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environnement

  • Les transports de chlore via Genève, de nouveau au premier plan de l’actualité !

    Un article publié hier sur le site de « 20Minutes », sous la plume de Léonard Boissonnas, repris dans la version papier de ce journal en date du 13 mai 2020, nous ramène à l’inquiétante réalité et aux incohérences du monde politique genevois. Lire l’article ici.

     

    A la suite d’une étude récente qui chiffre pour la première fois le nombre de victimes que pourrait entraîner une catastrophe avec un wagon de chlore, ces transports de matières dangereuses par le rail reviennent au premier plan de l’actualité. On a raison de s’en inquiéter. C’est une préoccupation récurrente. On dénonce, on s’agite, mais concrètement que fait-on, à Genève par exemple, où on pourrait en limiter les risques, pour autant qu’on le veuille ?

     

    Résumons brièvement la situation : ces trains en provenance de France, transitent par Genève pour rejoindre le Valais. La configuration du réseau ferroviaire les contraint de passer par Châtelaine, le quartier de Saint-Jean et la Gare Cornavin pour poursuivre en direction de Lausanne et le Valais. Ce faisant, ces convois dangereux empruntent un itinéraire densément peuplé.

     

    Le risque zéro n’existant pas, l’impact sur la population d’une telle catastrophe pourrait cependant être réduit si un itinéraire ferroviaire raccourci permettait d’éviter ces quartiers densément peuplés.

    Boucle 17012020.png

    « Boucle de l’Aéroport » - En rouge, l’itinéraire raccourci permettant d’éviter les zones densément peuplées

     

    La solution existe, c’est le concept connu sous le nom de « Boucle ferroviaire de l’Aéroport » qui fait l’objet d’un projet de loi initié en mai 2019 par le regretté Rolin Wavre. Ce projet de loi (PL 12525), actuellement devant le Grand Conseil, demande qu’on l’étudie. Le concept est connu depuis de longues années par nos autorités cantonales qui refusent cependant de l’étudier. Il est snobé par dogme par ceux-là mêmes qui dénoncent aujourd’hui comme hier, les risques liés à ces transports de chlore : les Verts, l’ATE et le PS.

     

    Produire le chlore sur place, bien sûr que ce serait souhaitable, mais soyons réalistes et pragmatiques, on s’adresse ici à un autre cadre juridique : la liberté de commerce et ici Genève ne peut pas faire cavalier seul. Cela risque donc de prendre du temps et d’ici là ces transports de chlore continueront de menacer la sécurité des habitants de Saint-Jean, des Grottes et de Sécheron.

     

    Il y a bientôt 3 ans, le 1er juillet 2017, je publiais un billet traitant exactement du même sujet, (lire ici). Je viens de le relire. C’est avec tristesse que je constate qu’il n’a pas pris une seule ride. Je suis consterné qu'il conserve toute son actualité, car rien, absolument rien n'a changé, à part les personnalités politiques, Luc Barthassat et Anne Mahrer ayant simplement dû laisser leur place à d’autres qui reprennent exactement le même couplet. Jusqu’à quand ?

     

    Pour aller plus loin :

    http://www.gerer.ch

    https://reveriesduncitoyenordinaire.blog.tdg.ch/archive/2017/07/01/transports-de-chlore-par-le-rail-les-incoherences-du-monde-p-284933.html

    https://www.20min.ch/fr/story/des-centaines-de-morts-en-cas-daccident-avec-du-chlore-517220583445

  • L’utopie « Écopop »

    Le 30 novembre prochain nous serons appelés à nous prononcer sur l’initiative populaire fédérale « Halte à la surpopulation - Oui à la préservation durable des ressources naturelles » communément appelée « initiative Écopop ». Voir le texte complet de l’initiative ici.

    On aura rarement vu une initiative populaire soumise au peuple qui ne soit soutenue par aucun parti politique. Tel est pourtant la cas ici. Seule l’ASIN, l’Action pour une Suisse Indépendante et Neutre, la soutient. En scrutant la liste des membres du comité on y trouve que deux personnalités véritablement connues du monde politique : Philippe Roch, ancien directeur du Département fédéral de l'Office fédéral de l'environnement des forêts et du paysage et Secrétaire d'État à l'environnement (1992-2005) et Thomas Minder, conseiller national, industriel et surtout auteur de l’initiative populaire fédérale « contre les rémunérations abusives », laquelle a été acceptée par le peuple et les cantons le 3 mars 2013.

    Mais c’est en prenant le temps d’en lire le texte qu’on comprend l’effet répulsif qu’elle suscite dans les milieux politiques.

    L’initiative entend en effet inscrire dans la Constitution fédérale un taux maximal d’accroissement de la population de manière à rendre celle-ci compatible avec la « préservation durable des ressources naturelles ».

    L’initiative entend également que la Confédération consacre au moins 10% des moyens qu’elle consacre à la coopération internationale au développement pour financer « des mesures visant à encourager la planification familiale ».

    De prime abord, on se dit que l’initiative pose une question pertinente : comment faire cohabiter une population en expansion sur un territoire fini ?

    Malheureusement la réponse, elle, n’est pas au rendez-vous. Elle est soit utopique, soit biaisée. Utopique si l’on croit pouvoir inscrire dans la Constitution un taux maximal d’accroissement de la démographie sans effets collatéraux, sans remettre en question par exemple l’équilibre social du pays, son niveau de vie, ses assurances sociales, sans parler de l’âge de la retraite qu’il faudrait bien évidemment relever du simple fait de la pyramide des âges qui serait chamboulée. On aurait alors une Suisse qui prendrait la forme d’un parc national où la nature et les habitants seraient figés, mais dans laquelle des non-résidents, les frontaliers pour ne pas les nommer, non soumis à de telles contraintes pourraient travailler. On devine immédiatement les conséquences perverses d’une telle situation. Les infrastructures de transport devraient irrémédiablement être renforcées au détriment ... de l’écologie. Et c’est à ce niveau que la réponse est biaisée, car les écologistes se tireraient ainsi une balle dans le pied !

    Les remèdes préconisés par les initiants sont totalement irréalistes et surtout irresponsables. Comment peut-on en effet imaginer une seconde que la Suisse puisse conserver les nombreux avantages des accords bilatéraux avec l’UE, lorsqu’on voit les difficultés actuelles rencontrées par le Conseil fédéral pour tenter de trouver des solutions suite à l’approbation par le Peuple et les cantons de l’initiative du 9 février dernier «  Contre l’immigration de masse » dont on n’a pas encore pris la mesure ?

    Quant à l’autre volet de l’initiative « Ecopop » visant à financer des mesures pour encourager la planification familiale par le biais de la coopération internationale au développement, il relève carrément de la naïveté. Si personne en Suisse, voire en Occident, ne conteste la nécessité d’avoir une planification familiale, il en va tout autrement dans d’autres continents où cet aspect relève de la culture locale et de la religion. Comment peut-on imaginer que la Suisse puisse réussir là où même des catholiques progressistes ont échoué face aux dogmes du Vatican ? Car pour être clair, c’est d’un problème de contraception dont il s’agit ici. Pense-t-on réellement pouvoir imposer l’usage de préservatifs dans les pays de culture musulmane ? Tout ceci est absurde, irréaliste et surtout arrogant !

    Seuls les apprentis sorciers se laisseront séduire par « Ecopop ».