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extension de cornavin

  • Réponse à Thomas Wenger

    Le 13 mai dernier, la Tribune de Genève a publié un débat « face-à-face » entre Rodolphe Weibel, concepteur de la « Boucle de l’Aéroport », solution alternative à l’extension de la gare Cornavin, et Thomas Wenger, député socialiste, par ailleurs membre du Comité de l’ATE-Genève. Relire le débat ici :

    2020.05.13 TdG Faceàface Wenger Wl.pdf

    Dans son article Thomas Wenger conteste le projet de loi « PL 12525 » rédigé par feu le député Rolin Wavre (PLR), qui demande que le projet de la « Boucle de l’Aéroport » fasse l’objet d’une étude. Rappelons que l’extension de la gare Cornavin est un méga projet -- de génie civil avant tout --, qui bouleversera une bonne partie de la Rive Droite pendant une vingtaine d’années pour un enjeu financier de 5 milliards de francs, soit plus de trois fois le coût initial du CEVA (1,6 milliard). Le projet alternatif de la « Boucle » permet quant à lui de résoudre le problème en six ans seulement, en proposant de faire mieux pour 4 à 5 fois moins cher, sans aucun travaux à Cornavin, sans mettre sens dessus dessous le centre ville.

    Il nous paraît donc élémentaire qu’on se penche sérieusement sur la question puisqu’on parle ici d’enjeux fondamentaux en termes de mobilité et de finances publiques, alors que l’avenir économique est pavé d’incertitudes. Le peuple genevois n’ayant quant à lui jamais été consulté.

    Ce qui m’a particulièrement choqué dans les propos de Thomas Wenger, c’est sa conception de la démocratie. J’en ai été consterné !

    J’ai donc souhaité réagir à son article par le biais d’une lettre de lecteur envoyée le 16 mai dernier à la Tribune de Genève. La Tribune n’a pas publié ma lettre. La voici :

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    Réponse à Thomas Wenger

    Dans un billet publié le 13 mai dernier dans la rubrique « L’invité » de la TdG, sous le titre « Ne déraillons pas en gare de Genève ! », Thomas Wenger conclut sa diatribe par ces mots :

    « Accepter ce crédit d’étude équivaudrait donc à renoncer à l’extension souterraine de la gare Cornavin et à plus d’un milliard de la Confédération, ce serait totalement insensé et irresponsable. »

    Un crédit d'étude est précisément destiné à démontrer la faisabilité ou non d'un projet en tenant compte d'un ensemble de paramètres. Refuser un crédit d'étude c'est se conforter dans l'ignorance :

    « S'accommoder de l'ignorance, c'est renier la démocratie, c'est la réduire à un simulacre. »

    (Amin Maalouf dans "Le Dérèglement du monde: Quand nos civilisations s'épuisent (2009)".

    Selon Thomas Wenger, il serait donc totalement insensé et irresponsable de connaître la pertinence et la faisabilité d'un projet d'infrastructure ferroviaire. Mieux vaut selon lui,  se mettre la tête dans le sable et renier l'exercice de la démocratie !

    La posture de Thomas Wenger trahit la faiblesse de l’argumentation de ceux qui craignent la transparence. L’opacité n’a rien à faire en démocratie !

    Qu’ont donc à craindre le Conseil d’Etat et certains députés d’une étude indépendante concernant un projet d’infrastructure qui impactera l’avenir de la mobilité et les finances genevoises des dizaines d’années durant ?

    On parle ici d’une sarabande de chantiers qui bouleverseraient la Rive Droite durant une bonne vingtaine d’années pour un montant de l’ordre de 5 milliards !

    Les citoyens, qui sont aussi contribuables, demandent que toute la transparence soit faite, eux qui n’ont jamais été consultés sur ce projet.

  • Transports de chlore par le rail, les incohérences du monde politique genevois !

    Dans ce monde industrialisé et de plus en plus globalisé, des thèmes récurrents resurgissent au premier plan de l’actualité au gré d’événements, ou plutôt d’accidents. Puis le soufflé retombe jusqu’au prochain accident. Il en va ainsi du transport des matières dangereuses. Pour des raison de sécurité, la législation dit que celles-ci doivent être transportées par le rail. Tout cela découle du bon sens.

    train matières dangereuses.jpg

    Rappel de la situation actuelle à Genève. Des convois ferroviaires de matières dangereuses, notamment du chlore, en provenance de Lyon et à destination du Valais (Monthey et Viège) transitent par Genève. Il y a quelques temps encore, ils étaient contraints de faire une escale technique à La Praille pour changer de locomotive, avant de repartir vers leur destination en traversant la Gare Cornavin. Cette escale à La Praille n’est plus nécessaire depuis 2016, mais ces convois continuent de transiter par Cornavin, une zone urbaine densément peuplée, alors qu’il existe une solution alternative.

     

    Cette solution c’est le projet de « Genève Route et Rail » qui consiste simplement à raccorder la Gare de l’Aéroport à la ligne Genève – Lausanne à la hauteur de Genthod-Bellevue et de construire une bretelle à la hauteur de Blandonnet pour permettre aux convois venant de La Plaine et de Zimeysa de poursuivre leur route en direction de Lausanne sans passer par Cornavin. Cette solution offre un itinéraire raccourci qui évite les zones fortement peuplées que sont Saint-Jean et Cornavin. (voir le schéma ci-dessous avec l’itinéraire préconisé en rouge).

    4150698909.jpg

     

    La solution est simple et rapide à réaliser. Elle éviterait de surcroît la mise en œuvre du pharaonique, irresponsable et inutile projet d’extension par étapes de la Gare Cornavin qui a été concocté par nos autorités cantonales. Soigneusement étudiée et chiffrée par M. Rodolphe Weibel, ingénieur en génie civil EPFL, cette solution alternative ne coûterait que 740 millions de francs, soit six fois moins que les 4 milliards 500 millions du projet officiel. Autant dire une manne de 4 milliards 500 millions de francs d’ores et déjà promise aux grandes entreprises du génie civil !

     

    La solution de « Genève Route et Rail » est connue depuis plusieurs années de l’ensemble du monde politique genevois, en commençant par M. Luc Barthassat, ce qui n’empêche pas ce dernier de déclarer lors d’interviews « qu’il faut raccourcir les parcours … » en évoquant ces transports de matières dangereuses. Ici au TJ du lundi 26 septembre 2016 par exemple (cliquer sur le lien pour visualiser et entendre l’interview). Luc Barthassat enfonce une porte ouverte. Il ne peut pas tout à fois dénoncer ces risques, dire qu’il faut raccourcir les parcours et ignorer une solution qui lui a été présentée maintes fois, dont il ne peut ignorer les avantages, mais que ses services se refusent d’analyser sérieusement. C’est à la fois incohérent, mais surtout totalement irresponsable, tant sur le plan des risques encourus par la population que pour l’endettement public.

     

    L’ensemble du monde politique genevois, tous les partis politiques confondus, est parfaitement au courant de la solution de « GeReR », ce qui n’a pas empêché le Grand Conseil d’accepter à l’unanimité et sans débat, la demande de crédit de 425 millions de francs (PL 11912) en faveur de l’extension de la Gare Cornavin lors de sa session du 22 septembre 2016. Cinq jours plus tard, soit le 27 septembre 2016, le Conseil Municipal de la Ville de Genève lui emboîtait le pas en acceptant, lui aussi à l’unanimité, une autre demande de crédit de 120 millions de francs (PR-1185) pour le même objet. Ces deux crédits étaient nécessaires pour permettre la ratification dans les délais la « Convention-cadre » qui lie financièrement les parties prenantes que sont la Confédération (l’OFT), les CFF, le canton et la ville de Genève pour la réalisation de la première étape de ce projet. Les députés, comme les conseillers municipaux, ont été mis sous pression par les exécutifs respectifs, afin que Genève -- qui a tergiversé pendant plusieurs années -- puisse être intégrée à temps dans l’étape d’aménagement ferroviaire planifiée par la Confédération. Pour qu’enfin une solution, quelle qu’elle soit, et tant pis si celle-ci est la plus mauvaise, même si c’est un gouffre financier, même si celle-ci fera avant tout travailler les grandes entreprises de génie civil que sont Bouygues, Vinci et autres, pour leurs plus grands profits, pour qu’enfin Genève puisse dire qu’elle tenait sa solution. L’honneur était sauf et le microcosme politique genevois s’en est trouvé soulagé mais il n’en ressort pas grandi.

     

    Alors aujourd’hui, en lisant l’interview de Madame Anne Mahrer, ancienne Conseillère nationale (Les Verts / GE), paru ce jeudi 29 juin 2017 en page 9 de la Tribune de Genève, je ne peux m’empêcher de réagir. Où était-elle lorsque toute cette problématique de l’extension de la Gare Cornavin était débattue ? Où était-elle et où étaient les « Verts genevois » le 22 septembre 2011 lorsque la motion parlementaire « M 1863 » a été débattue au Grand Conseil ? Cette motion parlementaire issue des réflexions de l’architecte Charles Pictet sur l’aménagement du territoire, proposait de créer une zone industrielle à Cointrin, plus précisément à Colovrex, à l’est de l’Aéroport, sur des terrains impropres à l’habitat du fait des nuisances sonores. Dans ses réflexions M. Pictet suggérait de déplacer tout ou partie des entreprises industrielles et artisanales sises à La Praille sur cette nouvelle zone de Colovrex, libérant ainsi des terrains au profit de l’habitat sur le « PAV » (Praille-Accacias-Vernets). L’aménagement en question prévoyait déjà à l’époque le raccordement ferroviaire de cette nouvelle zone industrielle à la ligne Genève – Lausanne. C’est à peu de chose près ce que propose l’Association « Genève Route et Rail » dans son projet d’aménagement ferroviaire en Rive Droite. Voir ici.

    Si les milieux politiques genevois avaient été un peu plus visionnaires en 2011, plutôt que de se préoccuper de l’avenir des bisons de Colovrex (c’est authentique et pour ceux qui en douteraient, il suffit de relire les débats parlementaires protocolés dans le mémorial : ici), nous n’en serions pas aujourd’hui à subir les jérémiades de certains élus …

     

    Transports ferroviaires de matières dangereuses – Rappel de quelques accidents ferroviaires majeurs :

    • Daillens – Vaud – avril 2015 : Déraillement de 6 wagons citernes transportant des matières dangereuses sur l’axe Yverdon – Lausanne. L’accident n’a fort heureusement fait aucune victime (voir ici).
    • Lac-Mégantic – Canada - juillet 2013 : Déraillement puis de incendie d’un train fou composé de 72 wagons citernes transportant du pétrole brut (voir ici). Bilan 47 morts.
    • Gare de Lausanne – 29 juin 1994 : Déraillement d’un train de 13 wagons, dont 4 contenant des produits dangereux, hautement toxiques. L’accident n’a fort heureusement fait aucune victime (voir ici).

     

    L’énumération n’est malheureusement pas exhaustive car le risque zéro n’existe pas. Même si on ne peut exclure d’autres accidents à l’avenir, on peut en revanche en réduire les risques et surtout leurs conséquences. Réduire les risques c’est agir en prenant des mesures de bons sens et cesser de palabrer devant les caméras et les micros !

     

    Pour aller plus loin :

    Site de l’Association « Genève Route et Rail » : http://www.gerer.ch/

    Ordonnances fédérales  applicables aux transports de matières dangereuses par le rail:

    https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/20121700/index.html

    https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19910033/index.html

     

    Communiqués de presse du Conseil fédéral du 26 septembre 2016, relatifs aux transports de chlore :

    https://www.admin.ch/gov/fr/accueil/documentation/communiques.msg-id-63906.html

    et :

    https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/accidents-majeurs/dossiers/transports-chlore-mesures-concertees-securite.html

     

    Ce qu’en disent la presse et les médias :

    https://www.rts.ch/info/regions/6851235-en-cas-d-accident-un-wagon-de-chlore-pourrait-intoxiquer-20-000-personnes.html

    https://www.rts.ch/info/regions/geneve/8239135-l-initiative-genevoise-sur-le-transport-de-chlore-rejetee-sous-la-coupole.html

    http://www.tdg.ch/suisse/politique/Les-convois-de-chlore-menacent-de-vastes-zones-urbaines/story/14582188

    https://www.rts.ch/info/suisse/7229742-les-wagons-de-chlore-ne-passeront-plus-par-la-gare-de-la-praille.html

    Communiqué des "Verts /GE" du 29.6.2017 :

    http://www.verts-vd.ch/blog/2017/06/les-convois-de-chlore-continuent-de-menacer-larc-lemanique/