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